C’est inimaginable qu’aujourd’hui quelqu’un puisse se lever et dire « sale Noir » dans l’impunité totale. » Victime d’une insulte raciste en plein spectacle, l’humoriste DonelJacksman a un message à faire passer.

 » israël « le spolieur de la Palestine est le plus condamné aux Nations Unies au niveau mondial  28/12/2018

Israël est le plus condamné aux Nations Unies au niveau mondial

Israël est la plus grande entité occupante, terroriste et criminelle qui a reçu de nombreuses condamnations à l’Assemblée générale des Nations Unies pour ses pratiques immorales à l’égard des Palestiniens. 

Israël a subi plus de 21 condamnations depuis son occupation de la Palestine en 1948. En revanche, le Hamas n’a reçu aucune condamnation aux Nations Unies. 

Les États-Unis ont récemment échoué à adopter un projet de résolution condamnant le Mouvement de résistance islamique (Hamas) à l’Assemblée générale des Nations Unies. 

« Il y a plus de 700 résolutions condamnant Israël, mais aucune résolution ne condamne le Hamas », a déclaré Nicky Hailey, émissaire américain aux Nations Unies. 

Les déclarations de Nichy Hailey ont été tenues lors d’un discours devant une session de l’Assemblée générale des Nations Unies: voter sur un projet de résolution américain condamnant le Hamas, affirmant que l’approche du Hamas vise à détruire « Israël ». 

La culture industrialisée formate les esprits


Le néolibéralisme laminoir : Le fossoyeur des identités et du vivre ensemble

Pr Chems Eddine CHITOUR

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nwoIl ne se passe pas de jour sans que l’on constate à travers le monde les dégâts du néolibéralisme qui broie d’une façon ou d’une autre, les équilibres sociologiques des peuples, les sédimentations identitaires et même les espérances religieuses. Rien ne doit s’opposer à cette machine du Diable. Dans cette contribution nous allons citer le fonctionnement du néolibéralisme dont les gourous font preuve d’une imagination débordante et font injonction aux dirigeants d’appliquer sans état d’âme leur potion amère sils veulent garder leur fauteuil. Le néolibéralisme revêt les habits de la tentation pour la majorité des «moutons» et la fabrication d’ersatz qui permettent au consommateur sous influence de croire que tout est permis, que c’est un champion, que le monde lui appartient et qu’il a toutes les qualités que lui martèle la publicité, notamment celle du culte du corps auquel il s’identifie. 

La culture industrialisée formate les esprits 

La massification culturelle ce que l’on appelle vulgairement la macdonalisation de la culture est une réalité. Les langues supports des cultures luttent en vain et à des degrés divers contre la vulgate planétaire pour reprendre les mots justes de Bourdieu. C’est le cas de la langue française qui est défendue d’une façon ou d’une autre par tous les locuteurs de cette langue même si le combat est inégal. L’Algérie est à des degrés divers en tant que deuxième pays francophone non seulement pratique cette langue mais a enrichi du mieux qu’elle peut cette richesse du patrimoine universelle sans émarger au râtelier de la Francophonie.. 

Cependant la langue et la culture ne peuvent résister si elles font à faire à une offensive visant à imposer une doxa outre-atlantique qui veut l’effritement des identités au profit justement de la culture Macdo. On comprend que Jacques-Yves Rossignol s’émeuve que la France s’émiette identitairement et accuse pour sa part, l’Empire. Il prend l’exemple des industries culturelles qu’il trouve débilisantes. Ecoutons son cri du coeur: «A la fin du XXe siècle, il était devenu impossible de poursuivre la réalisation de profits dans les pays civilisés sans attenter à la conscience des consommateurs solvables par l’industrie culturelle (cinéma, musique, art et ainsi de suite). On est passé à la consommation culturelle à cours forcé. Qu’en «libéralisme», la crétinisation par la culture industrialisée soit désormais obligatoire ne heurte pas du tout les consciences. C’est dire ce qu’est réellement le «libéralisme»: une terrifiante aliénation généralisée par une économie de gros argent, une économie accaparée. On observe la généralisation de nouveaux types de mentalités. Mais ces mentalités donnent l’étrange impression d’être comme induites automatiquement, téléguidées». Jacques-Yves Rossignol dénonce les clercs qui ont vocation à trahir au profit d’un néolibéralisme séduisant comme l’écrivait Dany Robert Dufour: «Les bourgeois de la «nouvelle gauche», les bourgeois du catholicisme social, les petits bourgeois convertis à l’activisme mondialiste, les artistes et cultureux participent tous du capitalisme culturel et de son prosélytisme. Populations ahuries, méchantes, hargneuses, ne comprenant pas leur triste état mental et développant une haine insensée vis-à-vis du petit peuple français ». (1) 

« (…) Les zombis culturels vont donc être chargés de transformer de gré ou de force ces populations récalcitrantes, qui prétendaient encore rire, plaisanter, badiner, ironiser, en une collection d’atrophiés mentaux. D’où cette fascination, cette adulation des bourgeois masochistes culturels énumérés ci-dessus pour ces héros chargés d’en finir avec le petit peuple français: l’immigré, l’étranger, l’artiste. (…) Le maintien permanent de la population en état d’atrophie mentale par l’industrie culturelle et notamment les drogues sonores («musique») constitue un nouveau mode de domination. (…) L’industrie culturelle a créé un nouveau monde ayant distancé et supplanté l’histoire organique. On n’a pas perçu la révolution mentale complète provoquée par l’industrie culturelle: consciences fabriquées et téléguidées à l’échelle mondiale, (…) Nous tentons aujourd’hui désespérément de mener une vie humaine au milieu de l’enfer culturel inventé à ce moment, qui a submergé le globe.» (1) 

Dans le même ordre de l’aliénation pour l’Empire, même les vassaux de l’Empire n’échappent pas. C’est Ignacio Ramonet qui écrivait: «L’Empire n’a point d’alliés, il n’a que des vassaux.» Dans cet ordre, le détricoge sur fond rocheux identitaire français est programmée à en croire cette publication concernant le projet Rivkin ou comment la mondialisation utilise le multiculturalisme pour assujettir des nations souveraines. 

«Un document paru en France reprend une étude américaine de 2011 dans laquelle les autorités américaines ont une vision du monde qui en un mot favorise l’émiettement. En France, cela a fait l’objet d’un tollé. Une émission dont le titre «Défrancisation» a diffusé la traduction française d’un article paru le 12 mars 2011 dans le journal américain Foreign Policy Journal. Un document de plus sur l’ingérence des autorités américaines en France, qui pour mener à bien le projet mondialiste, ont clairement décidé de transformer l’ensemble du caractère de la France, à commencer par sa propre identité en utilisant les minorités ethniques et religieuses destinées à servir les intérêts américains.» (2) 

«Le meilleur moyen de résoudre les conflits ethniques en France et de s’assurer que la France ne relèvera pas la tête pour s’opposer aux intérêts mondialistes US, c’est de créer une nouvelle synthèse culturelle dans laquelle il n’y aurait plus de culture française ou islamique, mais, sous l’étiquette des «droits de l’homme» et de l’ «égalité», une culture d’adolescents alimentée par Hollywood, MTV, le cyberespace, McDonald’s et Pepsi.»(2) 

«La France poursuit l’auteur qui a longtemps été une épine dans le flanc de la mondialisation US, à cause de son attachement obstiné aux intérêts français autour du monde, plutôt qu’à ceux d’une «communauté mondiale» préfabriquée.(…) De Gaulle se refusait de jouer la carte américaine de l’après-guerre. (…) Dans le contexte actuel, quel meilleur moyen de saper le nationalisme français et décapiter toute résurgence d’une force anti-mondialiste que d’exploiter la vaste composante islamique non-assimilée de la France. Le but ultime de la mondialisation n’est pas de promouvoir les identités et les cultures ethniques, mais plutôt de les submerger dans un vaste melting-pot de consumérisme global, de déraciner l’individu de son identité et de son héritage, et de remplacer tout cela par le Centre commercial mondial, et le «village global». (2) 

«Il faut donc, conclut l’auteur, inclure ici une redéfinition de l’Histoire de France, et y mettre l’accent sur le rôle des minorités non françaises dans l’ensemble de cette histoire redéfinie. Cela sous-entend que la génération de jeunes Américains Pepsi/MTV, ainsi que leurs guides/mentors issus des universités, serviront de repères (de phares) en vue d’une transformation (formatage) de la culture française, et une réécriture de l’Histoire de France selon un schéma mondialiste ».(2) 

Est-ce que les Français sont les seuls à subir ces assauts contre leur –fond rocheux- identitaire ? Souvenons-nous, il y a quelques années les Belges étaient menacés eux aussi, dans leur unité par la partition. La Belgique est un laboratoire! Tout ce qu’il s’y passe n’est pas anodin et est effectivement à mettre en lien avec le projet d’un «nouvel ordre mondial» (NOM) qui est dans son étape «assassinat des Etats-nations». Cette crise programmée va générer un chaos réorganisateur comme le disait Condoleezza Rice, (Ordo Ab Chaos). Ce qui se passe en Belgique semble être une «expérience de masse» qui ne doit pas nous être indifférente. «Prenez une salle de spectacle à Bruxelles où sont réunis un grand nombre d’artistes du pays. Dans un micro, une voix dit aux Flamands de s’installer à droite, aux Wallons à gauche (ou le contraire, peu importe). Des voix s’élèvent alors: «Et nous les Belges, on se met où?» cette blague belge aussi tragique soit-elle est à propos.» (3) 

Comment, par faiblesse et complaisance, détruire les nations ? 

On le devine, le sacerdoce du néolibéralisme est de Créer le consommateur mondial: homo economicus: le moi universel. On dit qu’il y a sept commandements : 

1)Promouvoir le pluriculturalisme. 

2) Valoriser le multiculturalisme. Encourager les immigrants à conserver leurs cultures. Les sociétés multiraciales et multiculturelles doivent consacrer toute leur énergie à maintenir la paix entre les divers groupes qui les composent. 

3) Faire l’éloge de la diversité plutôt que de l’unité. 

4) Maintenir le groupe dont la démographie est la plus forte dans l’illettrisme. Une sous-classe en expansion, non-assimilée, sous-éduquée, hostile à la majorité, 

5) Amener le monde des affaires à soutenir financièrement le multiculturalisme. 

6) Rendre tabou tout propos allant à l’encontre du culte médiatique de la diversité. 

7) Rendre impossible l’application des lois sur l’immigration. L’immigration massive est un phénomène normal, qui ne peut être arrêté, et qui serait un bienfait pour la société. 

Ce petit mode d’emploi en 7 points-clé permet l’avènement d’une société «diverse», « paisible.» Les adeptes d’une gouvernance mondiale de la Haute Finance Internationale se servent du multiculturalisme comme d’un levier pour fragmenter les nations jusqu’alors culturellement homogènes. Ces ensembles homogènes représentent en effet un obstacle à un gouvernement centralisé. (4) 

Le Rapport Lugano 

Cette offensive contre les identités n’est pas là pour combattre une identité dans l’absolu, elle est pour asseoir et baliser le terrain pour l’avènement définitif du néo-libéralisme. Susan Georges universitaire franco-américaine ancienne membre du site Attac, avait dénoncer dans un ouvrage choc « le Rapport Lugano » paru aux Ed. Fayard, il y a une deuxième année, la stratégie diabolique des grands gourous de la mondialisation Dans son deuxième ouvrage le Rapport Lugano II , Susan Georges va plus loin. Pour elle, les experts croient savoir comment procéder pour assurer le triomphe du capitalisme occidental: comment les «décideurs» peuvent-ils à la fois mettre en oeuvre les politiques ultralibérales qui sont le fondement de la mondialisation et prétendre s’attaquer aux conséquences catastrophiques de ces mêmes politiques? (5) 

« Le socle du néo-libéralisme dans sa vision prédatrice se trouve, à en croire Susan Georges dans une bible appelée «Rapport Lugano» En fait écrit Phillipe Frémaux l’ancêtre de cette stratégie du chaos réorganisateur a démarré comme le rapporte Susan Georges dans son ouvrage Le rapport Lugano. Depuis trois décennies, Susan George est de tous les combats en faveur des peuples du Sud et contre les effets destructeurs de la mondialisation libérale. Le rapport Lugano, son dernier ouvrage, se présente comme un rapport écrit à la demande des «maîtres du monde», qu’on devine être les élites qui se retrouvent chaque année à Davos. Objectif du rapport: apprécier les menaces qui pèsent sur le capitalisme libéral et trouver les moyens d’assurer sa pérennité.» (6) 

Quelles sont leurs cibles pour atomiser les solidarités? 

«Une dizaine d’experts triés sur le volet par des commanditaires anonymes, mais ne faisant pas mystère de leur influence sur les affaires du monde, sont réunis dans une luxueuse villa sur les hauteurs du lac de Lugano, en Suisse. Ils ont pour mission de rédiger un rapport qui doit lui-même rester secret. La religion, poursuit l’auteur, peut trop aisément devenir une source de troubles et de révolte quand les gens ont le sentiment que leurs choix «spirituels» sont violés, si stupides ou malavisées que puissent être en réalité leurs croyances. – il ne faut pas, répétons-le, attirer l’attention et la controverse par la censure, alors qu’il est si simple d’écrire des «best-sellers» qui saturent les libraires et célèbrent le mode de vie capitaliste». (6) 

De plus, l’auteur nous signale d’autres « gisements potentiels » sur l’art de diviser et de détourner l’attention «Tout ce qui concerne la sexualité, le corps ou la santé en général peut être judicieusement exploité quand il est urgent de détourner l’attention de questions graves». On peut aussi signaler comme moyens de perturbation: Le déséquilibre écologique: parce que les pressions exercées sur elle par les économies capitalistes sont considérables, Le capitalisme crapuleux: les activités criminelles à grande échelle peuvent saper les fondements de l’activité économique «légitime», «légale» L’effondrement financier: les marchés financiers. Le crime banalisé. Face à ces menaces, le capitalisme doit se prémunir. Il l’envisage sans faiblesse. Diviser: non seulement neutraliser tout effort de solidarité, mais exploiter les suspicions, entretenir la haine, créer l’hostilité entre les groupes, Affamer: une réduction provoquée des réserves contribue à la hausse des prix et rend donc plus difficile l’accès aux denrées alimentaires; Propager la maladie privatiser des services tels que l’approvisionnement en eau… Mettre en oeuvre à grande échelle, évidemment sans le consentement des femmes, des programmes de stérilisation.» 

Le néolibéralisme : Destruction du collectif et atomisation de l’humain 

Le maître mot est là : Détourner l’attention et avancer masqué, laissant les victimes de cette peste bubonique qu’est le marché, s’interroger sur le sexe des anges, pendant que les affaires se font et se défont, « business as usual » pourrait on dire. Il vient que le cap néolibéral est clair: détruire l’être ensemble. «Le monde économique, s’interroge Pierre Bourdieu, est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’Ocde, et des politiques qu’ils imposent: baisse du coût de la main-d’oeuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail? (…) Ainsi s’instaure le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les ´´plans sociaux´´ à répétition, et, au sein même de l’entreprise. (…) Le but, poursuit Bourdieu, étant d’arriver à une armée de réserve de main-d’oeuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Pour Pierre Bourdieu, le libéralisme est à voir comme un programme de «destruction des structures collectives» et de promotion d’un nouvel ordre fondé sur le culte de «l’individu seul mais libre».(7) 

L’incitation à l’éphémère et au plaisir 

Dans Le Divin Marché, la révolution culturelle libérale, Dany-Robert Dufour tente de montrer que, bien loin d’être sortis de la religion, nous sommes tombés sous l’emprise d’une nouvelle religion conquérante, le Marché ou le money-théïsme. Il tente de rendre explicite les dix commandements implicites de cette nouvelle religion, beaucoup moins interdictrice qu’incitatrice – ce qui produit de puissants effets de désymbolisation, comme l’atteste le troisième commandement: «Ne pensez pas, dépensez!». Nous vivons dans un univers qui a fait de l’égoïsme, de l’intérêt personnel, du self-love, son principe premier.» (8) 

«Destructeur de l’être-ensemble et de l’être-soi, écrit Dany Robert Dufour, il nous conduit à vivre dans une Cité perverse.(…) Il célèbre désormais l’alliance d’Adam Smith et du marquis de Sade. La valeur symbolique, écrit le philosophe Dany-Robert Dufour, est ainsi démantelée au profit de la simple et neutre valeur monétaire de la marchandise de sorte que plus rien d’autre, aucune autre considération (morale, traditionnelle, transcendante…), ne puisse faire entrave à sa libre circulation. Sous les coups de boutoir de la post-modernité, la civilisation telle que nous l’avons connue risque de disparaître rapidement. On ne devrait jamais oublier que des civilisations millénaires peuvent s’éteindre en quelques lustres.(8) (9) 

Il n’est pas interdit de croire en ces temps de détresse matérielle que le fait religieux revienne au grand jour , les besogneux n’ayant pas ou s’accrocher matériellement ,s’en remettent d ‘une façon irrationnelle à leur espérance religieuse maintenant que leur passage sur terre est un échec assumé 

Les interrogations de l’Algérie 

Comme tous les pays en phase de maturation de l’Etat nation , l’Algérie est plus vulnérable que jamais. Elle devrait, à titre d’exemple, être très vigilante. Les évènements de Ghardaïa que l’on attribue à tort, à un chahut de gamin ,comme ce fut le cas pour octobre 1988, sont à méditer. Il n’y aura pas de paix tant que le vivre-ensemble n’eut pas été gravé dans le marbre. Pour ce faire, cela passe par une réconciliation de l’Algérie avec son histoire et, les morales à l’ancienne, pour calmer d’une façon précaire, ont de moins en moins d’avenir dans ce XXIe siècle de tous les dangers. 

Cas de psychiatrie intéressant: daoud_kamel .Verbeux, mythomane, paranoïaque rêvant de gagner beaucoup d’euros dans un créneau où le talent n’est pas obligatoire…… Où Il suffit de déverser sa rancœur,sa haine envers les Algériens….(autochtones et émigrés), la haine de ce pseudo ecrivain refléte un esprit laid , stupide ,rustre,fanatique,frustré il ne peut y avoir de compromis avec cet esprit laid….

Lettre ouverte à l’exilé inapte au bonheur

par Kamel DAOUDJe te rencontre souvent en Occident.       Lors d’une séance de signature dans une librairie, lors d’une conférence dans une université ou lors d’une rencontre publique. Tu n’es jamais assis aux premiers rangs, mais souvent au milieu, ou à la dernière rangée : expression de ce corps que tu veux suspendre entre deux mondes, vivre en occident, et revivre ton pays d’origine. Confession de ce choix qui n’a jamais été fait par toi : vivre pleinement, entièrement dans le pays de l’Arrivée. Alors tu te veux vigilant et invisible, méfiant et inquiet, choisissant la marge mais souffrant de vivre en marge, insatisfait comme si s’intégrer était trahir. Tu te veux en Algérie, en Tunisie, au Maroc, mais aussi à la fois en France en Allemagne, en Italie. 

« Je suis déçu par vous » tu m’avais dit en levant la main dans cette librairie ancienne. Cette fois à Toulouse. « Je vous appréciais plus quand j’étais à Oran, durant vos premières années » as-tu résumé ton dépit. En première réaction, parce qu’Algérien comme toi, j’étais tenté d’être cru. Te dire que c’est toi qui as changé de pays et de vie et tu veux que je reste figé dans ta mémoire, à meubler ta nostalgie ou justifier tes rancunes et tes blessures. Mais j’ai préféré te regarder puis te répondre lentement : Tu es en souffrance et tu ne le sais même pas. C’est toi qui es décevant : partir si loin et rester au fond du même puits. 

Car tu es souvent sur ma route : algérien, marocain, tunisien, « arabe » générique, étudiant, intellectuel, universitaire, exilé lettré ou alphabétisé. Venu en France mais détestant la France, vivant l’Occident entier comme une sorte de France universelle et refusée. Mal assis entre deux chaises, ou trois. Inquiet et agressif, confondant la ruse et l’intelligence. J’avais envie de te dire que c’est un comble : tu m’accuses de « servir le discours de l’extrême-droite » et tu conclus, peu à peu, que je dois ne plus écrire, me taire sur nos radicaux, les gens qui croient que porter une barbe fait de vous un Allah, ou qui possèdent la vérité, saccagent, assassinent ou veulent faire reculer le pays dans ses cavernes et les femmes vers le statut de la monture animale. Est-ce tout ce que tu as appris de ton exil ? Interdire la parole comme solution à ta faiblesse ? Tu veux à la fois profiter de la liberté dans le pays de ton arrivée et m’interdire à moi de parler de ma réalité dans mon pays ? Toute la démocratie de l’Occident qui t’a accueilli ne te sert qu’à plaider pour la censure en Algérie ? Je dois me taire sur les drames, les échecs de mon pays, juste pour ne pas égratigner ton image narcissique en Occident ? Je ne dois pas dénoncer une femme qui passe ses examens de médecine en burqa en Algérie et qui peut tricher, pendant que toi tu profites des meilleurs médecins et des meilleurs hôpitaux en Europe ? C’est injuste. Tu me reproches de te rappeler les luttes que tu as désertées et tu m’accuses alors d’inventer ces luttes et ces causes. Cela te repose. 

En vérité, par ton exil, tu n’as rien tranché. Tu veux vivre des libertés mais les interdire aux autres. Vivre en France ou au Danemark, mais les détester. Manger les récoltes et insulter les racines. Je te rencontre souvent maintenant : aigri, malheureux, agressif, hésitant jusqu’au jugement dernier, inapte au bonheur, paranoïaque presque. C’est cela qui m’a le plus frappé : on vient dans un pays, on veut que sa terre accueille, et on refuse de l’accueillir en soi. Pire encore : tu te plains mais, de retour au pays, c’est à l’aéroport que commence ta grimace moqueuse sur l’état de notre pays. Incapables de faire quelque chose « là-bas » pour rejoindre le monde et incapables de faire quelque chose chez nous pour nous aider. Tu es parti parce que tu n’y crois plus à un salut chez nous et tu restes là-bas en répétant que tu ne crois pas en l’occident. Que veux-tu ? 

Violence de ma part ? Non, juste un agacement. Les amateurs de la jérémiade qui en face de moi, sirotent une bière dans le Marais à Paris, consommant l’heure belle à insulter les français, m’agacent. M’incommodent dans le raffinement de leur lâcheté. « Nos plages algériennes sont magnifiques ! » me cria une auditrice à l’institut du monde arabe un jour. « J’y ai nagé il y a trente ans » me précise-t-il sans rire. 

Souvent tu m’accuses de « porter atteinte à l’image du pays ». Il ne s’agit alors que de ta nostalgie dégradée en ressentiment. Car ce pays tu l’as quitté. Ce n’est que ton narcissisme qui est blessé par mes écrits ou ceux d’autres, parfois. Car, incapables de construire un partage, tu t’es replié sur ce délire pour en faire un bouclier. Sous une autre forme, tu m’as écrit un jour « critiquez ce pays, mais en arabe, car ainsi les autres ne pourront pas lire ». Une autre fois tu t’es indigné : « que vont penser les Français de nous à partir de ce vous dites ? ». J’en ai conclu que ce pensent les Danois ou les Français est plus important pour toi que l’état de ton pays ou de ton âme. Et c’est moi que tu accuses de néo-colonisation ? 

Te revoilà aujourd’hui me reprochant de parler de la burqa, dans mon pays, sous prétexte que c’est un refus d’intégration… en France. Tu confonds alors tes urgences avec les miennes. Tu veux encore que mon silence serve de parade à ton impuissance à défendre tes idées dans un autre pays. Tu n’arrives pas à t’affirmer alors tu m’infirmes. Que c’est injuste ! Tu confonds tes douleurs avec nos catastrophes. Tu nous demandes de nous taire sur notre pays pour ménager tes échecs à toi, ailleurs ! J’avais envie de te dire : luttes pour les libertés dans le pays de ton choix et laisses-nous lutter pour les libertés dans notre pays. Partir est un droit, mais respecter notre réalité à nous est un devoir pour toi. 

Je te retrouve souvent. Te voilà un journaliste qui a quitté le pays depuis 25 ans. Cela ne t’empêche jamais de t’hérisser quand on te parle de sortir du post colonial. Tu le vis comme une trahison à ta quotidienneté parisienne, ta rente. On est agréables quand nous gémissons dans le casting de ta pensée mais nous sommes rejetés quand on ne répond pas à ton fantasme victimaire. C’est pourtant le pays où tu peux insulter Macron dans un tweet alors qu’ici, le pays que tu as quitté, tu ne peux même parler d’un wali. Bien sûr c’est ta liberté. Mais respectes la mienne et ne parles pas à ma place sous prétexte d’un droit d’ainesse dans la généalogie des décolonisés. Le gémissement et la pleurnicherie ne sont pas une identité, seulement une lâcheté raffinée. 

Et je refuse qu’on m’impose la censure communautaire. 

Tu as mille visages et une seule figure 

Là, un autre soir, tu étais avec moi dans le taxi. Juste après une conférence. Tu n’étais pas d’accord avec moi mais, parce que tu es un indécis, né dans l’ombre, tu n’as pas pris la parole en public. Comme beaucoup d’entre nous, tu préfères le « off ». Car tu es conscient que ta vision secrète du monde ne correspond pas à ce que tu exposes aux Occidentaux. Alors tu parles avec « Eux » une langue en public, et à moi, au nom de l’intimité indigène, tu uses d’une autre. Tu craches sur le pays où tu es universitaire, tu sublimes la Tunisie que tu as quittée en courant et tu m’accuses d’entretenir le racisme alors que tu as le culte de la race, la tienne. Un comble. Tu m’as expliqué, doctement, avec cette suffisance de gens qui possèdent la Vérité et qui pratiquent la dissimulation confessionnelle, que la France ne te donne pas à toi la parole dans les médias. De quoi pleurer. 

Je t’ai ri au nez car s’il y a un pays où on ne vous donne pas le droit à la parole, c’est le pays que tu as quitté, pas celui où tu es. Je t’ai dit « vous attendez qu’on vous coure après pour cueillir votre avis ? Vous croyez que le monde est un conte ? Il n’est ni juste ni injuste le monde : il dépend de vos actes pas de votre fantasme infantile de la justice. Vous croyez qu’on est venu me chercher dans mon village pour me donner le droit d’être chroniqueur en Algérie et d’être libre de parole dans le reste du monde ? C’est une faveur ? ». De quoi rire longtemps de ta vision comique de la Justice. La parole libre cela se conquiert, on ne l’attend pas dans une gare. La France est injuste ? Elle l’est moins que le pays que tu as laissé derrière ton dos. « Vous croyez que c’est pays parfait la France, non il ne l’est pas » tu m’as rétorqué. Risible argument encore une fois « ce pays n’est pas parfait ? Que faites-vous pour y participer au bonheur, le vôtre et celui des autres ? Gémir ? Mentir ? Avez-vous souffert plus que la communauté noire aux États-Unis ? Non. Cette communauté travaille, essaye de sortir de son ghetto et de l’horrible injustice qui lui a été faite, et ne passe pas son temps à cultiver la jérémiade. Aidez le pays qui vous accueil ». 

Je me souviens de cet écrivain haïtien rencontré au sud de la France. Après un festival, on a pris la même voiture pour rejoindre l’aéroport de Marseille. Sur la route, l’écrivain m’expliqua que je ne devais pas parler ainsi « même si tu as raison » car les français récupèrent ma parole. J’étais scandalisé : voilà un homme qui se fait inviter par ce pays, accueillir, s’offrir la parole et l’estrade, le sel et le pain, qui leur sert un discours policé insincère, tout en cultivant la rancune en « off ». Insupportable. J’ai du respect pour le révolté franc et ouvert, pas pour cette caste. 

Je te rencontre souvent et c’est le même visage : un peu ricanant, souriant jaune, calme mais faussement, jouant le jeu de la « civilisation » mais impossible à convaincre, incapable de rire, d’exploser de joie, profiter d’un autre passeport. Non. Juste une douleur qui est sincère et justifiée mais toujours convertie en aigreur et pas en raison de conquête. Une sorte d’alpinisme de l’Himalaya du refus et du déni. Pourquoi avoir quitté son pays pour en refuser un autre ? Pourquoi ne pas rentrer ? Pourquoi tu votes islamiste en Tunisie, en Algérie, au Maroc, alors que tu vis en Europe et nous imposes ton fantasme de califat identitaire ? Des gens prennent les chaloupes de la mort pour traverser la méditerranée pour jouir de ce que tu as déjà. 

C’est à Lausanne, dans le Théâtre de Vidy que j’ai rencontré le visage le plus heureux : un exilé algérien partageur de joies et de rires. Il m’impressionna. Technicien, il est arrivé dans ce pays et il a accueilli ce pays en lui ; il était heureux, fier de sa chance, conscient. Il me parla du bonheur et aussi du malheur de certains des nôtres qui, même vingt ans après leur arrivée, refusent le pays, veulent jouir de son confort mais rejettent sa culture, transportent dans leur têtes les cafés gris, les tristesses en ombrelle et les rancunes inguérissables. Un pied en Europe, un autre ailleurs. Ni vivants, ni morts ni aimant la vie. Je t’ai aimé exilé heureux ! Contrairement à d’autres. Écrivain installé en France et passe son temps à cracher sur le pays qui a publié ses livres et où il scolarise ses enfants et achète ses biens, un journaliste qui ne tolère pas la contradiction quant à sa vocation de décolonisateur imaginaire, un iranien réfugié à Londres mais qui fait la leçon aux résistances à l’islamisme en Algérie…etc. 

Ce que je te demande ? Il ne faut pas confondre la bataille pour égorger un mouton dans une baignoire à Paris et notre combat pour ne pas nous faire égorger dans notre pays. 

Voilà, je voulais te le dire. Par amitié. Aimes tes racines et profites des récoltes mais ne viens pas nous faire la leçon sur l’islam, la burqa, la liberté, l’identité et l’histoire. Et quand tu reviens chez nous, racontes-nous tes histoires de réussite, pas tes histoires d’échecs. Nous avons suffisamment de champs amers chez nous. 

Coupe avec ton inaptitude au bonheur. Dépasse ton exil et arrête de promener tes déceptions pour obtenir des excuses.