Voir aujourd’hui un Ali Haddad passé d’intouchable à un «harrag», voir les possesseurs de passeport diplomatique et de jets privés frappés d’interdiction de sortie du territoire national, ou voir encore des amis des Bouteflika et consorts convoqués par des juges n’est-il pas la preuve par neuf que le «Hirak» a déjà remporté une première manche décisive face aux bandits, voleurs et abuseurs de pouvoirs

M.B.M Le pouvoir compte sur l’essoufflement du «Hirak» et ruse encore pour sauver sa peau ou de ce qu’il en reste. Il prouve sa méconnaissance sidérante de la force et la volonté d’un peuple qui a décidé de vivre, désormais, en peuple libre.

Un mois et demi après le grand départ pour la grande Marche nationale pour la dignité et la liberté du pays et son peuple, des pollueurs de réseaux sociaux et des propagandistes de fausses nouvelles, dont on devine l’appartenance et la mission, poussent au découragement des marcheurs, font dans la lassitude en distillant l’idée nauséabonde que «rien de changera en réalité et que le système survivra à lui-même». «ILS» évoquent les compromis entre l’armée et la présidence, l’intrusion de forces étrangères dans des réunions secrètes, donnent l’exemple du nouveau gouvernement qui est l’autre face de celui d’avant le 23 février, etc. Même l’annonce officielle du départ de Bouteflika, ses frères et leurs serviteurs sont vus comme une simple manœuvre pour au final perpétuer le «système». En clair, cette «campagne» vise en réalité au découragement de la belle vitalité du «Hirak», voire même sa paralysie jusqu’à l’extinction de voix et les rêves de liberté et de justice qu’il porte. 

C’est que les acquis politiques engrangés par la volonté du peuple en six semaines de manifestations sont déjà si exceptionnels qu’ils font vaciller les certitudes de ce régime et les clans mafieux qui, mis aux abois, s’entredéchirent, se trahissent entre eux, livrent leurs amis et frères, tentent de sauver chacun dans son coin sa peau. «Ils» n’ont plus d’issue de secours et tournent en rond dans le labyrinthe des lois, de la Constitution et des procédures opaques et vicieuses qu’ils ont eux-mêmes fabriquées pour, justement, se cloîtrer dans la forteresse du Pouvoir exclusif pour eux et leurs familles. A l’inverse du peuple qui sait ce qu’il veut, où il veut arriver et avec qui il veut vivre et cohabiter. L’horizon de ce peuple et sa jeunesse sont d’un bleu azur enchanteur et c’est sur cette vision de l’avenir du pays, justement, que les Algériennes et Algériens sont en parfaite opposition avec les pontes de ce régime et ses affidés. 

Voir aujourd’hui un Ali Haddad passé d’intouchable à un «harrag», voir les possesseurs de passeport diplomatique et de jets privés frappés d’interdiction de sortie du territoire national, ou voir encore des amis des Bouteflika et consorts convoqués par des juges n’est-il pas la preuve par neuf que le «Hirak» a déjà remporté une première manche décisive face aux bandits, voleurs et abuseurs de pouvoirs ? Evidemment, il reste à terminer le match en remportant l’ultime manche: traduire la voix du Hirak en acte politique structuré, organisé pour inventer la nouvelle république qui protégera tous les Algériens et Algériennes de futures dérives ou monopole du pouvoir politique. Cette manche ou étape ne sera pas de tout repos. Il y aura des ratages, des erreurs de casting, des doutes, des recommencements, etc. mais elle garantira et assurera la sortie de la république bananière imposée par ce pouvoir depuis 1962. 

Construire un pays et un avenir digne de ces temps de modernité est désormais possible. Point de découragement, ni de lassitude dût-on marcher et manifester jusqu’à ne plus avoir de semelles de chaussures, dût-on continuer à marcher pieds nus. Ce pouvoir à l’agonie laisse entendre, via ses relais, que la Hirak sans leaders, sans structures, sans porte-parole, etc. est à bout de souffle et surtout risque de virer en un mouvement anarchique qui ébranlera la «stabilité» du pays et attirera des ennemis étrangers capables de l’exploser comme la Syrie ou la Libye. N’a-t-on pas lu et entendu des «analystes» (et concubins du pouvoir) faire des similitudes débiles et fantasques avec la Libye et la Syrie? Ces «gens-là» omettent non pas par oubli mais bien par perfidie de rappeler que ces deux pays ont été attaqués par une coalition d’armées occidentales et leurs soumis de quelques pays arabes ! Des navires de guerre, des avions de combat et des troupes au sol ont attaqué ces pays dans des circonstances de surenchères d’intérêts géostratégiques connus depuis plus de 30 ans ! 

Non, la «révolution tranquille» des Algériennes et Algériens n’a pas et n’est pas actionnée par quelques forces étrangères. Elle est la fin d’une patience historique à plus d’un demi-siècle d’injustice, de «hogra», de démagogie politique, de monopole du pouvoir par des castes usurpatrices de la légitimité populaire, de répression des libertés individuelles et collectives, de mépris de l’intelligence des populations, etc., etc. Faut-il rappeler que ce peuple si méprisé n’a jamais cessé de crier sa soif d’égalité, de liberté et ses combats réprimés par la matraque, la prison et l’exil ? Les émeutes répétitives de ces dernières années, les militants des droits de l’homme et de la démocratie emprisonnés, torturés, exilés; octobre 1988 et ses martyrs, les grèves à répétition, et par-dessus tout la terrible décennie rouge sang, noire comme une longue, très longue nuit…Tant de cris, de larmes et de drames n’ont pas suffi à faire comprendre à ce pouvoir prédateur l’absolue nécessité de «dégager», de rendre le pays à son peuple. 

Le peuple algérien connaît bien la logique de la violence qu’il a subie depuis des décennies et en a tiré la conclusion: se libérer sans violence, sans faire couler le sang, sans faire d’orphelins et des traumatisés et handicapés à vie! Assez de la menace de la main étrangère et de la grossière menace venue de l’étranger. Les Algériennes et Algériens veulent se libérer de ce système et les régimes oppresseurs et voleurs de leur pays depuis des années. Dans ce face-à-face pouvoir-système-peuple, il n’y aura pas de trêve avant que ce régime, son pouvoir et ses symboles ne soient dégagés à jamais des institutions et centres de décision du pays. Le marcheur et manifestant dans les villes et villages du pays n’a plus d’autre passion que celle d’atteindre sa destination finale non pas en rasant les murs de peur de la matraque, mais en brandissant dans le vent l’emblème national et en chantant «Kassamen, nous avons juré». 

Cet amour et cette passion de la liberté que les prédateurs, voleurs et usurpateurs de la volonté du peuple ne connaissent pas, ne ressentent pas et ne comprendront jamais. «Ils» partiront sans le comprendre. 

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