Alliance entre les deux Corée

Le président sud-coréen Moon Jae-in (G) salue Kim Yo-jong (C), soeur du leader nord-coréen, au palais présidentiel à Séoul, le 10 février 2018. ©AFP
Le président sud-coréen Moon Jae-in (G) salue Kim Yo-jong (C), soeur du leader nord-coréen, au palais présidentiel à Séoul, le 10 février 2018. ©AFP

La visite de la haute délégation nord-coréenne en Corée du Sud, la première du genre, à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, et les rencontres, effectuées entre les responsables nord-coréens et sud-coréens, notamment après une escalade de tension dans la péninsule coréenne, ont vivement préoccupé la Maison Blanche.

La péninsule coréenne, qui a survécu pendant les derniers mois une période tendue, voit, à présent, le terrain propice à un rapprochement entre les deux Corées durant les Jeux olympiques d’hiver, en cours à Pyeongchang. Dans la foulée, le convoi sportif de la Corée du Nord est arrivé en Corée du Sud. Les équipes du Nord et du Sud ont formé une équipe unifiée de hockey sur glace qui s’est battue contre l’équipe suédoise.

En pleine ambiance enthousiaste sportive, la Maison Blanche suit, avec une grande inquiétude, les entretiens du numéro 2 de la Corée du Nord et de la sœur du dirigeant nord-coréen avec des responsables de Séoul, s’interrogeant sur les conséquences de telles évolutions.

La chaîne de télévision américaine CNN a couvert la rencontre historique de trois heures du président sud-coréen Moon Jae-in qui a accueilli, dans son palais, le chef d’État formel de la Corée du Nord Kim Yong-nam et la sœur du leader nord-coréen Kim Yo-jong. Voilà une rencontre très suivie par les médias qui font, chacun, des spéculations au sujet des résultats que pourraient apporter ces actes jugés de rarissime.

En réalité, cette prospérité sans précédent qui marque ces jours-ci les relations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud (premièrement, dotée d’une puissance militaire et nucléaire remarquable et deuxièmement, fière de son pouvoir économique sur l’échiquier régional, voire mondial) reste digne d’être préoccupante aux yeux de plusieurs parties, dont et surtout Washington. Cela dit, s’avèrent justifiables les tentatives désespérées des États-Unis qui voulaient envoyer un message catégorique, via Mike Pence, à la Corée du Sud pour qu’elle renonce à tout rapprochement avec son voisin du Nord.

Avant de prendre l’avion à destination de la Corée du Sud, le vice-président américain Mike Pence a annoncé, lors d’une rencontre avec le président japonais Shinzo Abe, que « toutes les options sont sur la table » vis-à-vis de Pyongyang.

Par une mise en garde visant la Corée du Nord aussi bien que la Corée du Sud, Mike Pence a déclaré que Washington ne permettrait pas que Pyongyang se cache derrière le drapeau des Jeux olympiques.

Pence n’a pas hésité non plus à révéler un nouveau train de sanctions qu’envisageait Washington contre Pyongyang.

Les propos de Mike Pence, les menaces et les pressions inclues, avaient pour interlocuteur non seulement Pyongyang, mais en plus Séoul dont tout effort destiné à améliorer les relations des deux Corées ne sera en aucun cas apprécié par la Maison Blanche.

Lire aussi: Kim invite Moon à Pyongyang

Mais pourquoi cette panique à l’Américaine ? La réponse se résume dans un prétexte dont a besoin la Maison Blanche pour légaliser sa présence n’importe où, y compris en Extrême-Orient, la région où s’exerce une influence remarquable par les rivaux économiques des États-Unis, c’est-à-dire le Japon et la Corée du Sud. Environ 25.000 forces militaires US sont actuellement déployées en Corée du Sud dans l’objectif annoncé de « contrer les menaces de Pyongyang ».

Pendant les mois suivants, l’élection de Donald Trump, les citoyens sud-coréens étaient parmi les plus préoccupés du monde en raison d’une ambiance tendue et instable qu’avaient créée les déclarations provocatrices du président américain dans la péninsule coréenne.

Il a surtout qualifié d’un « petit homme fusée », le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, lors d’une session de l’Assemblée générale des Nations unies. Dans le même discours, Donald Trump a menacé d’anéantir totalement la Corée du Nord.

Après avoir subi toutes ces tensions, les Jeux olympiques de Pyeongchang ont finalement laissé les citoyens des deux Corées trouver un certain optimisme quant à l’avenir des relations de leurs pays.

Les hommes d’État sud-coréens dénoncent, pour leur part, les comportements provocateurs de Washington, disant que Séoul et le peuple sud-coréen souhaitaient toujours une approche pacifique vis-à-vis de la partie nord-coréenne.

Maintenant, une haute délégation nord-coréenne se trouve en Corée du Sud, après 60 ans, et le président sud-coréen essaie d’en faire une bonne occasion pour donner lieu à un événement spécial dans les relations bilatérales.

« Moon Jae-in veut transformer cette édition des Jeux olympiques en un levier d’amélioration de ses relations avec Pyongyang », a indiqué la CNN, jugeant ensuite les deux pays « techniquement en guerre ».

Dans une autre tentative malicieuse, la CNN a couvert des manifestations sporadiques qui ont eu lieu dans certaines régions de la Corée du Nord contre l’arrivée de la sœur de Kim Jong-un.

Quant au président sud-coréen Moon Jae-in, né d’un père réfugié, originaire de la Corée du Nord, il s’intéresse à donner un coup de pouce aux relations Pyongyang-Séoul, malgré les pressions dont il fait l’objet de la part des Américains qui craignent se sentir marginalisés, une fois que les deux Corées décideront de remplacer le conflit par la diplomatie.

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