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Et si l’on parlait des valeurs de l’écologie 

 

Plongé dans le flux des luttes écologiques, on finit par oublier les valeurs qui fondent ce combat. Il est utile de les reformuler, comme il est ici proposé.


C’est une réflexion sur les mouvements citoyens pour l’écologie et le climat.

La plupart du temps, la partie visible des mouvements militants est plutôt belliqueuse, même si non violente : lutter contre des ennemis, des projets, bloquer, boycotter, dénoncer la démesure, montrer la nocivité, communiquer la catastrophe, culpabiliser… Pourtant, saurait-on engager le plus grand nombre dans une bataille désespérée ? Ne faut-il pas rêver d’un autre monde, côtoyer l’utopie pour se donner de l’énergie dans ces temps de crises et de repli individualiste ?

S’interroger sur nos valeurs nous permettra peut-être de trouver un sens commun et une stratégie commune à des mouvements qui paraissent dispersés et donner envie à plus de citoyens de nous rejoindre pour un objectif « d’utopie concrète ».

les pays du sud réclament justice au nord, alors qu’ils subissent fortement les premiers désordres climatiques, de même les populations les plus fragiles dans tous les pays sont les plus vulnérables.

 

Cette valeur de justice prend tout son sens à l’échelle internationale, en appelant à la création d’un tribunal international des droits de la Terre. La justice doit être rendue entre les hommes, mais également devant la Nature.

A l’échelle globale et locale, on retrouve la valeur de justice dans la reconnaissance des biens communs : une manière alternative de gérer les ressources naturelles au niveau local, repoussant la marchandisation de la nature et pour une justice vis-à-vis des populations locales face aux multinationales.

 

A Cochabamba lors du sommet des peuples en 2010, les mouvements d’Amérique latine ont souhaité rappeler le sens de leur relation à la terre : la Pacha Mama, la Terre mère. Cette relation ancestrale à la terre nourricière porte un profond respect de la Nature, mais également une cosmogonie où l’homme est lié intimement à son environnement. De mon point de vue d’urbaine occidentale, je propose de porter cette vision du monde par les valeurs de Féminité et de Nature.

Les civilisations occidentales sont dominées par le masculin, qui a pour moteur l’énergie du « faire ». On a oublié celle beaucoup plus féminine de « l’être » : l’aspiration au bien vivre, le « buen vivir » d’Amérique latine, à la transmission intergénérationnelle, à la terre matrice qui nourrit et qui soigne.

Il ne s’agit pas de s’affilier à un féminisme qui demande l’égalité avec les hommes et laisse les femmes adopter des valeurs masculines pour se faire entendre, mais de porter en positif la féminité pour le bien être des femmes et de tous : lorsque la femme va bien, sa famille va bien. Par extension, la société ira mieux par les femmes. On peut prendre l’exemple du Green Belt mouvement, fondé par Wangari Maathai, qui offre aux femmes des arbres pour que celles-ci aient de quoi nourrir leur famille tout en reconstituant un couvert forestier. Quelques figures internationales portent aujourd’hui cette féminité : Vandana Shiva, Wanjira Mathai….

Les stratégies de lutte écologiques et climatique sont la plupart du temps affiliés aux luttes non violentes. Elles emploient plusieurs méthodes qui refusent de générer une lutte armée ou engendrer la guerre, alors qu’en face l’ennemi est violent :

⁃ celles basées sur la communication (chaines humaines, veilles, marches, manifestations, actions symboliques,…)

⁃ celles qui relèvent de l’intervention non-violente (blocages, occupation, désobéissance civile…)

⁃ les actions de non-coopération (grèves, boycott,…)

⁃ les actions de réalisation du changement positif (AMAP, jardins partagés, gratuité des transports en commun, vie en communautés autogérées et sobre..).

Certains mouvements se réclament avant tout de cette non-violence et viennent épauler les mouvements écologistes.

La paix peut être la valeur, plus complète que la non violence, des batailles écologiques et climatiques. Cette valeur est d’actualité parce que les guerres dans le monde sont des guerres pour l’accès aux ressources et elles vont se multiplier avec la raréfaction de l’eau, le pétrole, les terres fertiles,… et les déplacements de populations (les réfugiés climatiques).

De plus, elle engage aussi la coopération, qui est une valeur forte de certains mouvements citoyens.

La Sobriété et L’Humilité

La doctrine dominante montre l’Homme comme un conquérant de nouveaux espaces et de nouvelles technologies et définit le progrès comme donnant le sens de l’histoire. Or, nous sommes la première génération qui vit moins bien que ses parents et craint le pire pour ses enfants.

L’oligarchie actuelle, qui est une gérontocratie masculine, refuse en bloc toute idée de sobriété et de décroissance. Un changement de paradigme sociétal est-il possible ?

La figure qui incarne ce changement en portant les valeurs de sobriété et d’humilité est Pierre Rabhi. On a la chance d’avoir une figure charismatique et internationale qui montre l’effet de l’application de ces valeurs dans le champ de l’agroécologie. L’agroécologie est un contre-modèle d’une agriculture industrielle qui se développe en consommant énormément d’intrants. C’est ainsi un modèle de sobriété dans l’agriculture, comme l’est le mode de vie de Pierre Rabhi et de ses proches.

Le Mouvement Colibris tire son nom d’une légende amérindienne, racontée par Pierre Rabhi : « Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. » »

La Beauté de la Nature

La beauté vient souligner ici une approche éthique de l’environnement qui se pose d’emblée comme antagoniste de la conception utilitariste ou instrumentale de la nature, que celle-ci se traduise par l’indifférence vis-à-vis des problèmes écologiques ou par leur prise en compte dans la seule perspective d’une gestion du milieu naturel conforme à l’intérêt des sociétés.

Cette valeur vient nuancer également la notion de Bien communs qui viserait à définir les « ressources naturelles » n’ayant pour l’homme qu’une valeur appropriable. Or, une chose est bonne, lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté des écosystèmes et des être vivants. Elle est mauvaise lorsqu’il en va autrement. On reconnecte ainsi les valeurs de ce qui est bien et ce qui est beau et vrai.

En évitant de porter uniquement la valeur de Nature ou celle de l’écologie, on évite d’autres écueils : celui de la deep ecology – la Nature est bonne sans les hommes – et celui du scientisme – une croyance aveugle dans les sciences qui, parce qu’elles apportent la connaissance sur l’écologie, résoudraient nos crises dont la climatique (les puits de carbone, les OGM, le bombardement chimique des nuages…).

La permaculture porte cette valeur de beauté de la nature : elle a une approche intégrée de l’agriculture avec la nature où l’approche esthétique compte beaucoup. Certains adoptent la permaculture comme un mode de vie complet et quasiment comme une utopie.

La Créativité

Enfin, il semble que la créativité vient logiquement compléter ces valeurs à porter haut et fort dans la bataille climatique.

Il ne s’agit pas à nouveau de faire table rase d’un passé encombrant et d’inviter la jeunesse à courir pour fuir le vieux monde. D’un point de vue occidental, en temps de paix et d’espérance de vie assez longue, la réconciliation (la paix) entre les générations est nécessaire parce qu’elle est indispensable à l’inscription dans une lignée qui préserve la nature pour ses enfants. Il s’agit donc de faire preuve de créativité tous ensemble et d’éviter de s’arc-bouter sur un « On lâche rien ! »,slogan usé actuellement jusqu’à la corde.

Plusieurs mouvements portent actuellement cette créativité :

 Les territoires en transition, nés du pragmatisme anglo-saxon, tracent une voie originale pour la résolution des crises en stimulant la créativité des citoyens,

 Le mouvement des colibris fait également appel à cette créativité en nous,

 La ZAD de Notre Dame des Landes permet une réunion assez inédite de différentes formes de militantisme et une posture d’inventivité renouvelée de l’autogestion et de la liberté. A NDDL, la reconnexion à la beauté de la nature est également très forte notamment chez les habitants de la Forêt de Rohanne.

 Les créatifs culturels : étiquette posée par un journaliste américain sur toutes ces personnes qui expérimentent médecines, spiritualités et modes de vie alternatifs, silencieusement. Ils représenteraient quasiment 20% de la population. Des rassemblements de créatifs culturels ont maintenant lieu dans plusieurs pays.

Conclusion

Les arguments que vous venez de lire pour chaque valeur sont volontairement partiaux et partiels, chacun peut ou non les reprendre à son compte et les modifier à sa guise. D’autant que cette liste mérite sans doute d’être amendée, discutée et surtout confrontée avec des points de vue d’autres cultures, si l’on veut lui donner une vrai dimension internationale.

Probablement, faudrait-il faire un travail parallèle sur les autres mouvements sociaux : indignés, pirates et autres collectifs ou forums sociaux, pour tenter de rassembler les lueurs d’espoir vers une éclaircie dans les crises qui s’amplifient.

Les valeurs de justice, féminité, sobriété humilité, beauté de la nature et créativité me semblent s’incarner aujourd’hui dans la pratique du jardinage. L’espoir que je vois pour l’avenir de nos sociétés, dès lors que les femmes et les hommes substitueront à la pratique brutale de l’exploitation, la pratique plus douce et authentique du jardinage est celui de vivre dans le jardin planétaire.

Jardiner c’est cultiver son environnement tout en se cultivant soi même, dans le respect de son environnement comme de soi même. Ces deux versants, l’un social et terrestre, l’autre intérieur et spirituel se régénèrent sans cesse. C’est dans la sagesse de cet équilibre entre le faire et l’être que je perçois la voie vers un monde meilleur. Chacun peut prendre le temps de se connaître, de faire jaillir le meilleur de lui même. Et c’est probablement à cette condition que l’énergie militante saura trouver la confiance et l’unité nécessaires pour relever les défis de la transition.

Patrimoine Targuie

L’Imzad et la civilisation targuie

R.B

Une nouvelle tonitruante surgit du fin fond du désert : le classement de l’Imzad au patrimoine mondial. Il vient compléter «la Chedda» du mariage à Tlemcen. Bravo à l’Algérie qui inscrit de bons points sur le patrimoine universel. Un honneur à partager.

Imzad, désert, par ses voyelles au son clair, le mot s’évase vers un demta d’images et de significations : le désir d’espace, de curiosité, de savoir, ouverture sur un livre de sable. Désir d’un ailleurs sublimé, d’un monde aux formes mouvantes et sensuelles, d’une féerie de nuits étoilées et l’épure des paysages. Des aventuriers, des mystiques, des poètes, des militaires partis conquérir le Sahara ont abandonné le matériel et confort pour un royaume aux frontières pulvérisées. Ces hommes (Théodore Monod, Ibn Batouta, père Foucauld), ces femmes du Nord : (Odette du Puiguaudeau, Isabelle Ebehrardt Lalla Zineb, ella Maillart) voués aux rythmes saisons, aux printemps gorgés de sève, ces hommes et femmes des villes saturées de rumeurs en ont appelé au sable, aux étendues immaculées, à la nudité de la terre avec l’espoir de voir surgir quelques vérités du désert. Après s’y être engagé, aucun d’eux n’a pu demeurer le même : tous ont porté, à jamais gravé en eux, l’empreinte du désert». c’est dans le désert que naissent les trois grands monothéismes de l’histoire : le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Le désert demeure une façon de vivre avec des modèles culturels, dont la poésie et la musique.

La poésie touarègue

La poésie occupe une place majeure dans la société touarègue. Liée à la musique, elle est à la fois un élément de transmission du patrimoine culturel et un art vivant bien ancré dans les mœurs.

«La poésie des Touarègues est le miroir de leur culture, le reflet d’une façon de vivre et d’être. Les textes que l’on récite au cours des veillées ou lors des longues transhumances sont une façon de transmettre un patrimoine historique, une histoire, des valeurs. C’est en partie grâce à la poésie que le jeune touarègue apprend à devenir adulte. La composition des poèmes est surtout l’apanage des hommes qui chantent ou qui déclament les textes, à l’occasion des fêtes traditionnelles ou lors d’Ahâl, réunion galante au cours de laquelle on rivalise de poésie pour séduire les jeunes filles.

Paroles, musiques et versification sont les tenants de cet art. la poésie touarègue, qui comprend une grande variété de registres, peut être déclamée ou mise en musique. Dans le premier cas, elle est considérée comme un mode d’expression individuelle dont l’auteur est toujours nommément désigné. Dans le second, elle devient une expérience collective et patrimoniale, rythmée au son du violon monocorde qu’est l’Imzad.

Dans sa versification, les poèmes monorimes, comme l’étaient les poèmes arabes composés de syllabes longues et brèves. Les vers y sont divisés en pieds, c’est-à-dire en séquence de deux ou trois syllabes, dont une seule accentuée. Les genres poétiques collent à toutes les assemblées galantes. On distingue trois types de poèmes :

«Les poèmes élégiaques ont pour thème la solitude du désert, l’éloignement de la tente et de la bien-aimée, le sentiment que l’on éprouve en entrant dans un campement vide, les lieux qu’on traverse, la condition même du nomade. Le maître mot de cette poésie élégiaque est äsouf. Äsouf a les deux sens en français du mot solitude : il désigne aussi bien la situation d’une personne physiquement ou moralement esseulée que les solitudes inhabitées, la steppe déserte» la femme aimée, dont les Touaregs chantent la douceur, la beauté, la sensualité, est fréquemment associée à la vie pastorale ou comparée aux éléments de la nature.

Les poèmes épiques relatent la guerre que se sont livrées les tribus (par exemple celles qui ont opposé les Kel Ahaggar aux Kel Ajjer au XIXe siècle) les rezzous d’autrefois ou les combats menés contre les Européens venus coloniser les hommes libres du désert.

La poésie possède alors une dimension identitaire : on s’adresse à l’ennemi de l’intérieur en le nommant, mais l’étranger et l’incroyant n’ont pas de nom. Avec le temps, cette poésie épique glorifie moins des actes héroïques qu’elle exprime la nostalgie d’une époque révolue.

Les poèmes «chroniques» racontent des anecdotes quotidiennes ou des faits singuliers. dans le désert, les nomades composent des vers pour célébrer un évènement ou évoquer un problème inhérent aux difficultés sociales qu’ils rencontrent.

La majeure partie des poèmes touaregs traditionnels que nous connaissons proviennent du travail effectué par le père Charles de Foucault jusqu’à la veille de sa mort. Les deux tomes des Poésie touarègues publiées en 1925 et 1930, rassemblent près de six mille vers, collectés, traduits et commentés par l’ermite du Hoggar. Ils constituent un document linguistique et ethnographique de premier ordre sur cette littérature orale :

«Les sacs sont légers, les chèvres sont sèches;

La sécheresse pèse sur le pays

comme le mont Oûdan

Elle veut nous ôter jusqu’à nos voiles

de visage…»

On peut citer, aussi, le romancier libyen Ibrahim al-Koni, Rhissa Rhossey ou Hawad. Ce dernier, installé en France est l’auteur de recueils écrits en tifinagh dans lequel se mêlent écriture et calligraphie, que le poète épris d’espaces vierges et de liberté créatrice nomme «furigraphie».

Pas de nom

Je ne suis pas le fils

Du vente et des nuages

Je suis le fils de la fange

De la fange stérile et rouge

Non, frère, je ne suis plus

Le seigneur du désert

Mais l’esclave

Des horizons nuls.

La monture d’un chameau d’excellence est mieux que la parade en rolls sur les belles avenues

Pour les Touaregs, le chameau est l’animal de prestige, l’animal aimé. Lorsqu’un jeune homme se marie, s’il est de bonne famille, il ne pourra que donner des chamelles à sa belle-famille, théoriquement en nombre égal à celui qu’à reçu sa belle-mère.

La chamelle sert, bien souvent, de terme de référence dans les poèmes d’amour des jeunes gens. La femme aimée est comparée à de nombreuses plantes avant de l’être à la chamelle : Temmelt est belle comme la chamelle irrésolue de l’Agdal qu’il poursuit au pâturage.

Tente pareille à son cosmos

La tente est le symbole du mariage, se marier se dit «nouer une tente» ou «faire une tente» c’est la femme qui l’apporte, et avec elle tout le matériel domestique. A l’intérieur, l’espace est orienté : une partie est réservée à l’homme et à ses bagages, l’autre à la femme. C’est un territoire organisé dont les symboles spatiaux, se répètent de mère en fille. Chez les Touaregs de l’aïr «la forme arrondie du toit de la tente en fait une copie de la voûte céleste. La tente est donc une réplique du cosmos. La yourte qui relie entre eux les différents niveaux de l’univers mongole est l’objet d’une vision comparable. Le piquet central est conçu comme un modèle de l’axe cosmique.

Les arts du désert, une nécessité aussi vitale que la liberté

«Ce qui vise à s’approprier l’art classique des sédentaires, c’est le temps. Or c’est l’espace que vise l’art des nomades. Une façon bien établie d’orner le quotidien. André Miquel définit «la civilisation du désert» par trois termes : le chameau, l’herbe et la razzia. La compagnie de la faim est quasiment présente. Le nomade vit de peu et la sobriété lui est indispensable. Lui et ses animaux restent tributaires de l’herbe qui fuit, des feuilles des arbres des touffes. L’incessante poursuite du pacage implique, toujours, des déplacements vers de nouveaux pâturages et points d’eau. Il existe un art du désert qui se manifeste par une recherche du beau dans un environnement particulièrement difficile.

Ce mode de vie implique de ne pas s’encombrer d’objets inutiles. L’expression artistique, que ce soit sur les cuirs, le bois ou les métaux, montre un raffinement des techniques très élaborés, tout en s’appliquant souvent à des objets du quotidien : tapis, selles, ustensiles de cuisine, piquets de tentes, sacs, armes et ce, depuis la Mauritanie jusqu’à la Mongolie. Les motifs peints, ciselés, brodés, tissés, sculptés obéissent à une symbolique, sans cesse répétée, d’inspiration variée mais souvent d’origine religieuse. Ceci s’applique, aussi, aux parures et bijoux. Il n’est pas rare de rencontrer des hommes et des femmes accomplissant des tâches domestiques telles que la corvée d’eau, par exemple, exhibant des parures imposantes et des bijoux magnifiques que nous porterions que dans des moments d’apparat. Le souci d’esthétique semble donc, une préoccupation.

L’art des nomades sahariens : Les techniques de l’acharnement chamelier.

Au Sahara, la nature du chameau, du dromadaire évidemment, avec sa bosse unique, a obligé les nomades à trouver des solutions différentes pour placer la selle sur l’animal. En abordant ce sujet, on ne peut que s’appuyer sur le travail de Théodore Monod qui a pu conjuguer son expérience de chamelier méhariste et celle du savant à l’érudition inégalable.

L’art du bois

Le bois a permis aux artisans touaregs de réaliser de véritables sculptures avec des thèmes décoratifs répétés : par exemple ; les grandes louches en bois (amula) possèdent souvent des manches sculptés très finement, en forme de croix.

Chez les Touaregs, il existe deux objets aux formes comparables : le bol de traite (akabar) et le mortier (tendré). Ils se différencient par leurs anses qui permettent de les transporter ou de les accrocher près de la tente à un arbre ou à sa monture lors de ses déplacements. Le mortier a deux anses symétriques, en bas, du pied à la paroi, alors que le bol de traite n’en a qu’une, en haut près de l’ouverture.

Une devinette, sans doute pour illustrer plaisamment la différence entre ces deux objets, interroge «: devinez devinez ma fille a ses oreilles dans ses fesses. Qu’est-ce que c’est ? – Heu ! Des femmes joyeuses ?!

– Non c’est le mortier avec ses deux anses

Le mortier possède deux usages : celui du pilage de mil et celui de tambour, une fois couvert d’une peau tendue par deux pilons. Il rythme le travail domestique quotidien comme le chant des femmes entourées du carrousel des chameliers lors des grandes fêtes.

L’art du cuir

Ce sont les femmes qui, dans chaque famille préparent les peaux des animaux abattus. La plupart d’entre elles sont débarrassées de leurs poils avant tannage, par saupoudrage de la cendre de l’écorce et du bois de certains arbres. Un procédé de tannage utilisé de nos jours par les éleveurs, étaient connus en Egypte, il y a plus de 5.000 ans. Il est étonnant de constater la permanence, à travers le temps et l’espace, du travail du cuir. Chez les Touaregs, le cuir est utilisé pour la fabrication des grandes outres qui, suspendues sous les ventres des ânes, transportent ‘eau mais aussi des petites outres servant à barater le lait sous la tente. Parmi les sacs, le tassoufra dont les décors géométriques au centre, sont des croix, étoiles, quadrilatères, etc, souvent la littérature ancienne contenue dans les manuscrits de Chinguitti sont protégés par un cuir dont le décor sobre avec des desseins symétriques, en noir sur fond rouge. Le sac de voyage de l’homme eljebira est carré et fait pour être suspendu à la selle du méhari. L’art du tapis est issu de pratiques millénaires, mais son origine n’est pas établie avec certitude. On a retrouvé la représentation d’un métier à tisser sur un fragment de terre cuite sumérienne, daté de 4000 ans avant J.C. Le plus ancien tapis connu provient du Caucase au Ve siècle av JC. Sa facture est très fine et le décor d’inspiration animalière. D’une manière certaine, le tapis est né en Asie centrale et par l’expansion de l’islam et des caravanes commerciales de la route de la soie.

Les artisans maures et touaregs sont des bijoutiers connus dans le monde entier : ils fabriquent des bagues, des bracelets, des boucles d’oreilles et des bijoux portés par les femmes dans leur coiffure et en sautoir. Les deux métaux les plus utilisés sont l’argent et le cuivre. La majorité des bijoux sahariens est en argent, la matière première provient des pièces anciennes. Le motif de la croix est fréquent chez les Maures où il apparaît dans bien des décors. Jean Gabus y voit peut-être une origine chrétienne, mais avec beaucoup de réserve. Chez les Touaregs, la croix d’Agadez, originaire du Niger et des montagnes de l’air est le bijou le plus connu. Le haut, qui correspond à la croix représente le ciel, et le bas avec son cercle ajouré, la terre. Cette symbolique connote la masculinité et la partie terre la féminité. La croix, selon les mêmes auteurs, représente le sexe masculn, le pommeau de la selle de chameau et les quatre directions cardinales. Quand un père remet cette croix à son fils, il lui dit : «je te donne les quatre directions cardinales, car on ne sait pas où tu iras mourir». Chez les nomades, le tissage sert à la fabrication d’objets de premières nécessité. Ce sont des tapis pour la tente des sacs, des tentures, des tapis de selle, des manteaux.

Les musiques touarègues

La musique jouait un rôle important lors des rites de naissance et de mariage et lors des célébrations religieuses, dans la cour d’amour et les processus curatifs? Certaines de ces musiques et leurs instruments étaient, également, liés à la souveraineté et au pouvoir traditionnels depuis quelque temps les touaregs ont été soumis à des transformations socioculturelles dues :

Aux sécheresses, aux famines et aux crises politiques qu’elles ont engendrées.

Cette succession d’évènements a, aussi, fortement influencé la vie musicale des Touaregs et, aujourd’hui, l’éthnomusicologie ne peut plus se contenter de recueillir les musiques dites traditionnelles en voie de disparition, mais doit, impérativement, se pencher sur les causes du phénomène d’acculturation musicale. Les deux faits importants sont la mise à flots de l’Ahellil par le chercheur Mouloud Mammeri, et le développement et la mise en relief de l’Imzad par Farida Sellel ainsi que la maison de l’Imzad comme école de formation. Il ne faut pas oublier que la population des Touaregs est répartie dans une vaste zone touchant cinq pasy saharo-sahéliens. Elle côtoie, par la force des choses, d’autres cultures musicales avec lesquelles elle entretient des contacts faits d’emprunts et d’apports réciproques. Il peut s’agir de métissages musicaux. La pratique musicale traditionnelle est quasiment le monopole des femmes de la classe sociale la plus élevée.

Elles jouent la vièle monocode, alors que les femmes d’origine forgeronne ou captive (castre la plus basse) se limitent au jeu du tambour sur mortier tendey. Quand elles chantent en solistes, les femmes le font toujours accompagnées en chœur. En revanche les hommes chantent en solistes à cappella ou en duo, éventuellement accompagnés de la vièle monocorde Anzad.

Les répertoires des chants d’hommes et de la vièle monocorde sont étroitement liés au passé et à la tradition épique des groupes touaregs, de même des chants évoquant la bien-aimée ou tout simplement des états d’âme de l’auteur du poème. A l’opposé, le chant des femmes accompagné du tambour du mortier est l’occasion pour elles d’improviser des poèmes qui font office de chroniques, de satires sociales de la vie des campements.

Les séances de «chants pour les génies», au cours desquelles on joue l’Anzad ou le tendey pour guérir une personne malade c’est-à-dire pour «chasser les génies de son corps», et les fêtes (baptêmes, mariages) sont, autant, d’occasions pour les hommes de s’exhiber sur leur chameau préféré afin d‘effectuer une «ronde des chameaux» autour de la tambourinaire.

Au temps des rezzous, pour encourager la bravoure des guerriers que l’Anzad était joué. On disait, alors, d’un guerrier qu’il «méritait l’Anzad», l’expression est toujours en vigueur lorsqu’on évoque un homme de valeur. L’habitus, encore structuré, est cette musique qui représente en quelque sorte, un refuge identitaire au même titre que la langue (le tamachek) l’écriture (le tainagh) et le port du voile (anargad).

La musique vocale des chants traditionnels dont les poèmes épiques constituent, en fait, l’ossature de l’histoire orale de la société touarègue. La chronique guerrière domine même si fréquemment noyée dans un flot de digressions métaphoriques sur l’inaccessible amour d’une bien-aimée, sur la vie des campements, des chameaux et du bétail. La créativité personnelle du récitant ou du chanteur n’intervient que rarement. Le poème composé par Khamed el Jilai surnommé «Mejila» raconte l’histoire d’une querelle entre deux familles.

Tous les touaregs, quelle que soit leur origine, peuvent prétendre composer des poèmes d’amour. S’il est un domaine dans lequel les hommes ne sont jamais à court d’inspiration, c’est bien celui-là. Face à des femmes souvent moqueuses, critiques et exigeantes, l’amoureux doit se surpasser pour compter parmi les prétendants, en espérant avoir la chance d’être un favori. Joutes oratoires dont sont friands les Touaregs. A l’instar des griots, les nobles sont les principaux transmetteurs du répertoire. Les marabouts ont l’habitude de consigner les textes, en arabe, puisqu’ils sont en principe les seuls lettrés.

La musique instrumentale : la vièle monocorde Anzad ou Imzad

La vièle est considérée comme l’instrument emblématique de la femme touarègue, l’Anzad (en dialecte des Touaregss tullemendes) ou Imzad (en dialecte des Touaregs du Hoggar) la vièle monocorde demeure, à travers ses répertoires d’airs, le véhicule de tout un symbolisme où se mêlent des notions de guerre, de classe et de féminité que les Touaregs se plaisent à perpétuer et à enrichir dans les proverbes, dictons et poèmes ; un instrument qui demeure un des rares signes évoquant leur passé glorieux.

Dans son dictionnaire (1951-1952), Charles de Foucauld évoque une fonction de l’instrument directement dérivée de celle décrite plus haut : «L’Imzad est l’instrument favori, noble, élégant par excellence, c’est lui qui a toutes les préférences, qu’on chante dans les vers après lequel on soupire quand on est loin du pays, dont il est comme le symbole et dont il rappelle toutes les douceurs : «on en joue aux hôtes qu’on veut honorer» et plus loin «jouer du violon» signifie «dire des paroles très agréables et très flatteuses dans les réunions d’ahal» (soirées galantes). Dans le mot Anzad on trouve izod (ce qui est doux, sucré, ce qui fait plaisir à l’âme). Les joueuses de l’Anzad se contentent de perpétuer le répertoire des chants des hommes, dans un ordre bien précis, ce qui facilite la mémorisation. Chez les Touaregs lullemende, ce corpus d’airs peut être évalué à 150 mélodies accompagnées d’un murmure silencieux de la gorge appelé, «chant dans l’âme». Les séances entre jeunes sont l’occasion de faire plus amples connaissances avec leurs partenaires du sexe opposé ; le corps de résonance est constitué d’un récipient hémisphérique en bois ou d’une demi-calebasse.

Le diamètre standard de l’ouverture est de 20 à 30 cm, sa hauteur de 11 à 18 cm. Une peau de bouc sur laquelle se fixe une corde composée d’un faisceau d’une centaine de crins (anzaden, au singulier anzad d’où le nom de l’instrument) arrachées à la queue d’un cheval (ais). Le tendey ou tidné signifie «mortier» et par extension «tambour sur mortier». Une membrane d’une peau de chèvre fixée par des cordes recouvre le mortier. Les femmes tambourinaires du Hoggar l’ont remplacé depuis longtemps par des jerrycans, le battement de mains (eqqas) accompagne le tendey et sert de mesure rythmique comme un métronome.

Comment choisir une pastèque

Comment choisir une pastèque

Beaucoup de personnes n’ont pas la moindre idée sur la façon de choisir une pastèque. Elles frappent juste sur la peau de ce fruit volumineux comme si elles s’y connaissaient. Bien qu’il soit difficile de déterminer la maturité du fruit en se basant simplement sur l’extérieur, il existe quelques moyens ingénieux pour choisir la parfaite pastèque. Lisez la suite pour découvrir ces astuces.

Partie1

Choisir une pastèque

  1. Image intitulée Select a Watermelon Step 1
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    Repérez celles qui ont une forme homogène. Recherchez une pastèque ferme, symétrique, sans meurtrissures, coupures, ni bosses. Si la pastèque a des bosses, il se peut qu’elle ait reçu une quantité irrégulière de soleil ou d’eau durant sa croissance.
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    Soupesez-la. La pastèque devrait être lourde comparée à sa taille. Cela signifie qu’elle est chargée d’eau et donc mûre et savoureuse. Essayez de comparer le poids de votre pastèque avec une autre de même taille. La plus lourde sera la plus mûre. Ce conseil s’applique à la plupart des fruits et légumes.
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    Cherchez la tache jaune. La partie inférieure de la pastèque devrait avoir une tache d’un jaune crème. Il s’agit du point qui a été en contact avec le sol tandis que la pastèque mûrissait au soleil. Donc plus ce point est foncé et mieux c’est. Si cette tache est blanche, voire inexistante, c’est que la pastèque a sûrement été récoltée trop tôt et qu’elle ne sera pas mûre.[1]
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    Inspectez sa couleur. Une pastèque qui est parfaitement mûre devrait être d’un vert profond mat et non brillant. Une pastèque brillante n’est souvent pas arrivée à maturité.
  5. Image intitulée Select a Watermelon Step 5
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    Essayez de tapoter dessus. La technique consistant à frapper quelques petits coups sur la pastèque n’est pas facile à maîtriser, mais certains fans de pastèque ne jurent que par elle. Donnez un petit coup ferme avec vos doigts et écoutez le bruit que fait la pastèque. Une pastèque mûre doit faire un son plein, plus ténor que grave. Évitez celles qui ont un bruit sourd ou profond, car cela signifierait que votre pastèque n’est pas mûre.[2]
  6. Image intitulée Select a Watermelon Step 6
    6

    Sachez ce que vous devez rechercher lorsque vous choisissez une pastèque qui a déjà été coupée. Si vous achetez une pastèque qui est déjà coupée, il vous faut prêter attention à quelques points. Sélectionnez les morceaux dont la chair est d’un rouge vif et les graines d’un noir ou d’un marron profond. Évitez les morceaux qui ont des traînées ou de nombreuses graines blanches. Vous devriez également éviter ceux dont la chair semble sèche, farineuse ou séparée des graines.[3]

Partie2

Conserver et couper une pastèque

  1. Image intitulée Select a Watermelon Step 7
    1

    Conservez correctement la pastèque. Une pastèque entière, non coupée, peut être conservée jusqu’à une semaine au réfrigérateur. N’oubliez pas de manipuler la pastèque avec précaution afin d’éviter des meurtrissures.

    • Ne conservez jamais une pastèque à une température inférieure à 5°C, car le froid pourrait endommager le fruit.
    • Si vous souhaitez faire mûrir votre pastèque après l’avoir achetée, gardez-la à température ambiante pendant deux jours. Cela permettra à la pastèque de mûrir légèrement, mais pas de manière exceptionnelle. Une pastèque qui a été cueillie trop tôt n’arrivera jamais complètement à maturité.
  2. Image intitulée Select a Watermelon Step 8
    2

    Coupez la pastèque. Pour la couper en petits morceaux, commencez par la mettre sur une planche à découper et à enlever ses deux extrémités à l’aide d’un couteau effilé. Cela permettra que la pastèque reste stable sur l’une des extrémités coupées.

    • Faites passer la lame du couteau tout autour de la pastèque afin de séparer la peau de la chair. Ensuite, coupez-la en disque puis coupez chaque disque en cubes d’environ 2 cm.
      Image intitulée Select a Watermelon Step 8Bullet1
    • Si vous ne les mangez pas immédiatement, mettez les morceaux de pastèque dans un récipient fermé et placez ce dernier au réfrigérateur. Vous pouvez les conserver ainsi pendant 3 à 4 jours.[4]
      Image intitulée Select a Watermelon Step 8Bullet2
  3. Image intitulée Select a Watermelon Step 9
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    Enlevez les graines de la pastèque. Si vous voulez enlever les graines d’une pastèque, il vous suffit de la couper en deux puis de la couper en quartiers. Coupez la chair remplie de graines avec un petit couteau.

    • Maintenant, enlevez la partie que vous venez juste de couper. À l’aide d’une fourchette, débarrassez cette partie des graines. Enlevez également celles qui restent sur la partie principale de la pastèque.
      Image intitulée Select a Watermelon Step 9Bullet1
    • Il s’agit d’une méthode idéale pour ensuite la couper en dés et l’utiliser pour un goûter, dans une sauce, la mélanger à une boisson ou pour toute autre recette faisant intervenir la pastèque.

Partie3

Recettes utilisant la pastèque

  1. Image intitulée Make a Watermelon Salad Step 2
    1

    Faites une salade à la pastèque. La pastèque est la touche idéale à ajouter à une salade fraîche pour une saveur plus juteuse. Vous pouvez faire une salade de pastèque, concombre, noix de cajou et fromage féta.
  2. Image intitulée Make Watermelon Lemonade Intro
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    Faites une limonade à la pastèque. Pouvez-vous imaginer quelque chose de plus rafraîchissant pour une journée d’été qu’une limonade glacée aromatisée à la pastèque ? Utilisez une pastèque très sucrée pour de meilleurs résultats.
  3. Image intitulée Make Watermelon Donuts Step 6
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    Faites des beignets de pastèque. Les beignets de pastèque ne sont pas de vrais beignets. Il s’agit en fait de tranches de pastèque coupées en forme de gros beignet. Ajoutez du sucre et des amandes effilées sur le dessus et vous aurez un délicieux goûter.
  4. Image intitulée Make Deep Fried Watermelon Step 17
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    Faites frire la pastèque. Il s’agit d’une option savoureuse, mais pas très bonne pour la santé. Elle est souvent servie ainsi lors de fêtes foraines ou d’autres foires. Finalisez avec du sucre en poudre et vous aurez un juteux « péché mignon » !

Eloge de la force tranquille

Journée du 8 mars : Eloge de la force tranquille

 

 

Professeur Chems Eddine Chitour
Vous les femmes de mon pays

Vous les femmes de mon pays
Encore une fois, dans un rituel bien rodé, l’humanité des femmes se rappelle au bon souvenir de l’humanité des hommes et regarde d’une façon désabusée ce non-événement la glorifiant l’espace d’une journée et l’oubliant le reste de l’année. Cet événement, que par un mimétisme ravageur, dont nous avons le secret, nous fait abandonner nos repères identitaires au profit d’un cérémonial créé dans des conditions qui n’ont rien à voir avec la signification profonde de la condition féminine. Faut-il pour autant aller à l’autre bout du curseur et accepter la sentence de Simone de Beauvoir niant l’existence de la « spécificité » sans préciser d’où elle vient pour devenir femme. Il est plus juste de s’en remettre à Aragon qui voit en elle l’horizon de l’homme

L’histoire mille fois répétée et fausse de la genèse du 8 mars

La manifestation new-yorkaise censée être à l’origine de la Journée internationale des femmes n’a… jamais eu lieu! Retour sur ce mythe démasqué par l’historienne Françoise Picq: «Ses origines reposent en réalité sur un mythe. Françoise Picq, historienne, l’a «démasqué» dès la fin des années 1970: «À l’époque, toute la presse militante, du PCF et de la CGT, comme celle des ´´groupes femmes´´ du Mouvement de libération des femmes, relayée par les quotidiens nationaux, écrivait que la Journée des femmes commémorait le 8 mars 1857, jour de manifestation des couturières à New York.» Or cet événement n’a jamais eu lieu! (…) Car c’est un fait, «c’est en août 1910, à la IIe Conférence internationale des femmes socialistes, à Copenhague, à l’initiative de Clara Zetkin, militante allemande, qu’a été prise la décision de la célébrer», ajoute l’historienne. La date du 8 mars n’est pas avancée, mais le principe est admis: mobiliser les femmes «en accord avec les organisations politiques et syndicales du prolétariat dotées de la conscience de classe». La Journée des femmes est donc l’initiative du mouvement socialiste et non du mouvement féministe pourtant très actif à l’époque. (…) C’est en Russie que la Journée des femmes connaît son regain: en 1913 et en 1914, la Journée internationale des ouvrières y est célébrée, puis le 8 mars 1917 ont lieu, à Petrograd (…) Une nouvelle tradition est instaurée: le 8 Mars sera dès lors l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes «C’est en 1955, dans L’Humanité, que la manifestation du 8 mars 1857 est citée pour la première fois»,(1)

Journée internationale des femmes 2016: la presse en parle

Adeline François pour raconter la condition des femmes en ce jour anniversaire a choisi de décrire le calvaire de Nouraisse, 30 ans, Syrienne: «Voilà deux jours qu’elle n’a pas dormi, elle fait partie de ces rares Syriens qui ont pu passer au compte-gouttes la frontière entre la Grèce et la Macédoine. Elle a ensuite marché pendant des jours jusque vers le Nord avec sous le bras, ces trois enfants âgés de 2 mois, 6 ans et 9 ans. Son mari n’a pas réussi à quitter Alep. Nouraisse a marché jusqu’à la frontière avec la Serbie. Et là, le mur. Le Parisien-Aujourd’hui en France raconte ce mardi 8 mars le sort de quelque 400 personnes qui se sont retrouvées parquées lundi 7 mars dans la soirée entre deux frontières dont aucune ne veut s’ouvrir. «La Serbie et la Macédoine attendent de savoir ce que vont décider les Européens et les Turcs», des subtilités diplomatiques inaudibles pour ces centaines de réfugiés devenus les otages d’une politique migratoire européenne cacophonique. (… » (2)

« Face à eux, les cordons de policiers serbes, derrière eux les cordons de policiers macédoniens. Les voici donc coincés dans ce «no man’s land» boueux sous des pluies diluviennes. Des bénévoles s’activent pour distribuer des capes, des bonnets et monter quelques tentes. Nouraisse porte son bébé qui crie et elle crie, elle aussi, son désespoir au reporter du Parisien. «En fait, ils veulent qu’on meure, mais si c’est ça on aurait mieux fait de mourir tous ensemble en Syrie», dit-elle. Nouraisse se fiche sans doute pas mal de la date du jour, 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.» (2)

L’appel des femmes arabes pour la dignité et l’égalité

Le mimétisme de l’Occident a amené la femme intellectuelle arabe à se révolter et faire le procès de l’Islam confondant les tyrans arabes et l’instrumentalisation de la religion. «Le 8 mars 2013 huit femmes, actrices des luttes pour la démocratie, ont lancé un appel pour la dignité et l’égalité dans le Monde arabe: «Nous, femmes arabes impliquées dans les luttes pour la démocratie, la dignité et l’égalité, nous, actrices au premier plan des changements exceptionnels que connaît le Monde arabe, tenons à rappeler à l’opinion publique que les femmes sont en droit de bénéficier au même titre que les hommes du souffle de liberté et de dignité qui gagne cette région du monde. Depuis toujours, les femmes mènent des luttes pour obtenir des acquis, plus ou moins importants selon les pays. Mais ces acquis demeurent en deçà de leurs aspirations et font de leur statut un des plus reculés dans le monde. Les violences demeurent répandues tant dans l’espace public que privé et très peu de mesures sont prises pour mettre fin à ce fléau. Les Codes de la famille ne sont dans la plupart des pays arabes que des textes instituant l’exclusion et la discrimination. (…) Ces lois violent les droits les plus élémentaires et les libertés fondamentales des femmes et des fillettes par l’usage de la polygamie, le mariage des mineures, les inégalités en matière de mariage, de divorce, de tutelle sur les enfants ou encore l’accès à la propriété et à l’héritage. Certaines lois permettent même à la parentèle masculine de tuer des femmes et des filles avec le bénéfice de circonstances atténuantes dans le cadre des crimes d’honneur(…) Nous considérons que si l’égalité ne peut se réaliser sans la démocratie, la pleine jouissance de cette démocratie ne peut se réaliser sans une égalité totale entre les hommes et les femmes. Aucune démocratie en effet ne peut se construire au détriment de la moitié de la société. Ensemble nous avons fait notre présent, ensemble nous construirons un avenir meilleur. Nous exigeons (…) la dénonciation des voix qui s’élèvent ici et là pour discriminer les femmes au nom d’une lecture rétrograde des préceptes religieux ainsi que celles qui voudraient leur interdire une participation pleine et entière à une vie digne et respectueuse des droits humains.» (3)

Naturellement pas un mot sur la femme objet en Occident avec une dignité en lambeaux, on constate même une société perverse qui fait que la violence envers les femmes est aussi importante que partout ailleurs. La meilleure preuve est que les femmes à travail égal ont un salaire inférieur d’environ 20 % que celui des hommes notamment en France patrie censée être celle des droits de l’homme et des femmes …

Cependant cela n’absout nullement les dirigeants des pays musulmans s’aidant sur une lecture littérale des textes religieux confortent les us et coutumes tribales pour asseoir une hégémonie qui ne repose que sur du vent.

Les femmes : les grandes oubliés de la Science

On dit souvent que beaucoup de scientifiques n’ont pas eu de visibilité et de reconnaissance du fait de la misogynie des hommes scientifiques ou pas. Le cas de Agnodice est édifiant : « IVe siècle avant J-C. Le monde n’est pas vraiment à la pointe en matière de gynécologie et il n’est pas rare de voir les femmes souffrir en couche. Mourir, pour les moins chanceuses. Les naissances se font dans la douleur et surtout, dans le silence : les Athéniens ayant réclamé l’interdiction de l’exercice de la médecine par les femmes – trop sujettes à pratiquer l’avortement – les futures mères préfèrent se débrouiller seules. Il n’en fallait pas moins pour frustrer Agnodice – jeune fille issue de la haute société athénienne – qui décide de prendre ses cliques et ses claques direction l’Égypte où il est encore possible pour un être humain possédant une 23e paire de chromosomes d’étudier la médecine. Sa formation en poche, Agnodice revient en Grèce et se résout à cacher sa féminité pour exercer sa profession. Dissimulée sous une barbe postiche et derrière le nom de Miltiade, la jeune gynécologue sauve des bébés et des mères à tour de bras. Titillée par ce succès, la jalousie de ses confrères ne tarde pas à se faire ressentir, certains l’accusant même de profiter de sa situation pour séduire ses patientes. Bien décidés à se débarrasser d’Agnodice – même après qu’elle ait enlevé son postiche – maris et médecins furent tentés de l’exécuter. C’était sans compter sur la pression de ses patientes, qui fpermis de l’acquitter et, dans le même élan, de révoquer la loi interdisant les femmes de devenir médecin. D’une pierre deux coups ». (4)

« Si les progrès sont notables, écrit Mathilde Damgé du journal Le Monde, reste que les femmes ne représentent que 5,35 % des nobélisés, avec 48 femmes sur 897 lauréats depuis la création du prix en 1901. (…) Parmi celles qui sont restées dans l’ombre du « grand chercheur », citons Clara Haber, épouse de Fritz, qui obtint le prix Nobel de chimie en 1918 pour ses travaux sur l’ammoniac. Première femme à obtenir un doctorat de chimie à l’université de Breslau, elle a contribué aux travaux de son mari, traduisant ses articles en anglais, tout en étant cantonnée à la vie familiale. C’est aussi le cas de Mileva Maric, brillante étudiante qui rencontra Albert Einstein lors de leurs études à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Des lettres attestent de leurs échanges sur les travaux de physique d’Albert mais elle dut, elle aussi, se consacrer à sa vie de famille jusqu’à leur séparation. L’un des exemples les plus flagrants d’oubli du comité Nobel est celui de Lise Meitner, collaboratrice d’Otto Hahn (prix Nobel de chimie en 1944) et qui joua un rôle majeur dans la découverte de la fission nucléaire. Juive autrichienne, elle dût fuir l’Allemagne nazie en 1938 et refusa ensuite de participer à la construction d’une bombe atomique.(…) La minimisation des contributions des femmes dans les sciences a d’ailleurs été théorisée : c’est l’« effet Matilda », nom donné par une historienne des sciences américaine, Margaret W. Rossiter, au déni et à la minimisation, systématique selon elle, des contributions des femmes à la recherche (…) ».

Qu’en est-il du 8 mars en Algérie?

En règle générale, le 8 mars : un jour qui représente moins de 0,3% du temps est consacré à la reconnaissance de la femme comme acteur important de la société à la fois au sein de la maison, mais au sein de la société, ce non-événement. Les femmes algériennes ont eu à lutter à la fois sur le plan de la liberté, on les trouve à chaque coin de l’histoire et curieusement la femme algérienne n’a jamais été aussi libre que pendant la Révolution de Novembre. En se battant, en soignant en éduquant en conseillant et en faisant le coup de feu, la femme algérienne a montré qu’elle était de tous les combats et qu’a priori aucun emploi ne peut lui être refusé. C’est donc un autre combat que la femme algérienne mène au quotidien à bas bruit sans m’as-tu-vu, dans l’ombre même si elle a toutes les compétences, c’est à elle en définitive qu’incombe la pérennité d’un ménage. C’est un fait que la société algérienne a profondément évolué en profondeur, mais cependant avec des différences entre l’Algérie profonde où le poids des traditions pesant, l’homme se croit encore investi du droit de tutelle, voire de visibilité sociale de la femme réduite ce faisant à sa plus simple expression du fait de traditions rétrogrades.

Cependant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Ces traditions et surtout notre islam millénaire a permis aux Algériennes et Algériens de résister au laminoir identitaire de la colonisation qui voulait faire des Algériens «des poussières d’individus» selon l’expression de Jules Combon gouverneur en Algérie ou encore de pieux chrétiens pour mériter les faveurs du ciel et celles du cardinal Lavigerie pour avoir accès à un minimum de conditions sociales. Par la suite et vers la fin de la guerre de libération, le pouvoir colonial a compris, d’après Frantz Fanon, que pour tenir les Algériens, il fallait s’attaquer à la citadelle constituée par la femme algérienne.

Des opérations d’enlèvement de voile ont été organisées et les voiles ont été brûlés pour symboliser la libération de la femme et sa marche vers la liberté en vain!!! Bien plus tard, du fait d’une culture défaillante, les Algériens et les Algériennes livrés entre les mains d’Internet deviennent des victimes consentantes qui s’enivrent de ces ersatz de liberté que leur offre la Toile et ses perversions.

Nous devons être reconnaissants envers celles et ceux qui ont des siècles durant combattu pour l’Algérie. Comment rendre hommage aux femmes? Doit-on dans un rituel bien rodé attendre le 8 mars de chaque année? Cet être qui peut être notre mère, notre soeur, notre fille ou notre épouse. Rendons-nous justice à cette «proximité» en la ghettoïsant dans une journée comme «un minimum syndical» un tribut à payer pour avoir la paix jusqu’à la prochaine fête? Que fête-t-on réellement? La libération? Est-ce une servitude que la femme doit à l’instar du mythe de Sisyphe affronter au quotidien et «prouver» qu’elle est l’égale de l’homme? Tragique erreur s’il en est! Non! Rien de tout cela. Les femmes algériennes devraient être des exemples à suivre, nul besoin de se référer ailleurs. Rien ne peut remplacer une mère et, qu’à bien des égards, Renier l’instinct maternel a été une étape nécessaire à la «libération» de la femme, mais cette attitude handicapante montre aujourd’hui ses limites: les jeunes mères sont déchirées entre ce qu’elles ressentent et ce que leur vie professionnelle leur impose.

Les Algériennes qui ont marqué l’Histoire

L’histoire de l’Algérie est jalonnée de battantes. Les Algériennes de coeur, qui ont défendu l’Algérie et qui méritent mille fois d’être à l’honneur, bien que leur modestie et leur grandeur d’âme leur interdisent de faire dans le m’as-tu-vu et d’être aux premières loges pour avoir les faveurs des gouvernants et surtout à mille lieux de l’image que nous nous faisons de nos mères, humbles et discrètes.

Le combat des femmes a donné ses lettres de noblesse à l’histoire de ce pays. Aussi loin que nous plongeons notre regard dans notre histoire, nous trouvons sans difficulté comme exemple de bravoure l’Algérienne. La première héroïne qui nous vient à l’esprit est Tin Hinan la princesse du Hoggar. Tin Hinan est le nom que des traditions orales donnent à l’ancêtre originelle des Touareg nobles du Hoggar.

Lalla Robba, la religieuse berbère , mais aussi la guerrière, est considérée comme la première résistante de l’Algérie antique, Pendant plus de cinq ans (429 à 434), Robba mène parallèlement à son action de religieuse chrétienne , une guerre sans merci contre les Romains jusqu’à son assassinat par les traditeurs. Elle avait 50 ans.

Au septième siècle, une autre héroïne Kahina Dihya ou Damya reine guerrière berbère zénète des Aurès combattit les Omeyyades lors de l’expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle.. Fille unique, elle aurait été élue ou nommée par sa tribu après la mort de son père. Vaincue en 693 par Hassan Ibn en N’uman, elle est faite prisonnière, puis décapitée au lieudit Bir El Kahina.

Un autre fait glorieux qui met en scène la femme algérienne est celui du mystère de Fatma Tazoughert (la rouquine?). Nous lisons dans une contribution de Nadhir Sbaâ: guerrière redoutable, elle sacrifia ses deux frères pour exalter le respect de la discipline.» Née dans la montagne de Hitaouine (Merouana,), Fatma «la Rousse», (1544-1641) prêtresse et reine, réussit sous son règne, non seulement à unir plusieurs groupes berbéro-arabes, mais à perpétuer le matriarcat en désignant uniquement des femmes au sein du conseil des sages.
Nous arrivons au XIXe siècle, la figure altière de Lalla Fatma N’Soumer nous interpelle. En effet, lors de la phase de conquête, les troupes coloniales françaises eurent à affronter en Kabylie, une armée dirigée par une femme, Lalla Fatma N’Soumeur. Lalla Fatma N’Soumeur, avec son armée qui comprenait également de nombreuses femmes de la région, dirigeait les combats… Lalla Fatma N’Soumeur mourut en prison en 1863 seulement âgée de 33 ans.

Les héroïnes de la guerre de libération

Il est impossible de recenser toutes celles qui -surtout modestement- ont contribué à l’Indépendance du pays. Nous prenons le risque de citer quelques-unes qui, outre leur prestigieux combat, se distinguent par leur «invisibilité» estimant qu’elles n’ont fait que leur devoir et n’ont pas à en faire un fonds de commerce. Comme ce sera le cas de Zoulikha Ouddaï qui mourut en héroine après avoir vu la mort de son mari lui aussi tué.

Tarik Hafid nous parle aussi de ces femmes qui ont pris à coeur de libérer le pays. Elles s’appellent Aldjia, Mamia, Emilie, Nafissa, Fatima et Isa. Des femmes qui ont fait le choix de s’engager en politique durant la première moitié du XXe siècle. Elles ont participé à l’édification du Mouvement national algérien, Ces femmes avaient pour dénominateur commun l’amour de l’Algérie, la jeunesse et la volonté de démontrer qu’elles sont capables de s’affirmer autant que les hommes en politique. (…) Dans son livre Des Femmes dans la guerre d’Algérie, Danièle Djamila Amrane-Minne explique que durant les années quarante et cinquante, les femmes algériennes «sont absentes de la vie politique». L’auteure cite des statistiques du ministère des Anciens Moudjahidine de 1978: «Sur les 10 949 anciennes combattantes enregistrées, seules 6 ont eu une activité politique avant la guerre.» (…) A part quelques sièges à l’Assemblée constituante (seulement 10 moudjahidate sur les 195), elles n’ont eu accès à aucun poste politique. Aucune n’a réussi à obtenir le statut d’officier de l’Armée nationale populaire.» (6)

La femme et sa participation au développement du pays.

A des degrés divers, le sort social en terme d’accès aux fonctions, de la femme algérienne n’a rien à envier à celui de son équivalente en Occident. Ainsi dans une contribution de Lyes Hallas du Soir d’Algérie on lit que la femme est relativement présente dans tous les secteurs de la société : « Pour des tâches similaires, les femmes en Algérie sont rémunérées comme les hommes au moment où partout ailleurs dans le monde les organisations de défense des droits de la femme dénoncent des discriminations en la matière (…) il n’y a aucune contrainte juridique ou autre sinon, les blocages psychologiques des femmes elles-mêmes. (…) Globalement, les personnels féminins en activité dans la Fonction publique étaient, en 2014, de 720 330 agents sur un total de 2 020 172, soit 35%. Le secteur de la santé compte plus de femmes que d’hommes, 138 581 sur un total de 266 525 en 2014, soit 52% de femmes (elles représentent 45% des hospitalo-universitaires). Dans l’éducation nationale, la moitié des effectifs est composée de femmes (297 394 sur un total de 592 831 en 2014). La police a également ses contingents de policières, estimés en 2016 à près de 20 000, soit environ 10% des effectifs de la Sûreté nationale. Dans le secteur de la justice, elles sont 13 644 sur 43 000 agents (30%). Et dans le corps de la magistrature et la diplomatie, les femmes algériennes sont mieux loties que leurs homologues occidentales même si la proportion des hommes est plus importante dans ces corps de métiers » (7)

« On compte aussi poursuit Lyes Hallas, 62 258 agents féminins sur 171 761 dans l’enseignement supérieur, soit 36%, et la proportion est beaucoup plus importante dans le domaine de la recherche scientifique où elles sont près de 40%. Idem dans le secteur des finances où elles sont 28 757 agents sur 83 829 (34%) et l’on a vu une femme accéder au poste de vice-gouverneur de la Banque centrale. Du reste, c’est une question de choix et de mérite. Dans les fonctions politiques, et depuis l’instauration du quota de 30% pour les femmes, les partis trouvent du mal à compléter les listes faute de femmes candidates justement.(..) Certes, il y a moins de femmes dans le secteur économique, ce qui ramène le taux des femmes dans le monde du travail à 19% de l’ensemble des salariés (…)L’Armée nationale populaire (ANP) compte deux généraux femmes. (…)En février 2017, l’Algérie comptait 275 576 femmes entrepreneures (143 010 gérantes d’entreprises et 132 566 personnes physiques), soit 7,5% de l’ensemble des opérateurs économiques (1,9 million). Elles sont actives notamment dans le commerce de détail, les services et l’artisanat, même s’il existe une petite proportion de femmes qui ont réussi dans l’industrie et le bâtiment. » (7).

Conclusion

Où en sommes-nous de cette errance qui nous incite à commémorer les fêtes décidées par les autres dans d’autres contextes? Qu’on le veuille ou non, la femme représente la force tranquille et le barycentre de la cellule familiale. Ce concept qui tend à disparaitre sous les coups de boutoir d’un néo-libéralisme qui fait fi des solidarités et des modus vivendi familiaux qui ont sédimenté depuis des millénaires. Le jeune est plus attaché à la toile qu’à ses parents. La télévision puis l’internet puis les réseaux sociaux n’ont de cesse de détricoter les tisses familiaux. A telle enseigne qu’il est normal de ses débarrasser des petits vieux en les mettant dans des mouroirs au nom de la liberté . Est-ce cela notre dette envers nos mères ?

Doit-on par mimétisme fêter ce 8 mars comme un solde de tout compte annuel de notre reconnaissance envers ces femmes, nos mères, nos filles, nos épouses ou avoir constamment à l’esprit par des preuves au quotidien de notre attachement à ce qu’elles font pour nous? Nous avons besoin de réhabiliter notre référents. Pour cela, il nous faut déconstruire les repères occidentaux et se ressourcer à nos propres valeurs, sinon nous continuerons dans un mimétisme ravageur à singer beaucoup de «valeurs» discutables de l’Occident perpétuant ainsi le mal le plus grand, l’errance qui fait de nos jeunes des apatrides ballotés dans tous les sens, par une doxa occidentale du dépenser sans penser pour le plus grand bien du marché !! Ne persistera en définitive, que le décorum sans épaisseur de cette commémoration hypocrite sous forme d’une grande bouffe rituelle tous les 8 mars, une «zerda» pour utiliser un terme de l’Algérie profonde. Non, nous devons nous réveiller de ce grand sommeil. (8)

MARSEILLE

« On veut ouvertement nous chasser de Noailles vers les quartiers nord de Marseille »

AMBIANCE LUNDI

PAR RACHID ZERROUKI https://twitter.com/rachidowsky13

Noailles, riche de ses commerces et de sa population cosmopolite, est un quartier mythique de Marseille. En 30 ans, son visage a bien changé en raison de la politique de gentrification décidée par les pouvoirs publics et a peut-être perdu un peu de son âme. Le Bondy Blog est allé à la rencontre de ceux qui font la vie de ce bout de la cité phocéenne. Reportage.

Noailles, c’est le cœur de Marseille”, me confie en arabe Abdessalam, un marchand proche de la retraite qui admire le même panorama depuis près de 30 ans. Comme lui, dans ce quartier qui bouillonne depuis cinq siècles en plein centre-ville, ils sont des dizaines à faire comme si la grande distribution n’existait pas.

Noailles, c’est l’histoire d’une petite rue qui n’a cessé de grandir au rythme des immigrés qu’elle accueillait dans son Grand Hôtel jusqu’à devenir le quartier le plus populaire de la ville. Le réduire à un simple “quartier algérien” comme le font souvent les Marseillais, c’est lui contester une majeure partie de son cosmopolitisme. Rue d’Aubagne, par exemple, des commerçants marocains, algériens, comoriens, sénégalais, arméniens et libanais se mélangent comme l’odeur de leurs épices.

Charly Pizza : une histoire d’amour, de famille et de cuisine

charly

Chacun de ces commerces est le récit d’une vie ou de plusieurs, le souvenir d’un parcours et d’un métier appris ou transmis. Et parmi ces hommes et ces femmes qui font palpiter le cœur de la vieille ville, on trouve de véritables institutions. On pense au Père Blaise, une célèbre herboristerie située Rue Méolan, à la toute discrète et pourtant très réputée Boulangerie Libanaise. Ou encore à Charly Pizza qui jouit d’une immense popularité dans la ville et d’un taux de fréquentation que ni les Domino’s Pizza ni les McDonald’s qui se sont installés à proximité n’ont su ébranler.

Pour apprendre à connaître le quartier Noailles au prisme de celles et ceux qui l’ont fait, nous prenons quelques cafés avec Charly fils et Nabiya, sa mère, qui est à l’origine de la pizzeria. Elle nous raconte qu’il y a un peu plus d’une trentaine d’années, elle était simplement venue faire le ménage dans l’appartement du dessus, elle ne savait ni lire ni compter. Et puis Charly père, le patron de ce qui était alors un magasin de beignets, l’a repérée, l’a embauchée avant d’en tomber amoureux. Tout cela dans un ordre qui reste à déterminer : “Charly Pizza, c’est mon bébé. Je l’ai nommé et quand je suis arrivée, j’étais la seule musulmane et même la seule femme qui travaillait dans ce quartier d’hommes. J’ai dû m’imposer“, nous confie-t-elle.

“Tata Nabiya”, aussi célèbre que Notre-Dame de la Garde

Trente-trois ans après, force est de constater qu’elle a plus que réussi. Dans la cité phocéenne, le visage de “Tata Nabiya” rivalise avec le succès de Notre-Dame de la Garde. Et quand on l’interroge sur son secret, elle nous parle rapidement du prix de la pizza et de la qualité de sa pâte, et plus longuement de savoir-vivre. “Le sourire, c’est très important. Je ne veux pas qu’on ait un sourire commercial mais sincère”. Aujourd’hui, c’est le jeune Charly qui reprend l’entreprise familiale. La seule chose que lui demande sa mère, c’est de respecter les clients et de ne pas “tout changer avec des machines”.

Chez les clients justement, le sourire, le goût et l’aspect artisanal semblent très appréciés. Mais ce qui attire davantage, c’est le prix. Avec des quatre fromages à partir de 4 €, Nabiya propose de loin les pizzas les plus abordables de la ville. “Pour nous, la marchandise augmente, mais on n’a pas augmenté les prix parce que les moyens de nos clients, eux, n’ont pas changé. Il y a beaucoup d’étudiants, de chômeurs… “, explique-t-elle.

“Mon loyer n’a pas changé mais la taxe d’habitation est passée de 900 à 1 200 euros pour un T2”

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Si Charly Pizza peut proposer des prix aussi abordables, c’est aussi parce qu’ici pratiquement tout est local. Les sourires viennent du cœur, la farine et le fromage de la région et les légumes du marché sur lequel donne la pizzeria. “Chaque matin, j’achète chez l’un ou chez l’autre pour ne pas faire de jaloux”, plaisante Nabiya. Mais une ombre plane sur le tableau : le quartier est en proie à une brutale gentrification. La mairie veut construire un hôtel de luxe de 80 chambres : un centre de beauté et de soins au sous-sol, une brasserie au rez-de-chaussée et un bar lounge au dernier étage sont prévus. Cette construction risque fort d’être en décalage radical par rapport au reste du quartier alors la mairie s’active pour le “reconquérir” selon ses propres termes. Le marché des Capucins, vieux de plusieurs siècles, est voué à disparaître tandis que les habitants reçoivent chaque année des taxes d’habitations invraisemblables synonymes de “dégagez d’ici“.

Nabil, 27 ans, est l’un d’entre eux. Ce chauffeur-livreur habite à Noailles depuis cinq ans. “Mon loyer n’a pas encore changé mais la taxe d’habitation que je reçois augmente chaque année. L’année dernière c’était 900 euros. Cette année, c’est 1 200 euros pour un T2 ! Ces prix sont fous, ils veulent ouvertement nous chasser de Noailles vers les quartiers nord”. Pourtant, le long du marché, les menaces de changement ne sont guère prises au sérieux. Hamid, 37 ans, s’en moque ouvertement : “Comment tu veux qu’ils nous virent ? Avec la police ? Elle n’arrive même pas à attraper les trois pauvres vendeurs de cigarettes de contrebande qui traînent ici. Je lui souhaite bonne chance…”

Dans ce quartier, les conversations naissent naturellement et s’éternisent facilement. Au fil des rencontres, nous avons senti un attachement viscéral au lieu, mais aussi un certain malaise par rapport à un âge d’or perdu où le quartier était encore plus vivant et mieux entretenu. Les lieux sont sales, c’est vrai : arêtes de poissons, os, restes de légumes, tout traîne par terre une fois la nuit tombée. Mais Noailles est un quartier chargé en émotions où il y a énormément de choses à manger, mais aussi à voir et à vivre. Les lieux et les gens semblent d’ailleurs trop vivants pour céder sous le poids de la gentrification mais il suffit d’un rien. Tata Nabiya ne dit pas autre chose : “Si on nous enlève le marché, nous on est morts, ne croyez pas… “

 

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