Dix ans de prison ferme

Enfant laissé dans le froid à Saint-Josse : les parents condamnés à dix ans de prison ferme

Le couple qui avait enfermé durant plusieurs heures un enfant dans le froid, sur le balcon de son appartement de Saint-Josse, a été condamné à dix ans de prison ferme pour torture et traitement inhumain par la cour d’appel de Bruxelles.

En décembre 2016, un garçon de six ans avait failli mourir après avoir été laissé sur un balcon pendant 15 heures. Sa sœur jumelle et lui étaient par ailleurs sous-alimentés. D’après les auditions, il est apparu que l’enfant avait été laissé sur le balcon de 05h00 du matin à 20h00 parce qu’il avait été chercher à manger dans la cuisine. Le beau-père, âgé de 21 ans, a reconnu avoir infligé cette punition, mais sans pour autant réaliser la gravité des faits. La mère, qui a dix ans de plus que son mari, était elle dans le déni.

Le beau-père C.D., 21 ans, et la mère L.D.S., 31 ans et de nationalité française, s’étaient connus sur internet et faisaient partie de l’Alliance des Nations pour Jésus-Christ, un groupe catholique extrêmement rigoriste aux dérives sectaires. Le prévenu a immédiatement reconnu que c’était lui qui avait infligé la punition qui avait failli coûter la vie au jeune garçon après l’avoir trouvé en train de prendre de la nourriture dans la cuisine. La mère était présente au moment des faits, mais elle était allée se coucher une heure plus tard et avait nié toute implication dans le châtiment.

“Perverse et manipulatrice”

Les experts ont souligné la personnalité perverse et manipulatrice de la mère des victimes, qui a tenté de cacher sa “véritable nature” et qui, contrairement à ce qu’elle avait déclaré lors de l’instruction, n’a jamais été violentée par son compagnon. Ce dernier semblait quant à lui convaincu de la justesse des traitements infligés aux enfants.

En dépit de l’ascendant psychologique que la mère semblait avoir au sein du couple, la cour a estimé que le beau-père des enfants ne pouvait ignorer la gravité de leur comportement. Elle les a dès lors considérés comme co-auteurs des faits, insistant sur leur extrême gravité, la mise en danger de la vie des enfants et le fait que leur pratique religieuse ne semblait être qu’un “prétexte” pour assouvir leurs “besoins pervers”.

Les victimes, placées par un juge de jeunesse, n’ont apparemment pas de séquelle physique des traitements subis.

Le tribunal correctionnel avait condamné leur mère à six ans ferme, tandis que son mari et beau-père des enfants avait bénéficié d’une peine avec sursis. En appel, le parquet avait requis 15 ans de prison à l’encontre du couple.

Pas le moindre regard

Les prévenus étaient tous deux présents à l’audience, mais n’ont pas échangé le moindre regard. Leurs avocats respectifs se sont montrés déçus par l’arrêt, bien que le parquet eut requis une peine de 15 ans ferme. Me Ayaya a souligné que sa cliente maintenait un contact avec ses enfants et le père de ceux-ci, et qu’ils venaient régulièrement de France pour la voir en prison. Me Bouyid s’est elle montrée perplexe quant au fait que la cour avait retenu le caractère manipulateur de la prévenue, mais sans que cela ne se traduise dans la peine prononcée à l’égard de son client.

La cour d’appel de Bruxelles a finalement condamné les deux parents à dix ans de prison ferme

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