Archives pour la catégorie Propagandes et manipulations

Sans tomber dans l’insulte et la véhémence, qu’il suffise de dire qu’en ce qui concerne le Christianisme, il s’appuie non sur des textes Révélés, mais sur des écrits choisis arbitrairement, appelés à tord « évangiles »

Sans tomber dans l’insulte et la véhémence, qu’il suffise de dire qu’en ce qui concerne le Christianisme, il s’appuie non sur des textes Révélés, mais sur des écrits choisis arbitrairement, appelés à tord « évangiles » et dont le plus ancien date quand même de plus d’un siècle après la disparition de Jésus. Ces textes, les évangiles dits canoniques, ne sont que la compilation d’éléments retenus de mémoire sur lesquels nous n’avons aucune certitude qu’ils soient fidèles. Et d’ailleurs, pourquoi quatre évangiles ? Il y en a bien d’autres.

Par ailleurs, rappelons que le dogme de la Trinité a été entériné lors du concile de Nicée en 385 après une « bagarre mémorable » entre les partisans du prêtre Arius, qui soutenait que Jésus n’était pas Dieu et les partisans de l’évêque Athanase qui soutenait le contraire. C’est Athanase qui a gagné, donc sa doctrine s’est imposée partout dans le monde chrétien.

Mais je pose la question : Comment une doctrine qui ne s’appuie pas sur un texte Révélé et qui est le fait d’êtres humains, par définition faillibles, et qui s’est imposée par la force en faisant couler beaucoup de sang peut bien être fiable à 100% ? Au contraire de l’Islam qui s’appuie sur la Révélation et sur une transmission rigoureuse afin d’éviter ce genre de problème chose facilement prévisible au regard des faiblesses humaines.

Naturellement, les dirigeants chrétiens nient la valeur de Révélation du Coran, et pour cause, puisque qu’elle remet sérieusement en cause leur pouvoir.

Mais ceci est lié à une incompréhension profonde du fait religieux. Il n’y a pas de religion « supérieure » à une autre, mais une seule. La notion même « d’Islam », y compris chez beaucoup de musulmans est très mal comprise. Tout d’abord, « Islam » ne veut pas dire « soumission ». Cette notion semblerait-il serait de source chrétienne et a une connotation de contrainte contraire à l’Islam, justement. La racine du mot est « aslama » qui signifie « s’abandonner complètement à la Volonté divine ». Et ce mot lui-même dérive de la racine « salama » qui signifie « paix », « être préservé », etc. La notion de soumission ne date que de 1950 et pour des raisons que je ne connais pas, s’est imposée au monde entier. Mais ce n’est pas parce qu’une erreur est répandue qu’elle devient
vérité !

Rappelons que dans le verset 38 de la sourate el Baqarah (S2) il est relaté à la fin de l’histoire d’Adam que Dieu dit à Adam et Eve de « descendre » de ce lieu qu’était le Paradis du fait de leur faute, mais qu’une Direction leur sera donnée et quiconque suivra ces guides, ne sera pas malheureux. Cette « direction » c’est l’Islam, ce que l’on appelle la Tradition primordiale de laquelle toutes les autres proviennent par déclinaison.

Enfin rappelons ce hadith, (parole) du Prophète (SSP) qui dit ceci : « Tout ce qui a été Révélé à l’humanité est contenu dans les quatre livres : Thora, Psaumes, Évangile (ce qui suppose qu’il y a eu un proto Évangile qui a totalement disparu), et Coran. Tout ce qui est contenu dans les quatre livres est contenu dans le Coran… » Le hadith continue, mais il a une portée beaucoup plus métaphysique qui exigerait des explications assez longues et qui, de toute façon, ne rentrent pas dans le cadre de ce commentaire. On comprend très bien que l’institution chrétienne ne veut à aucun prix remettre en question son hégémonie. Alors tout est fait pour détruire l’Islam qui par sa vérité la remet en cause de fond en comble.

Il est clair que nous sommes en face d’une volonté de domination qui prend prétexte de la religion pour essayer de s’imposer.

Nous sommes clairement dans une guerre de religion qui vise à éliminer l’Islam

Nous sommes clairement dans une guerre de religion qui vise à éliminer l’Islam, la seule preuve Divine qui, depuis le IV° siècle, accuse et révèle toutes les falsifications commises par les tenants de l’Eglise. Et cela bien avant tout ceux qui ont eu le courage d’attaquer ces manipulations de parmi les savants ou même des ecclésiastiques, à ne citer que Michel Servet, que catholiques et protestants, en pleine guerre acharnée entre eux, s’unirent pour le juger et le faire mourir sur le bucher, à petit feu, disent les textes, pour augmenter ses douleurs !

Le comble du ridicule est que toutes ces contrefaçons, ces manipulations commises par les hommes de l’Eglise figurent sur leurs registres et les procès-verbaux de leurs réunions. C’est grâces à ces textes et au progrès réalisés dans les domaines linguistiques, historiques et autres que de nos jours un « Westar Institute » aux Etats-Unis, et son « Jesus Seminar », ont pu prouver que de parmi les 176 évènements (paroles ou gestes) cités dans les évangiles : 82 % des paroles attribuées à Jésus, il ne les a point prononcées, et 84 % des gestes cités il ne les a point faits ! Que reste-t-il de Jésus ?!

Vous vous demandez : Comment une doctrine qui ne s’appuie pas sur un texte Révélé et qui est le fait d’êtres humains, par définition faillibles, et qui s’est imposée par la force en faisant couler beaucoup de sang peut bien être fiable à 100% ?

Réponse : Parce qu’elle a été enfoncée dans le cerveau des adeptes par force ou avec le marteau, avec le feu et la torture, à travers des siècles. L’Histoire du christianisme et la formation des dogmes sont bien connues, c’est pourquoi les églises se vident, mais les tenants du Jeu essayent de calfater la situation par la nouvelle évangélisation et par l’élimination de l’Islam.

Le Message du monothéisme est un : La Transcendance absolue de Dieu, Créateur de toute chose. Les juifs ont repris le veau, tuèrent les prophètes sans juste cause ; Jésus n’a été envoyé que pour les brebis égarées de la maison d’Israël (c’est lui qui le dit, selon Matthieu). Les chrétiens dévièrent du monothéisme en déifiant Jésus au Ier concile de Nicée en 325, puis en inventant et en imposant la Trinité au Ier concile de Constantinople en 381…
Nous sommes un peu comme au temps de la Querelle des Anciens et des Modernes, mais malheureusement peu nombreux de parmi les musulmans veulent y mettre leur main ! C’est un moment de vie et de mort, surtout lorsque la politique s’y mêle.

Oui, je suis furieuse de voir l’acharnement du Vatican et de tout son personnel, et la fourberie avec laquelle ils se comportent, pour déraciner l’Islam ; comme je suis furieuse de voir la facilité avec laquelle nos responsables, politiques ou religieux, s’empressent d’obéir, de mettre en pratique tout ce que ce groupe de racistes leur impose, et tout le monde se tait !
En savoir plus sur http://www.alterinfo.net/LES-INTRIGUES-VATICANES-ET-L-ISLAM_a133351.html#Ky2mD5IxvtP6gObC.99

Seul l’intérêt politique compte….jusqu’à quand…ces cachoteries

Relayant les rumeurs : les médias étrangers se focalisent sur la santé de Bouteflika


«L’après-Bouteflika» revient tel un leitmotiv dans les médias étrangers. New Press «L’après-Bouteflika» revient tel un leitmotiv dans les médias étrangers. New Press

Plusieurs médias internationaux, des plus sérieux aux plus saugrenus, se sont fait allégrement le relais des commentaires alarmistes et autres spéculations foisonnantes sur les réseaux sociaux, en se posant avec plus d’acuité que jamais des questions sur la santé du président Bouteflika et, par ricochet, sur l’avenir proche de l’Algérie en raison de cette «absence prolongée» du chef de l’Etat.

C’est ainsi que de nombreux organes et sites d’information, dont le très atlantiste Huffington Post dans sa version arabe, ont repris un long commentaire de l’agence Reuters, paru lundi, et qui fonde ses appréhensions sur l’annulation ou le report de plusieurs visites prévues par des responsables étrangers en Algérie, à commencer par celle de la chancelière allemande, suivie de celle du président iranien et, enfin, celle du chef de la diplomatie espagnole, bien que, s’agissant de cette dernière, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a démenti toute programmation d’entrevue avec le chef de l’Etat.

Pour l’auteur de l’article, toutes les assurances du Premier ministre et du secrétaire général du FLN, Djamel Ould-Abbès, ne suffisent pas pour dissiper les doutes qui pèsent sur la santé du président. Il estime que ce «silence officiel» s’expliquerait par des projections sur «l’après-Bouteflika», un terme qui revient tel un leitmotiv à chaque fois qu’est évoquée la dégradation de l’état de santé du président. «De nombreux observateurs, écrit Reuters, estiment que les dirigeants algériens ne vont pas s’aventurer à opérer une transition chaotique du pouvoir dans un système où les décisions apparaissent souvent suite à des luttes larvées entre la vieille garde du Front de libération nationale et les dirigeants de l’armée, qui se voient comme les garants de la stabilité.» Et d’enchaîner : «En l’absence d’un successeur déclaré, la maladie de Bouteflika a remis à jour les inquiétudes sur l’avenir du pays et les interrogations sur celui qui pourrait assurer la relève.»

La presse marocaine, qui fut la première à distiller ces rumeurs amplifiées ensuite par des blogueurs algériens connus, ne s’encombre d’aucun scrupule pour donner le président algérien comme «agonisant» ou comme «finissant». Ainsi, pour le site Hespress, réputé pour être un des porte-voix les plus zélés du Makhzen, l’absence ou même une éventuelle disparition de Bouteflika n’améliorerait pas les relations algéro-marocaines, en arguant que l’Etat algérien «n’abandonnera en aucune façon la question du Sahara Occidental». L’auteur de l’article revient sur le «silence» entretenu autour de la succession du président, en estimant que les dirigeants algériens préféreraient «une transition en douce».

Dans le même registre, Mondafrique, site dirigé par le journaliste français Pierre Bau, estime dans un récent article que la maladie de Bouteflika reste «un secret d’Etat» dont seules trois ou quatre personne seraient au courant. Selon ce site qui se dit très introduit dans les coulisses algériennes, même le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ou encore le directeur de cabinet, Ahmed Ouyahia, n’y ont pas accès. «Cette stratégie, écrit le journaliste, semble provoquer les rumeurs les plus folles. L’opinion publique algérienne reste totalement désemparée. Mais là-haut, au sommet du régime algérien, le ressenti de la population n’est guère une priorité. Seul l’intérêt politique compte. Et pour l’heure, il faut cacher le soldat Bouteflika. Le cacher le plus longtemps possible pour éviter les conséquences politiques désastreuses de sa longue fin de vie».

Algerie:Je deballe tout…..ras le bol de cette caste..

Autant rehabiliter tous les assassins criminels..netanyahou… pinochet…polpot..petain… et pourquoi pas hitler ,mussolini et compagnie,quel funeste pied de nez á tous nos  martyrs les torturés,les orphelins,les victimes directs et indirects en resumé au peuple Algerien!tout comme la rehabilitation de messali hadj..l’enterrement de roger hanin en Algerie….. le defilé de notre armée aux champs elysées…Pendant que vous y etes invité Enrico macias le sioniste…,la Laurence haim..le macron qui visite la tombe de roger…il ne le connaît méme pas c’est juste pour affirmer la presence sioniste dans notre pays…Que devient notre pays…pourquoi?,dans quel but?,sommes nous á ce point haïs par la caste infecté par le harkisme….la plus part d’entre eux ont des trples nationalités..et possèdent des biens immobiliers..a l’etranger…quel jeu nouveau de dupes tramait vous?,vous avez tous pris,les richesses,la culture,notre identité,vidés les caisses,ruinés notre  avenir et plus encore,l’avenir de même ce ne sont pas encore de ce monde,les générations à venir..ou allez vous?,vers ou?,que voulez vous au juste?,vous savez á force de nous piêtiner,il arrivera le jour ou nous n’aurons plus rien á perdre et surtout les capacités mentales de garder notre sang froid,car mort pour mort autant l’être pour de vrai,et vou y’auriez largement contribués,arrêtez vous un instant regarder le champs de ruine qui vous entoure,et surtout posez vous la question:qui suis je….

Pourquoi cette indignation sélective ? la réhabilitation de Messali est aussi scandaleuse que celle de ce bengana, voire pire. Même la surdimension donnée à l’Emir qui a fini comme l’ami de la france, au détriment d’autres résistants mort au combat ou exilé, est un pied de nez à l’histoire. Concernant les archives que la France refuse de nous rrestituer..on comprend pourquoi…cela devoilerer vos trahisons…de bengana,à saidani,à djemai,de tliba,à  chakib, de ghoul à béjaoui et sa famille et d’autres opportunistes comme le franco fraichement Algerien le rachid nekkaz ,l’homme soit-disant providentiel des folies bergeres..le para-chuté,qui fut méme reçu par certains leaders de l’opposition…et lorsqu’ un ministre refuse le spirituel et le temporel..que nous restent ‘ils …Pour conclure je vous souhaite la  malédiction pour le  non respect du serment faite aux chahids et vrais moudjahids….H.B.Lakhdar

Chargée par les colons de transformer l’Algérie en patrie des colons

A l’époque du bachaga El Hadj Mohamed El Mokrani, l’Algérie a connu une situation de troubles suite à la chute en 1870 du régime militaire qui s’était appuyé sur les bureaux arabes, lesquels, dans une sorte de défi lancé aux colons, avaient tenté de rapprocher les affaires des indigènes musulmans de l’administration coloniale. Cette politique fut contestée par les colons qui servait –selon eux- plus les intérêts des indigènes que les leurs, même si c’est pour une part infime.Partant de ce principe, l’administration civile avait pris la relève et fut chargée par les colons de transformer l’Algérie en patrie des colons, d’accaparer les biens des indigènes et de renvoyer ces derniers vers des régions tout justes bonnes pour y séjourner. A côté de cela, les conditions de vie dramatiques des Algériens, la spoliation des terres qui avaient entraîné des famines, des épidémies et la misère ont fini par avoir raison de ce qui subsistait du peuple algérien qui a souffert des conditions politiques inspirées par les colons et mises en place par l’administration coloniale.

Les causes de la résistance d’El Mokrani

Après la chute de l’Empire et la naissance de la république et après la défaite de Napoléon III face à Bismarck, le renversement du régime en place en France a eu un effet direct sur la situation intérieure en Algérie, caractérisée par la montée en puissance des colons à travers l’influence exercée par eux sur le gouvernement de Paris et l’appel fait aux autorités en Algérie ; situation inacceptable par le chef de Majana, le bachagha Mohamed El Mokrani.

Par ailleurs, Mohammed El Mokrani avait reçu en 1864 du général Devaux un blâme en raison de l’aide qu’il avait apportée à l’un des amis de son père, le cheikh Bouakkaz ben Achour. El Mokrani considéra cela comme une humiliation pour lui, pour sa famille et pour les habitants de sa région.

D’autre part, les autorités coloniales n’ayant aucune confiance en El Mokrani avaient procédé à la création d’une commune mixte à Bordj Bou Arréridj à la tête de laquelle avait été nommé l’officier Olivier. Cheikh El Mokrani a jugé que cette mesure portait atteinte à son influence politique dans la région, puisqu’il devenait ainsi un simple membre au sein du conseil municipal de la ville de Bou Arréridj, sans avis ni poids à opposer à la force des colons en matière de représentativité.

Les autorités d’occupation visaient, de ce fait, à réduire l’influence d’El Hadj El Mokrani en tant que leader politique. Celui-ci s’empressa donc de présenter sa démission de sa fonction de bachaga. Elle fut rejetée le 09 mars 1871 sous prétexte qu’elle n’était pas assortie d’un engagement de sa part à assumer la responsabilité de tous les évènements pouvant survenir dans les zones placées sous son autorité.

Cette attitude constitua également une autre cause du déclenchement de la résistance car elle était perçue comme une atteinte à sa dignité.

Par ailleurs, il y eut la famine qui avait touchée la région entre 1867 et 1868 faisait des milliers de victimes parmi les Algériens, dans l’indifférence totale de l’administration coloniale qui ne jugea pas nécessaire de porter secours aux indigènes. Ceci confirma une fois de plus à El Mokrani que pour la France, seuls ses intérêts en Algérie comptaient.

Parmi les causes objectives, il y avait également un motif religieux. En effet, l’Eglise exploitant les conditions sociales dramatiques des populations est allée vers elles , portant l’Evangile dans une main et les aides dans l’autre. Les indigènes se virent quasiment obligés de confier leurs enfants aux Pères Blancs pour leur éviter de mourir, même si c’est au prix de leur christianisation.

Parmi les causes politiques citées précédemment, le bachaga El Mokrani a vu dans le remplacement du régime militaire par le pouvoir civil le moyen d’asseoir la domination des colons européens sur les Algériens et les asservir. Ceci était stipulé par le décret du 24 octobre 1870 qui renforça El Mokrani dans sa conviction que cela allait accroître les souffrances endurées par le peuple algérien du fait des colons et des juifs naturalisés aux termes du décret de naturalisation promulgué par Crémieux lui-même juif. Ce qui fit dire au chef de l’insurrection de 1871, Cheikh Mohamed El Mokrani, sa célèbre phrase:  » Je préférerais être sous un sabre qui me trancherait la tête mais jamais sous la houlette d’un juif». Suite à cela, il préféra s’en remettre à l’arbitrage de l’épée face à la nouvelle administration civile.

A cela, il faut ajouter les prêts contractés par El Mokrani auprès de la Banque d’Algérie et du juif Mesrine en raison de la famine qui avait décimé les populations de la région. Ce prêt étant destiné à aider les nécessiteux et les victimes de la famine, mais après le départ du gouverneur général militaire Mac Mahon et la prise en main du pouvoir par les autorités civiles, celles-ci refusèrent d’honorer l’engagement d’El Mokrani, lui créant ainsi une crise financière et l’obligeant, pour les habitants de sa région, à hypothéquer ses biens et devenir ainsi victime des abus de pouvoir des colons et des juifs.

D’autre part, la politique raciste appliquée par la nouvelle administration à l’égard des Algériens employés dans la réalisation de la route reliant Alger à Constantine a accéléré le déclenchement de l’insurrection. En effet, l’administration pratiquait de fait une ségrégation en matière de salaires et de nature des travaux. Ainsi, les salaires les plus bas étaient attribués aux Algériens qui étaient affectés aux travaux les plus pénibles, sachant que les ouvriers issus pour la plupart de la ville d’El Bordj feraient part de leurs souffrances au bachaga El Mokrani pour qu’il y mette un terme. Il y procéda en utilisant une partie de ses biens propres afin de soulager leurs souffrances.

Les étapes de la résistance d’El Mokrani et rôle du Cheikh El Haddad

1- Phase de déclenchement

Après l’encerclement au cours du mois de février 1871 des troupes françaises dans le fort de la ville d’El Milia par les habitants d’Ouled Aïdoun, l’insurrection déclenchée à Souk Ahras sous la direction de Mohammed El Kablouti et les spahis ainsi que la résistance à Laghouat de Bennaceur Ben Chohra et du Chérif Bouchoucha , furent autant d’évènements importants qui constituèrent les prémices de la première phase de l’insurrection d’El Mokrani, déclenchée le 16 mars 1871 après qu’il eut présenté pour la deuxième fois sa démission de son poste de bachaga le 27 février 1871.

Le déclenchement effectif fut marqué par la restitution au ministère de la guerre de son insigne de bachaga à savoir le burnous, ainsi que la tenue d’une série de réunions avec ses hommes et les hauts dirigeants dont la dernière fut la réunion élargie à caractère martial tenue le 14 mars 1871.

Le 16 mars, débuta son avancée vers la ville de Bordj bou Arréridj à la tête d’une troupe estimée à sept mille cavaliers dans le but de l’encercler et faire ainsi pression sur la nouvelle administration coloniale.

2- Phase de généralisation de l’insurrection; émergence du Cheikh El Haddad et des frères de la Rahmania

Après l’encerclement de la ville d’El Bordj, l’insurrection s’est étendue à travers de nombreuses régions de l’Est Algérien, arrivant jusqu’à Miliana, Cherchell, Jijel, Collo ainsi qu’El Hodna, M’sila, et Bousaâda auxquelles il faut ajouter Touggourt, Biskra, Batna et Ain Salah.

C’est dans de telles circonstances que quelques dissensions sont apparues entre les zaouias de la région de Kabylie, dont la zaouia Rahmania à Seddouk et les zaouias de Chellata et Illoula. Ces dissensions se propagèrent au sein même de la famille d’El Mokrani, divisée en deux fractions : la faction du bachaga El Mokrani avec pour siège Majana, alliée au bachaga de Chellata, Ben Ali Chérif, et la faction du bachaga Mohamed Ben Abdesslam El Mokrani, caïd de Ain Taghzout, à l’est de Bordj Bou Arréridj qui était l’ami de Cheikh Aziz, caïd de Amoucha et la famille de Cheikh El Haddad.

Devant cette situation qui ne servait pas la lutte déclenchée par El Mokrani contre l’administration coloniale, celui-ci tenta de rallier Cheikh El Haddad et la confrérie des Rahamania, grâce auquel il commença à mobiliser les populations pour le djihad.

Le fils du Cheikh Mohamed Améziane ibn Ali el Haddad a joué un rôle éminent aux côtés d’El Mokrani et pu ainsi convaincre son père de proclamer la guerre sainte le 08 Avril 1871. Ceci amena certains membres de la confrérie Rahmania à rallier les rangs de l’insurrection, devenant ainsi une force de frappe. Ils participèrent aux côtés du bachaga Mohamed El Mokrani à de nombreuses batailles dont ils sortirent victorieux contre les troupes de l’ennemi.

Les batailles d’el Mokrani, de son frère Boumezrag et du Cheikh Aziz, en plus de la confrérie Rahmania figurent parmi celles qui ont démontré aux dirigeants du colonialisme, l’étendue de cette révolte qui n’était pas seulement limitée à Majana et El Bordj mais avait atteint Dellys, Tizi Ouzou, Sour El Ghozlane, Draâ el Mizan , Bouira, parvenant jusqu’aux abords de la capitale.

Les membres de la confrérie Rahamania, disciples du Cheikh El Haddad jouèrent un rôle éminent dans les succès de l’insurrection d’El Mokrani, notamment après que Cheikh El Haddad eut proclamé la guerre sainte le 08 Avril 1871 à la zaouia de Seddouk et sur l’insistance de son fils Aziz. L’insurrection eut tendance à acquérir un caractère global à travers l’accroissement du nombre de combattants qui l’ont ralliée et son extension à l’ouest, au nord et à l’Est où bon nombre de postes de l’armée coloniale furent encerclés dans plusieurs régions.

Le nombre de combattants, partisans de Cheikh El Haddad et membres de la confrérie Rahmanya avait atteint plus de cent vingt mille (120000)hommes, issus de deux cents cinquante (250)tribus, puisque le Bachaga El Mokrani avait réussi à mobiliser 25 mille cavaliers des tribus de Bordj Bou Arréridj, Bousâada et Sour El ghozlane. Grâce à cette force dont le mérite revient à la zaouia Rahmania et aux partisans de Cheikh El Haddad et de son fils Aziz, l’insurrection avait enregistré de nombreuses victoires qui engendrèrent des craintes chez l’administration coloniale et devinrent un danger pour ses intérêts et les colons dans la région.

– Phase de repli

En dépit des capacités de mobilisation pour le combat de Cheikh El Haddad et son fils Aziz et le rôle joué par leurs partisans au sein de la confrérie des Rahmania, outre le rôle joué par le bachaga Mohamed El Mokrani et son frère Boumerzag, les dissensions ont refait surface, entretenues grâce à ses méthodes spécifiques par l’administration coloniale, notamment après la mort au champ d’honneur du héros de la résistance, le Bachaga El Mokrani, au cours de la bataille de Oued Souflat qui a eu lieu près de Aïn Bessam , le 05 Mai 1871, tué par l’un des traîtres à la solde de l’administration française.

Ces dissensions étaient centrées au premier degré autour de deux personnalités ayant chacune son poids dans cette insurrection, à savoir Aziz, fils de Cheikh El Haddad, et Boumezrag El Mokrani, frère de Mohammed El Mokrani, leader de la résistance, auquel a été remis l’étendard du djihad après le décès de son frère. Cheikh Aziz rejeta cette nouvelle situation, briguant la direction de la résistance surtout qu’il était l’une des personnalités les plus éminentes autour de laquelle s’étaient regroupées les frères de la Rahmania.

Cependant, la situation était maîtrisée par Boumezrag, ce qui poussa Cheikh Aziz à s’empresser de demander la reddition.

L’autre cause d’affaiblissement de la résistance et de son recul fut le conflit interne aux zaouias de la confrérie Rahmanya, dont celui entre la zaouia de Seddouk dirigée par Aziz , celles de Chérif Ben el Mouhoub et celle de Chellata qui furent attaquées par lui entre le 15 avril et le 24 mai.

Les conséquences de ces conflits sur le processus insurrectionnel furent désastreuses dans la mesure où Boumezrag poursuivait la résistance à travers des batailles qui réduisaient progressivement son potentiel de combat. Il ne put donc pas ontinuer la guerre contre les troupes de l’ennemi, surtout après la reddition d’El Haddad qui a influé sur le moral de Boumezrag El Mokrani.

Ses tentatives de resserrer les rangs des dirigeants des zaouias de la confrérie des Rahmanya furent vouées à l’échec et après sa défaite au cours de la bataille qui eut lieu près de la kalâa des Béni Hammad, le 08 octobre 1871, il se dirigea vers le Sahara. Les Français en ayant eu vent, il fut arrêté le 20 janvier 1872 près de Rouissate à Ouargla et transféré au camp du Général Delacroix puis envoyé au bagne de Nouvelle Calédonie.

Conséquences de la résistance d’El Mokrani

Après que les conditions internes eurent aidé l’armée française à mettre fin à l’insurrection d’El Mokrani, les répercussions sur l’ensemble des populations des régions qui avaient soutenu et aidé l’insurrection commencèrent à se faire sentir. Ainsi, les tribus ayant participé à l’insurrection furent soumises à des impôts de trois sortes, en fonction de leur degré de participation contre les troupes françaises.

– 70 francs à payer par les personnes qui avaient attiré l’attention des responsables de l’administration française.

– 140 francs pour toute personne qui s’est mobilisée et a fourni de l’aide à l’insurrection.

– 210 francs pour toute personne ayant participé à la guerre et déclaré publiquement son opposition à la France.

– Par ailleurs, des montants à payer par chaque famille avaient été arrêtés et en cas de refus de payer, il était procédé à la saisie des biens , ceci parallèlement aux mesures de saisie et de réserve prises à l’encontre des femmes et des enfants.

Les montants payés par les différentes régions suite à l’insurrection se répartissent comme suit:

– Région de Dellys: 1444100 francs

– Territoire civil : 254450 francs

– Région de Tizi Ouzou : 3070630 francs

– Région de Draâ El Mizan : 1325200 francs

– Région d’Alger : 1260000 francs

– Territoire civil : 210000 francs

– Région de Sour El Ghozlane : 668292 francs

– Région de Béni Mansour : 561330 francs

– L’ensemble des tribus qui avaient porté l’étendard de la révolte furent quant à elles soumises au paiement global de leurs contributions, le montant total ayant été estimé à 26844220 francs, outre le dépouillement des tribus de leurs armes dont 6365 fusils, 1239 revolvers, 1826 sabres et trois canons.

Les conséquences furent les suivantes:

– Les personnes arrêtées parmi les principaux dirigeants de l’insurrection furent traduites devant les tribunaux civils et militaires, réprimées et humiliées.

– Les populations continuèrent à être soumises au paiement d’amendes dont le montant fut estimé à 36,5 millions francs consacrés essentiellement à l’implantation des colonies notamment entre 1871 et 1880. Ce sont plus précisément les colons venus d’Alsace –Lorraine et ceux venus du sud de la France qui en bénéficièrent.

– Les terres appartenant aux tribus furent mises sous séquestre et les biens de leurs membres saisis et distribués aux nouveaux colons.

– Ceux qui avaient participé à l’insurrection furent emprisonnés sans jugement parmi lesquels l’épouse du bachaga Mohamed El Mokrani, sa fille ainsi que sa nièce, la fille de son frère Boumezrag.

– Application de la politique de la déportation en Nouvelle Calédonie, notamment à l’égard Boumezrag El Mokrani et des deux fils de Cheikh El Haddad, Aziz et Mohamed.

– Des peines de mort furent prononcées, comme ce fut le cas pour Boumezrag El Mokrani, condamné à mort par la Cour d’assises de Constantine le 07 janvier 1872, peine commuée en déportation assortie de travaux forcés dans la ville de Nouméa , en Nouvelle Calédonie.

– Une peine de prison dans l’isolement pour une durée de cinq ans fut prononcée à l’encontre de Cheikh El Haddad le 19 Avril 1873 mais compte tenu de son âge avancé, il ne supporta pas la prison et mourut dix jours seulement après sa détention.

– Suite à cette insurrection, la loi portant démembrement des terres indivises fut promulguée le 26 juillet 1873 aux termes de laquelle 200 hectares par personne furent affectés à chaque colon.

– En 1872, les membres de 33 tribus étaient passés du statut de propriétaires terriens à celui de salariés après la saisie de leurs terres dont la superficie totale avait atteint 611130 hectares y compris tous les biens meubles et immeubles des familles d’El Mokrani et de Cheikh El Haddad.

les caids, les agents d´autorité représentent, depuis la conquête, les familles de collaborateurs (byyaa) qui ont opté pour l´algerie francaise. leur autorité féodale étant incompatible avec la domination des odieux criminels colonialistes francais. les colonisateurs leur ont substiné les chefs d´occasion de plus basse extraction et qui devaient tout a la puissance coloniale. celle-ci leur conférait quelques parcelles de pouvoir sur les tribus démentelées et les chargeait d´encadrer les poussiéres d´individus (nous les indigénes) essentiellement, leur faire payer l´impôt, surveiller les déplacement et fixer la population souvent semi-nomade. ces chefs indigénes traitres. mis en cartes par les bureaux arabes, étroitement surveillés, guidés et réprimandés, au besoin cassés, doivent leur pouvoir et leur richesse a la puissance coloniale. ils transmettent leur charge a leurs descendants pour perpétuer le patrimoine. les Caids (byyaa) sont la courroie de transmission des ordres coloniaux aux masses musulmanes. ils assurent d´abord une tâche de relation entre les administrateurs colonialistes et les gens du Bled, pour faire appliquer la loi criminelle coloniale, ils ont pour charge de relever l´impôt aprés en avoir fixé l´assiette selon les douars et les richesses et ils ont droit d´en prélever un pourcentage qui peut s´augmenter de dons en nature plus au moins volontaires. les affaires de concussion (détournement de fond, corruption,trafics, ect.) les Caids traitres ils doivent renseigner l´administration coloniale et faire des enquêtes sur les tendances, le rôle des confréries (zawya), les nationalistes. les oppositions politiques…ect enfin ils sont chargés de faire régner l´ordre colonial. ils peuvent disposer d´un certains nombre de fusils et de chevaux qui leur permettent d´intervenir dans les douars. le pouvoir criminel colonial freme les yeux sur les moyens pourvu que l´ordre colonial régne. de nombreuses familles Caidales traitres ont casé leur rejeton dans l´armée coloniales. ils ont peuplé les régiments de Zouaves et de Turcos, parcouru le monde avec les troupes coloniale : la Crimée, le Mexique, Sedan sous le second empire, l´Afrique, l´Asie sous la IIIe république , patauger dans la neige et la boue de la drôle de guerre et tenter de retenir la Blitzkrieg en mai et juin. ( traitre Bachagha Boualem Sid Ahmed Belarbi de la tribu des Beni-Boudouane, dans les monts de l´ouarsnis).

Le pourfendeur du faux Djihad

le pourfendeur du faux Djihad

EnnaharTV invite le pourfendeur du faux Djihad (vidéo)
Cheikh Wassem Youssef.

Ce dernier, natif de la ville d’Irbid en Jordanie, et qui officie aux Emirats Arabes Unis (EAU) n’a de cesse depuis des années, avec courage de dénoncer les « printemps arabes » et les dérives djihadistes en particulier leurs commanditaires, entendre l’Arabie saoudite et le Qatar.

Dans la  vidéo ci-dessous, cheikh Wassem Youssef indique que « Notre problème à nous Musulmans, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui se permettent de lancer des Fatwas à tour de bras.

Nous avons des oulémas qui s’amusent à ce jeu. Mais ils ne sont pas au service d’ALLAH (swt) comme ils le devraient. Ils sont au service du gouvernement qui les emploient.

Et çà, c’est un gros problème. Craignez donc Allah (swt) et cessez d’envoyer des enfants musulmans, tuez d’autres enfants musulmans. »

Après le regretté Cheikh Mohamed Said Ramadane Al Bouti, le Cheikh Ahmed Ettayeb (AlAzhar), le Cheikh  Imran N. Hosein, le Cheikh Salahudine ibn Ibrahim abu Arafa, et après le Mufti Othman Batthikh, le Cheikh Youssef Wassim, se lève à son tour et dénonce ce faux Djihad, pointe ce qu’il nomme les « Savants de la Fitna »  et accuse les manipulateurs des « printemps arabes ».

Le Cheikh Wassem Youssef arrivera à Alger le 10 mars 2017.

https://youtu.be/3yx1UJgva1Y

La guerre d’Algérie a une longue histoire.

La guerre d’Algérie a une longue histoire. Elle commence le 31 janvier 1830 lorsque Charles X décide de s’emparer d’Alger. Officiellement, il s’agit de venger une offense faite au consul de France par le dey Hussein et de détruire la piraterie qui sévit dans la région. Officieusement, l’objectif est de restaurer le prestige de la royauté et de prendre pied en Afrique du Nord pour éviter de laisser le champ libre à l’Angleterre. La monarchie de Juillet hérite du fardeau.

L’« aventure » coûte cher, elle mobilise des effectifs militaires importants et elle rapporte peu. Des voix nombreuses s’élèvent à l’Assemblée pour exiger le retrait des troupes françaises, d’autres pour leur maintien et une occupation limitée, d’autres enfin préconisent la domination, la guerre à outrance indispensable pour détruire la puissance d’Abd el-Kader et ruiner les tribus qui le soutiennent. A la fin de l’année 1840, les partisans de cette politique l’emportent.

Le 29 décembre, le général Thomas Bugeaud, qui vient d’être nommé gouverneur de cette colonie, arrive en Algérie. La véritable conquête débute avec massacres, déportations massives des populations, rapt des femmes et des enfants utilisés comme otages, vol des récoltes et du bétail, destruction des vergers, etc. Louis-Philippe d’abord, Louis-Bonaparte ensuite récompenseront les officiers par de prestigieuses promotions. Les monceaux de cadavres kabyles et algériens (1) permettent aux généraux de l’armée d’Afrique de faire de brillantes carrières.

« J’ai souvent entendu en France des hommes que je respecte, mais que je n’approuve pas, trouver mauvais qu’on brûlât les moissons, qu’on vidât les silos et enfin qu’on s’emparât des hommes sans armes, des femmes et des enfants. Ce sont là, suivant moi, des nécessités fâcheuses, mais auxquelles tout peuple qui voudra faire la guerre aux Arabes sera obligé de se soumettre », écrit Alexis de Tocqueville avant d’ajouter : « Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire soit en détruisant les moissons à l’époque de la récolte, soit dans tous les temps en faisant de ces incursions rapides qu’on nomme razzias et qui ont pour objet de s’emparer des hommes ou des troupeaux (2). »

Ainsi s’exprime celui qui a écrit de la démocratie en Amérique lorsqu’il rédige, en octobre 1841, après avoir séjourné dans le pays, son Travail sur l’Algérie. La colonisation en général et celle de l’Algérie en particulier lui tiennent à cœur. Deux lettres, plusieurs discours sur les affaires extérieures de la France, deux voyages, deux rapports officiels présentés, en mars 1847, à la Chambre des députés, à quoi s’ajoutent de nombreuses observations et analyses disséminées dans sa volumineuse correspondance. Tocqueville théorise l’expansion française en Afrique du Nord.

Fidèle à sa méthode, il rassemble une documentation importante, car il projette de rédiger un ouvrage sur l’Inde et la colonisation anglaise pour la comparer à celle menée par les Français dans la Régence d’Alger comme on disait alors. Enfin, il étudie le Coran et, au terme de ses lectures, conclut que la religion de Mahomet est « la principale cause de la décadence (…) du monde musulman ». Il faut donc tenir Tocqueville pour une figure importante de la colonisation moderne à laquelle il a consacré beaucoup de temps et d’énergie entre 1837 et 1847.

Qu’en disent les spécialistes français ? Peu de choses. Soit ils feignent d’ignorer ce corpus fort riche, soit ils euphémisent les positions de leur idole afin de ne pas nuire à son image de libéral et de démocrate (3). Il est vrai que la fréquentation assidue de De la démocratie en Amérique et de L’Ancien Régime et la Révolution est plus propice aux canonisations académiques que l’examen précis des textes qui portent sur l’Algérie. Ces textes, pourtant tous publiés, ne hantent pas les membres de l’honorable république des lettres qui explorent la pensée de Tocqueville, et s’émerveillent de la subtilité de ses analyses. On y apprend pourtant beaucoup sur certaines de ses conceptions et, plus largement, sur les premières années de la conquête, sur les origines et l’organisation de l’État colonial. On y découvre le Tocqueville apôtre de la « domination totale » en Algérie et du « ravage du pays (4) ».

L’importance qu’accorde Tocqueville à la conquête de ce pays s’appuie sur des analyses de la conjoncture internationale et de la place de la France dans le monde, d’une part, et sur l’évolution des mœurs nationales, d’autre part. L’écrivain n’a que mépris pour la monarchie de Juillet qu’on découvre, sous sa plume, médiocre et pusillanime. Néfaste pour les affaires intérieures du pays, ce régime l’est plus encore pour les affaires extérieures en une période où la crise de l’Empire ottoman, en Afrique et au Proche-Orient notamment, bouleverse la situation dans les régions concernées et crée des occasions nouvelles pour les puissances européennes. Encore faut-il, pour s’en saisir, faire preuve d’audace et ne pas craindre l’Angleterre.

Mettre un terme au déclin de la France, restaurer son prestige et sa puissance, telle est l’obsession de Tocqueville qui est convaincu que, en l’absence d’une vigoureuse politique de conquêtes, le pays sera bientôt relégué au second rang et la monarchie menacée dans son existence même. Dans ce contexte, se retirer d’Algérie serait irresponsable. Il faut y demeurer, et le gouvernement doit encourager les Français à s’y installer pour dominer le pays et contrôler aussi la Méditerranée centrale, grâce à la construction de deux grands ports militaires et commerciaux : l’un à Alger, l’autre à Mers El-Kébir.

La réalisation de ces desseins est propre à restaurer l’orgueil national qui est attaqué par « l’amollissement graduel des mœurs »d’une classe moyenne dont le goût des « jouissances matérielles » se répand dans l’ensemble du corps social en lui donnant « l’exemple de la faiblesse et de l’égoïsme (5) ». La guerre et la colonisation se présentent donc comme des remèdes aux maux sociaux et politiques qui affectent la France. C’est pourquoi Tocqueville se prononce pour des mesures radicales qui doivent permettre de s’emparer sans coup férir de l’Algérie et de rompre avec dix ans d’atermoiements.

« La guerre d’Afrique est une science »

Dominer pour coloniser et coloniser pour assurer la pérennité de la domination, telles sont les orientations qu’il n’a cessé de défendre. Quant aux moyens, ils sont dictés par les fins… Abd el-Kader se déplace constamment dans le pays en s’appuyant sur de nombreuses tribus qui lui procurent des hommes, des armes et de la nourriture ; il faut traquer le premier sans relâche et, surtout, anéantir les structures économiques et sociales des secondes afin d’atteindre les fondements de la puissance de ce chef et de ruiner son prestige.

Après s’être prononcé en faveur de l’interdiction du commerce pour les populations locales, Tocqueville ajoute : « Les grandes expéditions me paraissent de loin en loin nécessaires : 1° Pour continuer à montrer aux Arabes et à nos soldats qu’il n’y a pas dans le pays d’obstacles qui puissent nous arrêter ; 2° Pour détruire tout ce qui ressemble à une agrégation permanente de population, ou en d’autres termes à une ville. Je crois de la plus haute importance de ne laisser subsister ou s’élever aucune ville dans les domaines d’Abd el-Kader (6). »

L’auteur de De la démocratie en Amérique approuve sans réserve et défend, publiquement et à plusieurs reprises, les méthodes de Bugeaud. Elles consistent à mettre le pays à sac, à s’emparer de tout ce qui peut être utile pour l’entretien de l’armée en « faisant vivre ainsi la guerre par la guerre », comme l’affirme le général Lamoricière, et à repousser toujours plus loin les autochtones de façon à s’assurer de la maîtrise complète des territoires conquis. Ces objectifs une fois atteints par l’emploi d’une terreur de masse autoriseront l’implantation et le développement de nombreuses colonies de peuplement, qui rendront impossible le retour des anciennes tribus.

Tocqueville ne compte pas uniquement sur la puissance du sabre, il entend couvrir ces usurpations et les étendre par le recours à la force du droit. Il prévoit la mise en place de tribunaux d’exception qui, au moyen d’une procédure qu’il qualifie lui-même de « sommaire », procéderont à des expropriations massives au profit des Français et des Européens. Ainsi pourront-ils acquérir des terres à bas prix et faire vivre des villages que l’administration coloniale aura pourvus de fortifications, d’une école, d’une église et même d’une fontaine, précise le député de Valognes, soucieux du bien-être matériel et moral des colons. Regroupés en milices armées dirigées par un officier, ils assureront la défense et la sécurité de leurs personnes et de leurs biens cependant que le réseau formé par ces villages permettra de tenir efficacement les régions conquises. Quant aux populations locales, repoussées par les armes puis dépouillées de leurs terres par les juges, elles décroîtront sans cesse, affirme Tocqueville.

Tel qu’il le conçoit, tel qu’il s’est structuré aussi, l’Etat colonial se présente d’emblée comme un double Etat d’exception par rapport au régime qui prévaut dans la métropole : il repose sur deux systèmes politico-juridiques de nature différente qui s’organisent, en dernière analyse, sur des fondements raciaux, culturels et cultuels. Celui qui est applicable aux colons leur permet de jouir seuls de la propriété et de la possibilité d’aller et venir mais d’aucune des libertés politiques, car toutes doivent être suspendues en Algérie, selon Tocqueville. « Il doit donc y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux (7). »

C’est clair, précis et concis. Les hommes venus de cette Europe glorieuse et éclairée ont droit aux droits ; quant aux autres, aux « barbares », ils ne sauraient goûter aux plaisirs de l’égalité, de la liberté et de l’universalité de la Loi. Ni aujourd’hui ni demain puisque Tocqueville ne fixe aucun terme à cette situation. Aussi n’est-il pas surprenant que le second système, celui qui est applicable aux Kabyles et aux Arabes, ressortisse à un état de guerre permanent destiné à les maintenir sous le joug brutal des colons et d’une administration dotée de pouvoirs exorbitants.

En 1847, après plusieurs années de conflits impitoyables, Tocqueville écrit avec emphase : « L’expérience ne nous a pas seulement montré où était le théâtre naturel de la guerre ; elle nous a appris à la faire. Elle nous a découvert le fort et le faible de nos adversaires. Elle nous a fait connaître les moyens de les vaincre et (…) d’en rester les maîtres. Aujourd’hui on peut dire que la guerre d’Afrique est une science dont tout le monde connaît les lois, et dont chacun peut faire l’application presque à coup sûr. Un des plus grands services que M. le maréchal Bugeaud ait rendus à son pays, c’est d’avoir étendu, perfectionné et rendu sensible à tous cette science nouvelle ( Les crimes de l’armée et de l’Etat français en Algérie )

 

le Crif tient son très prisé dîner annuel

Président, ministres et candidats à la présidentielle : le Crif tient son très prisé dîner annuel

 

En pleine campagne, le dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France voit défiler quelque 700 personnalités. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’ont pas été conviés à l’événement qui se déroule sur le thème «rejet des extrêmes».

 

De nombreuses personnalités du monde politique sont arrivées durant la soirée du 22 février à l’hôtel Pullman de Paris : au menu, le 32e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France.
Hollande ne sait plus combien de fois il a participé

Le chef de l’Etat François Hollande a pris la parole devant un parterre d’invités de haut vol. «J’ai participé un grand nombre de fois, dont je n’arrive pas à me souvenir, au dîner du Crif dans les différentes fonctions que j’ai occupées», a-t-il déclaré, avant d’expliquer vouloir «rendre des comptes» devant l’Assemblée, à l’issue de son dernier mandat.

Durant sa prise de parole, le président a appelé à renforcer la lutte contre l’antisémitisme, dont il estime que «la haine d’Israël» est un «prétexte». Qualifiant l’Etat hébreu d’«Etat pluraliste et démocratique» ami de la France, il a estimé que la colonisation était «dangereuse» pour la paix, avant de nuancer : «Jamais la solution [au problème des colonies israéliennes] ne sera imposée par la communauté internationale.»

Il a rappelé que la France avait l’une des seules législations interdisant le boycott d’Israël, avant de promettre : «Croyez-moi, nous la ferons appliquer !»

Le président a par ailleurs invité à combattre le racisme et les différentes formes de nationalisme, notamment «sa version économique, le protectionnisme».
Le président du CRIF dénonce une «obsession» anti-Israël

Auparavant, le président de l’organisation communautaire a tenu un discours où il a notamment cité l’essayiste Robert Badinter, sous les applaudissements : «L’antisionisme n’est rien d’autre que l’expression contemporaine de l’antisémitisme.»

Il a ensuite assuré qu’il existait une «obsession anti-israélienne» au Conseil de Sécurité des Nations Unies et au Conseil des droits de l’homme, avant d’appeler à interdire le mouvement BDS [qui prône le boycott des produits israéliens pour protester contre la colonisation] en France, là encore, sous les applaudissements.

Parmi les invités, on compte le président François Hollande, les ministres Myriam El-Khomri, Bruno Le Roux et Jean-Yves Le Drian, mais aussi les candidats à l’élection présidentielle François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron.

Président, ministres et candidats à la présidentielle : le Crif tient son très prisé dîner annuel
L’ambassadeur d’Israël en France est également de la partie, ainsi que de nombreux journalistes et artistes.

Depuis que Nicolas Sarkozy s’y est rendu en tant que président de la République, le fameux dîner est devenu incontournable. Il faut tout de même débourser quelque 900 euros pour y participer, selon les chiffres 2015 avancés par le Daniel Schneidermann, fondateur du site Arretsurimages et éditorialiste à Libération.


Mélenchon et Le Pen écartés

On notera cependant l’absence de deux candidats qui ont été privés de dîner. «Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du Crif car ils véhiculent la haine», a expliqué le président de l’organisation communautaire, Francis Kalifat.

Si le Front National n’a jamais été invité, et que le Parti communiste ainsi que les Verts ont été punis en 2009 et 2010 en raison de leur soutien au mouvement BDS, la décision a scandalisé Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier s’est dit «profondément choqué» de l’attitude «antirépublicaine», selon lui du conseil représentatif juif. Il faut dire que Jean-Luc Mélenchon avait fait une sortie mémorable contre le Crif en 2014, l’accusant d’utiliser un «rayon paralysant qui consiste à traiter tout le monde d’antisémite».