Archives pour la catégorie ELECTIONS

Ahmed OUYAHIA , SG du RND – 18 mars 2017 dans la wilaya Illizi

L’opposition constitutionnelle

 


II – L’opposition constitutionnelle (suite)
1- La mouvance islamiste (suite)

Les «janvieristes» Khaled Nezzar, Larbi Belkheir, Mohamed Lamari, Smaïn Lamari, Mohamed Médiène et Mohamed Touati avaient, pour eux, la puissance de feu, l’unité de rang et la discipline des troupes placées sous leur autorité, mais, contre eux, la méconnaissance d’un terrorisme très mobile, déterrant et recyclant les organigrammes, les caches et les circuits de collecte d’armes et d’argent de l’ALN et du FLN du temps de la Révolution. A leur passif, également, une communication archaïque, débordée par la propagande des gorges profondes du DRS — le colonel Samraoui, en particulier — et des partisans du «qui tue qui ?» orchestrée par les services secrets français via les éditions La Découverte. Plus que ces embûches auxquelles ils avaient été, probablement, éveillés, c’était de l’illégitimite du HCE et de la leur, propre, qu’ils souffraient le plus, parce qu’elle les inscrivait, dangereusement, sur les listes douteuses promises au Tribunal pénal international par les Etats et les ONG étrangers hostiles «à la dictature militaire».
Le président Mohamed Boudiaf, appelé à la rescousse, sembla, un moment, pouvoir pallier le déficit ; pas pour longtemps ; assassiné, sa disparition reposa la question avec plus d’acuité. Son remplacement par le Président Ali Kafi ne régla pas, à son tour, le problème dans la mesure où l’homme qui ne tardera pas à jeter l’éponge ne disposait d’aucun pouvoir réel — autrement que moral — pour solutionner la crise dans les formes et aux conditions qu’il avait laissé entendre à ses proches.
L’arrivée, en 1994, de Liamine Zeroual, ministre de la Défense, à la «Présidence de l’Etat» — une seconde institution extraconstitutionnelle — chargée de faire revenir la Direction du pays à la légitimité qui lui manquait pour se défendre vis-à-vis de l’extérieur, dans un climat d’état d’urgence, de suspension de la Constitution et de dissolution des institutions élues — fut la solution de la dernière chance tentée par les chefs militaires.
Le président Zeroual et le général Mohamed Betchine rappelés en urgence, après avoir été obligés par Chadli Bendjedid de quitter, en 1988, leurs postes de commandement à l’ANP, avaient un profil — anciens officiers de l’ALN montés au maquis à l’âge de 16 ans — qui ne coïncidait pas, tellement, avec celui des «dafistes», une nuance de taille, passée inaperçue à ce moment-là, mais qui refera surface, intempestivement, en 1998, lorsque fut conclue par l’état-major avec Madani Mezrag la reddition de l’AIS (Armée islamique du salut), le motif prêté au Président pour justifier, en cercle restreint, une démission qui surprit tout le monde.
Finalement, et bien avant cet autre épisode crisogène, le sauvetage ne vint que du peuple qui défia l’interdit du terrorisme en se rendant, en masse, aux urnes pour élire, en novembre 1995, un nouveau président de la République, dans ce que furent les premières élections pluralistes où concoururent d’autres candidats comme Mahfoud Nahnah, président du Hamas, Noureddine Boukrouh, président du Parti du renouveau algérien, d’obédience bénabiste, et Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie. L’exemple donné par la communauté algérienne résidant à l’étranger fit boule de neige dans le pays où, pour une fois, un scrutin national brilla par sa transparence et le Président, plébiscité par un score reflétant la réalité, le seul, de mémoire d’Algériens indépendants, à s’être distingué par sa régularité.
La défaite de l’aile militaire du FIS entrecoupée par le détournement de l’Airbus d’Air France, les massacres de Bentalha, Raïs, Béni Messous et Haï Chekala qui firent dépêcher à Alger une mission d’enquête onusienne présidée par Mario Soares, commença à être consommée à partir de cette date.
Plusieurs mesures préventives furent prises contre un éventuel retour de flamme de la guerre : une nouvelle Constitution institue, en 1996, l’alternance et la limitation des mandats assortie de l’interdiction de l’utilisation de la religion et des symboles de la nation à des fins politiques. Une Commission nationale consultative de défense et de promotion des droits de l’Homme ainsi qu’un Conseil de la nation où un tiers des membres, dit tiers présidentiel bloquant, sont nommés par le chef de l’Etat, l’une pour contenir les dépassements des services de sécurité, l’autre pour servir de rempart à l’action législative contre tout risque de déviation partisane. Suivra, dans un esprit d’apaisement, la loi portant rahma(9) dont certaines dispositions furent contestées par les familles des victimes du terrorisme en raison de leur caractère jugé injuste car faisant la part belle aux repentis, absous de leurs crimes, sans confrontation publique avec leurs suppliciés ni comparution devant des tribunaux.
Le Haut-Commandement de l’armée sortit vainqueur de l’épreuve. Il se paya même le luxe de coopter dans le gouvernement d’anciens dirigeants du FIS comme Ahmed Merani après Abdelkader Guechi et Sassi Lamouri débauchés en 1992. Et, bientôt, sera mise sur pied une coalition ouverte aux entristes du MSP. Il pouvait, ainsi, tourner la page de la révolte des «émirs», les Zouabri, les Ayada, les Hattab, les Achi… et, dans la foulée, celle de Zeroual et de Betchine obligés de passer la main, suite aux réserves émises sur les accords passés avec l’AIS.
Dans l’intermède, ces derniers avaient couvert de leur silence la sanction infligée au FLN de Abdelhamid Mehri, signataire du contrat de Rome, renversé par un «coup d’Etat scientifique» et condamné à contempler, en spectateur impuissant, l’exfiltration de sa base vers un parti jumeau, le RND (Rassemblement national démocratique) à qui fut offerte, en juin 1997, une majorité de gouvernement après 6 mois seulement d’existence.
Les potences promises aux généraux par Mohamed Saïd à la mosquée El-Arkam de Châteauneuf en décembre 1991 n’étaient plus qu’un lointain et mauvais souvenir… Pour boucler ce processus de normalisation messianique, il ne restait plus aux «janvieristes» qu’à consacrer, politiquement, leur victoire militaire par l’intronisation d’une autorité civile élue, «à la régulière», qui leur ouvrirait, après l’échec des cartes Boudiaf et Zeroual, les portes de la rédemption internationale.
La personnalité déjà sollicitée, en vain, en 1994, mais partante, cette fois-ci, avait pour nom Abdelaziz Bouteflika, un homme bien informé sur ce qui se passait, réellement, dans les abysses d’un système dont il avait été longuement familier par le passé. D’entrée, il abattit sa première carte : il n’accepterait jamais d’être un figurant et d’obéir à des officiers qu’il avait précédé dans les fonctions du commandement, dans l’intimité du Président respecté par tous les Algériens : Houari Boumediène.
A son arrivée à El-Mouradia, le président Abdelaziz Bouteflika n’avait, de toute évidence, aucune recette prête à l’usage pour remettre l’Etat sur l’axe qu’il n’aurait pas dû, selon son analyse, quitter, mais il avait certainement une intuition sur ce qu’il fallait entreprendre afin d’inverser les rapports hiérarchiques entre la présidence de la République et l’institution militaire, «pervertis» par une pratique «qui ne répondait plus aux normes mondialisées».
Il savait la tâche ardue et la perspective lointaine. Les services de renseignements, colonne vertébrale du pouvoir, renforcés, dans le feu de la lutte anti-terroriste, par la concentration, entre leurs mains, de tous les pouvoirs régaliens n’étaient pas faciles à manier. Pas plus que le général-major Mohamed Médiène, l’autorité suprême, mystérieuse et inaccessible de l’Etat réel. Aussi il se prépara à mener une longue guerre d’usure dans laquelle il ne disposait que d’une seule arme dans le maniement de laquelle il était passé maître : la manœuvre politique et, accessoirement, d’un levier, non moins dissuasif : le réseau de relations qu’il avait tissé avec les leaders politiques, diplomatiques et médiatiques du monde, durant son long règne sur la politique étrangère du gouvernement algérien.
Sa première action tactique fut de soumettre, par référendum, au peuple, la loi portant charte de la paix et de la réconciliation nationale par laquelle il retoqua celle du président Zeroual, ce qui lui permit de faire coup double : avoir la haute main sur la politique de pacification qui portera sa griffe personnelle ; et s’auto-légitimer, parce que la légimité que lui conféra l’élection solitaire de 1999 lui parut aléatoire parce que fausse.
Son territoire ainsi balisé, il travailla à l’étendre, progressivement, grignotant, à chaque étape, un peu plus de prérogatives, avec en ligne de mire un but stratégique : subordonner le militaire au politique.
Deux tâches lui semblèrent prioritaires dans la gestion de cette perspective :
– donner à la mouvance islamiste des gages sur sa volonté de réconcilier les différents acteurs de «la tragédie nationale» : il ne faisait pas mystère de sa conviction que l’armée avait une part de responsabilité dans la crise. Il décida, donc, de libérer Abassi Madani et de le faire expatrier, une façon de le soustraire à ceux qui seraient tentés d’en user comme d’une monnaie d’échange ;
– replacer le FLN au-devant de la scène politique, en abrogeant l’excommunication qui l’avait éloigné, et rééquilibrer le rapport des forces dirigeantes du pays dans le sens d’un retour du Front à la place qui lui revenait «de droit» : le leadership de l’Etat et de la société.
Le président Abdelaziz Bouteflika n’avait, à aucun moment, admis l’idée que l’Algérie et les Algériens étaient prêts, politiquement et culturellement, à vivre sous le régime de la démocratie. Dans la pensée du démocrato-sceptique qu’il était, celle-ci ne saurait fonctionner, autrement, que selon la mécanique obsolète de la moubayaâ, une gouvernance dirigiste à consonance mystique.
On verra dans les prochains chapitres de cette étude, lorsque sera abordé le bilan de l’action de l’opposition constitutionnelle et celui des réformes initiées, en 2008, en 2012 et en 2016, si son avis sur la question a muté ou non et si la notion même d’opposition et de classe politique est demeurée en l’état ou transformée.

2- Le Mouvement de la societé pour la paix
Le Mouvement de la société pour la paix se situe sur l’autre versant de la mouvance islamiste, le versant qui regroupe les partis fondamentalistes dits modérés, ulémistes de cœur et frères musulmans de raison.
Chevillé à une certaine idée qu’il a de la realpolitik algérienne, le MSP a tout fait pour ne pas être entraîné dans la politique jusqu’au-boutiste du FIS, collé — lorsqu’il le fallait — aux basques des centres de décision desquels il ne s’était jamais éloigné, mais, toujours, à l’écoute des pulsations de l’organisation-mère et de ses satellites, le Hamas palestinien, en particulier, auquel il emprunta sa première dénomination. Il fut, quelque part, un Pags de droite, lové dans le giron du pouvoir qui eut la prescience de miser sur lui, en même temps que sur les zaouïas, quand la survie dicta de contenir, à tout prix, les premiers déferlements du salafisme qui menaçaient de tout emporter sur leur passage.
Ce mouvement de balancier qui le caractérisa, qualifié par ses adversaires d’opposition molle, il le dût, par-dessus tout, à son concepteur et leader charismatique, cheikh Mahfoud Nahnah(10), l’islamiste en alpaga, un personnage d’apparence débonnaire en qui certains Algériens avaient, même, vu un éventuel successeur au président Chadli Bendjedid auquel il ressemblait par ses airs de paterfamilias attentionné. Avec quelques compagnons dont Mohamed Bouslimani, son homme de confiance, paraissant tout aussi «éclairés» que lui, il cultiva cette image de partisan du juste milieu qui réactualisa, dans son projet, un vieux précepte de Cheikh Abdelhamid Ben Badis : une société ne peut se libérer et s’accomplir que par l’éducation, pas par la violence ; cela lui valut l’aversion des militants du FIS qui l’accusèrent d’avoir appuyé l’interruption du processus électoral.
Certains iront jusqu’à lui jeter leurs chaussures à la face lors d’un de ses sermons à la mosquée El-Kawtar de Blida.
Derrière cette vitrine lisse se dérobait, cependant, l’autre facette du cheikh : le gourou qui développait dans ses prises de parole une force de persuasion telle que beaucoup de jeunes Algériens, subjugués par sa rhétorique, se retrouvèrent en Afghanistan en train de combattre les Soviétiques.
Et pas que. Il fut le premier dirigeant islamiste à opérer la jonction entre le fondamentalisme et les milieux d’affaires.
Né en 1942 — une date qui fut à l’origine du rejet de sa deuxième candidature aux présidentielles de 1999 —, il grandit dans la tradition des associations caritatives dotées par les commerçants. Il en créa une avec Ahmed Sahnoun et Mohamed Bouslimani qui eut une carrière renommée : El-Islah oua El-Irchad dont les contributeurs étaient les bazaristes à la recherche d’un sauf-conduit de probité morale et religieuse ; ce que «les barbeflènes» et le RND, les futurs partenaires du MSP, dans la coalition gouvernementale, imiteront, avec zèle, dans l’établissement de leurs listes de candidats aux élections et l’administration de leurs campagnes électorales.
Le ménage à trois, religion, politique et argent – une autre première en Algérie – venait d’être breveté.
Le MSP était, par sa base sociale et son programme, tout à fait indiqué pour en jouer la partition. C’est qu’il avait tout du parti patricien, parfaite équation de la fusion entre le prosélytisme et la finance, fortement soulignée par l’indice de pénétration important dont il était crédité dans la bourgeoisie informelle, les classes moyennes et aussi chez les intellectuels arabophones, formés ici, au Proche-Orient et dans les pays du Golfe, plutôt que dans les classes populaires — inconditionnellement «fissistes» — où son attractivité était faible, pour ne pas dire nulle.
Son programme dont le flou lui permettait de varier, opportunément, les positions tenait en une seule formule transformée, circonstantiellement, en slogan électoral : «L’Islam est la solution.»
C’est avec ce viatique à la carte — un paravent repoussoir de l’extrémisme — qu’il creusa, patiemment, son sillon dans les terres de l’Etat algérien, réussissant là où les marxistes échouèrent et démontrant aux sceptiques que l’islamisme politique pouvait, en jouant le jeu du système, se faire délivrer un visa d’entrée au Palais, à la condition d’être conciliant et de modérer ses appétits ; un état de grâce ponctué par les 25% des suffrages exprimés (3 millions de voix) obtenus par Mahfoud Nahnah à l’élection présidentielle de 1995, puis par les 38 sièges «conquis» aux élections législatives de 2002 et par les 52 attribués par celles de 2008 sous le mandat de Bouguerra Soltani, successeur du président décédé en juin 2003.
Le sens de la prospective et le pragmatisme de ce dernier manquèrent, néanmoins, au parti. La disparition du cheikh ouvrit les portes aux scissions provoquées par le soutien «illimité» apporté par l’aile Soltani au programme du président Bouteflika et à ses 3e et 4e mandats.
La première division entraîna la création, en 2009, par Abdelmadjid Menasra du Front du changement, une brèche dans laquelle s’engouffra, après son 5e congrès de 2013, le parti, dans son ensemble, ravi à la direction de Soltani remplacé par Abderrazak Makri. Le MSP quitte la coalition tripartite pour l’opposition, par crainte d’une désertion massive de sa base croyant, un moment, pouvoir embarquer dans le train des «révolutions arabes».
Le désenchantement n’aura d’égal que la démesure de l’illusion.
Le parti, déstabilisé par le divorce de Amar Ghoul et la formation de TAJ (Tajamoû Amal El-Djazaïr), rongé aussi par la perte amère des départements ministériels – Commerce, Tourisme, Industrie et Pêche – qu’il fit gérer, durant 15 ans, par Abdelkader Bengrina, Bouguerra Soltani, Abdelmadjid Menasra, Amar Ghoul et El-Hachemi Djaâboub, cherche à renouer avec l’entrisme et à revenir au gouvernement. L’expérience de l’opposition totale n’ayant pas été payante, il parie sur les élections législatives de 2017, placées sous le signe du retour des sécessionnistes à la maison-mère, pour réactiver les recettes du passé.

3- Le parti Ennahda
Le parti Ennahda a pris sa source dans une filiation née dans les contrées Koutama du Nord constantinois, à Jijel, Skikda, Mila et El-Milia, là où tissa la toile de la daâwa ulémiste, cheikh Embarek El-Mili, l’auteur de la première Histoire contemporaine de l’Algérie rédigée en arabe et publiée, en 1930, l’année du Centenaire de la colonisation.
Saâd Abdallah Djaballah, natif de la région, formé dans ses écoles coraniques réputées pour leur rigorisme et plus tard à l’université des sciences islamiques Emir-Abdelkader de Constantine, dirigée par l’imam Mohamed El-Ghazali, un des chefs égyptiens de l’organisation des Frères musulmans, n’eut aucune peine à en utiliser le patrimoine conservateur comme rampe de lancement, à l’âge de 33 ans, en prenant la tête du parti qu’il fonda en 1989.
L’arrogante domination du FIS le repoussa à l’arrière des frontières de la tradition badisienne avec l’esprit de tolérance de laquelle il prit, nettement, ses distances, en épousant, dans un oppositionnisme pur et dur, une approche dogmatique dans le débat national sur les questions doctrinales et socio-politiques de l’heure : code de la famille, éducation, organisation du pouvoir…
Par cet alignement situé à droite de celui de Hamas, il se priva de toute marge de secours qui lui aurait été utile le moment venu.
Imperméable aux sollicitations officielles, refusant de passer pour un relais, parce qu’il avait été un activiste réfractaire, plusieurs fois emprisonné dans les années 80, il préféra poursuivre la chimère de gagner à ses thèses les franges du FIS hésitant à se lancer dans la galère de la désobéissance civile.
Mais, démuni des moyens de sa politique — ténors de l’envergure de ceux du FIS et relations avec les milieux d’affaires de la puissance de celles de Hamas —, il perdit sur les deux tableaux : celui de la concurrence avec le Front islamique et celui de l’opposition virulente au pouvoir.
En face du FIS, parti plébéien, recrutant par-delà les îlots de la caste élitiste des Frères musulmans, il ne fit pas le poids, emporté par les vagues de 1990 et 1991, sans avoir pu inscrire le moindre point gagnant.
Dans sa bataille contre le pouvoir, il n’eut pas, non plus, gain de cause. Son parti fut redressé à deux reprises : en 1998 lorsque son rival, Lahbib Adami, le supplanta à la présidence du mouvement ; revenant à la charge avec une seconde formation — El-Islah , il est, une fois encore, démis de ses fonctions par Djahid Younsi et dut ronger son frein jusqu’en 2011 pour se relancer sur la scène politique avec El-Adala (le Front de la justice et du développement). Le seul résultat dont il pouvait s’enorgueillir était celui obtenu aux législatives de 1997 (43 sièges) et la troisième place qui lui fut «généreusement» concédée, aux présidentielles de 2004, pour «ennuyer» Ali Benflis, «l’impertinent chef du gouvernement qui osa braver l’autorité de son bienfaiteur de Président».
Dans la perspective des consultations d’avril 2017, poussé par des vents qu’il estime être plus favorables, il parvient à récupérer et à replacer, sous son égide, ses partis perdus, s’allie à El-Bina de Ahmed Dane et repart à la conquête d’un nouveau souffle, soutenu par les députés Aribi et Benkhellaf, les porte-parole de la mouvance au Parlement…

4- El-Oumma
La surprise fut grande dans l’opinion ainsi qu’au sommet de l’Etat quand Benyoucef Ben Khedda, le deuxième président du GPRA, annonça la création du parti El-Oumma.
Que venait faire dans l’arche de l’islamisme politique ce dirigeant de la première heure du PPA-MTLD, surnommé par la presse coloniale française «le Chinois», après son voyage remarqué de 1961 en République populaire de Chine ? A première vue, le positionnement de celui qui se retira de la course au pouvoir en 1962, sans opposer de résistance à l’EMG, par souci de préserver la paix civile, manquait de cohérence d’autant que le sigle du parti faisait référence à la «oumma», une communauté plus large, dans l’acception de l’islamisme, que celle à laquelle renvoie le concept classique de Nation.
A première vue, seulement, si on oublie que dans l’appel lancé, en 1976, avec Ferhat Abbas, Hocine Lahouel et cheikh Kheireddine, l’auteur des deux ouvrages, Les Accords d’Evian et Les origines du 1er Novembre 1954, s’associait à la critique de la Charte nationale aux résonances soupçonnées marxisantes et en appelait au retour aux sources : les principes de l’Islam dont la Proclamation de Novembre avait fait l’un des cadres référentiels de l’Etat indépendant à venir.
Dans le préambule des statuts du parti, il précise sa pensée : El-Oumma est appelée à être le creuset où viendront se fondre les nationalistes et les islamistes unis contre les influences idéologiques étrangères ; une formule expérimentale qui, dans le contexte ambiant, n’avait pas convaincu. Ahmed Ben Bella l’avait devancé sur ce terrain et bien d’autres petits partis séduits par la mode de la confessionnalisation de la politique lui emboîtèrent le pas, sans avoir obtenu le moindre retour d’écoute. Dans la même mesure que Hamas, Ennahda et le MDA, le parti de Benyoucef Ben Khedda découvrit, à son détriment, qu’il n’était pas de taille à affronter le rouleau compresseur du FIS.
C’est pourquoi il se contenta d’une existence symbolique jusqu’à son autodissolution. Confondu avec son fondateur, il finit par céder la place à une association caritative et de défense des droits de l’Homme codirigée par son fidèle adjoint Abderahmane Kiouane.

5- Le Parti de la liberté et de la justice

Dernier-né de la mouvance islamiste, en décembre 2008, le PLJ était, en réalité, le succédané du parti Wafa du Dr Ahmed Taleb El-Ibrahimi auquel le ministère de l’Intérieur refusa, en 1999, d’accorder l’agrément, justifiant sa décision par «la présence dans la liste des fondateurs d’anciens militants du FIS», tombés sous le coup de l’interdiction d’activer dans une formation politique.
Et c’est à Mohand Oussaïd Belaïd, un des proches collaborateurs de l’ancien ministre de l’Information et de la Culture du président Houari Boumediène, que reviendra la charge de diriger le parti derrière lequel se profilait, dans l’ombre, la silhouette du fils du cheikh Bachir El-Ibrahimi, l’ancien représentant de l’Association des ulémas au Proche-Orient et dans les pays du Golfe.
La ligne équilibrée de ses rapports avec le pouvoir fut récompensée, en septembre 2012, par l’intégration de son secrétaire général dans le gouvernement, au poste de ministre de la Communication, qu’il quitta une année après, tout en continuant à observer une gestion politique prudente qui sera couronnée par l’acquiescement des autorités à l’élection de l’ancien journaliste du Jeune Musulman et ancien président de l’Ugema (Union générale des étudiants musulmans algériens) à la présidence d’honneur du PLJ, une façon d’apurer le dossier de Wafa et de le régulariser sous un autre sigle. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question dans le chapitre dédié aux partis fondés par les dirigeants dissidents du FLN : Kasdi Merbah (Majd), Rédha Malek (ANR), Ahmed Taleb El-Ibrahimi (Wafa), Sid-Ahmed Ghozali (Front démocratique) et Ali Benflis (Talaïe El-Houriyate)…
Au terme de cette analyse de l’islamisme politique en Algérie, une interrogation s’impose : que subsiste-t-il de l’Association des ulémas algériens après sa tardive réapparition – 30 ans après l’indépendance – dans une configuration éclatée en plusieurs dérivées inattendues, elle qui démarra son itinéraire en se proposant d’éduquer le peuple pour le libérer des servitudes de l’ignorance, de l’obscurantisme et de l’exploitation coloniale ?
Sous réserve d’en exposer le détail dans l’essai de bilan de l’action de l’opposition constitutionnelle qui sera proposé à la fin de cette étude, force est de constater qu’il n’en reste qu’un fac-similé, pâle reflet d’une étoile éteinte, qui se mêle, au nom de son ancien prestige et de son âge canonique, de statuer sur la vie de la société en contravention des canons de la pensée badisienne enseignée, en son temps, sous le signe du savoir et de l’ouverture sur le monde.
On aura noté, jusque-là, que la plupart des acteurs du Mouvement national qui avaient manifesté des velléités de retour à l’action politique indépendante, après 1962, ont été annihilés, empêchés de réaliser leur objectif, en se faisant exploser et émietter en autant d’enseignes fratricides irréconciables.
Les restes de ces enseignes ont été, à quelques exceptions près, enrégimentés dans la recomposition du champ politique redessiné par les réformes de 2012 et 2016 instaurant une «démocratie» dirigée par en haut. Seul le FLN qui continue à se déclarer légataire universel du PPA-MTLD demeure en course, plus puissant que jamais.
Quelle signification donner à cette longévité maintenue à flot par l’appui historique de l’ANP ? Les prochains développements de cette étude tenteront d’en percer, par-delà les apparences, les causes cachées.
B. M.
(à suivre)

Notes :
9) Loi portant rahma du 25 février 1995.
– Loi portant charte pour la paix et la réconciliation nationale du 16 septembre 1999.
10) Originaire de Blida, Mahfoud Nahnah se lance en politique le 6 décembre 1990, à la tête de Hamas, le parti qu’il fonde avec son ami de toujours Mohamed Bouslimani. Sa biographie de militant n’est pas vierge d’antécédents puisqu’il s’était déjà fait remarquer par son activisme sous l’égide de la confrérie des Frères musulmans à laquelle il prête allégeance, dès son entrée à l’Université d’Alger, pour y suivre des cours de littérature arabe. C’est là qu’il fit la connaissance des premiers leaders de la mouvance et qu’il s’oppose au régime du président Houari Boumediène en commettant des actes de sabotage, en signe de désapprobation de la Charte nationale proposée au débat populaire en 1976. Il est emprisonné, pendant 4 ans et gracié par Chadli Bendjedid qui apprécie sa modération. Plus enclin à faire preuve d’un esprit pédagogique conforme à sa vocation d’ancien professeur, il est partisan du dialogue et tente de résister, en vain, à l’offensive ultra du FIS qui lui voue une animosité tenace. Il participe à l’élection présidentielle de novembre 1995 avec un programme résumé par la formule «L’islam est la solution» et remporte la deuxième place avec 25% des voix. Il est, toutefois, empêché de prendre part à celles de 1999 parce que, né en 1942, il était en âge de participer à la guerre de libération, ce qu’il ne fit pas. Sa disparition prématurée, à l’âge de 61 ans, laissera un vide dans sa formation où ses successeurs furent à la peine pour prolonger un leadership forgé grâce à sa tempérance et à son art du louvoiement.

Seul l’intérêt politique compte….jusqu’à quand…ces cachoteries

Relayant les rumeurs : les médias étrangers se focalisent sur la santé de Bouteflika


«L’après-Bouteflika» revient tel un leitmotiv dans les médias étrangers. New Press «L’après-Bouteflika» revient tel un leitmotiv dans les médias étrangers. New Press

Plusieurs médias internationaux, des plus sérieux aux plus saugrenus, se sont fait allégrement le relais des commentaires alarmistes et autres spéculations foisonnantes sur les réseaux sociaux, en se posant avec plus d’acuité que jamais des questions sur la santé du président Bouteflika et, par ricochet, sur l’avenir proche de l’Algérie en raison de cette «absence prolongée» du chef de l’Etat.

C’est ainsi que de nombreux organes et sites d’information, dont le très atlantiste Huffington Post dans sa version arabe, ont repris un long commentaire de l’agence Reuters, paru lundi, et qui fonde ses appréhensions sur l’annulation ou le report de plusieurs visites prévues par des responsables étrangers en Algérie, à commencer par celle de la chancelière allemande, suivie de celle du président iranien et, enfin, celle du chef de la diplomatie espagnole, bien que, s’agissant de cette dernière, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a démenti toute programmation d’entrevue avec le chef de l’Etat.

Pour l’auteur de l’article, toutes les assurances du Premier ministre et du secrétaire général du FLN, Djamel Ould-Abbès, ne suffisent pas pour dissiper les doutes qui pèsent sur la santé du président. Il estime que ce «silence officiel» s’expliquerait par des projections sur «l’après-Bouteflika», un terme qui revient tel un leitmotiv à chaque fois qu’est évoquée la dégradation de l’état de santé du président. «De nombreux observateurs, écrit Reuters, estiment que les dirigeants algériens ne vont pas s’aventurer à opérer une transition chaotique du pouvoir dans un système où les décisions apparaissent souvent suite à des luttes larvées entre la vieille garde du Front de libération nationale et les dirigeants de l’armée, qui se voient comme les garants de la stabilité.» Et d’enchaîner : «En l’absence d’un successeur déclaré, la maladie de Bouteflika a remis à jour les inquiétudes sur l’avenir du pays et les interrogations sur celui qui pourrait assurer la relève.»

La presse marocaine, qui fut la première à distiller ces rumeurs amplifiées ensuite par des blogueurs algériens connus, ne s’encombre d’aucun scrupule pour donner le président algérien comme «agonisant» ou comme «finissant». Ainsi, pour le site Hespress, réputé pour être un des porte-voix les plus zélés du Makhzen, l’absence ou même une éventuelle disparition de Bouteflika n’améliorerait pas les relations algéro-marocaines, en arguant que l’Etat algérien «n’abandonnera en aucune façon la question du Sahara Occidental». L’auteur de l’article revient sur le «silence» entretenu autour de la succession du président, en estimant que les dirigeants algériens préféreraient «une transition en douce».

Dans le même registre, Mondafrique, site dirigé par le journaliste français Pierre Bau, estime dans un récent article que la maladie de Bouteflika reste «un secret d’Etat» dont seules trois ou quatre personne seraient au courant. Selon ce site qui se dit très introduit dans les coulisses algériennes, même le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, ou encore le directeur de cabinet, Ahmed Ouyahia, n’y ont pas accès. «Cette stratégie, écrit le journaliste, semble provoquer les rumeurs les plus folles. L’opinion publique algérienne reste totalement désemparée. Mais là-haut, au sommet du régime algérien, le ressenti de la population n’est guère une priorité. Seul l’intérêt politique compte. Et pour l’heure, il faut cacher le soldat Bouteflika. Le cacher le plus longtemps possible pour éviter les conséquences politiques désastreuses de sa longue fin de vie».

le Crif tient son très prisé dîner annuel

Président, ministres et candidats à la présidentielle : le Crif tient son très prisé dîner annuel

 

En pleine campagne, le dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France voit défiler quelque 700 personnalités. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon n’ont pas été conviés à l’événement qui se déroule sur le thème «rejet des extrêmes».

 

De nombreuses personnalités du monde politique sont arrivées durant la soirée du 22 février à l’hôtel Pullman de Paris : au menu, le 32e dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France.
Hollande ne sait plus combien de fois il a participé

Le chef de l’Etat François Hollande a pris la parole devant un parterre d’invités de haut vol. «J’ai participé un grand nombre de fois, dont je n’arrive pas à me souvenir, au dîner du Crif dans les différentes fonctions que j’ai occupées», a-t-il déclaré, avant d’expliquer vouloir «rendre des comptes» devant l’Assemblée, à l’issue de son dernier mandat.

Durant sa prise de parole, le président a appelé à renforcer la lutte contre l’antisémitisme, dont il estime que «la haine d’Israël» est un «prétexte». Qualifiant l’Etat hébreu d’«Etat pluraliste et démocratique» ami de la France, il a estimé que la colonisation était «dangereuse» pour la paix, avant de nuancer : «Jamais la solution [au problème des colonies israéliennes] ne sera imposée par la communauté internationale.»

Il a rappelé que la France avait l’une des seules législations interdisant le boycott d’Israël, avant de promettre : «Croyez-moi, nous la ferons appliquer !»

Le président a par ailleurs invité à combattre le racisme et les différentes formes de nationalisme, notamment «sa version économique, le protectionnisme».
Le président du CRIF dénonce une «obsession» anti-Israël

Auparavant, le président de l’organisation communautaire a tenu un discours où il a notamment cité l’essayiste Robert Badinter, sous les applaudissements : «L’antisionisme n’est rien d’autre que l’expression contemporaine de l’antisémitisme.»

Il a ensuite assuré qu’il existait une «obsession anti-israélienne» au Conseil de Sécurité des Nations Unies et au Conseil des droits de l’homme, avant d’appeler à interdire le mouvement BDS [qui prône le boycott des produits israéliens pour protester contre la colonisation] en France, là encore, sous les applaudissements.

Parmi les invités, on compte le président François Hollande, les ministres Myriam El-Khomri, Bruno Le Roux et Jean-Yves Le Drian, mais aussi les candidats à l’élection présidentielle François Fillon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron.

Président, ministres et candidats à la présidentielle : le Crif tient son très prisé dîner annuel
L’ambassadeur d’Israël en France est également de la partie, ainsi que de nombreux journalistes et artistes.

Depuis que Nicolas Sarkozy s’y est rendu en tant que président de la République, le fameux dîner est devenu incontournable. Il faut tout de même débourser quelque 900 euros pour y participer, selon les chiffres 2015 avancés par le Daniel Schneidermann, fondateur du site Arretsurimages et éditorialiste à Libération.


Mélenchon et Le Pen écartés

On notera cependant l’absence de deux candidats qui ont été privés de dîner. «Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont pas invités au dîner du Crif car ils véhiculent la haine», a expliqué le président de l’organisation communautaire, Francis Kalifat.

Si le Front National n’a jamais été invité, et que le Parti communiste ainsi que les Verts ont été punis en 2009 et 2010 en raison de leur soutien au mouvement BDS, la décision a scandalisé Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier s’est dit «profondément choqué» de l’attitude «antirépublicaine», selon lui du conseil représentatif juif. Il faut dire que Jean-Luc Mélenchon avait fait une sortie mémorable contre le Crif en 2014, l’accusant d’utiliser un «rayon paralysant qui consiste à traiter tout le monde d’antisémite».

Les perspectives d’un nouvel âge franco-Algérien

Emmanuel Macron détaille sa vision de la relation algéro-française

Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle française,

En choisissant de venir en Algérie durant la campagne présidentielle française, mon ambition est de souligner l’importance de votre pays et de réaffirmer la force des liens qui nous unissent. Ces liens se sont noués à travers l’histoire, dans les heures heureuses comme dans les épreuves. Ils se tissent aujourd’hui au quotidien grâce aux millions de familles qui partagent une communauté de destin entre les deux rives de notre Méditerranée. Les Franco-Algériens, et tous ceux qui ont des racines partagées entre l’Algérie et la France, sont un atout et une chance pour notre relation. Au-delà de ces femmes et de ces hommes, ce sont nos deux peuples, je le crois, qui ont vocation à écrire ensemble une nouvelle histoire.

Nos deux pays sont en effet confrontés aux mêmes défis. Les défis sécuritaires, d’abord, avec la menace terroriste, l’instabilité régionale au Moyen-Orient, au Machrek et au Sahel. Les défis économiques et sociaux ensuite, avec le besoin de mener des réformes pour retrouver les leviers d’une croissance plus juste et plus équitable, et le rééquilibrage de nos balances commerciales. Les défis écologiques également, pour faire face au dérèglement climatique et conduire ensemble une transition énergétique indispensable au 21e siècle.

Depuis des années, des femmes et des hommes d’Algérie et de France, de bonne foi et de bonne volonté, ont proposé de refonder nos relations à travers un partenariat stratégique. Les conditions néanmoins n’étaient pas réunies pour le faire. Les pages de notre histoire commune avaient été tournées trop vite, sans les lire. Des querelles fratricides, des polémiques nationales, à Paris ou Alger, ont bousculé ces plans. Est-ce une raison pour abandonner cette idée ? Je ne le crois pas. Je pense que le moment est venu d’engager, aujourd’hui, notre histoire dans un nouveau pacte collectif. Mais je suis persuadé que ce partenariat ne peut fonctionner qu’à une condition : celle de reposer sur des solutions partagées, sur des coopérations de terrain, autour de projets concrets.

Ces projets, je les envisage dans trois secteurs prioritaires en particulier, sans écarter a priori d’autres propositions qui peuvent émerger de nos sociétés civiles, dont le dynamisme et la vitalité des échanges doivent être entretenus : l’éducation et la formation d’une part ; l’économie ensuite ; la culture enfin.

L’éducation est la mère de toutes les batailles. Je souhaite que nos deux pays poursuivent et amplifient leur coopération dans ce domaine. Nous n’avons qu’un seul lycée français en Algérie. Ce n’est pas suffisant pour répondre à l’immense défi de l’éducation et de la formation. L’Algérie et la France peuvent travailler ensemble pour la francophonie en Afrique, car l’Algérie est un acteur majeur de la francophonie.

Nous devrions également renforcer nos instituts de formation franco-algériens. Plusieurs universités existent déjà dans différents domaines : le commerce, le droit, les langues, les études d’ingénieur. D’autres secteurs devraient être encouragés, comme la médecine ou le journalisme. Les étudiants algériens pourront être invités à poursuivre des études en France, en particulier au niveau des mastères et des doctorats. L’objectif conjoint est de renforcer le savoir et les capacités entre nos deux pays. Pour cela, je proposerai au gouvernement algérien la création d’un Office franco-algérien de la Jeunesse, à l’instar de ce qui existe entre l’Allemagne et la France, pour favoriser la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée.

L’autre secteur prioritaire, c’est l’économie. Dans ce domaine, les opportunités sont immenses. À nous de savoir les saisir. J’ai eu l’occasion d’y travailler lorsque j’étais ministre et que je faisais partie du Comité mixte franco-algérien, le COMEFA. Dans ce cadre, je m’étais rendu à plusieurs reprises en Algérie. J’ai pu identifier, avec mes interlocuteurs algériens et français, au moins trois priorités dans lesquelles des coopérations économiques auraient un impact considérable pour nos deux pays. La première, ce sont les projets industriels conjoints. Je crois au développement de filières intégrées entre la France et l’Algérie, co-localisées et socialement responsables. L’avenir de l’industrie repose sur des productions localisées autour de quelques sites, adaptées aux conditions de travail locales et ouvertes sur de grands marchés. Autour de nos deux pays, ce sont les marchés européens et africains que nous pouvons conquérir, et au-delà, le marché mondial.

La deuxième priorité économique concerne l’innovation et l’entreprenariat. Nous avons entre l’Algérie et la France des milliers de jeunes, d’étudiants, d’entrepreneurs qui sont déjà engagés ou rêvent de se lancer dans des projets autour des nouvelles technologies. Je veux les accompagner. Nous devons structurer les incubateurs franco-algériens autour de nos pôles universitaires et scientifiques et créer un véritable écosystème de l’innovation entre nos pays. Des milliers d’emplois sont en jeu et notamment ici, en Algérie. Le numérique est une chance pour les Algériens. Je crois dans son énorme potentiel pour votre économie.

Enfin, la troisième priorité économique concerne le développement durable. Dans ce secteur aussi, je pense que nous pouvons être très ambitieux. La transition écologique et énergétique représente une opportunité pour l’Algérie, qui cherche à diversifier son économie et peut le faire avec l’aide de ses partenaires français, publics et privés. Nous avons en particulier un domaine prometteur, celui des énergies renouvelables. Dans le solaire par exemple, l’Algérie a le plus grand potentiel au monde ! Il faut l’exploiter et les coopérations franco-algériennes peuvent y être très utiles car la France est pionnière sur ce sujet. Ma proposition concrète sera de créer une communauté économique franco-algérienne dans le secteur des renouvelables. Il s’agit d’un marché estimé à plus de 4 milliards d’euros d’investissements pour les entreprises de nos pays. Avec à la clef des milliers d’emplois de part et d’autre. Voilà un beau défi à relever ensemble.

Et puis, dans ce partenariat stratégique fondé sur des solutions concrètes, je crois dans la culture, dans les arts et l’audiovisuel. À travers le cinéma, les industries créatives ou même l’édition numérique, l’Algérie et la France ont mille projets à construire. Je soutiens en particulier un grand projet inspiré des liens anciens entre nos artistes et nos techniciens audiovisuels et de l’exemple européen. Nous pourrions poser les fondations d’une plateforme de diffusion franco-algérienne, pour la télévision et en ligne, en partenariat avec les chaînes existantes, à l’image de la chaîne ARTE. Nous avons toutes les compétences pour le faire en Algérie et en France. Au-delà, les secteurs du design, de la mode, de la gastronomie sont aussi des sources de coopération et de créativité inépuisables entre nos pays. De nombreux projets pourraient être accompagnés autour d’artistes, d’artisans et de « jeunes pousses » talentueuses.

Nous le voyons : les perspectives d’un nouvel âge franco-algérien ne manquent pas. Cette vision partagée, nous pouvons la promouvoir ensemble. J’y serai particulièrement attentif et engagé. Et je remercie très chaleureusement l’Algérie et tous les Algériens de m’accueillir pendant cette étape politique si importante pour la France, et pour notre avenir.

La pénurie de kif marocain en Algérie,et dire que certains sont pour l’ouverture des frontiéres….

Quand le journal Le Monde se préoccupe de

Quand le journal Le Monde se préoccupe de la pénurie de kif marocain en Algérie

Une des nombreuses saisies de kif opérées par nos services de sécurité. New Press Une des nombreuses saisies de kif opérées par nos services de sécurité. New Press

Un article publié par Le Monde confirme incidemment les bons résultats obtenus par les services de sécurité algériens dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Le correspondant du Monde s’est intéressé à la consommation de kif dans quelques quartiers d’Alger et a constaté qu’il y avait pénurie de cette drogue. En fait, son constat, qui est plutôt de nature à rassurer les familles algériennes, n’a pas de quoi surprendre. Il est la preuve de l’efficacité des opérations de lutte contre le trafic de drogue, dont les bilans sont rendus publics dans les communiqués du ministère de la Défense nationale.

A titre d’exemple, le dernier communiqué porte sur l’arrestation de 6 narcotrafiquants et la saisie de 307 kilogrammes de kif traité ainsi que plusieurs véhicules, effectuée mercredi 8 février et dans la matinée du jeudi 9 février. Toute la quantité de résine de cannabis saisie vient du Maroc. En 2016, plus de 109 tonnes de résine de cannabis ont été saisies en Algérie, dont 74,34% dans l’ouest du pays, selon un bilan de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT), se référant au bilan des services de lutte contre les stupéfiants (Gendarmerie nationale, DGSN et Douanes). Ce chiffre est en baisse de 13,89% par rapport à 2015, en raison surtout du renforcement du dispositif sécuritaire au niveau des frontières, explique une source proche de l’office. Car, c’est en amont, tout au long de la frontière avec le Maroc, verrouillée par les autorités algériennes, que la source d’approvisionnement est tarie.

Les services de sécurité ont procédé au renforcement des postes de surveillance et des unités de contrôle avec une répartition maîtrisée des brigades en patrouille, véhiculées et pédestres, ainsi que par la réalisation de tranchées et d’obstacles érigés le long de la bande frontalière ouest, ce qui a contribué à paralyser les réseaux de trafic international du kif traité et entraîné des pertes financières considérables aux narcotrafiquants installés au Maroc.

Il est curieux que Le Monde s’inquiète du manque de kif en Algérie. Quand on sait que ce journal est proche du parti socialiste, lui-même proche du régime monarchique de Rabat et que le candidat socialiste Benoît Hamon compte légaliser le cannabis s’il est élu, on se demande si ce journal ne s’inquiète pas plutôt pour les intérêts du Makhzen qui vit des revenus de la drogue et qui se voit ainsi menacé jusque dans son existence par la lutte sévère et efficace menée par l’Algérie contre ce fléau et l’absence de débouchés, hormis la frontière algérienne, les Espagnols étant eux aussi à l’affût et l’armée sahraouie sur le qui-vive à Guegarate, donc pas de passage par la Mauritanie non plus !

Dans son rapport 2016, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime a encore placé le Maroc en tête des producteurs mondiaux de résine de cannabis dont la consommation, font remarquer les spécialistes, a un impact direct sur la santé et favorise la criminalité. Pour éviter cette stigmatisation, le Makhzen a lancé l’idée de la légalisation du cannabis, en prenant pour prétexte son usage médical. Un débat, dit-on, a cours au Maroc sur cette option qui est renforcée par l’échec de la tentative d’inonder l’Algérie de cannabis.

Houari Achouri

Le parti

small font medium font large font
Le parti

par El Yazid Dib

«Ce qu’on appelle union dans un corps politique, est une chose très équivoque : la vraie est une union d’harmonie, qui fait que toutes les parties, quelque opposées qu’elles nous paraissent, concourent au bien général de la société, comme des dissonances, dans la musique, concourent à l’accord total.» Charles de Montesquieu

Le militantisme s’est dévêtu de toute inspiration idéologique pour devenir tout simplement un métier. L’on change de parti comme l’on change de chemises. La conviction était à deux pas de la négation. Ce qui importe avant tous chez les partis, en termes hypothétiques c’était la prise de pouvoir, or le FLN ne semblait pas du tout prêt à en accorder les moindres bribes ; lui le père spirituel de la nation, le lien ombilical d’entre le peuple et le pouvoir. M. Belayat personnage à l’influence scientifique disait : « le FLN ne peut être un parti d’opposition, il est né pour gouverner »(1). Mais là, la donne n’est plus la même. Si la constitution de 1988 validait sous le règne encore agissant du parti unique, une revendication permettant l’émergence d’autres associations, et le retrait de l’armée du domaine politique ; on supposait assister fièrement à l’enterrement du grand FLN, originel, original, authentique et saint, tel qu’ il était peint par M. Lacheraf lorsqu’il écrivit qu’il « était(le FLN) le porte parole de l’armée de libération nationale et l’interprète naturel de la grosse majorité du peuple algérien »(2) en ces jours il n’est ni l’un ni l’autre. Laissant place par appellation à une forme de machine à élever les uns et briser les autres. Ce parti qui ne garde indélicatement que des initiales illustres et glorieuses, vidées à fonds de la substance qui les animait qu’en est-il au juste ? Est-il en somme un parti au pouvoir ou se targue t-il apparemment de parti de pouvoir ? Est-il toujours ce parti de travailleurs, de fellah, d’ouvriers voire de la grande masse avant-gardiste ? (il est l’organisation de tous les éléments conscients tendus vers la réalisation d’un même but : le triomphe du socialisme) (3).Ne contient-il pas, malgré cela, dans ses rangs les gros commerçants, les hommes d’affaires, les promoteurs immobiliers de ce temps, qui jusqu’à hier étaient encore ces travailleurs, fellahs, ouvriers et militants etc.… ? Se serait-il ainsi transformé en instrument de destruction idéologique ne conservant pour l’apparat que ce sans qui il disparaîtra à jamais. Les constances nationales. Ce parti ainsi devenu, n’aurait plus rien à voir avec le Père, ce précurseur de l’idée nationale, catalyseur de la libération populaire, cette source lumineuse et abreuvante du sentiment d’appartenance à une culture et une civilisation. Malgré toutes les mutations de fond et les griefs que l’on lui porte à coups secs, il demeurera chez tout algérien un rempart solide de patriotisme et d’amour de paix et de liberté.

L’élan que prirent les évènement d’octobre 1988, aurait pu inspirer les quelques « accrocheurs d’affiches » et les « décrocheurs » de titres et d’avantages à sauver le grand idéal que contenait ce sigle en le remettant fier et vainqueur à ceux qui le méritent. Sa place n’est pas dans un musée, mais chaleureusement dans la profondeur du cœur de chaque algérien sans exclusive. C’est une propriété collective inaliénable. Au lieu de cela, ces révolu(tionnaires) ces joueurs de poker immobilistes l’utilisaient à outrance pour la pérennité des profits, jusqu’à l’avènement d’une menace importante, qui a failli agir néfastement sur les fondements même de la nation. L’évolution bat toute révolution. Le transfuge devient une tactique du sauve-qui-peut. La conviction idéologique cède le pas au bourrage gastrique.

Par techno-partilogie, l’on lui faisait subir une césarienne doucereuse, pour le voir enfanter une autre caste politique se nourissant loin des idéaux génétiques, si ce n’étaient la nature et la couleur de couches soyeuses et mystiques dans lesquelles il fut, à la mise à bas bien enveloppé. L’enfant combattit le père et le rendit à son tour indigne à brandir tout acte de paternité. Il s’en est suivi un grand quiproquo, d’arrêt de processus, de fraude, d’intimidation au nom du nouveau-ancien concept de la démocratie.

L’administration-politique, non satisfaite de cet accouchement décrié juste après illégitime, avait conçu une seconde grossesse au nom cependant d’une administration-pouvoir dont ni le père, ni le faux père ne s’en sortaient honorés. Le germe que plaçait l’acte adultérin politique dans l’ovule de la nation s’est avéré fécond pour avoir par tricherie donné naissance à un corps sans âme, à un être sans esprit. Un Rassemblement mais vraiment National pour tous les Démocrates eut été organisé en l’honneur de ce fœtus cosmopolite. C’est par convois de rangs que les rangs de ce rassemblement accueillaient, en vue d’une étape imminente, des chasseurs de rentes. Renégats, apocryphes, et tourneurs de « veste » font la légion du déshonneur sous les cieux d’Alger, sur les couverts du Hilton et dans les saloons de l’Aurassi. Malgré ses débuts tumultueux et trop controversés le RND s’était crescendo inscrit dans une mire de sauveur d’une autre espèce qu’un FLN abominé et déblatéré de par la pratique contrefaite de ses détenteurs.

…C’est çà la démocratie…mon vieux prie ! prie ! Cette démocratie qui selon l’un vient en négation de Dieu, est assimilée à un « kofr » par ceux là même qui sont, en son nom, venus prêcher la nouvelle religion. Le terrain politique, par effet de ricochets, s’encombrait de partis satellitaires, et atomiques frisant les désordres et le parasitisme. Toutes les cartes sont brouillées. De la carte géo-électorale, à la carte d’adhésion du simple militant. La course au nombre de souscripteurs se faisait au dépens de toute qualité et encore moins de chercher à comprendre le degré de conviction, d’engagement ou de dévouement. Seul le nombre comptait. Le paradoxe de la cotisation s’inversait et les cartes furent remises non contre une somme forfaitaire mais en compagnie d’une somme déterminée, un bidon d’huile et une livre de farine. Un marché de la politique commençait à naître. Les théoriciens fustigeaient de partout, les idées n’étaient que belles et envoûtantes. Une mer en plein sud, des logements pour tous, etc.…chaque individu se voyait sur une liste électorale, de président de la république, d’une assemblée ou à défaut un membre de quelque chose. Légitime soit-il, le rêve se fait des limites, sinon tout se justifie et Hitler aurait raison d’affirmer que « d’un point de vue universel, la nécessité justifie le droit d’agir, le succès justifie le droit de l’individu » (4) quoique en dehors de toute morale et de toute mesure.

Ce parti, osons dire NEO-FLN, prodigieuse qu’était son ingénuité, avait pu créer un langage propre, outre passant la langue de bois, où tout un vocabulaire spécifique fut crée et exploité à fonds par ses militant-fonctionnaires que par les hauts fonctionnaire-militants. Une académie de belles lettres partisane fut spontanément érigée. De « soloutat el mahalia… » à « ina ma yadoulou… » passant par les éloges de « el medjhoudet el djabara » les mots ont pris d’autres résonances alliant leur explication vulgaire honnie et la fréquence de leur usage dans les milieux populaires, tels que « hittistes » « baronnettes » « el mafia » « tchipa » « tbezniss ». Tous ces termes renseignent sur ce que le peuple aime que l’on le dise. Sans se soucier qu’en pratique la dénonciation d’un truc supposé mal, n’a d’effet et de bonne pratique, expérience à l’appui que par ceux là même qui le dénoncent, le rabâche et le remâche. Ce langage, porteur de fausses espérances, a vite fait son chemin vers tous les autres partis. Stériles malgré une virilité toute historique , Ils ne pouvaient remplacer le « père » défunt ni prendre la place temporairement perdue du « fils » égaré, ces partis se veulent d’avoir la rigueur et la pureté sacrée du saint esprit. Les guérisseurs, les mystiques de Nazareth. Ce sont les saints d’esprit ou autrement bien dit les esprits mal-saints

Tout semblait nous inciter à ne plus croire en des modèles émérites et nobles soient-ils car malmenés et bafoués par la pourriture et la souillure de certaines personnes de partis qui persistent à croire quand bien même à la crédulité citoyenne et à la naïveté populaire. Par essence et par tradition le parti se définit comme étant un appareil légal d’obtention et d’accaparement du pouvoir d’une façon légitime et qui ne prête à aucune confusion. Ses militants sont les gouvernants en cas de victoire. Le cas contraire, l’opposition active et légitime aussi en est leur citadelle. Or par médiocrité et par sournoiserie, ce n’est plus de la sorte que fonctionnent nos partis.

On imagine mal un personnage dit politique sans adhésion partisane, sans idéologie affichée, puisque « sans parti pris » donc militant de rien et du néant, puisse supporter une charge fonctionnelle sensiblement politique. En fonction de quelles références active-t-il ? Alors que d’autres charges purement technocratiques, voire de métier et exigeant un professionnalisme précis, sont confiées à des personnalités appartenant à des formations politiques même positionnées à contrario de la pensée du pouvoir. Le comble se comble dans la mesure où ces personnalités ex-politiques brillent par l’inaptitude dans la gestion administrative plus qu’ils ne l’ont fait dans le champ politique. Est-ce de la récup ou de la récompense ? Est-ce de l’inféodation partisane ou de l’infiltration par extraction ? si ce n’est pas finalement de la politisation de l’administration et/ou de l’administratisation de l’effectif politique ? Donc servitude foncièrement tactique et non certitude politiquement idéologique. Ailleurs un militant devenant ministre cède gracieusement son salaire de ministre dans la cagnotte de son parti !

La cohabitation politique est chez nous une polygamie organique. Les corporations « aprésidentielles » envoient tour à tour leur «porte-parole» prendre et répandre la parole et la voix du pouvoir ou délèguent une à une leur « représentation) » goûter au délice nuptial du sérail. La répudiation unilatérale ou rarement le divorce à l’amiable etaient cycliques et ce nonobstant les séances de tentatives de réconciliation, qu’entreprennent les chouyoukh, les arouch ou les bons offices des vieux sages de la nation.

Et ce au titre de l’union matrimoniale eh ! L’unité nationale.

Maintenant nous vivons une nouvelle constitution. De nouveaux reflexes sont créés. La politique chez certains paris continue à s’exercer sans avoir le moindre souci d’améliorer les choses. C’est la fièvre des sièges, des listes et de l’entremise pour les candidatures. Sans nulle équivoque, il est permis de dire que ce sont les partis qui sont derrière la déroute de leur cheminement. Un parti ne doit pas être une agence d’emploi ou un espace de loisir et de passe temps. Pire, il n’est pas destiné à servir de tremplin pour ceux qui échouent à toute autre tentative professionnelle. Le plus grave encore que ce sont eux qui nourrissent l’opportunisme pour le faire grandir en l’incitant à apparaitre au grand jour le jour j. Prendre son audace pour un mérite et aller sans honte déposer sa candidature sans se référer à ses propres capacités n’est pas digne du vrai « militant » qui est sensé avant tout connaitre ses limites.

Enquête Exclusive ! La fabrication du candidat Macron pantin de Drahi ?… »

« Enquête Exclusive ! La fabrication du candidat Macron pantin de Drahi ?… »

Mao Tsé-Cron, je vous en ai parlé un peu hier. Nous avons évoqué la stratégie marketing, les termes employés, la dialectique utilisée et nous avons aussi pu constater quelques failles de personnalité, relevées par de très nombreux observateurs suite à son envolée que certains qualifient de lyrique, d’autres de pathologique.

Aujourd’hui, nous allons aborder les liens troubles de Mao Tsé-Cron avec l’un des plus importants et des plus gros hommes d’affaires de France et d’ailleurs, propriétaire entre autre de SFR mais aussi… de très nombreux médias capables de forger l’opinion et de faire un candidat.

Tout ce que je vais dire est vrai, sourcé, confirmé. Je ne fais que recoller les morceaux pour vous présenter un tableau d’ensemble qui pourrait vite s’avérer effrayant ou qui, à tout le moins, devrait amener aussi bien les médias que les citoyens à se poser des questions. Les vraies questions !

Bienvenue dans le vrai monde, et il n’est pas véritablement gentil. Accrochez-vous et suivez-moi.

Faisons un peu d’histoire : en 2014, Montebourg éreinte Drahi alors qu’il est ministre !

1/ Le ministre Montebourg ne dit pas que Drahi est un escroc mais il semble le penser très fort. Des enquêtes fiscales sont alors diligentées par Bercy et les déclarations ci-dessous sont sans ambiguïté.

« Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse ! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France. Nous avons des questions fiscales à lui poser ! », tempêtait ainsi le ministre du Redressement productif au micro d’Europe 1.

La source de cette déclaration de Montebourg à l’époque de l’extension par Drahi de son empire qui repose uniquement sur des dettes monstrueuses (nous y reviendrons plus loin), c’est cet article du Figaro ici.
http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2014/03/18/32001-20140318ARTFIG00380-numericable-serait-deja-sous-le-coup-d-un-controle-fiscal.php

À cette époque-là, le combat entre différents courants, différentes visions et peut-être aussi entre différents conflits d’intérêts qui se joue est un combat de titans avec des milliards d’euros en jeu.

2/ Macron, lui, soutient le rachat de SFR par Numéricable qui appartient à Drahi.

Voilà ce que rapporte ce vieil article des Échos d’il y a plus de deux ans.

« Le rendez-vous, prévu vers 20 heures, s’est finalement transformé en appel téléphonique, un peu plus tard dans la soirée, entre le président du conseil de surveillance et le secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Macron. Celui-ci a alors promis aux dirigeants de Vivendi qu’il n’y aurait pas de veto du côté de la présidence de la République »…

Sous-entendu c’est un feu vert donné à Drahi.

Pour celles et ceux qui veulent vérifier la source c’est le journal Les Échos ici.
http://www.lesechos.fr/14/03/2014/lesechos.fr/0203373524733_vivendi-a-choisi-de-ceder-sfr-a-numericable.htm#l27hSUURYWUyVkzJ.99

3/ Bernard Mourad rejoint Macron pour organiser son mouvement « En Marche ».

Cette fois-ci, je vous propose de prendre connaissance d’un article du Monde de cette année, du 4 octobre dernier très précisément.

« Bernard Mourad, ancien banquier de Patrick Drahi, rejoint Emmanuel Macron

Ancien de la banque Morgan Stanley, spécialiste du secteur des télécoms, M. Mourad s’était plus particulièrement occupé, en 2014, de l’opération de rachat de SFR.

Bernard Mourad, ancien banquier conseil de Patrick Drahi, devient conseiller spécial d’Emmanuel Macron. Sa démission du groupe Altice, qu’il avait rejoint en février 2015 en tant que patron de la branche média du groupe, devrait être annoncée dans la soirée.

Ancien de la banque Morgan Stanley, spécialiste du secteur des télécoms, M. Mourad s’était plus particulièrement occupé, en 2014, de l’opération de rachat de SFR, deuxième opérateur français, par Numericable, le câblo-opérateur de Patrick Drahi. À l’époque, une bataille féroce avait opposé ce dernier à Martin Bouygues, propriétaire de l’opérateur du même nom pour l’acquisition de SFR. M. Mourad s’était occupé du financement et de l’exécution de l’opération qui a valu à Patrick Drahi de devenir l’un des patrons de télécoms les plus importants d’Europe.

Amis de longue date

En 2014, Emmanuel Macron était secrétaire général adjoint de l’Élysée et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Si ce dernier s’est davantage impliqué dans le dossier, M. Macron l’a également suivi. MM. Mourad et Macron se connaissaient toutefois depuis plus longtemps : ils s’étaient rencontrés par des amis communs il y a plus de dix ans.

L’histoire de Bernard Mourad avec Patrick Drahi avait, elle, commencé en 2004. À l’époque, le futur nabab n’était pas encore très connu. Il souhaitait racheter Noos pour constituer un groupe hexagonal spécialisé dans le câble. Bernard Mourad et Dexter Goei, actuel PDG d’Altice (la holding luxembourgeoise du milliardaire, mais à l’époque lui aussi banquier chez Morgan Stanley), l’ont alors conseillé. Les trois hommes ne se sont plus quittés, jusqu’à aujourd’hui, M. Mourad ayant décidé de délaisser le cuivre des télécoms pour les paillettes de la politique. »

Source journal Le Monde ici
http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/10/04/bernard-mourad-ancien-banquier-de-patrick-drahi-rejoint-emmanuel-macron_5008158_823448.html

 

Comment l’Empire Drahi semble fabriquer un candidat

Celui qui est une pièce centrale dans le dispositif organisationnel du candidat Macron est donc l’ancien patron de SFR Media, qui est désormais composé de SFR Presse, SFR RadioTV et SFR Sport. Je cite ici le communiqué du Groupe SFR Media lui-même, et SFR Media c’est gros, très gros même. Jugez-en plutôt par vous-même !

« SFR Presse regroupe l’ensemble des activités presse du groupe en France : Groupe L’Express, Libération, NewsCo.

SFR RadioTV, détenant 49 % de NextRadioTV, regroupe les activités audiovisuelles du groupe en France : BFM TV, BFM Business, BFM Paris, RMC, RMC Découverte.

SFR Sport regroupe l’ensemble des activités consacrées aux sports : BFM Sport, RMC Sport, SFR Sport 1, SFR Sport 2, SFR Sport 3, SFR Sport 4 et SFR Sport 5. »

Source ici directement sur le site de SFR Media
http://www.sfr.com/presse/communiques-de-presse/communique-de-presse-sfr/07072016-1130-sfr-group-annonce-la-nouvelle-organisation-de-sfr-media

Cela fait un paquet de médias… Et qui contrôle les médias peut évidemment façonner l’opinion, fabriquer le consentement.

Et n’est-ce pas ce qui est en train de se passer sous vos yeux alors qu’un homme, qui, sans être pauvre loin de là, n’est pas milliardaire, et qui est sans parti, se lance dans l’une des élections les plus coûteuses et les plus complexes ?

Macron, un immense mensonge et une imposture démocratique !

Mao Tsé-Cron veut faire croire qu’il est de gauche. Lui, le banquier d’affaires (il n’y a aucune honte à cela d’ailleurs) qui aime les beaux costards n’est pas plus de gauche que Gattaz, le patron du Medef ! Ne pas être de gauche n’est pas un crime ! Mentir est autre chose.

Mao Tsé-Cron veut nous faire croire qu’il est le candidat de l’antisystème alors qu’il ne semble être que le nervi d’un système économico-financier aux liens troubles et opaques.

Mao Tsé-Cron veut faire sa grande marche, nous faire rentrer dans son espérance, mais comme à chaque fois, il faut se poser les bonnes questions.

Qui soutient Macron ?

Pourquoi ces personnes-là soutiennent Macron ?

Qui finance Macron ?

Pourquoi ces personnes-là financent-elles Macron ?

Comment Macron, qui ne représente rien, peut-il avoir une telle couverture médiatique ? Comment ses temps de parole vont-ils être comptabilisés par le CSA ? Sur quelle base électorale ? Va-t-il simplement obtenir un temps de parole sur la base de sondages montés au cric de la propagande médiatique de masse ?

Avez-vous sous les yeux l’émergence d’un sauveur de façon démocratique ou assistez-vous au contraire, sans doute aussi médusé que moi, à la fabrication de toutes pièces d’un candidat dont on forge une histoire et une légende sur mesure pour lui faire jouer et tenir un rôle au costume, certes très beau et comme il les affectionne, mais bien trop grand pour lui ?

Quant à Drahi, le milliardaire d’un Empire de 50 milliards de dettes il a déclaré lors de son audition au Sénat: « Je dors beaucoup plus facilement avec 50 milliards de dettes qu’avec les premiers 50 000 francs français de dette que j’ai contractés en 1991. » C’est assez logique. Quand on doit 50 000 francs à la banque on a un problème avec la banque. Quand on doit 50 milliards à la banque, c’est la banque qui a un problème avec vous. Il est assez rare d’ailleurs de voir des banquier prêter 50 milliards à un seul homme.
Source France Inter ici
https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete/l-enquete-03-septembre-2016

Cela fait un paquet de médias… Et qui contrôle les médias peut évidemment façonner l’opinion, fabriquer le consentement.

Et n’est-ce pas ce qui est en train de se passer sous vos yeux alors qu’un homme, qui, sans être pauvre loin de là, n’est pas milliardaire, et qui est sans parti, se lance dans l’une des élections les plus coûteuses et les plus complexes ?

Macron, un immense mensonge et une imposture démocratique !

Mao Tsé-Cron veut faire croire qu’il est de gauche. Lui, le banquier d’affaires (il n’y a aucune honte à cela d’ailleurs) qui aime les beaux costards n’est pas plus de gauche que Gattaz, le patron du Medef ! Ne pas être de gauche n’est pas un crime ! Mentir est autre chose.

Mao Tsé-Cron veut nous faire croire qu’il est le candidat de l’antisystème alors qu’il ne semble être que le nervi d’un système économico-financier aux liens troubles et opaques.

Mao Tsé-Cron veut faire sa grande marche, nous faire rentrer dans son espérance, mais comme à chaque fois, il faut se poser les bonnes questions.

Qui soutient Macron ?

Pourquoi ces personnes-là soutiennent Macron ?

Qui finance Macron ?

Pourquoi ces personnes-là financent-elles Macron ?

Comment Macron, qui ne représente rien, peut-il avoir une telle couverture médiatique ? Comment ses temps de parole vont-ils être comptabilisés par le CSA ? Sur quelle base électorale ? Va-t-il simplement obtenir un temps de parole sur la base de sondages montés au cric de la propagande médiatique de masse ?

Avez-vous sous les yeux l’émergence d’un sauveur de façon démocratique ou assistez-vous au contraire, sans doute aussi médusé que moi, à la fabrication de toutes pièces d’un candidat dont on forge une histoire et une légende sur mesure pour lui faire jouer et tenir un rôle au costume, certes très beau et comme il les affectionne, mais bien trop grand pour lui ?

Quant à Drahi, le milliardaire d’un Empire de 50 milliards de dettes il a déclaré lors de son audition au Sénat: « Je dors beaucoup plus facilement avec 50 milliards de dettes qu’avec les premiers 50 000 francs français de dette que j’ai contractés en 1991. » C’est assez logique. Quand on doit 50 000 francs à la banque on a un problème avec la banque. Quand on doit 50 milliards à la banque, c’est la banque qui a un problème avec vous. Il est assez rare d’ailleurs de voir des banquier prêter 50 milliards à un seul homme.
Source France Inter ici
https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete/l-enquete-03-septembre-2016

Il ne faut donc avoir aucune naïveté sur Macron, une baudruche qui j’espère se dégonflera bien vite.

Notre démocratie, que l’on soit de gauche ou de droite, ne peut pas se réduire à ce genre de spectacle. Que nous soyons de droite ou de gauche, démocrates de tout le pays, unissons-nous !

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Cf ci-dessous le droit de réponse demandé suite à cet article par le mouvement En-Marche

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com
Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com..insolentiae.com. »

Vous trouverez ci-dessous le droit de réponse exigé par Sylvain Fort, conseiller presse du mouvement en-marche.

J’exècre les « storytelling » à l’américaine, qui sont des beaux « comptes de faits » que l’on chante à la plèbe pour mieux la séduire et s’en jouer. Je pense et c’est mon intime conviction, que Macron c’est une histoire de « raconte-moi des histoires ». Je le dénonce comme tel.

Macron, est le système, il n’incarne en rien une forme de rupture, il reste monté de toutes pièces. Néanmoins, je n’ai aucun problème pour publier ce droit de réponse, car évidemment, et je ne pourrais jamais dire le contraire, toutes les idées doivent avoir le droit de s’exprimer, toutes! Il n’est donc pas question de faire exception.

Charles SANNAT

« Cher Monsieur,

La chronique que vous avez consacrée à Emmanuel Macron présente comme « vraies, sourcées, confirmées » des affirmations qui oscillent entre insinuation et diffamation. Je vous prie de bien vouloir prendre note et de publier le droit de réponse suivant, qui vient rectifier ou contredire vos principaux arguments :

1) Au sujet du dossier SFR, ous tronquez délibérément l’article des Echos concernant SFR pour retenir « le coup de fil à l’Elysée » pour faire accroire que M.Macron est l’auteur du choix en faveur de SFR. Or cet article livre une version bien différente de celle que vous retenez :

« En choisissant Altice, le conseil de surveillance de Vivendi a suivi la recommandation qui avait été faite jeudi soir par le comité ad hoc de Vivendi, mis sur pied pour étudier les offres de Bouygues et de Numericable, et qui compte notamment Henri Lachmann (Schneider Electric), Alexandre de Juniac (Air France), Daniel Camus et Nathalie Bricault (représentante des salariés). Celui-ci s’était prononcé hier en faveur de Numericable. Avant de rendre son verdict ce matin, les dirigeants de Vivendi, Jean-René Fourtou et Jean-Francois Dubos, avaient pris soin de se rendre à L’Elysée hier soir pour s’assurer que l’exécutif ne s’y opposerait pas.
Le rendez-vous, prévu vers 20 heures, s’est finalement transformé en appel téléphonique, un peu plus tard dans la soirée, entre le président du conseil de surveillance et le secrétaire général de l’Elysée Emmanuel Macron. Celui-ci a alors promis aux dirigeants de Vivendi qu’il n’y aurait pas de veto du côté de la présidence de la République. En effet, si Arnaud Montebourg s’est engagé en faveur de Martin Bouygues, le reste de l’exécutif est sur la ligne d’une « neutralité vigilante « . « Nos lignes rouges sont connues mais nous ne sommes pas actionnaires « , explique-t-on dans l’entourage de François Hollande. Le président lui-même n’est pas intervenu en personne sur le sujet hier. »

2) Monsieur Mourad n’a pas rejoint En Marche! pour « organiser la campagne », comme vous l’écrivez à tort. Démissionnaire d’Altice, il a décidé de mettre son temps disponible au service d’Emmanuel Macron, qu’il connaît de longue date. Il ne figure cependant pas dans l’organigramme et n’est pas rémunéré par le mouvement. En l’espèce, il aide Monsieur Christian Dargnat dans la levée de fonds, puisque vous savez qu’En Marche! ne touche aucune subvention publique – ce qui devrait vous réjouir – et doit donc en passer par les contributions des particuliers. Cette tâche, si souvent stigmatisée, injecte dans En Marche! un esprit entrepreneurial qui différencie nettement ce mouvement de ses concurrents bien établis.

3) Le temps de parole tel qu’il est défini par le CSA relève de règles transparentes et il n’appartient à aucun patron de groupe de médias de les transgresser. Les allégations qui sont les vôtres relèvent donc au mieux du fantasme, au pire de la diffamation. C’est regrettable. Contactez le CSA pour être informé dans le détail de ces règles, auxquelles nous nous soumettons totalement. (Je vous signale en outre que votre photo de profil sur Facebook comporte bien visiblement le logo de BFM Business.)

4) Le financement d’En Marche! repose sur les règles du Code Electoral qui permet à tout particulier (ni entreprise ni personne morale) de financer un mouvement politique à hauteur maximum de 7500 euros par an et par personne. Lorsque vous posez la question « qui finance Emmanuel Macron? », vous mettez vos pas dans ceux de Benoît Hamon et d’Aurélie Filippetti, qui tentent de faire accroire que le mouvement serait financé par quelques riches et puissants. Cependant : 1) Les dons supérieurs à 5000 euros ne représentent aujourd’hui que 2% des dons totaux. La moyenne de ces dons est de 260 euros. La médiane est de 50 euros. Le mythe d’un mouvement financé par le capitalisme financier s’effondre. Les gens qui financent En Marche! sont des gens qui n’en peuvent plus des partis traditionnels et pensent qu’un nouveau chemin est possible. Libre à vous de ne pas les suivre. Mais à vous lire, on croirait presque que nos 14 000 donateurs sont tous membres de Bilderberg. 2) Nous appliquons scrupuleusement les règles prévalant en termes de dépenses : nous ne recevons aucun financement en nature (locaux, frais) et ne produisons aucune dépense qui ne corresponde à une rentrée traçable. Nous sommes d’une transparence complète à cet égard et avons même diffusé le coût exact du meeting de la Porte de Versailles. 3) Vous devriez savoir qu’il n’est pas permis en vertu du secret fiscal de révéler l’identité des donateurs.

5) Monsieur Macron dit en effet qu’il est de gauche, mais son mouvement et sa démarche se situent hors des clivages gauche-droite traditionnels. L’accuser de « mensonge » en disant qu’il est de gauche est une allégation strictement malveillante et injustifiée.

6) Enfin, et pour l’anecdote :

– Monsieur Macron n’aime pas les costumes « chers » : il se fournit chez Jonas & Cie, en demi-mesure, 340 euros le costume.

Vous êtes naturellement libre de vos opinions et votre pratique de la satire ne regarde que vous, mais l’exactitude ne saurait être la première victime de vos idiosyncrasies.

Je vous remercie de bien vouloir introduire en guise de droit de réponse les précisions ci-dessus »

image: http://www.alterinfo.net/_images/ext/unknown.gif

http://www.insolentiae.com/enquete-exclusive-la-fabrication-du-candidat-macron-pantin-de-drahi/ http://www.insolentiae.com/enquete-exclusive-la-fabrication-du-candidat-macron-pantin-de-drahi/

En savoir plus sur http://www.alterinfo.net/Enquete-Exclusive–La-fabrication-du-candidat-Macron-pantin-de-Drahi_a128331.html#b6TZ6yZx9MtQDTVX.99

Tu vote ou tu vote pas..c’est kif-kif

Elections législatives et locales: Participation, boycott et fusion des islamistes

  Les contours du paysage politique pré-électoral commencent mieux à se deviner, avec la décision du parti de Benflis de boycotter les prochaines législatives. Talaie El-Houriet rejoint ainsi le camp de Jil Jadid, la formation de Soufiane Djilali, se basant sur un rapport de son bureau politique, sur la fraude électorale qui dit en substance que les résultats de cette élection sont connus d’avance et les quotas déjà distribués. Si les deux partis ne donnent pas d’indications sur la nature de ce boycott, abstention seulement ou mener campagne pour le boycott, la tendance générale est plutôt à la participation massive, au prochain scrutin. Si aucune surprise n’était attendue, du côté de la majorité, avec le FLN et le RND, un certain suspens a accompagné la décision de l’opposition, particulièrement dans le camp du RCD et du FFS, traditionnels clients du boycott actif. Pourtant, même ces derniers ont annoncé leur participation, au terme de la tenue de leur conseil national respectif. Une option adoubée par le courant des islamistes, comme à l’accoutumée, mais qui ont décidé de ne pas partir en rangs dispersés. Ainsi, des alliances et des retours au bercail ont été enregistrés, en perspective des législatives et des locales pour renforcer leurs chances de victoire. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Front du changement (FD) de Abdelmadjid Menasra ont fusionné, alors que le Front pour la justice et le développement (FJD) de Djaballah, et son ancien parti, Ennahda, actuellement dirigé par Mohamed Dhouibi, ont signé une «alliance stratégique d’intégration», en vue de présenter des listes communes aux prochaines élections législatives. Des rapprochements stratégiques qui peuvent en appeler d’autres, à quelques semaines de l’ouverture de la campagne électorale. Ces listes communes devront concurrencer celles de la majorité et de ses partis satellitaires comme le MPA de Benyounès et Taj de Ghoul, deux formations appelées à grignoter les sièges à partager au risque de disparaître à la lumière de la nouvelle loi électorale qui interdit aux formations n’ayant pas obtenu plus de 4% aux précédentes élections de se représenter. La seule inconnue réside, actuellement, dans le choix du PT qui a réservé sa réponse, mais qui se dirige, vraisemblablement, à aller à ces élections. Si la tendance générale se dégage, l’inconnue reste ce risque de fraude généralisée dénoncé et par Benflis et par le RCD qui avait souligné, lors de la dernière rencontre de son Secrétariat national «les velléités de constituer des réservoirs de voix, en utilisant des listes transmises par l’Armée et les services de sécurité, dans différentes régions du pays». Le rapport du bureau politique de Talaie El-Houriet aborde, également, ce volet estimant probable «la manipulation des listes électorales, sans possibilité de contrôle», à travers le «gonflement exagéré» de ce même corps électoral.