Algérie: Transition rapide vers la modernité — GUERRILLA DE L’INFO

Algérie: Transition rapide vers la modernité Pr Chems Eddine Chitour Samedi 26 Octobre 2019 Al’invitation de l’Association les Amis d’Averroès j’ai donné une conférence sur la « Résilience et la transition vers la modernité ». L’auditoire était composé pour la plupart d’Algériens, mais aussi de Français pieds-noirs progressistes. Tout au long de l’exposé que […]

Algérie: Transition rapide vers la modernité — GUERRILLA DE L’INFO

La Catalogne, pourquoi

LES HIRAKIENS DE LA DIASPORA ALGERIENNE

La Catalogne, pourquoi ?

SLB La fièvre catalane vient de nouveau mettre en ébullition une Espagne qui n’a jamais pu répondre au problème qui lui avait été posé lors de la constitution de 1978, après la mort du dictateur Franco. Le pays avait pourtant cru établir, par les régions autonomes, une unité nationale que l’histoire lui refusait depuis des siècles.

Pour comprendre le conflit il est impossible de se contenter de la cause immédiate sans revenir aux raisons profondes d’une fracture historique qui se réveille à chaque fois que la péninsule pense avoir résolu le problème. Pour éclairer le lecteur, il faut, bien entendu, présenter les causes immédiates pour ensuite élargir le spectre historique aux points centraux qui expliquent ce douloureux conflit. Je les ai choisis volontairement en faisant le pari qu’ils donneront une base de compréhension, simple mais sérieuse, à un événement qui est traité dans les médias par…

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La Catalogne, pourquoi

La Catalogne, pourquoi ?

SLB La fièvre catalane vient de nouveau mettre en ébullition une Espagne qui n’a jamais pu répondre au problème qui lui avait été posé lors de la constitution de 1978, après la mort du dictateur Franco. Le pays avait pourtant cru établir, par les régions autonomes, une unité nationale que l’histoire lui refusait depuis des siècles.

Pour comprendre le conflit il est impossible de se contenter de la cause immédiate sans revenir aux raisons profondes d’une fracture historique qui se réveille à chaque fois que la péninsule pense avoir résolu le problème. Pour éclairer le lecteur, il faut, bien entendu, présenter les causes immédiates pour ensuite élargir le spectre historique aux points centraux qui expliquent ce douloureux conflit. Je les ai choisis volontairement en faisant le pari qu’ils donneront une base de compréhension, simple mais sérieuse, à un événement qui est traité dans les médias par ses conséquences plutôt que dans ses causes lointaines.

Certes, l’histoire est un continuum millénaire et le format de la presse n’est pas adapté à l’écriture d’un traité sur le sujet. Cependant on peut raisonnablement donner des points clés qui permettent au lecteur de comprendre une globalité qui explique pourquoi une rupture si forte alors qu’on citait ce pays comme le parfait exemple d’un fédéralisme paisible. L’Espagne connaît pourtant une expansion économique et culturelle fulgurante, permise par une entrée réussie dans la démocratie et l’Europe.

Les causes immédiates du soulèvement

Le tribunal suprême espagnol a rendu un jugement très sévère, le lundi 14 octobre, condamnant les leaders séparatistes catalans à de lourdes peines de prison, de neuf à treize ans. On s’en souvient, ces leaders avaient appelé à un référendum portant question sur l’indépendance de la Catalogne.

L’État central espagnol avait, par deux fois, considéré ce référendum comme illégal et, sur force de décision d’un arrêt d’inconstitutionnalité, avait actionné l’article 155 de la constitution permettant le contrôle de l’État central sur une majorité de compétences dévolues à la région autonome catalane.

Cette décision d’inculpation pour actes de sédition par la haute juridiction a remis le feu aux poudres et des foules impressionnantes ne cessent de manifester leur colère. La violence s’invitant inévitablement malgré l’appel au calme des autorités locales, pourtant d’obédience indépendantiste.

Rien ne semble donc dissuader cette Catalogne dans son engagement vers un État indépendant. Et si personne n’est assuré de la réalité d’une majorité incontestable car la société catalane est profondément divisée, il est certain que la grogne est loin d’être négligeable. Le nombre de manifestants déterminés est toujours aussi important. Remontons le temps pour avoir une perspective un peu plus lointaine mais encore directement liée à la période contemporaine d’un vingtième siècle qui continue à hanter les esprits, celle du général Franco.

Le lourd tribut payé au franquisme

Nous le reverrons un peu plus loin dans notre développement historique, les Bourbons, alors au pouvoir en Espagne, ont aboli tous les privilèges de la Catalogne au début du 19 ème siècle, une région riche, puissante et revendicative.

L’invasion des troupes napoléoniennes en Espagne allait transformer la Catalogne en un département français après sept mois de siège de la ville de Barcelone et une famine qui mit un terme à la revendication catalane.

En 1814, l’Espagne recouvre son indépendance et la Catalogne se trouve à ce moment de l’histoire dans une puissance industrielle et intellectuelle, au sommet de son expansion. Le roi Ferdinand VII se comporte en monarque absolu, ce qui n’est pas pour arranger le lien avec un nationalisme catalan renforcé par un mouvement puissant d’ouvriers et d’intellectuels. Ces deux forces sont à la pointe des revendications pour les libertés qui s’expriment à travers l’Europe avec les effets de la révolution industrielle.

La colère se structure davantage dès la naissance du XX ème siècle, notamment avec la Lliga Regionalista qui revendique l’indépendance. Le mouvement ouvrier qui souhaite

l’amélioration des conditions de vie dans les villes finit par générer un parti politique, « La Esquerra Republicana de Catalunya ». En 1931, le parti remporte les élections municipales et la république est proclamée à Barcelone.

Dans le même temps, dans plusieurs grandes villes espagnoles il en fut de même et le mouvement républicain se mit en marche dans le pays. La Catalogne fut appelée à rédiger son statut d’autonomie avec ses propres institutions, un projet qui devait être approuvé par le vote des catalans puis par le Parlement de Madrid (les Cortes).

En 1936, le Front Populaire remporte les élections législatives. À ce moment de l’histoire, une majorité de lecteurs savent le drame qui va survenir avec la montée réactionnaire du « Soulèvement National », dirigé par Franco qui aboutira à une guerre civile atroce entre les deux factions politiques. Une guerre qui ne se terminera qu’en 1939, avec la victoire de Franco qui allait régner d’une main de fer sur un pays entièrement mis à genoux, depuis les libertés politiques jusqu’aux moindres droits des personnes privées.

Et, conséquence logique au renfermement dans les ténèbres de l’État espagnol, la Catalogne va payer un énorme tribut, en sang et en larmes, pour avoir été en tête d’une insurrection républicaine dans le pays.

Mais à ce stade de l’explication historique, seules les plaies récentes sont dévoilées, il nous faut entrer dans les profondeurs de l’histoire pour rechercher les causes anciennes d’un nationalisme catalan, fort et déterminé. Car la période franquiste n’est que la rupture finale malgré la croyance factice lors de la constitution démocratique de 1978 et la réconciliation de façade à travers une fédération qui n’a pas tenu si longtemps face à la résurgence du sentiment national catalan.

Des Celtes à la « Marche espagnole », les prémices de la souveraineté

On peut débuter l’histoire de la Catalogne, en tant que réalité territoriale, au premier millénaire avant J-C, avec la venue des Celtes d’Europe de l’Est. Ces derniers, mélangés aux peuplades de la dernière période de l’Antiquité, contribuèrent à former les premières communautés ibères.

Deux grandes périodes de l’ère antique, que nous avons apprises à l’école d’une manière insistante, se succédèrent. Ce furent d’abord les Grecs qui s’installèrent dès le VIIIè siècle avant J-C pour créer les premiers comptoirs d’un commerce maritime ibérique très prospère.

Ce fut ensuite la colonisation romaine en Catalogne qui s’empara d’Emporion, en 218 av. JC, la principale ville grecque de l’époque sur ce territoire ibère. Les romains restèrent cinq siècles et contribuèrent, quant à eux, à la naissance d’une économie agricole dans les terres intérieures avec l’émergence de villes importantes comme Tarragone.

L’Empire romain s’écroula sous la percée des peuplades barbares germaniques. Il se disloqua et ce sont les Wisigoths qui envahirent l’Espagne par le Nord. Ces derniers installèrent leur capitale à Barcelone et intégrèrent le royaume de Tolède dans cette entité que nous pouvons appeler la Catalogne, à peu près dans les limites que nous lui connaissons actuellement, en tout cas dans sa partie septentrionale.

Nous commençons donc, par cette longue période, à percevoir que l’histoire catalane est tournée vers ses frontières du Nord et européennes, ce qui éclaire un point central de la spécificité catalane.

Lorsqu’au VIII ème siècle, l’installation des arabes provoqua l’exode massif vers le Nord, les chrétiens se mirent à fuir au-delà de la frontière pyrénéenne. C’est la seconde brique de la spécificité catalane, son incrustation dans un territoire dominé par les francs.

La défaite des troupes musulmanes à Poitiers, en 732, poussa les souverains francs à lancer une offensive vers le Sud pour contenir l’invasion, jusqu’en territoire catalan. C’est ainsi que la « Marche espagnole » fut crée pour bâtir une zone tampon de protection.

Nous voilà dans l’explication de deux phénomènes ayant la même origine, non seulement le peuple catalan est une entité nationale se trouvant sur les deux flancs des Pyrénées mais aussi pourquoi le français fut, pendant très longtemps, une marque prépondérante de ce peuple qui, avec la langue catalane, possède en lui un profond sentiment national.

C’est Charlemagne qui, suite à la défaite de Roncevaux en 778, encouragea des comtes chrétiens à reprendre Girona. Le territoire fut divisé en comtés et l’un des comtes devint gouverneur de la région vassale des souverains carolingiens. Barcelone devint ainsi la capitale des possessions de l’empire des Francs en Espagne.

Ce qui devait arriver finit par arriver, la Catalogne s’est progressivement déliée de son obédience aux rois francs, du 9è au 10è siècle. Puis, suite à l’alliance avec le royaume d’Aragon, s’est constitué un territoire immense comprenant la Provence.

L’essor de la Catalogne et son intégration espagnole

Au début du onzième siècle, le Comte Raymond Beranger va donner à la Catalogne, non seulement son autonomie vis à vis de son puissant voisin et allié, l’Aragon, mais ce territoire va inaugurer une très longue histoire de prospérité économique et culturelle en même temps qu’une expansion démographique sans précédent.

Et même si l’Aragon et la Catalogne ne forment qu’un seul pays, les deux entités auront leurs propres institutions. Raymond Beranger va alors unifier les droits et les usages par la promulgation des « Usatges ». De ce fait, la Catalogne ajoute un socle juridique et politique aux fondations initiales déjà exposées pour consolider un sentiment national.

Mais, chemin faisant, la Catalogne va osciller entre progrès et ralentissement, depuis le commerce vers le Moyen-Orient jusqu’au drame de la peste noire en 1348. Pendant ce temps, l’autre Espagne, celle de la Castille dominante ne cesse de progresser à un rythme de richesse et de culture que nous connaissons à travers l’empire qu’elle va créer, en Europe comme Outre-mer.

Au final, la Catalogne se rallie en 1469 au nouveau royaume unifié des « Rois Catholiques », Ferdinand II d’Aragon et Isabelle 1ère de Castille qui aboutira à l’ère espagnole prestigieuse avec la découverte de l’Amérique. Débute alors pour la Catalogne, en même temps que la prospérité, un long chemin de sentiments refoulés qui n’ont donc jamais disparus.

La Diada, la douloureuse mémoire catalane

Pour un peuple profondément ancré dans une pensée nationale, il fallait un événement pour cimenter davantage son unité et constituer sa référence mémorielle. Elle prendra existence avec la Diada, un souvenir cruel qui cimentera à jamais le sentiment national catalan vis à vis de l’Espagne.

Du XVIème siècle jusqu’au XVIIIè, la Catalogne va subir le contrecoup d’une bataille dynastique. Le grand souverain Charles Quint, issu de la dynastie autrichienne des Habsbourg va finalement se séparer de la branche régnante autrichienne et prendre son indépendance.

Dans cette période, la Catalogne bénéficiait d’une grande autonomie. Mais malgré la guerre des « Trente ans » pendant laquelle les catalans furent obligés d’héberger des soldats espagnols en lutte contre la France, elle finira par réclamer son indépendance par la «La Guerra dels Segadors », appuyée par la France.

Mais, malheur pour elle, les Bourbons sont montés sur le trône d’Espagne et les souverains français, historiquement alliés de la Catalogne, se sont retournés contre les catalans. La Diada, célébrée le 11 septembre, est le moment le plus cruel dans la mémoire catalane.

Il s’agit de la sanglante défaite suite au siège de Barcelone dirigé par le roi de France, au 18 ème siècle. La France, après une période de guerre contre l’Espagne finit par signer un traité de paix avec la famille royale ibérique. Bien entendu, suivi d’un mariage princier. La Catalogne fut alors sacrifiée sur le plateau de la réconciliation car elle devait être partagée entre les deux royaumes, les puissants voisins.

Les catalans, malheur supplémentaire pour eux, par réaction mais aussi par la généalogie des souverains de la région, avaient choisi la branche Habsbourg contre celle des Bourbons.

La défaite fut rude, après 14 mois de siège qui furent un souvenir douloureux, notamment par la famine et les massacres. Voilà pourquoi le 11 octobre est la journée commémorative de la Catalogne, la Diada, et pourquoi elle fut choisie pour le référendum de sécession.

Le choix de la démocratie et la mise sous le tapis

En 1978, après la mort de Franco, l’Espagne avait cru définitivement tourner la page des divisions territoriales, linguistiques et culturelles, avec la construction d’une réelle démocratie et, surtout, la création de régions dites « autonomes » qui étaient censées parvenir à un fédéralisme équilibré et stable.

La constitution de 1978, puis l’adhésion à l’Europe, ont effectivement placé l’Espagne au banc des puissances européennes. La liberté et l’économie ont été fulgurantes, l’Espagne renaît de ses siècles de déchirures.

C’était hélas sans compter que l’enthousiasme général ainsi que la prospérité ont mis deux gros problèmes mémoriels sous le tapis. Le premier est l’échec du juge Garzon a rouvrir les procès concernant les meurtres du régime franquisme. Inéluctablement, comme souvent dans l’histoire, ce sont les générations suivantes qui rouvrent les dossiers.

La décision récente du Parti socialiste d’exhumer le corps du dictateur du monument des morts pour la patrie est éloquente. Ces générations, souvent nées après la mort de Franco, ne pouvaient plus laisser le dictateur reposer, dans la gloire, aux côtés de ses victimes. Pas plus qu’elles n’acceptent l’enterrement des procès suite aux charniers du franquisme.

Il en est ainsi du nationalisme catalan qu’on avait cru disparu avec l’expansion économique, les libertés et le statut d’autonomie. C’était faire une lourde erreur de ne pas avoir traité cette région d’une manière différente avec, notamment, la reconnaissance constitutionnelle du « Peuple catalan ». Un accord qui avait été acté avant que le retour du Parti Populaire ne revienne sur cette demande et qui en demanda l’annulation par le tribunal constitutionnel.

Au passage, je ne comprendrai jamais l’erreur des représentants catalans, lors de la rédaction de la constitution de 1978, qui n’ont même pas demandé le statut dérogatoire de la souveraineté fiscale, accordée pourtant au Pays basque.

La dernière résurgence de la fracture espagnole est dans le retour du mouvement profranquiste, portant le nom de Vox, arrivé au pouvoir en Andalousie avec l’appui des conservateurs et faisant actuellement une percée nationale dans les sondages. C’est le plus farouche adversaire des indépendantistes catalans.

L’Algérie devrait prendre leçon sur la poussière mémorielle que l’on place sous le tapis, sans la traiter avec une responsabilité qui fait face à l’histoire pour mieux préparer l’avenir. Le procès de l’histoire et des individus impliqués n’est pas de la vengeance mais la garantie d’éviter que les fractures ressortent, un jour ou l’autre.

L’erreur d’appréciation politique des indépendantistes

Une autre erreur d’appréciation des indépendantistes catalans fut d’avoir cru sincèrement que les pays européens allaient venir à leur secours après le référendum organisé en Catalogne. C’était faire naïvement, encore une fois, confiance en leurs alliés de toujours dont ils se sont sentis proches en raison de l’histoire.

L’Europe a intégré l’Espagne en son sein, une entrée décriée au départ par certains mais qui a montré combien ce pays a participé à la démocratie et à l’extension des échanges économiques. La Catalogne a surestimé son pouvoir attractif par rapport au risque des nombreuses revendications nationalistes dans beaucoup de pays européens, ce qui a poussé ces pays à une solidarité avec la décision du pouvoir central de Madrid, jugé légitime et dans son bon droit.

En conclusion, cette aventure catalane, très ancienne, est l’exemple parfait des intégrations que l’on croyait réussies par la venue de la démocratie et l’économie florissante. Nous l’avons déjà dit en introduction, le fédéralisme espagnol était pris en exemple dans le monde entier comme un modèle de réussite. Le réveil d’un optimisme béant, du à la richesse apparente, ne pourra jamais éteindre les sentiments profonds incrustés dans les mémoires des peuples qui ont payé cher pour faire survivre leur particularisme, leur culture.

L’auteur de ce présent article a tenté de ne jamais dévoiler son sentiment profond à propos de la crise catalane même si certains penseraient en déceler des signes. Ce serait une mauvaise interprétation car dans un autre article publié dans ces mêmes colonnes, il fait état des erreurs réciproques et met dos à dos les protagonistes d’un grand gâchis.

Ce qui est certain est que l’histoire des Hommes n’est pas d’une seule écriture, vouloir un État sans aspérités dans ses différences, c’est suivre perpétuellement le mauvais chemin, aux réveils douloureux.

Quand Facebook révèle la fraude ! Mihoubi déclare avoir 100.000 signatures… 1358 commentaires, 1358 insultes !

Plusieurs internautes n’ont pas manqué de noter un fait surprenant qui aura échappé à toute la presse traditionnelle comme électronique… Alors qu’Algérie One a été une des première chaînes de télévision à diffuser la déclaration de l’ancien ministre de Bouteflika Azzedine Mihoubi portant sur sa candidature à la présidentielle mercredi 23 octobre, des centaines de……

Quand Facebook révèle la fraude ! Mihoubi déclare avoir 100.000 signatures… 1358 commentaires, 1358 insultes ! — Ma Revue De Presse DZ

Sotchi

Sotchi et les «quelques éléments» de Bensalah

EYB.Dans un «sommet» où l’on doit être une véritable sommité où l’on se contente de voir et d’écouter. A Sotchi quelque part dans la vaste Russie, le tsar des temps modernes, branchant bien ses oreillettes, donnait toute son ouïe à l’interlocuteur qui lui faisait face. Bensalah. Il écoutait se dire un compte-rendu sur la situation de l’Algérie. Si comme le maître de la moitié de la planète n’avait pas ses propres relais ni ses intimes convictions ni encore ses quelques grands intérêts. L’image prêtait l’apparence d’être tirée d’une classe où un élève balbutiait pour clamer une récitation de poésie politique dont les vers ne correspondaient nullement aux rimes qui les constituaient. Poutine, œil alerte comme un bolchevick réinventé dressait bien l’oreille. L’autre, le nôtre tentait de justifier sa présence ou l’existence même de son pays. Ce pays qui, avouait-il, connaît des changements positifs allant de la concertation, au dialogue national jusqu’à des mesures de dénouement salutaire d’une crise qui n’est, entre autres, que naturelle et conjecturale. Seulement, disait-il et c’est vrai qu’il y a aussi «quelques éléments» qui ne sont pas contents.

Cela va paraitre un peu gênant pour le peuple d’un pays qui a tout le temps lutté seul, souffert tout aussi seul. Notre Bensalah, gentil et inoffensif qu’il est n’avait pas à se contraindre dans une telle position. Il n’avait pas à prendre Poutine pour un peuple, le sien et lui confesser sa profonde foi. Son discours qui prône un compte-rendu inutile d’ailleurs dans de telles assises aurait gagné en valeur protocolaire et en souveraineté s’il s’était limité à un échange sur la coopération bilatérale, le réchauffement climatique, l’équilibre régional et autre bla-bla du genre très prisé et usuel dans ces rencontres.

On le sentait embarrassé, fébrile, proie à l’hésitation. Se sentait-il manquant de légitimité ? Était-il sous une pression internationale l’obligeant à fournir des justifications pour ce qui se passe entre nous et bien qu’entre nous seuls ? Il aurait dû patienter un peu et le 12 décembre est pour demain. Car par jalousie nationaliste, l’on accepte mal l’ingérence provoquée, encore plus l’immixtion forcée. C’est entre nous que le match se passe. Nous sommes nos propres joueurs, nos propres spectateurs, nous évoluons à domicile, nous constituons tous des vainqueurs et pas de vaincus.

Sur les «quelques éléments», rien n’amoindrit la réalité. Ni ne décroît sa densité. Poutine sait compter tout en sachant se faire écouter. Son œil de Moscou sait aussi lui faire le décompte des fins détails de chaque mouvement d’ensemble, de chaque rotation de ces «quelques éléments». Ainsi l’appréciation du nombre dépend de l’unité de compte. Il sait, avec pertinence, que ces «éléments» ne sont pas des Bosniaques ou des Tchétchènes. Ils sont nos diversités, notre multitude. Ils sont le pluriel et la différence de chez nous. Ils n’ont pas brulé le Kremlin ou profané le sarcophage de Lénine. Ils ont certes abîmé un peu l’asphalte de la Grande poste et du boulevard Didouche, pas plus.

Sotchi aura ainsi su que quelque part, à des kilomètre-lumières un peuple est en train de se reconstruire pour la énième fois. La marche de son histoire est continuelle. Sa révolution n’est pas celle d’octobre qu’une complexe perestroïka avait mis à démantèlement. 1er Novembre, 22 février sont leur temps et leur gloire. La floraison ne lui vient pas d’un mauvais printemps arabe, mais dune selmiya/selmiya.

Et puis le chef du KGB n’avait nul besoin de ramener quiconque à un confessionnal. Il est dans chaque partie organique de ce monde qui ne cesse de tourner au gré des puissances.

Histoire de l’Afrique du Nord

Histoire de l’Afrique du Nord

L’Afrique du Nord est formée de cinq pays, l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc. Dans l’appellation courante, cette immense région est divisée en Machrek (Égypte et Libye) et en Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc), deux mots arabes signifiant « Levant » pour le premier, « Couchant » pour le second.
Si nous voulions être plus précis, nous devrions prendre en compte le fait que la Libye fait à la fois partie de chacun de ces deux ensembles. La Cyrénaïque qui a jadis été imprégnée d’une puissante marque hellénistique est en effet culturellement rattachée au Machrek, alors que la Tripolitaine qui a subi l’influence carthaginoise fait partie du Maghreb. Durant l’antiquité, la limite entre les deux régions était matérialisée par l’« autel des Philènes » édifié au fond du golfe de la Grande Syrte1 (voir plus loin page 62), golfe séparant la Cyrénaïque de la Tripolitaine où se rejoignent et même se croisent, routes littorales et pistes transsahariennes menant aux bassins du Niger et du Tchad par le Fezzan (Martel, 1991 : 31). Le nom de Libye fut employé pour la première fois par Homère2. Il vient très probablement des Égyptiens qui subissaient la pression des Lebou – d’où Libye –, Berbères3 sahariens qui cherchaient à pénétrer dans la riche vallée du Nil. Pour les Arabes, le Maghreb, autrement dit la Berbérie, était la Djezirah el-Maghreb ou « île du Couchant » dont ils baptisèrent la partie la plus orientale du nom d’Ifrîqîaya ou Ifrikiya (littéralement : Petite Afrique)4. Cette dernière englobait la partie la plus occidentale de l’actuelle Libye, c’est-à-dire la Tripolitaine, la Tunisie et la partie orientale de l’Algérie actuelle. Pour les conquérants arabes, les habitants de la région étaient les « Roumis », les Romains, car, d’après eux, l’empire byzantin auquel ils furent confrontés était l’héritier de Rome. Quant à la partie la plus occidentale de la Berbérie, essentiellement l’Oranie et l’actuel Maroc, ils lui donnèrent le nom de Maghreb el-Aqça (Le Couchant lointain).

Au point de vue de la géographie :
« À l’ouest de l’Égypte commencent les steppes qui se prolongent jusqu’au revers de l’Atlas marocain, tantôt sous forme de plaines côtières comme en Marmarique ou dans la Grande et la Petite Syrte, tantôt sous forme de Hautes Plaines. Véritable rocade méditerranéenne favorable aux déplacements des caravanes et des troupes. En « Libye », ces étendues, enserrent deux massifs montagneux. En Cyrénaïque, le Djebel Akhdar (la montagne verte) s’étend du port de Derna à celui de Benghazi. Le Djebel Nefuza en Tripolitaine, s’allonge de Misrata aux Chotts tunisiens. Il isole une plaine côtière relativement fertile, la Djefara, et se prolonge au sud par un revers, le Dahar, qui
plonge sous les sables de l’Erg oriental » (Martel, 1991 : 34).
À l’est, l’Égypte développa une civilisation aussi brillante qu’originale. Centrée sur l’étroit cordon du Nil, elle tenta, en vain, de se fermer à l’ouest, là où, poussés par la péjoration climatique, les Berbères sahariens ne cessèrent de battre une fragile ligne de défense ancrée sur les oasis situées à l’ouest du fleuve (carte page XI).
L’ouverture de l’Égypte à l’ouest se fit à partir du Ve siècle av. J.-C. avec les Grecs de Cyrénaïque. À la même époque, en Berbérie, l’actuel Maghreb, apparurent les royaumes dits libyco-berbères dont les limites correspondaient grosso modo aux frontières des actuels États : royaume de Maurétanie (Maroc), royaume Masaesyle (Algérie) et royaume Massyle (Tunisie).
À partir de la fin du IIe siècle, Rome imprégna toute la région de sa marque, à l’exception toutefois de l’actuel Maroc qui ne fut qu’effleuré par la romanisation, puis par la christianisation. Successeur de Rome, l’empire byzantin s’établit de l’Égypte jusqu’à l’est de l’actuelle Algérie. La plus grande partie de l’actuel Maghreb échappa à son autorité et, partout, à l’exception de certaines villes, la «reconquête» berbère eut raison du vernis romano chrétien.
Aux VIIe-VIIIe siècles, l’islamisation de l’Afrique du Nord eut trois grandes conséquences :
– Elle entraîna la cassure nord-sud du monde méditerranéen5 et l’apparition d’un front mouvant entre chrétienté et islam qui ne fut stabilisé qu’au XVIIe siècle.
– Elle provoqua également l’orientation de toute l’Afrique du Nord vers l’orient alors que, jusque-là, elle avait été tournée vers le monde méditerranéen.
– Elle fut à l’origine d’une mutation en profondeur de la berbérité avec l’apparition d’États berbères islamisés qui adoptèrent les hérésies nées dans le monde musulman afin de se dégager de l’emprise arabe.
À partir du XVe siècle, puis au XVIe, toute l’Afrique du Nord fut concernée par l’expansion turco ottomane, à l’exception du Maroc qui réussit à maintenir son indépendance en s’alliant à l’Espagne chrétienne.
Durant la période coloniale, l’Afrique du Nord fut partagée entre quatre puissances européennes. Les
Britanniques s’installèrent en Égypte afin de pouvoir contrôler le canal de Suez. Les Italiens, tard venus dans la « course au clocher », disputèrent le vide libyen à la Turquie. Quant au Maghreb, il fut en totalité rattaché au domaine français, à l’exception toutefois de la partie espagnole du Maroc.
Après le second conflit mondial, l’évolution fut différente au Machrek et au Maghreb. Si le premier fut tôt décolonisé – l’Égypte en 1922 et la Libye en 1951 –, le second connut des péripéties sanglantes avec la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962).
Après les indépendances, et en dépit d’une « arabité » affirmée mais ethniquement minoritaire au Maroc et en Algérie, et de leur « islamité » commune, les cinq pays composant l’Afrique du Nord eurent des destins divers. Ces différences se retrouvèrent dans l’épisode dit des « printemps arabes » qui ne concerna que la Tunisie et l’Égypte. L’Algérie et le Maroc y échappèrent cependant que la Libye connut une guerre civile et une intervention étrangère génératrice d’un immense chaos.


1. La Petite Syrte est le golfe de Gabès en Tunisie.
2. Pour la discussion concernant les origines et les variations historiques et géographiques du mot Libye, il est nécessaire de se reporter à la synthèse de Zimmermann (2008).
3. Berbère = Amazigh. Au féminin tamazight = une Berbère et la langue berbère. Au pluriel, Imazighen Berbères.
4. Le toponyme Africa fut « forgé » par les Romains à partir de l’ethnique Afer. D’origine inconnue ce dernier aurait pu, à l’origine, désigner un ensemble de tribus vivant dans le nord-est de l’actuelle Tunisie. Après la troisième guerre punique, (149-146 av. J.-C.), les Romains parlèrent d’Africa pour désigner les territoires conquis sur Carthage et ils utilisèrent le terme Afri pour désigner les populations qui y vivaient (Decret et
Fantar, 1998, 22-23).
5. À laquelle s’ajouta plus tard une fracture est-ouest à la suite de l’intrusion turque en Méditerranée


PREMIÈRE PARTIE :
DES ORIGINES À LA VEILLE DE LA CONQUÊTE ARABOMUSULMANE

Au Machrek comme au Maghreb, les galets aménagés qui constituent les premières traces humaines remontent à plus de deux millions d’années. Il y a environ 500 000 ans, des Homo erectus parcoururent la région, laissant de nombreuses traces de leur passage, notamment des haches bifaces. Il y a environ 100 000 ans, ils eurent pour successeurs les premiers Hommes modernes.
Vers 10 000 av. J.-C., les ancêtres des actuels Berbères semblent occuper toute la région allant du delta du Nil jusqu’à l’océan atlantique. Vers 6000 av. J.-C., dans la basse vallée du Nil, débuta un processus qui mena, trois millénaires plus tard, à l’Égypte dynastique (pharaonique).
Plus à l’ouest, à partir de la seconde moitié du dernier millénaire av. J.-C., l’existence de trois grands royaumes berbères, Massyle (actuelle Tunisie), Massaesyle (actuelle Algérie) et Maurétanie (actuel Maroc), préfigurait déjà la moderne division du Maghreb (carte page XVIII).
La romanisation de l’Afrique du Nord fut d’inégale ampleur. Profonde sur le littoral de l’actuelle Libye, dans l’actuelle Tunisie et dans l’ouest algérien, elle fut en revanche insignifiante dans l’actuel Maroc. Dans toute l’Afrique du Nord, la christianisation eut à peu près la même étendue que la romanisation, sauf en Égypte qui fut évangélisée en profondeur.
Une coupure en deux de l’empire se produisit en 285-286 sous l’Empereur Dioclétien qui instaura la tétrarchie. L’Égypte devint alors une dépendance de Byzance (Constantinople), ce qui fut mal ressenti sur les bords du Nil et poussa les Coptes à voir ultérieurement dans les Arabes des libérateurs.
À l’ouest, le siècle vandale fut en définitive sans grande conséquence en dépit de la « légende noire » entretenue par l’église catholique ; puis eut lieu l’« inutile » conquête byzantine qui ne concerna que quelques villes, le monde berbère lui demeurant étranger.

Chapitre I
La préhistoire
La préhistoire de cette immense région qu’est l’Afrique du Nord se lit à travers un fil conducteur chronologique :
1- Il y a plusieurs centaines de millions d’années, l’Afrique du Nord et le Sahara furent recouverts par des glaciers, puis par l’océan.
2- Il y a cent millions d’années, ce dernier fut remplacé par une forêt équatoriale humide6.
3- Entre un et deux millions d’années et jusque vers ± 200 000, la région connut une phase d’assèchement et la sylve se transforma en une savane arborée parcourue par les premiers hominidés7.
4- Il y a environ 700 000 ans, l’Homo mauritanicus, un Homo erectus (http://www.hominides.com) parcourut la région, laissant de nombreuses traces de son passage, notamment des haches bifaces8.
5- Entre – 200 000 et – 150 000 ans, les premiers Hommes modernes apparurent. En Tripolitaine et en Cyrénaïque, l’occupation des Djebel Nefusa et Akhdar par ces derniers remonte au moins à 130 000 ans.

I- Les changements climatiques et l’histoire du peuplement
Depuis ± 60 000, le climat nord-africain évolue en dents de scie mais en tendant vers l’aride.
Il y a 30 000 ans, le climat devint de plus en plus froid, donc de plus en plus sec. Puis, de ± 13 000 à ± 7000-6000 av. J.-C., en raison des pluies équatoriales, le Nil déborda de son lit, provoquant un exode de ses habitants.

Quatre périodes peuvent être distinguées :

1- Le Grand Humide holocène9 (ou Optimum climatique holocène ou Optimum pluvio-lacustre du Sahara) s’étendit de ± 7000 à ± 4000 av. J.-C.
En Afrique du Nord, la végétation méditerranéenne colonisa l’espace vers le sud jusqu’à plus de 300 kilomètres de ses limites actuelles. Au Sahara, avec les précipitations, la faune et les hommes furent de retour dès la fin du VIIIe millénaire av. J.-C. Dans l’Acacus, le Hoggar et l’Aïr (carte page VI), la réoccupation est datée de 7500-7000 av. J.-C. alors qu’au Tibesti, le retour des hommes n’intervint pas avant 6000 av. J.-C. Le maximum du Grand Humide holocène saharien est situé vers 6000 av. J.-C. (Leroux, 1994 : 231).
Au nord, vers la Méditerranée, le réchauffement, donc les pluies, se manifesta vers 4000 av. J.-C. Au nord du tropique du Cancer, les pluies d’hiver arrosaient essentiellement les massifs (Fezzan, Tassili NAjjer etc.), tandis que les parties basses (désert Libyque et régions des Ergs) demeurèrent désertiques. À l’époque du Grand Humide Holocène, le Sahara septentrional n’était donc humide que dans ses zones d’altitude.

2- Entre ± 6000 et ± 4500 av. J.-C. selon les régions, l’Aride mi-Holocène (ou Aride intermédiaire) qui succéda au Grand humide holocène s’inscrivit entre deux périodes humides. Ce bref intermédiaire aride dura un millénaire au maximum.

3- Le Petit Humide (ou Humide Néolithique) succéda à l’Aride mi-Holocène et il s’étendit de ± 5000/4500 av. J.-C. à ± 2500 av. J.-C. Le Petit Humide, nettement moins prononcé que le Grand Humide Holocène, donna naissance à la grande période pastorale saharo-nord-africaine10.

4- L’Aride post-néolithique qui est daté entre ± 2500 et ± 2000-1500 av. J.-C. comprend plusieurs séquences :
– À partir de ± 2000 av. J.-C., le nord du Sahara connut une accélération de la sécheresse avec pour conséquence le départ de la plupart des groupes humains.
– Vers ± 1000 av. J.-C. et jusque vers ± 800 av. J.-C., le retour limité des pluies permit la réapparition de quelques pâturages.
– Puis le niveau des nappes phréatiques baissa à nouveau, les sources disparurent et les puits tarirent.
L’Aride actuel se mit en place et toute l’Afrique du Nord, ainsi que la vallée du Nil, subit les raids des pasteurs berbères sahariens à la recherche de pâturages, actions que nous connaissons notamment par les sources égyptiennes (voir plus loin page 28).

Le cas de l’Égypte
Les changements climatiques eurent des conséquences primordiales dans la vallée du Nil car les variations du niveau du fleuve expliquent le « miracle » égyptien. La raison en est simple : dans les périodes humides, l’actuel cordon alluvial du fleuve disparaissait sous les eaux ; durant presque 40 siècles, le Nil coula ainsi entre 6 à 9 mètres au-dessus de son cours actuel. En revanche, durant les épisodes hyperarides, son débit diminuait car il n’était plus alimenté par ses nombreux affluents sahariens alors à sec. Il ne disparaissait cependant pas totalement car il recevait toujours les eaux équatoriales qui lui arrivaient depuis les hautes terres de l’Afrique orientale (crête Congo Nil et plateau éthiopien notamment).
La vallée s’est donc peuplée ou au contraire vidée de ses habitants au gré des épisodes successifs de sécheresse ou d’humidité. Quand elle était sous les eaux, la vie l’abandonnait pour trouver refuge dans ses marges les plus élevées auparavant désertiques mais redevenues, sous l’effet du changement climatique, favorables à la faune, donc aux hommes vivant à ses dépens. Au contraire, durant les épisodes de
rétractation du Nil, la vallée était de nouveau accueillante aux hommes migrant depuis leurs territoires de chasse retournés au désert.
La chronologie climatique « longue » de la vallée du Nil depuis 20 000 ans permet de mettre en évidence quatre grandes phases dont l’alternance explique directement l’histoire du peuplement de l’Égypte.

1- De ± 16 000 à ± 13 000 av. J.-C.
Durant le Dernier Maximum Glaciaire, la région connut un épisode froid, donc aride, et l’étroite plaine alluviale du Nil devint un refuge pour les populations fuyant la sécheresse du Sahara oriental. Les occupants de la vallée tiraient alors leur subsistance d’une économie de ponction classique associant chasse, pêche et cueillette et fondée sur la transhumance, elle-même commandée par les crues du fleuve.
Contraints de s’adapter à des espaces limités, les chasseurs pêcheurs cueilleurs vivant dans la vallée se mirent à « gérer » leur environnement afin d’en tirer le maximum de subsistance ; c’est alors que l’économie de prédation et de ponction évolua lentement vers une économie de gestion. Cette période est celle de l’Adaptation nilotique qui constitue le terme d’un long processus paraissant démarrer vers 16 000 av. J.-C.

Cette économie de prédation s’exerçait au sein de sociétés déjà en partie sédentaires puisque des campements installés sur les sites d’exploitation des ressources ont été mis au jour. Ils étaient utilisés régulièrement selon les saisons et en fonction de leur spécialisation : pêche, chasse ou collecte des graminées sauvages (Vercoutter, 1992 : 93). Puis, vers 10 000 av. J.-C., ils devinrent permanents, disposant même de cimetières.

L’Adaptation nilotique est donc une économie de ponction rationalisée car pratiquée sur un espace restreint ne permettant plus le nomadisme de la période précédente. Nous sommes encore loin du néolithique, mais les bases de ce qui sera la division de la vie de l’Égypte pharaonique paraissent déjà émerger. En effet :

« N’y a-t-il pas dans le tableau de l’adaptation nilotique les germes lointains des trois saisons des Égyptiens ? L’inondation ; le retrait des eaux ; la chaleur. Mobiles à l’intérieur d’un territoire restreint, ces groupes surent développer une communauté de gestes, une notion de collectivité dont témoignent à la fois leur retour régulier et l’utilisation du stockage » (Midant-Reynes, 1992 : 237).
Puis le climat changea à nouveau et les pluies noyèrent la vallée du Nil, provoquant le départ de ses habitants.

2- De ± 13 000 à ± 7000-6000 av. J.-C.
En raison des pluies équatoriales, le Nil déborda de son lit, provoquant un nouvel exode de ses habitants. Ce fut ce que j’ai baptisé Répulsion Nilotique (Lugan, 2002 : 17), épisode durant lequel les hommes réoccupèrent les escarpements dominant la vallée, ou bien repartirent vers l’est et surtout vers l’ouest, pour recoloniser les anciens déserts qui refleurissaient alors en partie.

3- De ± 7000-6000 à ± 5000-4000 av. J.-C.
La sécheresse réapparut ensuite et la vallée du Nil redevint un milieu refuge qui commença à être repeuplé à partir du Sahara et du désert oriental.
Cette période qui est celle de l’Aride intermédiaire ou Aride mi-holocène, entraîna le repli vers le fleuve de populations sahariennes pratiquant déjà l’élevage des bovins et des ovicapridés. Ce mouvement de pasteurs venus depuis le Sahara oriental et central explique en partie l’éveil égyptien. La « naissance » de l’Égypte semble en effet être due à la rencontre entre certains « néolithiques » sahariens et les descendants des hommes de l’Adaptation nilotique. Vers 5500 av. J.-C. débuta le pré dynastique, période formative de l’Égypte.

4- Vers ± 3500-3000 av. J.-C.
Une courte séquence que j’ai baptisée Équilibre Nilotique (Lugan, 2002 : 20) et qui se poursuit jusqu’à nos jours, débuta à l’intérieur de l’Aride post-néolithique (± 3500 ± 1500 av. J.-C.)11 que nous avons évoqué plus haut. Elle provoqua un nouvel exode des populations sahariennes qui vinrent « buter » sur la vallée du Nil.

II- Les premiers habitants de l’Afrique du Nord
Entre ± 40 000 et ± 8000 av. J.-C., l’actuel Maghreb a connu trois strates de peuplement :

1- Durant le Paléolithique12 supérieur européen (± 40 000/ ± 12 000), y vivait un Homme moderne contemporain de Cro-Magnon, mais non cromagnoïde, dont l’industrie, l’Atérien, culture dérivée du Moustérien (Camps, 1981), apparut vers – 40 000 et dura jusque vers ± 20 000.

2- L’Homme de Mechta el-Arbi qui lui succéda à partir de ± 20 000 et dont l’industrie lithique est l’Ibéromaurusien, présente des traits semblables à ceux des Cro-Magnon européens (crâne pentagonal, large face, orbites basses et rectangulaires). Ce chasseur-cueilleur contemporain du Magdalénien (± 18000 / 15 000) et de l’Azilien (± 15 000) européens13 n’est ni un cro-magnoïde européen ayant migré au sud du détroit de Gibraltar, ni un Natoufien venu de Palestine, mais un authentique Maghrébin (Camps,
1981 ; Aumassip, 2001). L’hypothèse de son origine orientale doit en effet être rejetée car :

« […] aucun document anthropologique entre la Palestine et la Tunisie ne peut l’appuyer. De plus, nous connaissons les habitants du Proche-Orient à la fin du Paléolithique supérieur, ce sont les Natoufiens, de type proto-méditerranéen, qui diffèrent considérablement des Hommes de Mechta el- Arbi. Comment expliquer, si les hommes de Mechta el-Arbi ont une ascendance proche orientale, Nque leurs ancêtres aient quitté en totalité ces régions sans y laisser la moindre trace sur le plan anthropologique ? » (Camps, 1981)

3- Il y a environ 10 000 ans, donc vers 8 000 av. J.-C., une nouvelle culture apparut au Maghreb, progressant de l’est vers l’ouest. Il s’agit du Capsien14 qui se maintint du VIIIe au Ve millénaire (Hachid, 2 000)15. Les Capsiens sont-ils les ancêtres des Berbères ? C’est ce que pensait Gabriel Camps quand il écrivait que :

« L’homme capsien est un protoméditerranéen bien plus proche par ses caractères physiques des populations berbères actuelles que de son contemporain, l’Homme de Mechta […]. C’est un dolichocéphale et de grande taille » […] Il y a un tel air de parenté entre certains des décors capsiens […] et ceux dont les Berbères usent encore dans leurs tatouages, tissages et peintures sur poteries ou sur les murs, qu’il est difficile de rejeter toute continuité dans ce goût inné pour le décor géométrique, d’autant plus que les jalons ne manquent nullement des temps protohistoriques jusqu’à l’époque moderne » (Camps, 1981)
Le Capsien a donné lieu à bien des débats et controverses. L’on a ainsi longtemps discuté au sujet de son origine (asiatique ou européenne) et de son domaine d’extension (Maghreb seul ou toute Afrique du Nord)16. Aujourd’hui, s’il est généralement admis que ce courant est né au Maghreb, la question de son extension est encore l’objet de bien des discussions. Aurait-il ainsi débordé vers l’est, au-delà de la Tripolitaine et jusqu’en Cyrénaïque17 ?
L’hypothèse de Mc Burney (1967) qui soutenait la réalité de l’existence du Capsien en Libye a longtemps été dominante. Aujourd’hui, les travaux d’Élodie de Faucamberge sur le site néolithique d’Abou Tamsa proche d’Haua Fteah (Faucamberge, 2012, 2015) permettent de la réfuter. Désormais, le Capsien apparaît comme un courant culturel uniquement maghrébin (et Tripolitain18 ?), alors qu’en Cyrénaïque existait à la même époque un courant culturel local. Élodie de Faucamberge a bien posé le problème :

« L’idée de grands courants culturels à l’Holocène couvrant d’immenses zones géographiques d’un bout à l’autre de l’Afrique du Nord ne traduit pas la réalité du terrain. Il existe une multitude de zones écologiques bien particulières auxquelles correspondent autant de courants culturels et donc, d’extensions territoriales certainement beaucoup plus restreintes géographiquement. La composante
environnementale (géographique, climat, paysage) doit faire partie des éléments à prendre en considération lors de la comparaison des groupes humains. Elle a eu un impact sur leur mode de vie, leur évolution et leur culture matérielle, et cela est certainement encore plus vrai au Néolithique où la diversité des vestiges parvenus jusqu’à nous accentue encore la divergence entre les groupes. À chaque entité géographique (oasis, massif, basses terres, bord de mer ou de fleuve) correspondent
autant de cultures spécifiques traduisant l’adaptation de l’homme à son milieu […] » (Faucamberge, 2015 : 79).
Le Capsien semble durer de deux à trois mille ans, jusque vers ± 5000 av. J.-C., c’est-à-dire jusqu’au moment où le Néolithique devint régionalement dominant.

III – L’Afrique du Nord des Berbères19
Les études génétiques (Lucotte et Mercier, 2003) permettent d’affirmer que le fond ancien de peuplement de toute l’Afrique du Nord, de l’Égypte20 au Maroc, est berbère (cartes pages IX et X). La recherche de l’origine – ou des origines – des Berbères a donné lieu à de nombreux débats liés à des moments de la connaissance historique.
Tour à tour, certains ont voulu voir en eux des Européens aventurés en terre d’Afrique, des Orientaux ayant migré depuis le croissant fertile et même des survivants de l’Atlantide21. Aujourd’hui, par-delà mythes et idées reçues, et même si de nombreuses zones d’ombre subsistent encore, des certitudes existent.
Grâce aux progrès faits dans deux grands domaines de recherche qui sont la linguistique et la génétique, nous en savons en effet un peu plus sur les premiers Berbères22 :

1- La génétique a permis d’établir l’unité originelle des Berbères et a montré que le fond de peuplement berbère n’a été que peu pénétré par les Arabes.
L’haplotype Y V qui est le marqueur des populations berbères se retrouve en effet à 58 % au Maroc avec des pointes à 69 % dans l’Atlas, à 57 % en Algérie, à 53 % en Tunisie, à 45 % en Libye et à 52 % dans la basse Égypte (Lucotte et Mercier, 2003) (planches IX et X).
Les recherches portant sur l’allèle O ont montré que les Berbères vivant dans l’oasis de Siwa, en Égypte, à l’extrémité est de la zone de peuplement berbère présentent des allèles Oo1 et Oo2 similaires à celles retrouvées chez les Berbères de l’Atlas marocain (S. Amory et alii, 2005), lesquels sont proches des anciens Guanches des Canaries, ce qui établit bien la commune identité berbère.

2- La langue berbère fait partie de la famille afrasienne. Or, l’Afrasien est la langue mère de l’égyptien, du couchitique, du sémitique (dont l’arabe et l’hébreu), du tchadique, du berbère et de l’omotique.

L’hypothèse linguistique
Selon l’hypothèse afrasienne exposée par Christopher Ehret (1995, 1996 b) la langue berbère serait originaire d’Éthiopie-Érythrée. Au moment de sa genèse, il y a environ 20 000 ans, le foyer d’origine des locuteurs du proto-afrasien se situait entre les monts de la mer Rouge et les plateaux éthiopiens et ses deux plus anciennes fragmentations internes se seraient produites dans la région, peut-être même sur le plateau éthiopien (Le Quellec, 1998 : 493). Contrairement à ce que pensait J. Greenberg (1963) qui l’avait baptisée Afro-asiatique, cette famille serait donc d’origine purement africaine et non moyen-orientale.
Toujours selon Ehret, les premières fragmentations qui donnèrent naissance aux diverses familles de ce groupe auraient pu débuter vers 13 000 av. J.-C. avec l’apparition du proto-omotique et du protoérythréen.
Puis, entre 13 000 et 11 000 av. J.-C., le proto-érythréen se serait subdivisé en deux
rameaux qui donnèrent respectivement naissance au sud-érythréen, duquel sortirent ultérieurement les langues couchitiques, et au nord-érythréen. Vers 8000 av. J.-C. des locuteurs sud-érythréens commencèrent à se déplacer vers le Sahara où, plus tard, naquirent les langues tchadiques. Quant au nord-érythréen, il se subdivisa progressivement à partir de ± 8000 av. J.-C., en proto-berbère, en proto-égyptien et en proto-sémitique.

Dans l’est et dans l’ouest du Maghreb, aux points naturels de contact avec le continent européen, ont été mis en évidence des traits culturels liés à des populations venues du nord. Cela s’explique car, durant la période du Dernier Maximum glaciaire (± 18 000/ ± 15 000), la régression marine facilita le passage entre l’Afrique du Nord et la péninsule ibérique. Puis, au début de l’Holocène, la transgression marine provoqua la coupure des liens terrestres ; à la suite de quoi il fallut attendre la découverte de la navigation
pour que des contacts soient rétablis. En Tunisie et dans la partie orientale de l’Algérie, les cultures « italiennes » de taille de l’obsidienne, plus tard les dolmens et le creusement d’hypogées sont, semble-til, des introductions européennes. Dans le Rif, au nord du Maroc, nombre de témoignages, dont le décor cardial des poteries, élément typiquement européen, permettent également de noter l’arrivée de populations venues du nord par la péninsule ibérique.
C’est à tous ces migrants non clairement identifiés mais qui abandonnèrent leurs langues pour adopter celles des Berbères que sont dues les grandes différences morphotypiques qui se retrouvent chez ces dernières populations. Les types berbères sont en effet divers, les blonds, les roux, les yeux bleus ou verts y sont fréquents et tous sont blancs de peau parfois même avec un teint laiteux. Les Berbères méridionaux
ont, quant à eux, une carnation particulière résultant d’un important et ancien métissage avec les femmes esclaves razziées au sud du Sahara23.
Cependant, par-delà ses diversités, le monde libyco-berbère constituait un ensemble ethnique ayant une unité linguistique culturelle et religieuse qui transcendait ses multiples divisions tribales. En effet :
« […] toutes les populations blanches du nord-ouest de l’Afrique24 qu’elles soient demeurées berbérophones ou qu’elles soient complètement arabisées de langue et de moeurs, ont la même origine fondamentale » (Camps, 1987 : 1).

La poussée berbère dans le Sahara
À partir de ± 1 500-800 av. J.-C., le Sahara central fut en quasi-totalité peuplé par des Berbères dont l’influence, comme la toponymie l’atteste25, se faisait sentir jusque dans le Sahel. Les peintures rupestres montrent bien que le Sahara central et septentrional était alors devenu un monde leucoderme. Dans les régions de l’Acacus, du Tassili et du Hoggar (carte page VI), sont ainsi représentés avec un grand réalisme des « Europoïdes » portant de grands manteaux laissant une épaule nue, et apparentés à ces Libyens orientaux dont les représentations sont codifiées par les peintres égyptiens quand ils figurent les habitants du Sahara (planche page II). C’est également dans cette région, et alors que l’économie est encore pastorale, qu’apparurent des représentations de chars
à deux chevaux lancés au « galop volant » montés par des personnages stylisés vêtus de tuniques à cloche26.
Les représentations rupestres sahariennes permettent de distinguer plusieurs populations morphotypiquement identifiables et qui vivaient séparées les unes des autres. Ce cloisonnement humain est illustré dans le domaine artistique par les gravures et les peintures dont les styles sont différents (Muzzolini, 1983, 1986). Entre ± 8000 et ± 1000 av. J.-C., ces dernières permettent d’identifier trois grands groupes de population (Muzzolini, 1983 ; Iliffe, 1997 : 28) :

1- Un groupe leucoderme aux longs cheveux (Smith, 1992). Selon A. Muzzolini (1983 : 195-198), les gravures du Bubalin Naturaliste dont les auteurs occupaient tout le Sahara septentrional doivent leur être attribuées. En règle générale, et en dépit de nombreuses interférences territoriales, la « frontière » entre les peuplements blancs et noirs est constituée par la zone des 25e-27e parallèles qui sépare le Néolithique de tradition capsienne du Néolithique saharo-soudanais. Il s’agirait donc, non seulement d’une frontière climatique et écologique, mais encore d’une frontière « raciale », car le : « […] Tropique […] partage en quelque sorte le Sahara en deux versants : l’un, où
prédominent les Blancs, l’autre, presque entièrement occupé par les Noirs » (Camps 1987:50).

2- Un groupe mélanoderme mais non négroïde, à l’image des Peuls ou des Nilotiques actuels.

3- Le seul groupe négroïde attesté dans le Sahara central l’est dans le Tassili. D’autres
représentations de négroïdes se retrouvent ailleurs au Sahara et notamment au Tibesti, dans l’Ennedi et à Ouenat (carte page VI).


6. Pour ce qui concerne la préhistoire ancienne du Sahara et de ses marges, on se reportera à Robert Vernet,(2004).
7. Les plus anciennes traces laissées par ces derniers ont été identifiées en 2007, dans l’oasis de Siwa, en Égypte, à proximité de la frontière avec la Libye, où les archéologues mirent au jour une empreinte de pied datée d’au moins deux, voire trois millions d’années. Les plus anciens galets aménagés ont été découverts en Algérie, à Aïn el-Hanech, près de Sétif. Les datations de ce site ont donné ± 1,8 million d’années (Rabhi, 2009 ; Sahnouni et alii, 2013).
8. En 2008, sur le site de la carrière Thomas I à Casablanca, une équipe franco-marocaine dirigée par Jean-Paul Raynaud et Fatima-Zohra Sbihi-Alaoui a mis au jour une mandibule complète d’Homo erectus. Datée de plus de 500 000 ans, elle est morphologiquement différente de celle de la variété maghrébine d’Homo erectus.
9. L’Holocène, étage géologique le plus récent du Quaternaire, débute il y a 12 000 ans environ, à la fin de la dernière glaciation et voit l’apparition des premières cultures néolithiques.
10. Découvert en Cyrénaïque il y a plus d’un demi-siècle par Charles McBurney, le célèbre site d’Haua Fteah, en Cyrénaïque, a donné une stratigraphie de 13 mètres de profondeur. Refouillé à partir de 2006 par la Mission archéologique française, il a livré un néolithique local à céramique et petit bétail (Faucamberge, 2012). Les travaux d’Elodie de Faucamberge sur le site d’Abou Tamsa (2012 et 2015) confirment pour leur part la domestication des ovicaprinés en Cyrénaïque il y a 8 000 ans, soit au VIe millénaire av. J.-C. Quant à la traite laitière, elle est attestée pour la période de ± 5000 av. J.-C. grâce à l’analyse des acides gras extraits de poteries non vernissées mises au jour dans le Tadrar Acacus en Libye, dans l’abri sous roche de Takarkori (Dune et alii, 2012).
11. Ou Aride mi-Holocène ou Aride intermédiaire ou Aride intermédiaire mi-Holocène.
12. Le Paléolithique est la période durant laquelle l’homme qui est chasseur-cueilleur taille des pierres. Durant le néolithique, il continua à tailler la pierre mais il la polit de plus en plus.
13. Les dates les plus hautes concernant l’Ibéromaurusien ont été obtenues à Taforalt au Maroc. Cette industrie y serait apparue vers 20 000 av. J.-C., estimations confirmées en Algérie à partir de ± 18 000 av. J.-C. (Camps, 2007).
14. Du nom de son site éponyme, Gafsa, l’antique Capsa. Au Maghreb, les Capsiens – migrants ou indigènes –, repoussèrent, éliminèrent ou absorbèrent les Mechtoïdes (Homme de Mechta el-Arbi qui n’est pas l’ancêtre des Protoméditerranéens-Berbères). Ces derniers semblent s’être maintenus dans les régions atlantiques de l’ouest
du Maroc. Dans ce pays, le capsien n’est d’ailleurs présent que dans la région d’Oujda à l’est.
15. Le capsien se caractérise par de grandes lames, des lamelles à dos, nombre de burins et par une multitude d’objets de petite taille avec un nombre élevé de microlithes géométriques comme des trapèzes ou des triangles. Les Capsiens vivaient dans des huttes de branchages colmatées avec de l’argile et ils étaient de grands consommateurs d’escargots dont ils empilaient les coquilles, donnant ainsi naissance à des escargotières
pouvant avoir deux à trois mètres de haut sur plusieurs dizaines de mètres de long.
16. Pour ce qui est de la question de la contemporanéité ou de la succession du Capsien typique et du Capsien supérieur, nous renvoyons à Grébénart, 1978) et surtout à la thèse de Noura Rahmani, 2002).
17. En Cyrénaïque, dans le Djebel Akhdar, a été identifié le Libyco-Capsien Complex (McBurney, 1967).
18. Il n’a pas été identifié dans le nord-est de la Tunisie et « […] tout porte à croire aujourd’hui que l’influence du courant capsien n’a pas dépassé les régions des basses terres algériennes et tunisiennes » (Faucamberge, 2015 : 75).
19. Pour une étude d’ensemble du phénomène berbère et l’état actuel des connaissances, voir Lugan (2012).
20. Aujourd’hui, les derniers berbérophones d’Égypte se trouvent dans l’oasis de Siwa située à environ 300 kilomètres à l’ouest du Nil (Fakhry, 1973 ; Allaoua, 2000).
21. Les légendes bibliques donnant une origine orientale à toutes les ethnies nord africaines, Arabes et Berbères descendraient ainsi de Noé, les premiers par Sem et les seconds par Cham. Or, comme Cham vivait en Palestine, ses descendants n’ont pu coloniser le Maghreb qu’en y arrivant par l’est et c’est pourquoi les Berbères ont donc une origine orientale. CQFD !
22. Sur les premiers Berbères, voir Malika Hachid (2000).
23. Pour tout ce qui traite de l’anthropologie biologique dans la résolution des hypothèses relatives à l’histoire et à l’origine du peuplement berbère, voir Larrouy (2004).
24. Sur le sujet, il pourra être utile de lire, entre autres Boetsch et Ferrie (1989) ainsi que Pouillon (1993).
25. Le nom de Tombouctou est d’origine berbère puisque Tin signifie lieu et Tim puits tandis que Bouktou était une reine touareg qui installait là son campement durant une partie de l’année. Tombouctou signifie donc lieu ou puits de Bouktou. Quant au nom du fleuve Sénégal, il vient soit de zénaga pluriel de z’nagui qui signifie agriculteur en berbère ou bien de Zénata ou de Senhadja l’un des principaux groupes berbères.
26. Ces chars sont indubitablement de type égyptien car leur plate-forme est située en avant de l’essieu. Cependant, il est étrange de constater qu’ils sont absents du Sahara oriental, c’est-à-dire de la partie la plus proche de l’Égypte et que le plus oriental d’entre eux a été découvert sur la limite ouest du Tibesti.

Islam, l’héritage colonial

Islam, l’héritage colonial

« La politique musulmane de la France », par Jalila Sbaï · Les nouvelles attaques contre les femmes musulmanes portant le foulard, la réaffirmation d’un islam perçu comme un problème lors des propos d’Henri Peña-Ruiz sur le « droit d’être islamophobe » révèlent combien le rapport à l’islam demeure héritier d’une perception faite de méfiance et de volonté d’encadrement. Le livre de Jalila Sbaï, La politique musulmane de la France. Un projet chrétien pour l’islam ? permet d’éclaircir ce rapport en sondant l’histoire coloniale.HISTOIRE > RELIGION > JULIEN LACASSAGNE > 18 OCTOBRE 2019

La Grande Mosquée de Paris (édifiée en 1926).Jean-Pierre Dalbera/Flickr

Jalila Sbaï, La politique musulmane de la France. Un projet chrétien pour l’islam ? 1911-1954CNRS éditions, 2019 (préface d’Henry Laurens)

Avec minutie, Jalila Sbaï, historienne et diplômée d’arabe nous livre le fruit de ses recherches sur la politique française menée au Maghreb et au Levant, où la religion fut au cœur de la méthodologie coloniale. Ce travail, issu de sa thèse soutenue en juin 2015 à l’École pratique des hautes études, sonne juste au point de faire écho aux politiques les plus récentes qui, en France, réduisent les Nord-Africains et leurs descendants français à leur seule dimension religieuse. Elle montre que la politique musulmane de la France prit très tôt la forme d’une instrumentalisation tout en se constituant comme un dispositif de contrôle des populations arabes.

Sous la IIIe République, intellectuels et politiques français rêvaient encore de la construction d’un empire universel. C’était alors auprès de la politique ottomane menée par le sultan Abdülhamid II (1842-1918) qu’ils cherchaient l’inspiration. « La capacité de mobilisation, écrit Jalila Sbaï, au nom de l’islam des confréries musulmanes et la résistance dont elles ont fait preuve à la conquête française développe l’intérêt pour le fonctionnement des institutions religieuses ottomanes, que des hommes politiques songent même à reproduire dans l’empire français. »

Une tradition centralisatrice commune à l’État républicain et à la hiérarchie ecclésiastique catholique traverse la politique française en la matière. Celle-ci s’est heurtée au caractère décentralisé de l’islam sunnite, qui permit à Paris d’envisager sa transformation. Jalila Sbaï rappelle que, dès 1902, le président du Conseil Émile Combes souhaitait définir une politique musulmane en adoptant « une ligne de conduite uniforme dans l’ensemble des territoires musulmans sous contrôle français et dans le reste du monde ». Une réforme de l’islam fut donc — déjà — envisagée par des personnalités occidentales et non musulmanes. Émile Combes n’hésita pas à préconiser la formation d’une Église musulmane dont les chefs spirituels constitueraient un clergé sous influence française.

CONTRE L’UNIFICATION DU MAGHREB

S’appuyant sur une riche collection d’archives, dûment analysées, dont certaines intégralement reproduites en annexe, le livre de Jalila Sbaï est un excellent outil permettant de mesurer le rapport qu’une France placée sous le régime de la séparation des Églises et de l’État depuis 1905 a entretenu avec le religieux, et singulièrement avec l’usage politique d’un islam vu au prisme d’un regard chrétien, dominant chez les hommes en charge de l’administration coloniale. Elle révèle qu’entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, les décideurs français rejetèrent une unification du Maghreb sous la houlette de l’Algérie, de crainte de voir cette région lui échapper comme ce fut le cas pour l’Angleterre en Afrique du Sud avec les Boers.

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Elle nous apprend que le Code de l’indigénat et surtout le statut de « protégés » des travailleurs maghrébins installés à Paris et dans le département de la Seine pendant l’entre-deux-guerres, dérivent du corpus juridique de la dhimma1. Au début des années 1930, «  (…) c’est le conseil municipal de Paris, dont le président est un fervent défenseur de la politique française en Algérie, qui impose le statut de dhimmi, à défaut du Code de l’indigénat, aux travailleurs maghrébins qui s’installent à Paris et dans le département de la Seine durant l’entre-deux-guerres ; statut de dhimmi, dans la mesure où les Français musulmans (sujets et protégés) ont un statut juridique et fiscal différent de celui des autres travailleurs de métropoles. » Les autorités françaises appliquèrent ainsi un statut apparenté à celui de dhimmi en métropole et sur des territoires sous souveraineté française qui ne l’adoptaient plus, voire ne l’avaient jamais mis en pratique, avant la conquête coloniale.

« UN PAPE MUSULMAN »

En juin 1911 fut créée la Commission interministérielle des affaires musulmanes (CIAM), en charge de la centralisation des informations sur le monde islamique et de l’élaboration d’une politique d’administration et de contrôle de l’empire musulman.

La CIAM fut très tôt confrontée à l’enjeu de l’assimilation-association. Le débat fut tranché en faveur de l’assimilation, en particulier en Algérie, défendue par Octave Depont, inspecteur général des communes mixtes : « L’assimilation que défend Octave Depont vise la destruction de la structure organique du mode de vie à la fois des Kabyles dans les campagnes et des arabophones/turcophones dans les villes, afin de lui substituer celle des communes françaises à usage exclusif des colons dont les indigènes seraient bénéficiaires par incidence », écrit l’autrice. Dans l’esprit des membres de la CIAM, note-t-elle, « l’assimilation passe par la destruction de l’identité composite des Kabyles (berbéro-musulmane), en lui refusant l’accès à l’arabe et à la culture religieuse musulmane pour restaurer son identité originelle, c’est-à-dire romaine et chrétienne. » Six ans après l’adoption de la loi de séparation des églises et de l’État de 1905, l’assimilation passa donc par une tentative de « réintégration » de populations indigènes jugées superficiellement islamisées dans une « civilisation chrétienne ».

En 1915, le maréchal Hubert Lyautey, catholique et opposé à la loi de 1905 soumit à la CIAM le projet de création d’un « califat occidental ». Le sultan du Maroc Moulay Youssef était le candidat désigné par la France, « pape » musulman opposable à un chérif de La Mecque échappant à l’influence française. S’appuyant sur les déclarations des chancelleries, Jalila Sbaï montre un contexte de compétitions des empires d’où émergent les inquiétudes françaises autour de la reconnaissance du chérif de La Mecque comme calife par les Anglais.

LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS, UNE VITRINE

Abandonnée pour cause de situation de guerre, la constitution d’un islam d’Occident laissa la place au projet d’un islam de France à la solde du pouvoir, et employant des personnalités musulmanes issues de l’empire, appelées à intervenir dans les relations diplomatiques avec la partie du monde musulman qui échappait à l’influence française. L’idée se concrétisa en 1916 avec l’envoi au Hedjaz d’une mission chargée d’assurer au chérif de La Mecque le soutien de la France dans sa lutte contre la domination ottomane, dans un contexte toujours marqué par la compétition entre Français et Britanniques. Cette mission était composée de personnalités musulmanes d’Afrique du Nord et d’Afrique occidentale et fut dirigée par Si Kaddour Ben Ghabrit. L’autrice retrace le parcours de cet homme formé à l’école arabo-française et à la médersa de Tlemcen, ancien consul général honoraire à Fès et directeur du protocole du sultan du Maroc. Choisi pour ses qualités de négociateur, celui qui fut surnommé « notre passe-partout » devint l’homme de la politique musulmane, autour duquel se développa l’idée de la fondation de la Mosquée de Paris.

Dès 1846 la commission des débats de la Société orientale posait la question d’un tel projet en des termes considérant l’assimilation et la civilisation des indigènes comme conditionnées par l’identité religieuse : « La reconnaissance de l’« autre » (plus tard algérien, tunisien, ou marocain, sénégalais, turc …) ne peut passer que par la reconnaissance de son identité religieuse qui, en retour, devient un obstacle à son intégration », écrit Jalila Sbaï . En 1919, Lyautey exprima limpidement un des enjeux de la construction de la Mosquée de Paris : « Je ne crois pas au danger d’une mosquée à Paris. Ce sera un édifice public facile à surveiller. »

Après que Si Kaddour Ben Ghabrit se fut chargé du recueil de fonds en Afrique du Nord, la Mosquée de Paris fut inaugurée le 15 juillet 1926 par le sultan Moulay Youssef et par Gaston Doumergue : « La Mosquée de Paris devient une vitrine de l’islam, avec son édifice religieux réservé à l’élite musulmane de passage à Paris, sa bibliothèque, son hammam, son hôtellerie, et l’Institut musulman. Elle symbolise une ambassade de l’islam de France, dont Ben Ghabrit est dorénavant l’ambassadeur. »

CONTRÔLER, SURVEILLER, PUNIR

La surveillance des musulmans via des institutions religieuses se doubla de celle exercée par les structures administratives. Jalila Sbaï détaille la constitution des Services des affaires indigènes nord-africaines (Saina), créés dans quelques villes françaises, puis généralisées à l’ensemble du territoire métropolitain en 1934. Les Saina eurent un rôle d’assistance et de recrutement de la main d’œuvre nord-africaine et s’insérèrent dans les affaires juridiques et religieuses, organisant le pèlerinage à La Mecque. Ils eurent surtout un rôle de contrôle, identifiant les conscrits rebelles, surveillant les cafés maures, délivrant des papiers d’identité et expulsant les indésirables hors des foyers. Jalila Sbaï montre que les écoles enseignant l’arabe firent, notamment en Algérie, l’objet d’une surveillance attentive, la langue arabe étant perçue comme un véhicule d’infiltration politique et religieuse. L’orientaliste catholique Louis Massignon n’en défendit pas moins un enseignement élitiste de l’arabe classique « dans le même esprit – précise l’autrice – qu’en ce qui concerne le grec ou le latin, c’est-à-dire un enseignement arabe destiné à l’élite musulmane bourgeoise occidentalisée, et non à la ‘‘plèbe’’. » Ainsi était favorisé l’inaccessibilité des masses à une langue classique permettant la circulation des idées d’un bout à l’autre du monde arabophone.

LE RÔLE CENTRAL DE ROBERT MONTAGNE

Jalila Sbaï insiste sur le rôle des personnalités catholiques dans la mise en œuvre d’un islam de France. Elle fait de Robert Montagne la figure la plus importante. Cet ancien officier de marine remarqué par Lyautey fut un brillant ethnologue arabisant et berbérisant ainsi qu’un énergique administrateur colonial : officier des affaires indigènes au Maroc, directeur de l’Institut français de Damas, membre du bureau politique de l’état-major en Afrique du Nord au début de la seconde guerre mondiale. Catholique, il fut un infatigable artisan de la politique musulmane française dans le monde arabe, jusqu’à sa mort en 1954.

Jalila Sbaï indique que les structures d’encadrement des Nord-Africains que Montagne mit en place en métropole avec Louis Massignon étaient fondées sur la doctrine sociale de l’Église. Tous deux participèrent à la fondation des Équipes sociales nord-africaines (ESNA), financées par des fonds privés catholiques et qui, à partir de 1933, s’appuyèrent sur des structures religieuses musulmanes, notamment les confréries, contre les oulémas réformistes et les nationalistes. La première ESNA fut fondée dans la banlieue de Lyon par Émile Janier, jeune catholique protégé de Montagne et familier des zaouias de Petite Kabylie. A une période où se développaient les mouvements nationalistes dans le monde arabo- musulman, Jalila Sbaï remarque que c’est toujours en termes religieux que furent interprétés les mouvements de résistance à la domination européenne en Afrique du Nord et au Levant, plus souvent identifiés au panislamisme qu’au nationalisme arabe.

Montagne fut le principal inspirateur et animateur du Centre des hautes études d’administration musulmane (Cheam) institué en 1936 afin de donner aux fonctionnaires se destinant à une carrière dans les colonies une formation standardisée sur le monde musulman. Rédacteur de multiples rapports sur l’état du monde arabe et musulman, il supervisa à partir de 1937 une enquête sur les grands courants d’opinion dans l’islam nord-africain et levantin. Il constitua enfin pendant la seconde guerre mondiale un dense réseau d’informateurs chargés de fournir des renseignements sur les nationalistes et les ulémas réformistes.

Le livre de Jalila Sbaï ouvre une multitude de questions nouvelles interrogeant le rapport de la France avec le monde arabo-musulman. C’est en enquêtrice du passé qu’elle analyse ce rapport, mais son mérite tient aussi au lien qu’elle permet d’établir avec le présent. Sans jamais sombrer dans l’anachronisme, elle laisse apparaître les empreintes que la dialectique religieuse coloniale a laissé sur le rapport avec l’islam et les musulmans, jusqu’à nos jours.

Le retrait américain de Syrie contraint la France à préparer son repli

Le retrait américain de Syrie contraint la France à préparer son repli

 

Moyent-Orient – Syrie

Le retrait américain du nord de la Syrie, annoncé dimanche, met les pays membres de la coalition internationale anti-EI au pied du mur, à l’instar de la France qui a annoncé des mesures pour protéger ses troupes au sol, dont elle doit désormais envisager le repli.

Paris va prendre « dans les prochaines heures » des mesures pour « assurer la sécurité des personnels français militaires et civils » présents dans le nord-est de la Syrie, théâtre d’une offensive turque contre les Kurdes, a annoncé l’Elysée dans la nuit de dimanche à lundi à l’issue d’un Conseil restreint de défense.

Contacté par l’AFP, l’état-major français a refusé d’en dire plus, en invoquant « des raisons de sécurité ».

Quelques heures auparavant, le chef du Pentagone Mark Esper avait annoncé le retrait de jusqu’à 1.000 soldats américains du nord de la Syrie – soit la quasi-totalité des forces dans le pays – évoquant une « situation intenable » pour des troupes qui « peuvent se retrouver prises en étau » entre les Kurdes et les Turques.

La France ne communique jamais sur les missions assignées au Commandement des opérations spéciales (COS). Mais l’annonce américaine force aujourd’hui les autorités françaises à reconnaître la présence de militaires au sol en Syrie. Or leur maintien semble impossible sans le soutien américain.

« On n’a jamais caché le fait que les pays avec des petits contingents ne pourraient pas rester si les Etats-Unis se retiraient », souligne à l’AFP une source diplomatique française.

Quelques centaines de membres des forces spéciales françaises sont déployés dans cette région pour épauler les milices kurdes qui occupent le nord de la Syrie. Ils les ont aidées à se battre contre Daech (EI), dans le cadre d’une coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington, et dont la France est l’un des principaux contributeurs – loin cependant derrière les Etats-Unis qui fournissent l’essentiel des moyens.

« Les Américains ont mis une part très importante des moyens critiques, qu’il s’agisse du renseignement, des capacités de ciblage, de ravitaillement aérien », explique-t-on de source gouvernementale française.

 « Aucune consultation »

Sans l’aide des Etats-Unis, impossible également pour Paris d’aller récupérer un pilote français sur le sol syrien en cas d’éjection, confie-t-on de source militaire.

Les Britanniques, qui comptent également quelques centaines de forces spéciales dans le nord syrien, se tiennent prêts à retirer leurs troupes en cas de retrait total des troupes américaines, affirmait la semaine dernière le quotidien The Times.

La ministre française des Armées Florence Parly devait s’entretenir ce lundi avec ses homologues américain et turc, selon son entourage.
La menace d’un départ des troupes américaines planait déjà depuis plusieurs mois. Le président Donald Trump avait déjà fait souffler un vent de panique en décembre dernier, en annonçant unilatéralement le retrait des 2.000 GI’s stationnés à l’époque en Syrie.

Après le refus des alliés occidentaux de Washington de combler le vide dans le nord-est syrien, le Pentagone avait finalement laissé un millier de militaires sur le terrain. Avant de devoir finalement annoncer dimanche le départ de l’essentiel de ses forces, conformément à la volonté du locataire de la Maison Blanche.

« La valeur d’une poignée de mains des Etats-Unis se déprécie chaque semaine. Personne ne peut croire ce que nous disons. Cette décision majeure a été prise sans aucune consultation » avec les alliés, abondait vendredi sur MSNBC l’Américain Brett McGurk, qui a démissionné en décembre de son poste d’émissaire pour la coalition internationale antijihadiste anti-EI.

Meurtrie depuis novembre 2015 par une série d’attentats sur son sol revendiqués par l’EI, la France estime que le groupe ultra radical demeure une « menace importante pour notre sécurité nationale », insiste le Quai d’Orsay, en rappelant qu’en Syrie « l’organisation dispose encore de ressources et de capacités d’action importantes ».

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a demandé jeudi une « réunion d’urgence » de la coalition internationale menée par Washington.

Demeure dans la balance l’avenir de l’opération Chammal, qui mobilise jusqu’ici environ un millier de militaires au profit de la coalition, via des opérations aériennes (5 à 10% des frappes), des sessions de formation de l’armée irakienne et des forces spéciales en Syrie.

Source: Avec AFP

LES PREUVES QUI ONT ACCABLE Anis Rahmani

les preuves de Hichem Aboud
qui ont accablé Anis rahmani
L’affaire opposant Mohamed Mokadem alias Anis Rahmani le 3 juillet 2017 a été déjà jugée en date du 19 décembre 2014 et son verdict rendu le 6 février 2015. Hichem Aboud a été condamné à une amende de 800 € avec sursis (voir PV du jugement) . Le jugement ayant été rendu par défaut, Hichem Aboud, absent lors de l’audience du 19/12/2014, a fait opposition au jugement. Un jugement qui ne lui était pas défavorable dans la mesure où il a été condamné qu’à une amende avec sursis. Sa grande victoire est que Rahmani a été reconnu comme étant enfant issu d’un adultère et son père adoptif est un harki. Il lui restait seulement de prouver que le plaignant Anis Rahmani est un agent du régime et de ses services de Renseignements, Hichem Aboud a fourni une multitude de preuves aussi accablantes les unes que les autres. Et que son épouse Souad Azzouz il l’avait piqué à un de ses amis journalistes contre lequel il avait monté une cabale pour l’obliger à divorcer.
Les propos mis en cause ont paru dans un entretien publié par les quotidiens Mon journal et jaridati le 4 septembre
Nous vous livrons l’essentiel de ce qu’il a déclaré à la barre du tribunalTout d’abord, l’affaire que nous traitons, aujourd’hui, a été déjà jugée par le tribunal d’Alger. D’où l’incompétence du tribunal de Paris. mais, comme le jugement présenté est en langue arabe et nous n’avons pas eu le temps de le traduire nous acceptons le traitement de l’affaire par le tribunal de Paris dans la mesure où c’est une occasion de révéler à l’opinion publique les agissements de cet individu . Et de quelle manière ! devant la justice. C’est à dire, là om il n’y a nulle place aux allégations mensongères.
Néanmois, on comprend mal pourquoi Monsieur Mohamed Mokadem vient déposer plainte pour la même affaire devant un tribunal français. Sûrement sur instruction des autorités algériennes qui lui ont fourni tous les renseignements concernant M. Hichem Aboud notamment sa filiation et l’adresse de son domicile. C’est là une des preuves de mauvaise foi de M. Mokadem. Et en voilà d’autres :1-    Pour désorienter la justice française, Mohamed Mokadem à qui les autorités algériennes ont fourni aussi les renseignements de son coaccusé M. Nouar Abdelmalek pour isoler mon client,  a donné une fausse filiation de ce dernier car ce qui les intéresse c’est M. Hichem Aboud qu’ils considèrent comme leur ennemi public numéro 1.2-    A Alger, Mohamed Mokadem a déposé plainte non pas sous son véritable nom mais sous son pseudonyme, Anis Rahmani, sans fournir de pièce d’identité. Et ce dans le but d’enfreindre le code pénal algérien qui interdit le traitement d’une même affaire devant deux juridictions différentes.3-    Il a tenté d’induire le tribunal de proximité de Roubaix en formulant une demande de saisie à M. Aboud Hichem la somme de 6834 €. Il formulé sa demande en vertu du jugement rendu le 6 février par le TGI de Paris. Ce qui est faux et ne figure nulle part dans le jugement. Sa demande a été rejetée par le Tribunal d’Instance de Roubaix. 4-    Dans ses conclusions la partie civile prétend que le quotidien Mon-Journal que dirigeait M. Aboud et dans lequel a paru l’entretien, objet de la plainte était diffusé en France et notamment à Paris. C’est faux. Nous demandons à la partie civile de nous indiquer le nom ou l’adresse du diffuseur de ce journal en France si vraiment il y était diffusé. Par conséquent le Tribunal de Grande Instance de Paris n’a pas de compétence territoriale pour juger cette affaire. Ni le plaignant ni l’accusé n’habitent Paris ou la région parisienne. M. Aboud Hicham réside dans la ville de Roubaix. mais, nous acceptons comme déjà indiqué le jugement de ce tribunal.  I- LES FAITS
En date du 6 février 2016, le TGI de Paris a, en premier ressort et par défaut, rendu un jugement condamnant Monsieur Hicham ABOUD à une amende délictuelle de 800 euros à titre de peine principale avec sursis pour avoir, à travers le journal MON JOURNAL, publication mise en vente à Paris et sur tout le territoire national, publié dans son édition datée du mercredi 4 septembre 2013, un article sous le titre, « Hichem Aboud révèle le vrai visage d’Anis Rahmani et déclare : « Depuis quand accorde-t-on de la crédibilité à des noms d’emprunt qui pratiquent un journalisme de prostitution ? ».L’article en question a également été publié, le 3 septembre 2013, sur le site http://monjournaldz.com/fr/, journal d’information numérique et service de communication au public en ligne « Mon journaldz.com »,
Le 4 juin 2016, Monsieur Hicham ABOUD a fait opposition au jugement car il entend, pour montrer sa bonne foi, apporter la preuve de la véracité de ses assertions, lesquelles assertions n’étant pas faites pour porter atteinte à l’honneur du plaignant.
II-1 La recevabilité de l’offre de preuve de Monsieur Hicham ABOUD
Nous ne reviendrons pas sur lesdits surplus de propos. Seuls les propos incriminés et retenus comme étant diffamatoires retiendront notre attention. En effet, même en l’absence de Monsieur Hicham ABOUD, le caractère diffamatoire de ce surplus des propos incriminés n’a pas pu être retenu. C’est à dire lorsqu’il est dit que Anis Rahmani est né d’un adultère et qu’un harki, Slimane Mokadem, pour couvrir sa mère lui a donné son nom.
II- 3 Anis Rahmani s’appelle en fait Mokadem Mohamed, il est indicateur et délateur pour les services secretsCes allégations ne sauraient être considérés ni comme mensongers, ni comme diffamatoires. Il est de notoriété que Anis Rahmani est Mohamed Mokkedem sont une seule et même personne.Comment des faits qui sont reconnus par le plaignant lui même peuvent ils être mensongers ? En effet, Monsieur Mohamed Mokkedem a lui même participế a un entretien publié sous le titre « Anis Rahmani, directeur d’Ennahar, à TSA; ʺJe n’ai aucune relation professionnelle ou personnelle avec Megueddem ». Le plaignant, qui est au courant de la publication de cet article n’a jamais contesté être Anis Rahmani.https://www.alg24.net/anis-rahmani-directeur-dennahar-a-tsa-%CA%BAje-nai-aucune-relation-professionnelle-ou-personnelle-avec-megueddem%CA%BA/Pièce 1Dans cet entretien (dernière question), Mokadem Mohamed alias Anis Rahmani ne nie pas clairement être un agent secret lorsqu’on lui pose la question : « Pourquoi votre nom est‐il souvent associé au DRS ? »Réponse« Peut‐être parce que je suis un journaliste qui a travaillé pendant longtemps dans le domaine sécuritaire. Je ne suis pas du DRS. Mais qu’on établisse des liens entre le DRS et moi est un honneur. Je l’accepte car il s’agit du DRS et pas de la DST ».Sa réponse qui a le mérite d’être claire contient cependant une révélation. Ainsi, pour Monsieur Mohamed Mokadem, ce serait un honneur d’être ou de travailler pour la DRS. D’où vient-il donc la plainte selon laquelle il est diffamatoire de dire que Monsieur Mohamed Mokkedem est indicateur et délateur pour les services secrets ?Ce propos incriminé et pour lequel une condamnation a été prononcée contre Monsieur Hicham ABOUD ne saurait donc être qualifié de diffamatoire, même dans l’hypothèse où l’allégation serait fausse.En plus, même si Monsieur Mohamed Mokkedem le nie, (le contraire aurait été surprenant), rien ne permet de retenir que l’allégation est fausse.En effet, la plainte de Monsieur Mohamed Mokadem contre Monsieur Hicham ABOUD fait suite à un entretien publié dans le quotidien « Mon journal » que dirigeait M. Hichem ABOUD et qui a été interdit de parution par les autorités algériennes depuis le 13 septembre 2013. Cet entretien était une réponse aux innombrables écrits hostiles à Monsieur Hicham ABOUD, publiés par le quotidien que dirige Monsieur Mokadem. Un quotidien spécialisé dans le dénigrement et les attaques mensongères contre tous les opposants du régime algérien. Même l’un des membres fondateurs du mouvement qui a déclenché la guerre de libération d’Algérie et considéré comme une figure de proue du nationalisme algérien, feu Hocine Aït-Ahmed n’a pas échappé aux attaques de M. Mokadem. Il est tout simplement accusé de comploter avec les juifs pour déstabiliser l’Algérie.http://ffs1963.unblog.fr/2009/02/16/la-serpilliere-du-drs-anis-rahmani-sen-prend-a-hocine-ait-ahmed-et-au-mak/Pièce 2 Pour dénigrer un monument de l’histoire de l’Algérie, en l’occurence, feu Hocine Aït-Ahmed, Anis Rahmani l’associe aux juifs. La suite est connue. On associé le juif à Israël, au sionisme et au Mossad comme l’atteste cet autre article qui met « au centre d’un grand scandale imaginaire, le jeune Blogueur Merzouk Touati, l’accusant tout bêtement d’être un espion du Mossad. »http://www.tamurt.info/affaire-touati-arreter-linfamie-dennahar/
 Ce jeune blogueur a été envoyé en prison suite à une délation dont l’auteur n’est autre que M. Mohamed Mokadem. Il est toujours en détention préventive et risque une peine de 25 ans de prison. Son crime est celui d’avoir interviewé un diplomate israélien. (voir document) http://www.k-direct.info/2017/02/reporters-sans-frontieres-le-blogueur-touati-merzoug-risque-25-ans-de-prison.kdirect-actualite.html Un autre jeune blogueur a été emprisonné en Algérie le 05/04/2014 sur dénonciation d’Anis Rahmani. Il s’agit du jeune Omar Ferhat dit Karim Kaki. Il est au jour d’aujourd’hui en justice avec lui. Ce jeune anime une page Facebook intitulée 1,2,3 Viva l’Algérie et qui dénonce les méfaits du régime algérien. (voir photo)Pièce 3Hichem Aboud a été à de nombreuses reprises accusé par Mohamed Mokadem et ses organes de presse d’avoir roulé pour le Mossad et la DST (les services secrets françaisà) et d’avoir comploté contre l’État algérien. Il a même fait la une du quotidien En-Nahar sous l’accusation d’avoir fomenté un coup d’État contre le président Bouteflika avec des chefs de partis de l’opposition et la chaîne de télévision Al-Magharibia basée à Londres. (voir photo de la une) Mme Louiza Hanoune une figure de proue de l’opposition politique en Algérie est toujours en procès avec lui pour avoir été gravement diffamée. Ayant toujours bénéficié des faveurs d’une justice aux ordres, Mohamed Mokadem sait que ses victimes n’oseraient jamais le poursuivre devant les tribunaux. http://www.maghrebemergent.info/actualite/maghrebine/74756-algerie-louisa-hanoune-vs-anis-rahmani-le-journalisme-d-ennahar-en-proces-verdict-le-28-juin.html Pièce 4 Pour une bonne partie des médias algérien, « Anis Rahmani, le patron de la télé Ennahar ne dissimule pas son allégeance aux dominants en place. Un site bien informé titre Ennahar TV, l’organe du palais et précise :  « Elle est la télévision attitrée du clan présidentiel qui l’utilise pour faire passer tous ses messages. Les caisses d’Ennahar TV sont toujours renflouées et pas besoin d’un milliardaire pour la financer » ».
L’enrichissement rapide de Monsieur Mokadem qui compte, aujourd’hui, parmi les milliardaires d’Algérie interpelle Monsieur Hicham ABOUD sur l’origine de cette richesse. Il y a moins de 10 ans, il était un simple journaliste. En 2009, il crée le quotidien En-Nahar  avec l’argent qu’il dit avoir volé à l’État algérien selon ses propres avoeux dans une discussion écrite toute récente sur WhatSapp,  avec Monsieur ABOUD Hichem. Il n’a jamais fait l’objet d’une enquête sur l’origine de ses fonds ni de poursuites judiciaires pour le vol qu’il a avoué. Selon Monsieur ABOUD Hichem même les grands titres de la presse algérienne qui ont existé 20 ans avant la création du groupe de presse de Monsieur Mokadem et dont certains l’avaient employé comme journaliste, ne possèdent pas des locaux similaires et ne connaissent pas la même opulence. Se constituer pareille fortune en un laps de temps ne peut se faire qu’avec le concours du régime en place.Pièce 5Aucun opposant n’échappe aux griffes de Mohamed Mokadem. Et les accusations aussi loufoques soient-elles sont toutes prêtes pour discréditer et diffamer toute personne qui s’oppose au régime en place.Lors de la dernière élection présidentielle, Mohamed Mokadem ne va pas avec le dos de la cuillère pour discréditer le plus sérieux rival du président-candidat Bouteflika. La chaîne de télévision En-Nahar de M. Mokadem n’a pas trouvé mieux que d’accuser M. Ali Benflis de ramener des armes de Libye (voir document)http://www.algerie-focus.com/2014/04/les-graves-attaques-dennahar-contre-ali-benflis/ http://www.algerieinfos-saoudi.com/2017/06/pour-qui-roulent-anis-rahmani-et-abdou-semmar.htmlPièce 7Monsieur Hicham ABOUD n’est en réalité qu’un journaliste dont les articles sont régulièrement censurés et les journaux fermés, parce que qualifiés de proche de l’opposition.http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/05/20/la-presse-algerienne-denonce-la-censure-sur-l-etat-de-sante-de-bouteflika_3382101_3212.htmlPièce 7
D’ailleurs, quand les autorités algériennes avaient interdit de publication les deux quotidiens de Hichem Aboud et lancé des poursuites judiciaires à son encontre tous les journaux algériens avaient dénoncé ces mesures répressives sauf le quotidien de Mohamed Mokadem et celui d’un autre nouveau riche le nommé Ali Haddad. Deux quotidiens que le journal Le Monde qualifie de proches des sphères du pouvoir ».
Nombreuses sont ainsi les preuves dans la presse algérienne et internationale qui présentent Monsieur Mohamed Mokadem en qualité d’agent des services de renseignements du régime algérien. C’est donc en toute bonne foi que Monsieur Hicham ABOUD a pu le qualifier ainsi, encore que cela représente un honneur pour le plaignant.
Ces articles sont signés par : Lazhari Labter, journaliste et écrivain, Mohamed Sifaoui (journaliste-écrivain auteur de plusieurs essais politiques),  Mohsen Abdelmoumen correspondant de nombreuses publications américaines, Habib Khelil (journaliste à Tamurt info), Nadir Iddir (journaliste du quotidien El Watan). Et un article signé conjointement par Le Monde et l’AFP.https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/2017/06/06/said-bouteflika-soffre-une-camera-cachee/#more-5741 Pièce 8http://www.algerie-focus.com/2014/04/les-graves-attaques-dennahar-contre-ali-benflis/ Pièce 9http://www.chouf-chouf.com/actualites/bouteflika/en-nahar-sen-prend-au-fils-dali-benflis/ Pièce 10http://mohamed-sifaoui.over-blog.com/article-le-larbin-du-larbin-de-bouteflika-s-attaque-au-quotidien-el-watan-85357453.html Pièce 11Pour conclure ce chapitre, il est bon d’interroger1-    Comment a-t-il obtenu la filiation (date de naissance, nom et prénoms des parents) et l’adresse du domicile de mon client si ce n’était pas avec le concours des autorités algériennes ? Nous tenons à préciser que le plaignant n’a jamais été une connaissance proche de M. ABOUD Hicham. Ils ne se sont jamais rencontrés.2-    M. Mokadem peut-il nier n’avoir pas bénéficié d’un logement à la résidence d’Etat du club des pins durant plusieurs années ? Une résidence réservée exclusivement aux dignitaires du régime.3-    Peut-il nier n’avoir pas bénéficié d’une protection rapprochée assurée par les services de sécurité ?4-     L’enrichissement rapide de M. Mokadem qui compte, aujourd’hui, parmi les plus grands milliardaires d’Algérie nous interpelle sur l’origine de cette richesse. Rappelons qu’il y a moins de 10 ans, il était un simple journaliste. En 2009, il crée le quotidien En-Nahar  avec l’argent qu’il dit avoir volé à l’Etat algérien selon ses propres aveux dans une discussion écrite sur WhatSapp , toute récente, avec M. ABOUD Hichem (que nous vous produisons). Il n’a jamais fait l’objet d’une enquête sur l’origine de ses fonds ni de poursuites judiciaires pour le vol qu’il a avoué.5-    En moins de 4 années après avoir créé son premier quotidien et après avoir racheté un quotidien sportif, il inaugure une tour de 7 étages dans le quartier le plus huppé d’Algérie, le quartier de Hydra sur les hauteurs d’Alger.6-    3 ans après la création de son quotidien d’informations générales, En-Nahar, le rachat d’un quotidien sportif, « Echibek » et la réception d’une tour de 7 étages, il lance sa première chaîne de télévision « En-Nahar TV » qui sera suivie par une deuxième « En-Nahar laki » . Ces deux chaînes de télévisions seront logées dans une 2ème tour de 7 étages dans le même quartier. Et ce n’est pas fini. Une 3ème tour est érigée et est louée à des sociétés étrangères qui lui versent le loyer 30.000 Euro en Europe.Rappelons que des grands titres de la presse algérienne qui ont existé 20 ans plus tôt que le groupe de presse de M. Mokadem et dont certains l’avaient employé comme journaliste, ne possèdent pas des locaux similaires et ne connaissent pas la même opulence que lui. Parallèlement à ses activités lucratives dans le domaine de la presse, il est aussi, propriétaire d’une agence de voyage dont le siège se trouve dans le luxueux quartier de Hydra sur les hauteurs d’Alger.7-    Se constituer pareille fortune en un laps de temps si court ne peut se faire qu’avec le concours du régime en place. D’autant plus que M. Mokadem n’est nullement connu pour être un économe. Il est dépensier à un point où il épouse 4 femmes « selon la tradition voulue par Allah et son prophète ». Ce polygame est obligé de mettre ses quatre épouses sur le même pied d’égalité. C’est-à-dire loger chacune d’elle dans une luxueuse villa bien meublée.8-    Nous ne terminons pas sans demander à M. Mokadem d’où ramenait-il les informations publiées par son journal sur le contenu des communications téléphoniques de M. Aboud Hichem au mois d’août 2013 et sur ses déplacements ? Si ce n’est pas des services d’écoutes téléphoniques de services secrets.9-    Et pour finir, nous interrogeons M. Mokaddem pour quelles raisons sa chaîne de télévision avait consacré au mois de février 2014 3 jours d’émissions spéciales à M. Hichem Aboud suite à la lettre qu’il avait adressé en privé au frère du président de la république algérienne. En quoi une lettre pareille le dérange-t-elle au point où il lui consacre des émissions fleuves durant 3 jours sans compter les innombrables articles de presse parus sur son journal. II- 4  Prouver l’assertion suivante: « il a monté une cabale contre le mari de la bonne femme pour l’obliger, par le chantage, à la divorcer (…à il l’oblige à abandonner ses enfants comme il l’a fait de son côté avec les siens ». Le mariage contracté par Mohamed Mokadem avec la dénommée Souad Azzouz, actuellement directrice de la publication d’En-Nahar , est connu de toute la corporation de la presse algérienne. Cette dame était l’épouse du correspondant de l’agence de presse Reuter à Alger. Qui était un bon ami à M. Mokadem comme il le reconnaît lui-même dans sa discussion WhatSapp avec M. Hicham Aboud. Et dans la même discussion, il reconnaît avoir piqué l’épouse de celui qu’il considère comme son meilleur ami. La cabale qu’il avait monté contre ce Monsieur consistait en un piège qu’il lui avait tendu en lui donnant une fausse information sécuritaire que le correspondant de Reuter a vite balancé sur le fil de son agence. Pour lui éviter la répression des services de sécurité algériens avec lesquels collaborait M. Mokadem, il lui proposa de divorcer son épouse pour qu’il puisse l’épouser.Cette façon de faire n’est pas étrange à Mohamed Mokadem qui n’a jamais hésité sur les moyens, les plus immoraux fussent-ils, pour atteindre ses objectifs.Plus tard, profitant de la maladie de sa seconde épouse, il contracte mariage avec deux autres « selon le rite musulman » comme il dit. C’est-à-dire sans passer par la mairie.
SUR LES INTÉRÊTS CIVILS

Le Tribunal ne condamnera pas les agissements de Monsieur Hicham ABOUD en qualité de Directeur de la publication du quotidien MON JOURNAL auteur principal et, de la société ABOUD INFOS EURL, société éditrice de MON JOURNAL et du site internet monjournaldz.com, civilement responsable, comme étant constitutifs d’atteintes à l’honneur et à la considération qui caractérisent une diffamation publique envers Monsieur Mohamed MOKEDDEM au sens des articles 29 et 32 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
PAR CES MOTIFSVu les articles 29 alinéa 1 er et 32 alinéa 1er de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, et l’article 93-3 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle,- Dire et juger non fondée la citation de Monsieur Mohamed MOKEDDEM à l’encontre de Monsieur Hicham ABOUD, Directeur de la publication du journal MON JOURNAL, Monsieur Nouar Abdelmalek, Auteur, et la Société ABOUD INFOS EURL, civilement responsable ;- Déclarer Monsieur Hicham ABOUD, Directeur de la publication du journal MON JOURNAL et la Société ABOUD INFOS EURL non coupables ;- CONDAMNER Monsieur Mohamed Mokeddem à payer à Monsieur Hicham ABOUD et à la Société ABOUD INFOS EURL une somme de 100.000 euros sur le fondement de l’article 472 du Code de Procédure Pénale, ainsi qu’à tous les dépens de l’instance pénale.