Un jeune homme victime d’un tir de flashball par un membre des forces de l’ordre montre sa blessure lors de la mobilisation des Giletsjaunes ce samedi à Paris

Manbij: les forces françaises encerclées?

Manbij: les forces françaises encerclées?

À peine deux jours après l’annonce par Trump du retrait US de Syrie, le président français l’a amèrement regretté, allant jusqu’à rappeler que toutes les parties en présence, à savoir celles qui se sont engagées sous la bannière US pour faire la guerre à l’État syrien et ses alliés, ont « leur part de responsabilité » dans la défense des Kurdes de Syrie, « seules forces qui ont combattu Daech l’arme au poing ».

Dans la foulée, le président turc Erdogan s’est mis à menacer la France : « L’obstination française à vouloir soutenir les “terroristes” [les Kurdes de Syrie, NDLR] et, par conséquent, à vouloir prolonger sa présence en Syrie n’est pas dans l’intérêt de Paris. »

L’agence turque officielle Anadolu vient de publier ce vendredi la carte des bases militaires de l’armée française en Syrie.

Depuis le début de l’opération anglo-saxonne contre la Syrie en 2005, et particulièrement depuis le début des opérations militaires en 2011, la France a travaillé avec acharnement à l’émergence d’un État kurde dans le nord et le nord-est de la Syrie. Ce projet avait d’ailleurs été explicité par le président François Hollande lors d’un voyage aux Nations Unies à New York.

Selon cette carte en date du 28 décembre 2018, il existe neuf bases militaires secrètes françaises, dont une dans le gouvernorat d’Alep, au nord de Manbij. Or, à la demande des Kurdes, l’armée syrienne vient de débarquer ce vendredi même à Manbij pour leur porter secours face à l’armée turque. Actuellement, les troupes syriennes prennent le contrôle de la région aux côtés des Kurdes soutenus jusqu’ici par les Américains.

Que risque-t-il de se passer ?

Les forces françaises vont rapidement se trouver encerclées par leurs alliés d’hier, à savoir les miliciens kurdes. La France va-t-elle tirer sur l’armée syrienne pour défendre les Kurdes qui viennent de se rallier à Damas ? Pas plus tard que ce vendredi, le représentant du Rojava (le Kurdistan syrien) en France, Khaled Issa, avertit. Dans une interview au Point, il a évoqué les risques d’une opération turque en Syrie, qui ne fera d’après lui que « renforcer Daech », et a exhorté Paris à œuvrer auprès du Conseil de sécurité de l’ONU pour protéger la « force qui a défait Daech ». Le président Macron pourrait engager la France dans une guerre sans lendemain, en plus d’une crise sociale qui entre dans sa septième semaine

un Suisse arrêté en lien avec le meurtre des deux touristes scandinavesL’homme, « imprégné de l’idéologie extrémiste » et portant également la nationalité espagnole, est « soupçonné d’avoir appris à certaines personnes interpellées dans cette affaire les outils de communication issus des nouvelles technologies et de les avoir entraînées au tir »

Maroc: un Suisse arrêté en lien avec le meurtre des deux touristes scandinaves

L’homme est « imprégné d’idéologie extrémiste ».

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Un Suisse installé au Maroc a été arrêté samedi à Marrakech (centre) pour son lien présumé avec certains suspects dans le récent meurtre de deux jeunes randonneuses scandinaves dans le sud du Maroc, a annoncé le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ).

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L’homme, « imprégné de l’idéologie extrémiste » et portant également la nationalité espagnole, est « soupçonné d’avoir appris à certaines personnes interpellées dans cette affaire les outils de communication issus des nouvelles technologies et de les avoir entraînées au tir », a ajouté le BCIJ dans un communiqué.

L’enquête révèle son « adhésion à des opérations de recrutement et d’embrigadement de citoyens marocains et subsahariens pour exécuter des plans terroristes au Maroc », a précisé l’unité en charge de la lutte antiterroriste dans le royaume.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, ont été tuées dans la nuit du 16 au 17 décembre dans le sud du Maroc, où elles passaient des vacances.

Leurs corps ont été découverts sur un site isolé du Haut-Atlas, dans un secteur prisé des amateurs de marche. Les deux victimes ont été décapitées.

Les autorités marocaines ont déjà arrêté 18 personnes pour leurs liens présumés avec ce double homicide qualifié de « terroriste » par Rabat.

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Vive émotion

Les quatre principaux auteurs présumés, interpellés à Marrakech les jours suivant le double meurtre, appartenaient à une cellule inspirée par l’idéologie du groupe État islamique (EI) mais « sans contact » avec ses cadres en Syrie ou en Irak, avait déclaré lundi à l’AFP le chef de l’antiterrorisme marocain Abdelhak Khiam.

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L’un d’eux, Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, est soupçonné par les enquêteurs d’être le chef de cette « cellule terroriste ».

C’est lui que l’on voit parler dans une vidéo tournée une semaine avant le meurtre, dans laquelle les quatre principaux suspects prêtent allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EI.

L’affaire a suscité une vive émotion en Norvège, au Danemark mais aussi au Maroc, où une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, montrant l’exécution d’une des deux victimes, a mis le pays en émoi. La vidéo est considérée comme authentique par les autorités marocaines, selon une source proche de l’enquête.

Épargné jusqu’ici par les attentats de l’EI, le royaume –qui revendique une politique très active en matière de lutte antiterroriste– avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011).