L’histoire, plus qu’imaginaire car cauchemardesque, d’un pays qui, par un long glissement progressif, est passé d’une apparente et douce démocratie représentative à une démocrature pernicieuse et délicieuse. Cette dernière est une forme de gouvernance qui reprend l’habit de la démocratie vidée de sa substance pour travestir une pure dictature

La démocrature comme seul horizon ?

PERSONNE

C’est l’histoire, plus qu’imaginaire car cauchemardesque, d’un pays qui, par un long glissement progressif, est passé d’une apparente et douce démocratie représentative à une démocrature pernicieuse et délicieuse. Cette dernière est une forme de gouvernance qui reprend l’habit de la démocratie vidée de sa substance pour travestir une pure dictature. Le tout venant servir les intérêts d’une oligarchie financière à l’avidité sans borne : on pourrait donc parler d’une démocrature de marché où votre avis est sollicité et retenu uniquement quand il vient valider une décision déjà prise. Dans le cas contraire, votre avis sera réputé nul et non avenu à cause de votre ignorance crasse, ou à cause d’un manque de pédagogie.

Ainsi s’agit-il, en tout lieu, en tout temps, de soigner la forme pour mieux fortifier le fond. La démocrature est à la fois, pour ne pas dire en même temps, la cause et le remède.

En effet, vouloir préserver les privilèges exorbitants d’une minorité, c’est forcément vouloir pressurer une majorité. Cette pression toujours plus forte ne peut être contenue sans un maintien de l’ordre irréprochable. L’ordre des choses doit être préservé alors que le système est lui-même générateur de désordre à cause des inégalités sur lesquelles il prospère avec une efficacité qui s’accroît à mesure qu’elles s’amplifient (1). Plus les inégalités sont flagrantes, plus la pression augmente. Plus la révolte couve, plus le maintien de l’ordre, plus la répression doivent s’abattre. Le moindre mouvement de contestation doit être tué dans l’œuf : si la communication s’avère dépassée malgré le dénigrement intensif de ceux qui regagnent en dignité, la force brute et la force de la loi viennent annihiler toute ébauche d’opposition. La violence légale est donc le seul remède aux problèmes sociaux : à coup de bombes assourdissantes, à coup de gaz nocifs, on soigne le corps social en souffrance, le corps social de la sous-France quand les « premiers de cordée » comptent, bien à l’abri, leurs profits. Il ne reste plus qu’à offrir la gestion des prisons au privé pour parachever l’œuvre capitaliste tyrannique.

Une fois n’est pas coutume, je vais évoquer un dessin animé, non pas que nous soyons des enfants attardés, non pas que je veuille faire de la pédagogie, mais parce qu’il arrive aux œuvres de qualité d’avoir plusieurs niveaux de lecture possibles.

Prenons Titi et Grosminet : qui n’a pas rêvé de tordre le cou au petit canari ? Pauvre animal, de complexion si fragile, mais tellement haïssable. N’est-il pas le symbole du capital qui vole en totale liberté ? Et ce pauvre Grosminet avec sa balourdise, avec son élocution laborieuse, n’est-il pas le peuple, la masse bernée à l’envi ? Mémé, n’est-elle pas ces vieilles institutions qui protègent l’oligarchie si fragile et si prospère ? Et le molosse qui garde la maison n’a-t-il pas la tronche, n’a-t-il pas la carrure de ces forces de l’ordre, de ces acteurs de la répression qui protègent l’économie de captation ?

Sans les institutions, la minorité serait écrasée par les gueux qui auraient tôt fait de reprendre leur dû. Les institutions sont là pour imposer le droit. Le droit est là pour satisfaire la minorité et pour contraindre la majorité.

Au début, il y a les droits de l’Homme naturels et imprescriptibles : « ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » ; « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit » (art. 2 et 1 DDHC de 1789). Puis par un patient et imperceptible glissement juridique, ces droits fondamentaux ont fondu comme neige au soleil : le droit positif (du latin jus positum : le droit posé, le droit défini à un moment donné par l’ensemble des règles juridiques en vigueur) est venu réduire le champ de la liberté, devenue plurielle avant de n’être plus grand chose.

Le processus est lent pour ne pas choquer les consciences endormies, mais toutes les occasions sont bonnes, il n’y a aucun scrupule.

« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L’histoire du terrorisme est écrite par l’État, elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique ». (Commentaires sur la société du spectacle, Guy Debord)

Dit comme cela, c’est plutôt du genre violent, mais les faits des dernières années viennent corroborer ces dires. Les attentats dits « terroristes » ont permis l’instauration de l’état d’urgence, un état temporaire où les libertés sont restreintes à cause de l’urgence, bien sûr. Puis les mesures arbitraires et temporaires ont été, en un tournemain, inscrites dans le droit commun : les lois d’exception ont tendance à rejoindre subrepticement les lois générales par simple gravité.

Ainsi quelques morts violentes furent-elles instrumentalisées pour restreindre les droits naturels et permettre la répression. Les délits ou les crimes sont maintenant poursuivis avant même leur réalisation : il y a les guerres préventives de l’Empire, maintenant on a droit aux délits de « regroupement en vue de commettre un délit ». C’est des plus tordus, mais c’est légal : est-il la peine de demander l’avis du Conseil Constitutionnel ? Vu la consanguinité des institutions…

Par contre, toutes les morts ne sont pas instrumentalisées : les victimes de l’amiante, 3 000 décès par an rien qu’en France, semblent passées par pertes et profits. De même, les 10 à 14 mille décès liés au chômage (2) semblent invisibles, dérisoires pour ne pas dire une hécatombe (« sacrifice de 100 bœufs ») propitiatoire. Les institutions sélectionnent donc les morts, il y aurait les morts utiles et les morts silencieuses : que les gueux crèvent en silence, même si on achève bien les chevaux.

Certains rétorqueront qu’il demeure la Justice, inhérente à un État de droit. Ah ! Oui la Justice !

C’est oublier qu’il y a Justice et justice.

Il y a la Justice « personnifiée par une femme aux yeux bandés et portant une balance et un glaive » : c’est l’institution chargée d’administrer la justice selon le droit positif.

Il y a la justice au sens moral qui se rapporte à l’équité. Faudrait voir à ne pas confondre.

En résumé, vous avez, en théorie, des droits naturels intangibles. En pratique, c’est une tout autre paire de manches. Le droit est là pour contraindre la majorité dans un cadre toujours plus restreint et pour offrir à la minorité cupide un maximum de passe-droits qui leur permettent d’optimiser, à tout-va, en parfaite légalité. Vous avez compris : le droit positif est positif et bénéfique pour quelques privilégiés, il est plutôt du genre négatif pour la majorité.

Ainsi, en théorie, avez-vous droit à la démocratie représentative, au « gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple », et tout le tralala (à ne pas confondre avec le « bololo »). En pratique, comme il est loin de la coupe aux lèvres, vous connaissez une forme insidieuse de dictature, vous connaîtrez l’arbitraire, les lois scélérates, la répression à la première occasion.

Répression est un vilain mot, maintien de l’ordre sonne toujours mieux. Il faut dire que le peuple est mû par des instincts de bête quand l’oligarchie, elle, est formée par l’élite pensante et agissante. Les bêtes sont violentes par nature. Pour leur domestication, leur dressage, il faut établir un rapport de force, de dominants à dominés : la violence naturelle doit être contenue, combattue, réduite par tous les moyens légaux, et non létaux, enfin le moins possible, c’est le propre d’une nation civilisée, n’est-ce pas ?

D’aucuns diffuseront en boucle les images de la prétendue violence des manifestants, d’autres désigneront avec délectation les casseurs en action. Ah ! Oui les images de violence !

C’est oublier qu’il y a Violence et violence.

« Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. » (Hélder Pessoa Câmara)

Ce théologien de la libération n’avait pas tort : que ce soit en dictature ou en démocrature, le constat reste le même. Est-il besoin de rappeler que la Justice n’est saisie que pour sanctionner la deuxième ? Elle a les yeux bandés, elle ne juge que les affaires qui lui sont soumises. Elle ne peut pas s’autosaisir, en effet il appartient au parquet d’introduire une « action publique ». Le parquet n’est pas une institution judiciaire, c’est une émanation de l’exécutif : « la plume est serve, la parole est libre » pour les magistrats du parquet qui sont amovibles. Pour ce qui est des dossiers fiscaux, les procureurs ne sont pas habilités à agir de leur propre initiative : il appartient à Bercy, et à son célèbre « verrou », de les traiter, car on n’est jamais à l’abri d’un procureur par trop libre.

Vous comprendrez donc que les gardes à vue, les poursuites pénales, les comparutions immédiates, les prélèvements d’empreintes digitales ou génétiques (prémices d’un fichage général), que l’arbitraire légalisé, que l’usage des grenades de désencerclement à la légalité irréprochable, que tout cela concourt à la dissuasion de tout mouvement qui viendrait contester l’ordre établi. En dernier argument, il y a toujours la répression, la force brute : qui aura des séquelles, qui perdra un œil, qui une main, quand ce n’est pas la vie elle-même. Autant de victimes qui auront peu de chance de faire valoir leurs droits naturels, qui verront leurs dossiers se traîner lamentablement dans les méandres, dans les couloirs obscurs et poussiéreux d’une Justice de classe…

Mais, comme en toute chose, il y a toujours un impondérable, il y a toujours ce fichu facteur humain. Ainsi suffit-il que les exploités, les humiliés, les insultés, les illettrés, les fainéants, ç’a en fait du monde, reprennent le goût des Autres, qu’ils renouent avec des valeurs simples comme la fraternité, la solidarité et le partage de l’expérience pour que la violence subie au quotidien génère, par antipéristase (3), une force créatrice.

Comme l’écrivit Camus dans L’homme révolté, « voici le premier progrès que l’esprit de révolte fait faire à une réflexion d’abord pénétrée de l’absurdité et de l’apparente stérilité du monde. Dans l’expérience absurde, la souffrance est individuelle. À partir du mouvement de révolte, elle a conscience d’être collective, elle est l’aventure de tous. Le premier progrès d’un esprit saisi d’étrangeté est donc de reconnaître qu’il partage cette étrangeté avec tous les hommes et que la réalité humaine, dans sa totalité, souffre de cette distance par rapport à soi et au monde. Le mal qui éprouvait un seul homme devient peste collective. Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le « cogito » dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur : je me révolte, donc nous sommes. »

Bonne année donc à tous ceux qui, ici et ailleurs, luttent pour leur dignité, combattent pour leur liberté.

Que 2019 soit une année climatérique pour l’oligarchie et ses laquais.

« Lorsque l’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve ; mais lorsque l’on rêve à plusieurs, c’est déjà une réalité. »

« Si je fais l’aumône à un pauvre, on dit que je suis un saint, mais si je lui explique pourquoi il est pauvre, on me traite de communiste. » (Hélder Pessoa Câmara, 4)

La première image de la lune masquée

Sortie de la première image de la lune masquée

Sortie de la première image de la lune masquée

Après son atterrissage réussi sur la lune, la sonde chinoise a envoyé la première image de la lune à demi cachée. Le point éloigné, appelé la partie sombre de la lune, est également éloigné de la Terre. Pour cette raison, il n’est pas suffisant de le voir et il est relativement inconnu de l’être humain.

 L’Agence spatiale chinoise a ajouté que la sonde avait atterri à Beijing jeudi (jeudi) à 22h sur une longitude de 177,6 degrés et une latitude de 45,5 degrés au sud, à gauche de la lune.


La sonde chinoise a été lancée le 17 décembre au Centre de lancement de satellites China Chichat et a commencé son voyage vers la Lune.


Le lancement de cette lune solaire est l’une des actions scientifiques et spatiales les plus importantes de la Chine, visant à fournir certaines des parties les plus inconnues de la Lune, qui ne sont pas visibles, pour mener des recherches scientifiques et en explorer de nouvelles afin de compléter le programme spatial.


Le point éloigné, appelé la partie sombre de la lune, est également éloigné de la Terre. Pour cette raison, il est insuffisant pour le voir. Il est relativement inconnu de l’humanité et, contrairement à l’autre partie, perturbé, il peut contenir des informations importantes pour les futurs programmes spatiaux. Être


Ce prospectus sera largement utilisé pour les futures expériences de sciences spatiales chinoises.


Les scientifiques ne souhaitaient que rester en contact avec la sonde, car ils pensaient que certaines barrières s’étaient arrêtées brusquement une fois que l’explorateur avait atterri sur le côté sombre de la lune.


C’est pourquoi la Chine a lancé en mai un satellite appelé Chiu Chiayu, situé à 400 000 km de la Terre en orbite entre la planète et le globe pour transmettre des signaux au sol et des signaux au sol.


La Chine achève le nouveau Plan de la route de la soie et les lanceurs spatiaux dotés de satellites en orbite terrestre permettront aux pays de cette région de bénéficier du service de positionnement Bideo de la Chine à l’avenir.

Source: IRNA 

Au moment où la PolicePolitique de Castaner enferme un militant politique armé de bougies (en hommage aux morts giletsjaunes), alancelin nous livrait un édito remarquable pour LeMediaTV.

Un revenu décent est un droit fondamental de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Pourtant, en Algérie, des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Cette inégalité barbare, qui produit régulièrement morts de misère et souffrances sans fin n’a rien d’une donnée naturelle et intangible.

Un revenu décent garanti pour tous, avec ou sans emploi !

MTH Pour combattre la misère et la pauvreté, pour résister à la précarisation de nos vies, pour un autre modèle de développement et un véritable partage des richesses produites par tous, avec ou sans emploi. 

Un revenu décent est un droit fondamental de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Pourtant, en Algérie, des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Cette inégalité barbare, qui produit régulièrement morts de misère et souffrances sans fin n’a rien d’une donnée naturelle et intangible. Comme en ont témoigné nombre d’actions, chacun veut vivre, se loger, se déplacer, se cultiver, se distraire, sans être soumis au contingentement des aumônes concédées par les services sociaux ou avoir à dépendre d’organismes caritatifs. Assistance aléatoire et charité sont non seulement insupportables mais aussi parfaitement inefficaces pour faire reculer la misère. Un revenu garanti représente donc avant tout cette exigence de pouvoir tout simplement vivre, sans subir l’indignation permanente des donneurs. 

Combattre la précarisation 

Le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle et les programmes d’emplois d’attentes et de lutte contre la pauvreté, et en l’absence d’une évaluation officielle, ont montré leurs limites, ils ont été détournés de leurs objectifs pour la paix sociale. Aussi, l’administration a été inondée par les jeunes insérés sans aucune étude permettant d’assurer leur avenir professionnel. Le privé, quant à lui, n’a pas joué le jeu mais a seulement profité d’une main d’œuvre gratuite pour qu’elle se retrouve de nouveau en chômage et sans aucun savoir-faire réel. 

La micro entreprise, considérée comme la solution miracle du chômage des jeunes, a été et reste un moyen de gaspillage des deniers publics, a créé des chômeurs endettés, en inversant la charge de la preuve, veut faire croire que ce sont les chômeurs et chômeuses qui seraient responsables du chômage. En Algérie, les « politiques de l’emploi » visent à radier massivement pour faire baisser les statistiques, diminuer ou supprimer ces maigres indemnités, et obliger à des emplois forcés, à des salaires de misère et à des conditions de travail de plus en plus dégradées. Le précariat se généralise dans l’ensemble du monde du travail. 

Un revenu garanti pour tous, permet au contraire le choix de son emploi ou de sa formation et une autre organisation du travail. C’est non seulement la possibilité de refuser les emplois précaires, sous-payés ou dégradants, mais aussi le moyen d’endiguer la tendance à la baisse des salaires, l’emploi partiel contraint qui contourne le SMIG et les conditions de travail engendrées par le chantage à la misère : l’indemnisation de toutes les formes de chômage permet de combattre la précarisation de nos vies. 

Ne payer la force du travail qu’au moment où elle produit de la valeur. C’est l’essence d’un programme humain qui vise ni plus ni moins à défaire ce que des décennies de luttes sociales avaient réussi à obtenir : une définition élargie du salaire. La continuité des droits et d’un revenu est nécessaire pour que l’emploi discontinu ne soit pas une variable d’ajustement permettant des profits les plus invraisemblables, tout en détruisant les droits (SMIG, formations, droit du travail, droit de grève, retraite, santé). 

Il n’y a pas de politiques sociales sans un mouvement social qui l’impose : une mobilisation d’ampleur, de nouveaux rapports de forces doivent aujourd’hui imposer une véritable sécurité économique et sociale et un réel partage de la richesse produite collectivement, avec ou sans emploi, de nouveaux droits individuels et collectifs. 

Le Pouvoir est toujours celui d’une structure sociale, aussi bien quand il le prend, le pouvoir, et à fortiori quand il l’a. La neutralité sociale du Pouvoir n’existe donc pas. Il est vrai que tous les systèmes ont combattu cette idée, faisant du pouvoir une entité absolue, détachée des contingences sociales et qu’il est, bien entendu, impossible de remettre en question. Démarche tout à fait logique car tout pouvoir installé, institutionnalisé, est conservateur, tout pouvoir est totalitaire dans sa conception qu’il a de lui-même et dans la conception qu’il a des rapports sociaux dont il est le garant. Aucun pouvoir ne peut imaginer la remise en question de la structure sociale, des rapports sociaux, dont il est le garant… ce serait se nier lui-même. 

Pour un autre modèle de développement et un véritable partage des richesses produites par tous, avec ou sans emplois. 

Le productivisme attaque directement nos conditions de vie. Il prétend apporter la croissance, l’emploi et la réduction des inégalités alors qu’il maintient dans la misère et la pauvreté une grande partie de la population mondiale. Il impose le marché comme seule norme et mesure de l’utilité, le chômage de masse et l’emploi à n’importe quel prix, la concurrence de tous contre tous, en renforçant les processus de domination et en détruisant la richesse des milieux humains et des pays. Un revenu décent – revenu d’existence au minimum-garanti pour tous rend aux citoyens toute leur autonomie dans leur activité. Le travail et l’économie doivent être au service des vivants et non l’inverse. Un salaire social, un revenu garanti est une part de la richesse sociale produite par tous, avec ou sans emploi. C’est un investissement socialement productif. Sans doute n’est-il pas suffisant, mais il est nécessaire pour un autre type de développement et d’organisation du travail. Il remet en cause la part de l’exploitation dans et par l’emploi salarié, en dissociant les moyens économiques de l’existence de la seule condition salariale. 

Déconstruire les idéologies dominantes qui bornent notre pensée 

La revendication d’un revenu dissocié de l’emploi rencontre des obstacles qui relèvent moins de son caractère – utopique -(ou de son caractère irréaliste du point de vue de son financement) que de la barrière que constitue l’idéologie du travail encore dominante, confortée par une certaine culture qui fait du travail (et du travail salarié) la source de toutes les richesses et donc la condition d’accès au revenu et le facteur de socialisation de l’individu. 

Elle peut-être malencontreusement confondue avec une allocation nationale ou universelle misérable et conditionnelle qui poursuivrait la politique libérale de subvention aux entreprises plafonnant les salaires ou encore dédommageant les femmes de leur confinement à la maison. Un niveau suffisamment élevé d’un revenu dissocié de l’emploi répond à cette approche libérale d’un revenu minimum conditionnel de subsistance, conçu comme un solde de tout compte d’un démantèlement sauvage des protections existantes. 

Dans le contexte actuel, depuis déjà plusieurs décennies, de la crise du plein emploi, de la norme de l’emploi à plein temps et à vie, la seule utopie pensable serait-elle alors celle d’un retour. au plein emploi, à vie, et à plein temps ? 

En oubliant, peut-être, que la crise de cette norme, est aussi portée par le désir d’échapper à l’aliénation du travail massacrant dans les usines, le désir de savoir, d’expérimenter des formes autonomes d’association, d’être mobile, de s’épanouir dans une activité constitutive de l’humain, coopérative et inventive, au lieu d’enfermer sa vie dans un rapport salarial de subordination à l’intérieur d’une entreprise qui décide à notre place quoi et comment produire. 

Quelle est la nature de l’activité humaine, qu’est-ce que la richesse, comment on la produit, comment on la partage ? 

La taxation des transactions et des flux financiers, les taxes globales et la lutte contre les fraudes fiscales sont en étroite corrélation avec la revendication du droit pour tous à un revenu décent, avec ou sans emploi, pour arracher à la dictature des marchés financiers les moyens de développer des activités infiniment plus enrichissantes que ce à quoi le capitalisme global nous contraint tout en pillant les ressources de notre pays. 

Le discours sur le changement ne sera alors plus du simple domaine de la spéculation intellectuelle ou des promesses électorales, il plongera ses racines dans une pratique sociale dans laquelle tout un chacun sera partie prenante. 

L’emploi n’est plus l’objectif final des gouvernements ou des entreprises. Le mécanisme qui voulait que la croissance d’aujourd’hui donne les emplois de demain ne fonctionne plus. Les gouvernements comme les institutions internationales ont renoncé au plein emploi, qui servait d’objectif principal. 

La recherche maximale de profits à court terme, pour flatter les marchés financiers, est aussi devenue une fin en soi. Le contrat social qui prévalait entre entreprises et leurs employés est rompu, comme le trahit la rémunération scandaleuse des grands dirigeants, alors qu’on impose modération aux salariés. 

Il est grand temps d’admettre que, s’il ne peut plus y avoir d’emploi pour chaque être humain, le travail ne doit plus être considéré comme la valeur suprême de nos sociétés, et l’unique source de revenu possible. A moins de rayer 200 millions d’individus de la planète, il devient vital d’élaborer un compromis offrant une place à chacun. Croire que l’entreprise doit créer des emplois ou les conserver coûte que coûte est une erreur fondamentale, c’est oublier, ou ne pas savoir, ou ne pas vouloir savoir quelle est la finalité du système marchand : faire du profit. 

L’amour de notre frère de misère doit affermir notre aspiration à la justice sociale.

2019 : l’année du réveil des peuples

misère

Aucune ville n’est épargnée par cette vile économie capitaliste.

M K– Une année extraordinaire vient de s’achever. Elle nous a offert 365 jours de vie supplémentaire emplie de joie et parfois de chagrin. Remercions le Ciel d’être encore en vie. Que demander à la nouvelle année, sinon de nous gratifier d’un lot de 12 mois d’existence agrémenté à ras bord de bonheurs simplement humains, embelli par une fraternité partagée avec l’humble et souffrante humanité, gorgé de solidarité accordée à toutes les personnes dans le besoin.

Par-delà notre petite minuscule individualité, la collectivité souffrante humaine doit avoir les faveurs de notre cœur. La préoccupation primordiale de notre énergie intellectuelle. L’objectif prioritaire de notre combat politique.

L’amour de notre frère de misère doit affermir notre aspiration à la justice sociale. La misère de notre frère doit nous acculer à lâcher bride à notre révolte, à libérer notre rage pour exiger la fin de toutes les formes d’injustice, instaurer une société débarrassée de toutes les formes d’oppression.

Aujourd’hui, la misère ne connaît pas de frontières. Elle s’est mondialisée, comme le capital, responsable de ce crime contre l’humanité. D’Alger à Caracas, du Caire à Marseille, aucune ville n’est épargnée par cette vile économie capitaliste.

De manière inattendue, la fin de l’année s’est réveillée de sa longue nuit de sommeil hivernal social. Le printemps des peuples en lutte pour une vie meilleure s’est enfin levé en France. Son rayonnement s’est irradié de pays en pays, propageant une lumière d’espoir de libération sociale à tous les peuples opprimés. Plus aucun peuple ne tolère vivre sous la férule de la dictature de la finance. Plus aucun peuple n’est disposé à accepter les sacrifices, depuis des décennies consentis au nom de l’intérêt général, de la nation. L’intérêt général a toujours revêtu les atours de l’intérêt particulier des classes dirigeantes mondialistes, apatrides, illégitimement identifiées à la nation. Ces classes parasitaires n’incarnent aucunement la nation qu’elles piétinent et bradent à leur guise à la finance internationale.

Comme en 1789 et en 1871 en France, en 1917 en Russie, en 1954 en Algérie, l’année 2019 va-t-elle enfin concrétiser définitivement les projets d’émancipation humaine de nos pionniers hommes et femmes historiquement exceptionnels de bravoure révolutionnaire ?

De la résolution de chacun à emboîter le pas à nos glorieux martyrs, à nos exemplaires militants, dépend le renversement du rapport de force. Et, par conséquent, la fin des rapports de domination. Le recouvrement de la dignité sociale des peuples algérien, français, vénézuélien, américain, de toute la communauté humaine.

A la veille de 1789, aucun homme politique n’aurait misé un écu sur la fin définitive de l’ancien régime aristocratique millénaire. A la veille de 1917, aucun militant n’aurait parié un kopeck sur le renversement de la monarchie tsariste. A la veille de 1954, aucun homme politique au monde n’aurait misé un franc sur la fin du colonialisme en Algérie, renversé par la glorieuse guerre de Libération nationale. Dans les trois exemples, seule l’entrée en lutte du peuple opprimé, de manière spontanée, a permis un changement révolutionnaire du cours de l’histoire.

De manière générale, jamais dans l’histoire une classe régnante a d’elle-même remis les rênes de son pouvoir au peuple. Il faut cesser les jérémiades. Le pouvoir a fait de nous des pleureuses sociales.

A chaque assassinat d’une mesure sociale perpétré par le pouvoir, nous transformons la rue en vaste mouvement processionnel liturgique, accompagnant le corbillard de notre dignité au cimetière social pour l’enterrer avec nos propres mains, avec l’aide experte de ces fossoyeurs syndicalistes, sous le regard jubilatoire du capital.

Par notre personnalité pusillanime, notre frilosité combative, notre lâcheté politique, nous nous offrons avec notre bénédiction en victimes expiatoires au capital, sacrifiées comme des boucs émissaires, offrant à la finance une nouvelle ère de jouvence obtenue par notre mise à mort sociale prématurée.

Cessons de nous agenouiller devant le monstre gouvernemental pour l’implorer de nous épargne
L’amour de notre frère de misère doit affermir notre aspiration à la justice sociale.
L’amour de notre frère de misère doit affermir notre aspiration à la justice sociale. r ! Cela me rappelle ce vieux proverbe kabyle : l’arbre s’est plaint de douleur à la hache, laquelle lui répond que le manche vient de lui.

Le peuple, personnifié par l’arbre, a toujours octroyé de son plein gré à la classe dirigeante le manche de la hache, à savoir le pouvoir avec lequel elle sévit contre le peuple. Pour mettre le peuple en coupes réglées.

Cessons de nous agenouiller devant le monstre gouvernemental pour l’implorer de nous épargne
L’amour de notre frère de misère doit affermir notre aspiration à la justice sociale.
L’amour de notre frère de misère doit affermir notre aspiration à la justice sociale. r ! Cela me rappelle ce vieux proverbe kabyle : l’arbre s’est plaint de douleur à la hache, laquelle lui répond que le manche vient de lui.

Le peuple, personnifié par l’arbre, a toujours octroyé de son plein gré à la classe dirigeante le manche de la hache, à savoir le pouvoir avec lequel elle sévit contre le peuple. Pour mettre le peuple en coupes réglées.

Mes meilleurs vœux 2019 !