Un milliard de dons pour  » NotreDame « – « Quand on voit tout ce qui a été détruit….( la cité antique de Palmyre, la mosquée de Mossoul )….etc…. j’ai vu personne s’indigner et donner un dollar. Je vois qu’il y a deux poids deux mesures, ce n’est pas logique

Lettre ouverte à Abdelaziz Bouteflika, ex-président de la République

Lettre ouverte à Abdelaziz Bouteflika, ex-président de la République

En tant que simple citoyen, comme celui que tu es devenu, je me permets de te tutoyer et de t’appeler par ton prénom, comme le font tous nos compatriotes, dans ce contexte de révolution populaire, déclenchée le 22 février et à laquelle tu sembles souhaiter le meilleur, à en croire le contenu de ton message adressée à la nation le 2 avril courant. A la bonne heure! Si tu étais toujours le président de la république, je me serais gardé d’effectuer une telle démarche : d’abord, pour te priver du plaisir de m’écrouer et pour ne pas manquer d’égards à la majesté de la fonction présidentielle, même si celle-ci t’a quelque part tournée la tête ; à en juger par la mégalomanie politique dont tu as fait preuve pendant vingt ans.

J’espère qu’en tant que citoyen, tu ne connaitras pas l’affreuse condition d’Algérien,. Il t’est demandé ici d’en excuser le ton et la franchise à l’égard de ton ancienne fonction présidentielle, à laquelle il va falloir pourtant t’habituer, dans tes rapports au quotidien avec l’environnement national, notamment la bureaucratie ; si tant est que tu doives t’y frotter un jour. Il me souvient ta déclaration indignée au sujet de l’administration algérienne dont les abus t’auraient suggéré de comprendre que l »’on puisse devenir terroriste… » Abdelaziz, prends garde car la bureaucratie laissée derrière toi est autrement plus morveuse que celle que tu as trouvée en 1999. Aujourd’hui, elle pourrait te faire goûter (et aux tiens) les délices de son acrimonie corrosive, pour obtenir l’accès à un juste droit. Elle pourrait même te faire jouer la danse du ventre, pour accomplir une démarche administrative quelconque, si tu n’accordes point de prévenances à des sbires véreux, en mettant la main à la poche… Je peux te fournir à l’instant où tu demandes à le vérifier une demi-dizaine de cas de blocages bureaucratiques qui me touche personnellement, comme tant d’autres Algériens, sans raison objective ou réglementaire…

Aussi, me dois-je de continuer à te livrer en toute franchise mon sentiment sur ta gouvernance de l’Algérie, en réponse à quelques points contenus dans ton message adressé aux Algériens le 2 avril, après ta démission; ce propos complète ma contribution au quotidien d’Oran du 14 mars 2019, intitulée: ‘’des belles promesses de Bouteflika, parlons-en! » 

Tout d’abord, en tant que citoyen, prenons acte du pardon que tu demandes «à tous ceux des enfants de la patrie» à qui tu aurais manqué à ton devoir de président. Reste à savoir si la rue va accepter une requête pour le moins singulière, dès lors qu’elle fait descendre un  »homme providentiel » (dixit Ould Abbes) de son nuage pour le mettre à la hauteur de notre modeste condition d’Algériens, d’Algériennes. Cependant, il reste à ce peuple une arête à travers la gorge, à ne point négliger : le viol de la constitution algérienne, entrepris témérairement et méthodiquement, au milieu de ta deuxième mandature, en 2008, semée de cactus dont on va avoir de la peine à enlever de notre chemin… Tu t’es employé, non sans un certain machiavélisme, exercice dans lequel tu passes pour un habile prestidigitateur, à procéder au remaniement de nombre d’articles constitutionnels dont le changement du contenu de l’article 74, portant limitation du mandat présidentiel à deux seulement; termes prévus dans les dispositions de la constitution de 1996, initiée par ton prédécesseur, pour favoriser l’alternance. Pourtant, Lamine Zeroual, peu avide d’honneur et de pouvoir, a voulu graver cette disposition constitutionnelle dans le marbre, de manière à la rendre inviolable. 

Ainsi, voulait-il mettre fin à la «présidence à vie», ce que d’aucuns appelèrent, non sans humour, un «mandat à mort». Il se trouve que toutes les institutions se sont ‘’couchées » devant tant d’audace, à l’exception de quelques petits groupuscules dont certains le payeront très cher. Avec le cinquième mandat, le ras-le bol du peuple atteindra son paroxysme, raison pour laquelle il a investi la rue depuis le 22 février et t’a déposé… 

Abdelaziz, sais-tu pourquoi des voix appellent Lamine Zeroual à reprendre le harnais pour conduire la transition? Outre que l’homme inspire confiance au peuple, il reste sur les lèvres de l’histoire comme celui qui n’a pas bafoué son honneur et sa dignité pour le pouvoir et les privilèges qui en découlent… Te concernant, tu as réussi à nous faire avaler des sornettes au sujet «du pouvoir qui grise» dont tu priais Allah de t’en garder… ; en y ajoutant du ‘’Tab Jenena », etc. Oui! Je sais que tu vas me rétorquer: ‘’N’est pas Nelson Mandela qui veut… » Ca, je ne te le fais pas dire et j’ajouterai même : ‘’n’est pas Zeroual qui veut »! 

Aussi, tu déclares, non sans aigreur tout à fait humaine, que tu as mis fin à ton 4ème mandat… Permets-moi de te rappeler que tu fus contraint et forcé d’abdiquer par un peuple déterminé, sans quoi tu aurais fini tes jours sur le trône, à caresser le rêve de funérailles nationales, plus grandioses que celles de ton mentor Houari Boumediene (nullement habité comme toi par des fixations maladives du pouvoir…); sans doute te voyais-tu accompagné à ta dernière demeure par de nobles têtes couronnées, de prestigieux chefs d’Etat étrangers et autres grands dignitaires du monde… Voilà comment le pouvoir égare les consciences des hommes politiques dont beaucoup sombreront méprisés dans les caveaux de l »histoire, pour avoir renié la parole donnée à leur peuple… 

Aussi, tu as eu à louer la «collaboration que nous avons eu ensemble», dis-tu: «pour réaliser quelques objectifs, en termes de dignité et de grandeur» du pays… Abdelaziz! Je ne veux pas faire offense à la malice de l’homme qui a passé une grande partie de sa vie à grenouiller pour s’assoir sur un trône, en lui disant qu’un roi n’a pas de collaborateurs mais des sujets qui le servent; ceux-ci sont incarnés par le peuple rentier de l’Etat-FLN-RND,TAJ and Co… 

Quant à la ‘’dignité » de l’Algérie, excuse-moi Abdelaziz, de t’indisposer encore avec ma personne, en te relatant l’humiliation de ma vie, encaissée le jour de ma mise en quarantaine pendant deux heures, à l’aéroport de Bangkok, faisant partie d’un voyage organisé par une association d’anciens étudiants, de différentes nationalités, au prétexte que mon pays était classé à risque; l’attente était liée à un complément d’enquête… En fait de ‘’grandeur » de notre pays, la Thaïlande n’exige point de visas aux ressortissants étrangers du monde entier, à l’exception d’une demi douzaine de pays black-listés, parmi lesquels figure l’Algérie ; comme du reste nos compatriotes ne peuvent se rendre sans visas que dans 6 à 7 pays. Voilà le résultat des performances de la diplomatie algérienne, tant vantée… Pour avoir un temps vécu à l’étranger, on disait en milieu estudiantin, déjà à l’époque où tu étais ministre des Affaires Etrangères : ‘’quand tu n’as besoin de rien, va au consulat algérien… » 

Abdelaziz, durant ton règne comme président, la condition du ressortissant algérien s’est aggravée. Il est non seulement mal reçu un peu partout à l’étranger (un de tes ministres a même subi une fouille à Paris !) et également et surtout dans les représentations consulaires algériennes. Celui qui l’affirme n’est autre qu’un un député algérien des USA-Canada-Océanie, Mohamed Gahche, dans une interview accordée à El Watan le 25/05/2011. Ce parlementaire ne fait pas dans la nuance quant au traitement réservé aux ressortissants algériens dans leurs propres ambassades : «où nos compatriotes entrent comme dans un commissariat avec la peur d’être fichés et réprimés…» Abdelaziz, tu n’as pas été fichu d’instruire tes représentations diplomatiques et consulaires de respecter les ressortissants algériens, comme veux-tu que d’autres Etats considèrent notre passeport… 

La grandeur ne se mesure-t-elle pas à l’aune de la considération que l’on s’accorde d’abord à soi-même, pour que des Etats étrangers respectent notre identité ? Tu fus ministre des affaires étrangères de ce pays pendant environ 16 ans et 20 ans comme président, corrige-moi si je me trompe: n’est-t-il pas du rôle, du devoir et des prérogatives diplomatiques de la centaine d’ambassades et consulats d’Algérie dans le monde de veiller à l’image de l’Algérie, pour laquelle sont tombés en martyrs un million et demi d’Algériens ? Peux-tu me dire que fait-on avec ce budget astronomique en devises affecté à ce département ministériel ? Ne me dis surtout pas que tout le corps diplomatique vit sur un nuage comme toi… 

Ceci dit, tu adresses des vœux aux «enfants de ce pays de parachever la construction de l’Algérie (…) en retroussant les manches», et patati! Patata! Avant ton retour aux affaires de ce pays, les Algériens à l’étranger ne dépassaient pas les 3 millions d’émigrés. Ils sont 7 à 8 millions à présent, dixit ton brillantissime vizir Ould Abbes, alors ministre de la solidarité. Ces «enfants» ont quitté l’Algérie en masse (le plus grand exode de notre histoire) la mort dans l’âme : des sans-emplois empruntant des embarcations de fortune, au risque de couler par le fond et de servir de nourriture aux poissons; d’autres sont partis faire des études à l’étranger et beaucoup ne sont plus revenus; des spécialistes dans différentes disciplines plaquèrent tout derrière eux pour mettre leur génie et savoir au service de pays plus cléments, en matière d’asile. Il faut dire, que nos compatriotes y trouvèrent du travail, du respect, une nationalité honorable et un passeport respectable… Je n’évoquerai pas avec toi ici les affairistes algériens qui ont mis les voiles vers des paradis fiscaux, après avoir amassé des fortunes colossales de mèche avec le sérail… 

Sur ce point tu risques de me marquer un point, en arguant que les protégés du système sont des flibustiers. Abdelaziz, je te sens gagné par l’émotion, toi qui ne donne pas l’impression d’en éprouver les sensations… Aussi, vais-je te rendre grâce de ne pas justifier le fait, comme ton mentor Boumediene le fit publiquement, en s’exclamant, à propos de l’ivresse avancée des barons du régime par excès de pot-de-vin: «Quoi de plus normal que celui qui travaille dans le miel, trempe son doigt dans le pot…» Abdelaziz, comprends-tu pourquoi on ne peut demander à un peuple d’être recta quand ses dirigeants ne font pas montre de rectitude morale, d’honnêteté intellectuelle et de jugements politiques scrupuleux. 

Tu parles de «retrousser les manches» dans un pays, où ton administration fit construire, à ta gloire, plus 200 000 ‘’magasins du président », destinés à des jeunes, sans doute pour vendre des produits portant des codes-barres trempés dans la sueur de peuples lointains, considérant sans doute que les bras des Algériens sont cassés ici… Pourtant leur utilité est éprouvée et appréciée à l’étranger, comme évoqué plus haut; des constructions inutiles, constituant une injure faite à ces lopins de terre livrés parfois aux herbes folles, comme l’Algérie est livrée à son triste sort… N’eut-il pas été préférable de construire, avec un tel budget, à la place de ces lieux fatrassiers, des studios dans un pays où des membres de familles s’entassent les uns sur les autres, avec un taux d’occupation moyen de sept personnes par F3. 

N’est-ce pas ce pas de la gabegie? Tu ne le savais pas, me diras-tu. Si tu ignorais ce fait, lorsque tu étais en pleine vigueur, comment pouvais-tu savoir, dans un état d’invalidité avancée pendant sept ans, les intrigues de la cour, l’effacement du rôle de notre pays du monde, le pillage de l’économie, etc. Aussi, est-ce juste de prioriser une mosquée à milliards (Usd), érigée à ta gloire, avant de songer assurer aux Algériens la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation, les logements, l’emploi? 

Concitoyen Abdelaziz, tu rends grâce à Allah, par la volonté duquel «sera accordée une attention particulière aux jeunes et aux femmes pour accéder aux fonctions politiques, parlementaires, administratives» et tutti frutti… L’histoire pourrait à coup sûr te juger de n’avoir pas concrétisé ces nobles idées durant ton long règne de 20 ans, entouré d’un personnel politique gériatrique et aux idées fossiles… Certes, durant ton règne, des jeunes (hommes et femmes) ont pu accéder aux fonctions précitées, mais rares sont ceux ou celles qui pouvaient échapper à l’axiome ambiant du favoritisme, du régionalisme, du clientélisme, des recommandations, etc. La valeur intrinsèque de l’individu est rarement mise en équation dans l’Algérie de l’Etat-FLN, auquel tu servais de président… Si tu veux des exemples, je t’en fournirai une foison… 

Abdelaziz, tu nous promets d’être toujours dans ton cœur… Les Algériens sont certes sensibles aux sentiments exprimés à leurs égards, de quelque lieu d’où ils émanent. Cependant, il est à craindre que l’homme de la rue ne te réponde qu’il espérait, de la part de celui qui était supposé être le ‘’père » de la nation, entendre battre son cœur pour eux, lorsqu’il était aux commandes du navire Algérie… Des milliers d’appels de détresse te furent envoyés par voie de presse et moult manifestations étaient organisées régulièrement devant Dar Sultan (Palais de Mouradia), par des familles dévastées par la hogra (mépris) et autres contingences de la condition d’algérien. As-tu entendu leur douleur? Non! Me diras-tu, car les agents avaient ordres de les disperser… 

Enfin, Abdelaziz, tu nous rappelles que l’erreur est humaine et ce faisant tu réitères ta demande de pardon pour tout manquement à l’égard des Algériens. C’est bien. Peux-tu me dire qui t’empêchait, dans un dernier élan du cœur, d’accorder le pardon présidentiel aux Algériens emprisonnés pour leurs opinions et d’autres incarcérés sans jugement pendant des années? Tu vas encore me dire que… Stop! Tu as consommé tout ton crédit… K.K

ALGERIE Pour y voir un peu plus claire….

ANP-DRS-Transition politique: Le début de la fin ?

G O Le président du Conseil constitutionnel a démissionné sous les fortes pressions qu’a exercées sur lui le chef d’état-major, vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah et ce, en application d’une feuille de route «constitutionnelle».

«Tayeb Belaïz a fait de la résistance avant d’accepter de remettre sa démission au chef de l’Etat», disent nous sources qui avancent que le désormais ex-président du Conseil constitutionnel «voulait s’assurer avant de quitter son poste de garanties qui protégeraient sa personne, sa famille et celle de Bouteflika». Le général de corps d’armée a cédé, hier, à la pression de la rue en renvoyant en premier un des quatre B (Bensalah, Belaïz, Bedoui, Bouchareb). Il est d’ores et déjà dit que le 1er ministre Noureddine Bedoui suivra de fait le même chemin que Belaïz. Sa démission est annoncée par plusieurs réseaux comme étant «imminente». D’aucuns la qualifient de «décisive pour être une réponse de l’armée aux revendications impératives du hirak». La démission de Bedoui serait, selon des observateurs, «une suite logique aux événements». 

L’on dit que Abdelkader Bensalah a voulu présenter sa démission bien avant Belaïz mais Gaïd Salah a refusé estimant que «le moment n’était pas encore venu». Le cadre constitutionnel sera dangereusement menacé par un départ de Bensalah sans alternative précise et obligera l’armée à agir comme pouvoir militaire de fait occultant tout pouvoir civil. «C’est la boîte de Pandore !» s’exclament des observateurs qui affirment craindre «le pire, le début d’une libylisation (Libye) de l’Algérie même si elle se fera très lentement». Gaïd Salah se trouve aujourd’hui devant un dangereux virage qui devra en principe l’obliger, pour «éviter le pire», à adopter une attitude des plus fermes face à toutes les pressions de quelque partie qu’elles soient. Ceci, s’il persiste à agir uniquement dans le cadre constitutionnel. L’universitaire Mohamed Laagab nous indique cependant que quelles que soient les démissions, le cadre constitutionnel sera préservé. Il nous en explique «la feuille de route» qui a été mise entre les mains du chef d’état-major. 

«Feuille de route» pour «transition exceptionnelleet complexe» 

«Avant de démissionner à son tour, et le plus vite sera le mieux, Bensalah devra désigner un nouveau président du Conseil constitutionnel en remplacement de Belaïz. Le nouveau président démissionnera tout de suite à son tour du Conseil constitutionnel et deviendra par la force de la Constitution chef de l’Etat en remplacement de Bensalah. Le nouveau chef de l’Etat nommera tout de suite après sa prestation de serment un nouveau président du Conseil constitutionnel et convoquera le corps électoral pour la tenue des élections présidentielles dans un délai ne dépassant pas 90 jours (art.120 de la Constitution). Bedoui démissionne à son tour ou avant Bensalah, peu importe, et c’est le nouveau chef de l’Etat qui a la prérogative de le faire remplacer par un autre. Et comme il ne peut faire partir ni désigner les membres du gouvernement, il faudra que les quatre ministres les plus décriés par l’opinion publique (l’Intérieur, les Finances, l’Education et la Culture) démissionnent de leurs postes, le chef de l’Etat pourra ainsi désigner leurs remplaçants. Si le ministre des Finances n’est pas remis à son poste de gouverneur de la Banque centrale, le nouveau chef de l’Etat pourra en nommer un nouveau, crise politique oblige», dit Laagab qui a déjà eu à rendre publics ces éléments. 

D’autres analystes continuent de croire que le remplacement de Belaïz devrait se faire par une personnalité, membre de la même institution. Une fois «élue» par les 11 autres membres du CC, elle sera installée par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah qui, à son tour, sera remplacé après démission par un membre du bureau du Conseil de la Nation. Le nom de Salah Goudjil, doyen des sénateurs, est avancé sans hésitation. 

L’on nous apprend, par ailleurs, que des personnalités partisanes et universitaires dont les noms sont avancés ici et là depuis le déclenchement du mouvement populaire pour commander le pays, ont été approchées récemment par un «groupe de sages» pour se présenter «ouvertement et publiquement comme acteurs directs dans la gestion de la période de transition». Ces «intermédiaires» ont, selon nos sources, essuyé un refus catégorique parce que «les personnalités contactées leur ont fait savoir qu’elles préfèrent se mettre en réserve pour participer aux élections présidentielles et de là bénéficier de postes importants dans l’après-transition». 

Au nom du «hirak» 

Aujourd’hui, un nom est proposé avec force pour devenir chef de l’Etat durant la période de transition, en remplacement de Bensalah. C’est celui de Ahmed Taleb El Ibrahimi, cet ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur. Réputé «islamiste du courant de l’ex-Fis» mais aimant le jazz et la musique andalouse, El Ibrahimi est proposé comme «personnalité politique nationale racée, sage et sans tuteur de l’ombre». Le nom de Ahmed Benbitour est aussi proposé «mais très loin derrière». 

Ceci n’empêche pas les réseaux occultes d’agir «efficacement» pour se repositionner et placer leurs hommes au fur et à mesure que les revendications du hirak portent leurs fruits. L’on s’attend d’ailleurs à ce que d’autres exigences soient formulées par la rue au fur et à mesure que les démissions deviennent effectives. Comme écrit dans ces colonnes, réseaux et lobbys d’ici et d’ailleurs font couler l’argent à flots à plusieurs niveaux et activent à travers des alliances contre-nature où se confondent régionalisme, clanisme et affairisme. «La technostructure qui est étatique est prise en otage par les oligarques depuis plus de 30 ans, il ne faut pas se leurrer, il n’y a pas que les oligarques qu’on pointe du doigt et qu’on veut juger, il y a toujours ces nombreux larbins qui travaillent dans les administrations et autres officines qui servent des milieux encore puissants», affirment nos sources. Ce sont ceux-là mêmes qui ont misé sur Liamine Zeroual et qui auraient, selon nos sources, été obligés de changer leur choix devant «les grands soucis de santé (entre autres problèmes d’élocution) qui handicapent l’ancien président de la République». Pour rappel, Zeroual a fait savoir il y a plusieurs jours à l’opinion publique par voie de communiqué qu’il a été contacté par Toufik, l’ex-patron du DRS, pour lui proposer de présider une instance de transition. Communiqué qui est, comme déjà écrit encore dans ces colonnes, une affirmation que Mohamed Médiène agit directement et comme il l’entend, dans la gestion et la manipulation de la crise du pays. Hier, le chef d’état-major l’a reconnu publiquement et a accusé nommément l’ex-patron du DRS. «J’ai déjà évoqué, lors de mon intervention du 30 mars 2019, les réunions suspectes qui se tiennent dans l’ombre pour conspirer autour des revendications du peuple et afin d’entraver les solutions de l’Armée nationale populaire et les propositions de sortie de crise», a-t-il noté. 

Gaïd accuse et menace 

Toutefois, dit-il, «ces parties, à leur tête l’ex-chef du Département du renseignement et de la sécurité, ont tenté, en vain, de nier leur présence dans ces réunions et d’induire en erreur l’opinion publique, et ce, en dépit de l’existence de preuves irréfutables sur ces faits abjects». Il rappelle encore que «nous avons affirmé, ce jour-là, que nous allions dévoiler la vérité, et les voici continuer à s’agiter contre la volonté du peuple et œuvrer à attiser la situation, en approchant des parties suspectes et inciter à entraver les solutions de sortie de crise». Gaïd Salah menace Toufik en faisant savoir qu’«à cet effet, je lance à cette personne un dernier avertissement, et dans le cas où il persiste dans ses agissements, des mesures légales fermes seront prises à son encontre». L’on s’interroge néanmoins sur les raisons qui l’empêchent d’agir vite puisqu’il a «des preuves irréfutables». A moins qu’il attende que la situation dégénère par les effets du «fait accompli». Mais les dégâts seront ravageurs même s’il a promis hier que «la décision de protéger le peuple, avec ses différentes composantes, est une décision irréversible et dont nous ne dévierons point». 

La forte confrontation entre le Haut Commandement de l’armée et «l’Etat profond» avec toutes ses forces apparentes et occultes internes et externes, celle de l’argent et de l’information entre autres, est dévoilée au grand jour. A ceux qui veulent le sortir du cadre constitutionnel, le chef d’état-major promet que «nous, en tant que Haut Commandement de l’Armée nationale populaire et face à la responsabilité historique que nous assumons, nous respectons parfaitement les dispositions de la Constitution pour la conduite de la transition, et je voudrai réitérer que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais». Il estime qu’«ainsi, l’étape principale étant concrétisée, elle sera, certainement, suivie par d’autres jusqu’à la réalisation de tous les objectifs escomptés, et ce, sans perturber le fonctionnement des institutions de l’Etat, qui devraient être préservées pour permettre la gestion des affaires de l’Etat et les intérêts de nos concitoyens». 

De son rôle d’arbitre qu’il a tenu juste avant la destitution de Bouteflika, l’état-major de l’ANP a pris depuis totalement en main la destinée du pays. Rien ne se fait sans l’aval du pouvoir militaire avec en face une opposition qui attend d’être placée, des partis politiques qui se déchirent, un hirak de revendications sans fin et des frontières en feu. Gaïd Salah se place sur tous les fronts. Dans la 4ème Région militaire, il supervise depuis lundi des manœuvres militaires aériennes et terrestres avec minutions réelles. L’opération «Enedjm essatii (l’étoile étincelante)» n’est pas la première du genre qu’il mène dans les différentes régions militaires. Celle-là, elle l’est au titre de l’exécution du programme de préparation au combat pour l’année 2018-2019. 

(Discours intégral)Le Général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’État-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, s’est exprimé, en ce mardi 16 avril à partir de Ouargla lors de sa deuxième journée de visite en 4e Région Militaire.

Le Général de corps d’armée, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’État-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, s’est exprimé, en ce mardi 16 avril à partir de Ouargla lors de sa deuxième journée de visite en 4e Région Militaire.

Texte intégral

« J’insiste une fois encore sur la nécessité de suivre la voie de la sagesse et de la patience, étant donné que la situation prévalant au début de cette transition est exceptionnelle et complexe, nécessitant la conjugaison des efforts de tous les patriotes dévoués en vue de sortir indemne de cette épreuve. De notre part, nous réitérons l’engagement de l’Armée Nationale Populaire d’accompagner les institutions de l’État durant cette transition, tout en soulignant que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais, car la situation ne peut perdurer davantage, vu que le temps nous est compté. Ainsi, l’Armée Nationale Populaire se considère toujours mobilisée aux côtés de tous les dévoués, au service de son peuple et de sa Patrie, pour honorer l’engagement qu’elle a pris afin de réaliser les revendications et les aspirations légitimes du peuple, pour construire un État fort, sûr et stable ; un État où chaque citoyen trouve sa place naturelle et ses espoirs mérités.

Dans ce contexte, et comme j’ai souligné lors d’occasions précédentes la nécessité pour la justice de poursuive les individus impliqués dans des affaires de corruption, nous attendons à ce que les instances judiciaires concernées accélèrent la cadence du traitement des différents dossiers concernant certaines personnes ayant bénéficié indument de crédits estimés à des milliers de milliards, causant préjudice au Trésor public et dilapidant l’argent du peuple.

J’ai déjà évoqué, lors de mon intervention du 30 mars 2019, les réunions suspectes qui se tiennent dans l’ombre pour conspirer autour des revendications du peuple et afin d’entraver les solutions de l’Armée Nationale Populaire et les propositions de sortie de crise. Toutefois, ces parties, à leur tête l’ex-Chef du Département du Renseignement et de la Sécurité, ont tenté, en vain, de nier leur présence dans ces réunions, et d’induire en erreur l’opinion publique, et ce, en dépit de l’existence de preuves irréfutables sur ces faits abjects. Nous avons affirmé, ce jour là, que nous allions dévoiler la vérité, et les voici continuer à s’agiter contre la volonté du peuple et œuvrer à attiser la situation, en approchant des parties suspectes, et inciter à entraver les solutions de sortie de crise. A cet effet, je lance à cette personne un dernier avertissement, et dans le cas où il persiste dans ses agissements, des mesures légales fermes seront prises à son encontre».

Nous sommes convaincus que le peuple algérien digne et civilisé est à même de relever tous les défis et surmonter toutes les crises, grâce à son génie puisé de ses valeurs et fondements historiques et sa longue expérience dans les épreuves, et nous affirmons que nous comprenons ses revendications légitimes pour lesquelles nous nous sommes engagées à œuvrer à les concrétiser. Bien entendu, la réalisation de ces objectifs requiert plusieurs étapes nécessitant de la patience, de la compréhension et le rejet de toute forme de violence. Ainsi, l’étape principale étant concrétisée, elle sera, certainement, suivie par d’autres jusqu’à la réalisation de tous les objectifs escomptés, et ce, sans perturber le fonctionnement des institutions de l’État, qui devraient être préservées pour permettre la gestion des affaires de l’État et les intérêts de nos concitoyens.

La décision de protéger le peuple, avec ses différentes composantes, est une décision irréversible et dont nous ne dévierons point. Partant de la solidité des liens de confiance liant le peuple à son Armée, nous avons donné des instructions claires et sans équivoques pour la protection des citoyens, notamment lors des marches. Cependant, nous attendons, en contrepartie, de la part de notre peuple d’éviter le recours à la violence, de préserver les biens publics et privés et d’éviter d’entraver les intérêts des citoyens. Je tiens à souligner dans ce cadre la nécessité du respect total des symboles de l’État, à leur tête l’emblème national, en ce qu’il représente comme une symbolique sacrée de l’unité de la nation et du peuple et des sacrifices des générations à travers l’histoire. Et nous sommes fermement convaincus que notre peuple sera à la hauteur de l’image civilisée et prestigieuse que lui a réservé l’histoire et que les différents médias ont relayé à travers le monde.

J’espère que cet appel trouve l’écho escompté auprès de toutes les composantes de notre cher peuple, car il émane du Haut Commandement de l’Armée Nationale Populaire, partant de son dévouement au message des Chouhada de la Révolution et du devoir national, et pour avoir partagé la souffrance du peuple et veillé à construire une armée puissante et moderne, maitrisant les technologies les plus sophistiqués. Ceci a été concrétisé de manière effective et sur le terrain, par l’ancrage des valeurs d’allégeance et de loyauté envers la Patrie dans les esprits et les comportements des éléments des Forces Armées. Une armée professionnelle de par ses effectifs, ses matériels et sa disponibilité, équipée des armes les plus modernes, destinées à faire face aux ennemis de la Nation et non pas contre son peuple. Une armée qui ne prend aucune décision au désavantage du peuple et de la patrie et qui veille à ce qu’aucune goutte de sang algérien ne soit versée, n’en déplaise aux parties hostiles, qui sont dérangées par le caractère pacifique des marches. L’Algérie est entre des mains sûres grâce à des hommes dévoués prêts à défendre leur pays quel qu’en soit le prix.

Nous, en tant que Haut Commandement de l’Armée nationale populaire et face à la responsabilité historique que nous assumons, nous respectons parfaitement les dispositions de la Constitution pour la conduite de la transition, et je voudrais réitérer que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais, de façon à servir l’intérêt suprême de la patrie, sans égard à l’intérêt des individus et que nous n’avons aucune autre ambition que celle de protéger la patrie, faire régner la sécurité et la stabilité et préserver l’image de marque du pays, comme l’auraient voulu nos vaillants martyrs et qu’Allah m’en soit témoin ».