Le monde selon Trump

Le monde selon Trump !

Haïti et toute l’Afrique sont ravalés au rang de merdier

Par Al-Hanif – Le monde du 45e président des Etats-Unis est très cohérent.

Comme dans le monde virtuel de la téléréalité dans lequel Trump s’était fait un nom, il n’y a rien de plus excitant que de jouer au démiurge, et à Dieu Tout-Puissant en claquant un sadique et sonore : «You’re fired !» (Vous êtes viré !).

Le monde de Trump est binaire. Les «Like» se distribuent dans la catégorie riche, blanc, suprématiste, sioniste, chrétien-sioniste, raciste et xénophobe. L’électorat des pauvres blancs est la caisse de résonance de ce cocktail volatile, à la sociologie qui vient des entrailles de l’Amérique profonde, et qui a comme ressort le ressentiment et les effluves du cheeseburger-frites et de la bière low-cost.

Le vote de cet électorat est généralement actionné, et maintenu en érection, via Twitter, le joujou préféré du Président, et curieux volatile numérique qui vomit des insanités plus qu’il ne gazouille.

Dans la catégorie «Dislike» – la plus fournie –, les voisins mexicains sont dépeints comme une calamité géographique qui aurait mis dans le voisinage de l’éden américain de l’Amérique blanche des va-nu-pieds voleurs et violeurs qui s’abattent sur l’eldorado, la nouvelle cité céleste, comme les sauterelles, jadis plaie de l’Egypte.

Les Noirs et Hispaniques de l’intérieur sont de vulgaires nouveaux riches du showbiz ou gibier de potence et empêcheurs de vivre entre Blancs ! Et la pensée d’un ex-président café au lait carrément indigeste, d’une indigestion qui ne passe pas et renvoie des rots de haine.

Les plus honnis sont les musulmans, fidèles d’un culte, que ce démon incarné qualifie de satanique.

L’argent des théocraties peut valoir certaines indulgences lorsqu’il noie l’islamophobie endémique sous des tombereaux de dollars et réduit l’orgueil arabe à une danse folklorique qui se caricature.

Et un mépris à peine déguisé pour tous ces cheikhs qui déboulent pour signer des chèques en blanc à tant de chiffres que le budget américain en salive.

L’Iran tient la palme de l’ire présidentielle et Trump et sa soldatesque doivent rêver en technicolor de trouver prétexte pour réduire le pays des mollahs à l’âge de la pierre.

La Corée du Nord sert à démontrer que le méchant est souvent bridé et qu’il faut garder la Chine à l’œil. La Chine est le futur danger, s’échinent-ils à dire.

Et tout ce beau monde rit jaune !

Haïti et toute l’Afrique, ravalés au rang de merdier qui exhale sa pestilence jusqu’aux narines donaldiennes, terminent ce tour d’horizon d’un racisme décomplexé. Ce dernier serait risible s’il n’émanait de la personne de l’Etat le plus puissant du globe et qu’il n’avait un caractère institutionnel.

Dans le Londres où je me trouvais hier, la visite de Trump soulève un torrent d’indignations et les pancartes «Not welcome» se confectionnent avec zèle.

Trump rêve d’écrire sa légende, mais il apparaît déjà comme un éléphant dans un magasin de porcelaine dans lequel les anciens propriétaires avaient déjà commencé à tout casser !

Flambeau à la main, le cortège mortifère se noie devant nos yeux et la statue de la Liberté détourne les siens, de honte !

A.-H.

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