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L’Éthiopie dit qu’elle ne cédera pas à une «  agression  » dans un différend sur un barrage

NAIROBI – L’Éthiopie a déclaré samedi que les menaces de toute nature visant à résoudre un différend avec ses voisins sur le remplissage et l’exploitation d’un énorme barrage hydroélectrique étaient «des violations malavisées, improductives et manifestes du droit international».

Le bureau du Premier ministre Abiy Ahmed n’a fait mention d’aucune personne ni d’aucun pays dans une déclaration sur le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD), qui est au centre d’un différend sur l’approvisionnement en eau du Nil.

Mais son commentaire est intervenu quelques heures après que le président américain Donald Trump a eu un appel téléphonique avec le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok dans lequel ils ont appelé à une solution à l’amiable entre l’Éthiopie et l’Égypte.

Lors de l’appel, tenu devant des journalistes à la Maison Blanche, Trump a déclaré qu’il avait également dit la même chose à l’Égypte, affirmant que c’était une situation dangereuse et que le Caire pourrait finir par «faire exploser ce barrage»

«Les déclarations occasionnelles faisant état de menaces belligérantes de faire succomber l’Éthiopie à des clauses abusives abondent encore», a déclaré le bureau d’Abiy. «Ces menaces et ces affronts à la souveraineté éthiopienne sont des violations malavisées, improductives et manifestes du droit international.»

La première phase de remplissage du barrage s’est achevée en août, a indiqué le bureau d’Abiy.

L’Égypte dit qu’elle dépend du Nil pour plus de 90% de ses rares réserves d’eau douce, et craint que le barrage puisse avoir un effet dévastateur sur son économie.

Trump a déclaré vendredi qu’il avait négocié un accord pour résoudre le problème, mais que l’Éthiopie avait rompu le pacte, le forçant à réduire les fonds.

Le bureau d’Abiy a déclaré que des progrès significatifs avaient été accomplis dans la résolution du différend depuis que l’Union africaine avait repris les négociations.

L’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte ont été enfermés dans un conflit acharné sur le remplissage et le fonctionnement du GERD, qui reste en suspens bien que le réservoir derrière le barrage ait commencé à se remplir en juillet.

«Les déclarations occasionnelles faisant état de menaces belligérantes de faire succomber l’Éthiopie à des clauses abusives abondent encore», a déclaré le bureau d’Abiy. «Ces menaces et ces affronts à la souveraineté éthiopienne sont des violations malavisées, improductives et manifestes du droit international.»

La première phase de remplissage du barrage s’est achevée en août, a indiqué le bureau d’Abiy.

L’Égypte dit qu’elle dépend du Nil pour plus de 90% de ses rares réserves d’eau douce, et craint que le barrage puisse avoir un effet dévastateur sur son économie.

Trump a déclaré vendredi qu’il avait négocié un accord pour résoudre le problème, mais que l’Éthiopie avait rompu le pacte, le forçant à réduire les fonds.

Le bureau d’Abiy a déclaré que des progrès significatifs avaient été accomplis dans la résolution du différend depuis que l’Union africaine avait repris les négociations.

«L’Éthiopie ne cèdera pas à des agressions d’aucune sorte, et nous ne reconnaissons pas non plus un droit fondé sur des traités coloniaux», a-t-il déclaré

ALGERIE:Les Kouninef ou le côté obscur du régime

Une oligarchie qui influence le clan Bouteflika : Les Kouninef ou le côté obscur du régime

A.R

Ils formeraient cette espèce de “famiglia”, d’oligarchie si puissante qui influence de très longue date les Bouteflika.

Ils ne font pas que s’assurer les faveurs du frère, jusqu’ici omnipotent, du président Bouteflika. Ils le dirigeraient absolument et lui dicteraient parfois même la conduite à suivre dans la gestion des affaires économiques du pays et bien au-delà. Eux, ce sont les membres de la famille Kouninef. Et c’est bien en ces termes que l’on évoque habituellement ce patronyme dans les milieux politiques et les cercles d’affaires algériens.

Richissimes, très puissants et très influents aux plus hauts sommets du pouvoir, ils seraient ainsi ce côté le plus obscur du régime finissant de Bouteflika ; que tout le monde ou presque redoute jusqu’à éviter, même parfois, d’en citer, ne serait-ce que le nom.

Karim, le frère aîné, Noah-Tarik, Souad, mais aussi et surtout Redha — le frère cadet — et leur mère, Mme Kouninef Rose Marie Lislote Horler, à qui certains prêtent même quelques accointances avec des lobbies israélites… dont ils finançaient et géraient régulièrement et avec zèle les campagnes électorales. Ils formeraient, eux et leurs alliés, cette espèce de “famiglia”, d’oligarchie si puissante et si proche de très longue date, du président Bouteflika, depuis le tout début de cette ère politique qui désormais finit… Le cœur même de cette fameuse “casa d’El-Mouradia”, comme la qualifient si bien les nouvelles générations d’Algériens, en parodiant la série à succès de Netflix, La casa de papel, qui met en scène des pratiques et des cercles mafieux aussi nuisibles que sophistiqués.

Au fil des mandatures présidentielles, les Kouninef seraient devenus l’éminence grise, le noyau d’un système véreux, le cœur même d’un régime politique faisant la part belle à la corruption et à la prédation économique, ouvertement et impunément.

Or, le mur de la peur étant désormais brisé depuis le déclenchement du mouvement populaire du 22 février, le poids, le rôle et les affaires plus que douteuses des Kouninef sont, depuis, régulièrement mis en lumière, dans “la rue”, comme sur les scènes politique et médiatique.

Car, bien plus que la simple éviction du président Bouteflika lui-même, c’est le régime tout entier, dans toutes ses composantes et avec tous ces appendices et ses satellites, que le peuple a décidé d’évacuer en manifestant massivement et en se réappropriant pacifiquement les espaces politique et public. Les Kouninef, Rédha en premier, sont, dès lors, désignés comme l’une des faces les plus sombres et les plus à redouter de ce régime.

Des oligarques dont on ne connaît que très peu le visage, mais que l’on sait aussi manipulateurs et influents sur Saïd Bouteflika que celui-ci sur son propre frère malade et cérébralement impotent pour gouverner au sommet de l’État. Évoquant une famille ayant “une influence considérable sur le clan présidentiel”, Djamel Zenati, l’une des figures les plus en vue de la lutte pour la démocratie en Algérie, n’a pas hésité, lors de sa récente intervention au Forum de Liberté, à aller jusqu’à alerter sur l’existence même d’un véritable danger sur la sécurité du pays, en allusion au pouvoir des Kouninef. Louisa Hanoune, mais aussi Mokrane Aït Larbi et bien d’autres acteurs de la scène politique nationale y font également souvent allusion ces dernières semaines, en dénonçant le régime des Bouteflika, l’oligarchie qui accapare les richesses de la collectivité nationale et même des soupçons de fuites de capitaux colossaux en devises auxquelles s’adonneraient ces oligarques depuis le début du mouvement de contestation populaire contre le régime.

D’autres affaires scabreuses mettant directement en cause les Kouninef, dont un préjudice financier énorme causé à Algérie Télécom et  d’éventuelles lignes de crédits suspectes qui auraient été débloquées tout récemment à leur profit, sont, du reste, régulièrement évoquées ces derniers jours à travers les réseaux sociaux et les médias
nationaux.

Depuis près de deux ans, les Kouninef, qui dirigent un groupe diversifié et puissant grâce, surtout, aux marchés publics et aux largesses du pouvoir, sont également dénoncés pour leurs velléités de s’arroger un monopole de fait sur le marché de la trituration de graines oléagineuses, usant pour cela de leur influence au sein du clan présidentiel pour bloquer des projets concurrents dans la même filière et pour accéder à des financements colossaux auprès des banques publiques. Plus d’une vingtaine de milliards de dinars ont ainsi été alloués au groupe Kouninef par un consortium de banques étatiques pour financer un projet d’usine de trituration dont le coût annoncé serait très fortement surévalué en comparaison à d’autres projets concurrents lancés dans la même filière.

Quoi qu’il en soit, entre ce qui est colporté sur la place publique et ce qui forge réellement leur réputation d’oligarques très influents, les Kouninef, de par leur étroite proximité avec le clan Bouteflika depuis plusieurs décennies, figurent aujourd’hui, à n’en point douter, parmi les forces les plus obscures et les plus ciblées par la défiance et la contestation populaires qui s’expriment contre le pouvoir

«Le Hirak» ou «Harak», retenez bien ce mot. Une mouvance populaire massive qui s’accapare de la rue dans le but de protester contre les injustices de l’autorité dirigeante

Le «Hirak», cérémonieux comme un spectacle de kermesse, dévastateur comme un véritable tsunami

A.G

«Le Hirak» ou «Harak», retenez bien ce mot. Un terme arabe qui définit une mouvance populaire massive qui s’accapare de la rue dans le but de protester contre les injustices de l’autorité dirigeante. «Hirak» renvoie à une action générale, appliquée par tout le peuple au sein d’un pays et pas seulement par une partie de la population. Des marées humaines marchent dans les villes avec une manière pacifique et civique, détendue, plus placide qu’une insurrection forcée, festive et plus douce que le caractère violent d’une «intifada».

La mobilisation populaire constante depuis plus d’un mois en Algérie est un parfait exemple de ce type de manifestations. En effet, pour le 5e vendredi consécutif, les Algériens marchent massivement dans les rues de toutes les villes du pays. Des rendez-vous à travers lesquels le peuple réclame le départ du président, sans qu’il ne soit question du prolongement de son mandat qui tire à son terme prochainement. Il exige, de surcroît, l’effacement de tout le staff gouvernemental actuel, le changement radical du système avec toutes ses instances constitutionnelles et la proclamation d’une nouvelle république démocratique qui puisse garantir la liberté, la dignité et une vie décente à tous les citoyens.

Sur ce point, il est nécessaire de noter que l’Algérie est un pays assez riche par ses moyens naturels, sa superficie, sa situation géographique stratégique, sa culture variée, ses ressources minérales et son potentiel humain. Il est donc inconcevable que le pays demeure sous-développé malgré tous ces atouts, si ce n’est à cause de la mauvaise gérance d’un régime totalitaire, autoritaire, archaïque et sans vision économique pour un réel développement. Un régime fondé sur des traditions révolutionnaires pour légitimer sa position au pouvoir depuis l’indépendance du pays. Un régime conduit par une administration bureaucratique rouillée, crispée par la corruption à tous les niveaux des services et des instituions. Une gouvernance individuelle huilée par des relais composés de partis politiques aléatoires, de mouvements associatifs opportunistes, de syndicats désuets et d’organisations protocolaires sans aucun effet sur la société civile.

Le « Hirak » devient alors un devoir, un combat pour créer le changement. C’est la revendication de la paix par le moyen de la paix. Un outil de contestation inoffensif qui puise sa force de sa légitimité, de l’attrait de toutes les couches de la société et de sa forme de collectivisme spectaculaire et décontractée. Les médias du monde entier suivent cet événement de près, pas seulement à cause de l’ampleur phénoménale des rassemblements dans leur forme fantaisiste, mais également en raison des prévisions attendues de cette situation, et des conséquences directes que le changement de la politique en Algérie pourrait entraîner dans la région, en Afrique et même dans l’autre rive du bassin méditerranéen.

Le «Hirak», ça ne se décide pas, il est spontané. Comme l’orage, il se prépare discrètement, involontairement, dans le silence de la souffrance cumulée par les gens. Il se nourrit par le mal et la ‘’malvie », longtemps supportés par la masse des citoyens dans les profondeurs de la société. Sans prévenir, il se déclare soudain en déversant des vagues de foules impressionnantes, ambiantes comme un spectacle de gloire et dévastatrices comme un véritable tsunami. Les manifestants qui y prennent part sont de tous âges et de tous genres. L’art est aussi présent parmi les foules avec des représentations de sketchs significatifs, de musique et de chant qui font vibrer l’assistance, de démonstrations de peinture et plein de créations caricaturales humoristiques. Il faut avouer qu’on ne s’ennuie pas dans un « Hirak », l’atmosphère a plutôt l’air d’une kermesse authentique.

Pour le peuple, sortir dans la rue est un dernier recours pour exprimer son ras-le-bol et son mécontentement, un fait qui intervient souvent après tant d’alertes percevables dans d’autres manifestations antérieures moins importantes, dans des mouvements de grèves observées partout au quotidien, ou alors dans l’amplification de fléaux sociaux violents comme l’émigration clandestine ou la délinquance dans toutes ses formes. La mauvaise qualité de la vie, la cherté des produits nécessaires, la faiblesse du pouvoir d’achat induisent aussi à presser le citoyen à se révolter d’une manière ou d’une autre. La révolte est collective quand tous les gens expriment globalement un besoin unique avec les mêmes demandes en commun.

Révolution est le synonyme qui convient le mieux au mot « Hirak », mais cette appellation n’est pas usuelle dans les rues algériennes pendant cet événement. Révolution, ça semble officiel, académique, traînant le fardeau d’un héritage historique dont la légitimité révolutionnaire est lourde par rapport aux mesures morales du moment. Ça rime avec un conflit de force qui emploie tous les moyens. C’est un mot fort, dur, plus proche d’une situation de guerre. Or, « Hirak », qui se distingue par sa finalité tranquille, est un mode de contestation modéré qui s’exécute en douceur, sans heurts et sans agressivité. Toutefois, il est bien conseillé aux millions de participants d’être vigilants, motivés, éveillés, matures, avec une conduite civique afin de faire passer le message avec tact, en respectant la nature autour et l’étique de la morale humaine. Par ailleurs, une révolte est un projet qui se pense, un programme qui se prépare, tandis que le « Hirak » est une mobilisation naïve, intuitive et irréfléchie. C’est l’expression d’un débordement subit qui touche une population entière. « Hirak » et Révolte véhiculent le même sentiment de colère, les nuances de sens résident dans la forme de l’un et de l’autre.

Cependant, comme toutes les démonstrations populaires de cette envergure, le « Hirak » a ses lois et ses mystères. Ce n’est pas vraiment un acte fortuit. Ses règles sont les principes déterminés par ses raisons et ses objectifs, ses mystères se dévoilent un à un au cours de son déroulement. Ainsi, on remarque tous les jours des vérités qui s’éclatent, des masques qui tombent et de nouvelles décisions qui s’imposent. Ce mot se retourne largement parmi les manifestants. Il a un revers original, poétique, qui porte en lui les signes du changement et l’espoir du renouveau auquel toute la population aspire. Malgré son caractère docile et ses airs cérémonieux, le « Hirak » est une action puissante qui peut secouer les assises d’un Etat, renverser un gouvernement et faire fondre les murs érigés par une dictature.