En 1884-1885, la Conférence internationale de Berlin organise le partage du monde entre les puissances européennes.

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La colonisation européenne et le système colonial, du milieu du xixe au milieu du xxe siècle


La colonisation européenne et le système colonial, du milieu du xixe au milieu du xxe siècle

Si la colonisation remonte à la découverte de l’Amérique, au xvie siècle, c’est dans la deuxième moitié du xixe siècle que l’Europe, alors en plein âge industriel, s’est partagée le monde.
La problématique tourne autour de la notion d’européanisation du monde : les puissances coloniales peuvent-elles justifier la colonisation à partir de la supériorité du modèle européen tout en ne faisant pas bénéficier les indigènes de certains droits fondamentaux ?
Nous nous interrogerons d’abord sur l’expansion coloniale européenne, particulièrement en Afrique et en Asie. Puis nous étudierons les modes de gestion et de mise en valeur des territoires conquis. Enfin, nous analyserons les formes de contestation et de blocage du système colonial et le catalyseur que représente la Seconde Guerre mondiale.

I. La conquête et la mise en place des empires coloniaux

1. Les causes de l’expansion européenne

La conquête se fait dans un premier temps sans difficulté, les pays européens possédant une énorme avance technologique. De surcroît, dans les régions du monde colonisées, les États sont le plus souvent faibles et archaïques et n’ont pas la capacité de se défendre, à l’exception du Japon.
L’idéologie colonialiste dominante en Europe prétend que les « races supérieures » ont le devoir de « civiliser » les « races inférieures » ; dans certains milieux liés à l’Église, on vise également à christianiser les indigènes.
Les Européens pensent en terme d’impérialisme territorial : un pays, pour être puissant, doit dominer des territoires étendus, si possible répartis sur l’ensemble du globe. Des raisons économiques sont aussi en jeu : les colonies sont censées fournir des matières premières et représenter des débouchés pour les puissances colonisatrices.

2. Les grandes étapes de la conquête

Les Anglais accroissent leur influence en Inde à partir du xviie siècle par le biais de la Compagnie des Indes orientales. Il faut attendre 1858 pour que la fin de l’Empire moghol soit proclamée et que l’administration des Indes soit désormais contrôlée par le gouvernement britannique. En 1876, la reine Victoria d’Angleterre devient impératrice des Indes. Les Français, après avoir conquis l’Algérie en 1830 et s’être installés en Indochine (Cochinchine) en 1862-1863, se tournent vers la Tunisie. Objet de rivalité entre Européens (France, Italie), la Tunisie devient un protectorat français après la signature du traité du Bardo en 1881. Le pays conserve en apparence ses institutions traditionnelles (le bey reste souverain) mais la France instaure sa propre administration. Par ailleurs, la Tunisie abandonne sa souveraineté extérieure, c’est-à-dire les affaires étrangères et la défense. En 1882, l’Égypte est occupée et contrôlée militairement par la Grande-Bretagne, qui veut surveiller la route des Indes depuis qu’a été inauguré le canal de Suez (1869). Bien que toujours sous la souveraineté de l’Empire ottoman, l’Égypte est en réalité dirigée par la Grande-Bretagne. Tous les postes clés, y compris celui de consul, sont aux mains des Britanniques qui maintiennent en place des souverains égyptiens sans pouvoir réel.
En 1884-1885, la Conférence internationale de Berlin organise le partage du monde entre les puissances européennes. Sous les auspices de Bismarck, elle lance une « course au clocher », compétition à laquelle se livrent les puissances européennes pour conquérir le plus de territoires possible, particulièrement en Afrique. La France et le Royaume-Uni vont constituer les plus vastes empires, s’emparant de la plus grande partie de l’Asie et de l’Afrique et se la partageant. Partout la conquête s’est faite par la violence ; partout les peuples colonisés opposèrent une vive résistance, mais furent vaincus.
Une colonie est un territoire dominé politiquement par un autre État. On distingue les colonies d’exploitation (où la puissance coloniale administre le territoire mais sans qu’il y ait une présence importante de population métropolitaine) des colonies de peuplement (où la population métropolitaine est fortement implantée). La France domine le Maghreb et le Sahel (la région située juste au sud du Sahara), tandis que la Grande-Bretagne s’impose en Afrique orientale et australe. L’Asie du Sud aussi est largement colonisée, à l’exception de la Thaïlande et de l’Iran : dans cette partie du monde, la principale puissance est la Grande-Bretagne, qui possède l’immense empire des Indes. En 1920, la France et la Grande-Bretagne se partagent le Proche-Orient. Deux grandes régions du monde échappent à la colonisation : la Chine et l’Amérique latine, cette dernière se composant d’anciennes colonies espagnoles et portugaises devenues indépendantes au début du xixe siècle. Mais, dès le début du xxe siècle, ces pays subissent les effets d’un « néo-colonialisme » : en Chine notamment, les commerçants occidentaux sont tout-puissants, ils ne sont même pas soumis à la justice du pays.

3. Répartition des empires coloniaux à la veille de la Première Guerre mondiale

Le principal empire colonial est, de loin, l’Empire britannique. Il comprend d’une part, les colonies « blanches » (Canada, Australie, etc.), qui accèdent progressivement à l’indépendance, mais conservent des liens avec l’ancienne métropole par le biais du Commonwealth, institué en 1931 ; d’autre part, les colonies « non blanches », dont la principale est l’empire des Indes. Elles sont gérées selon le système de l’administration indirecte qui, dans la mesure du possible, laisse en place les pouvoirs traditionnels.
L’Empire français est le deuxième en importance. Il s’étend essentiellement en Afrique (Maghreb et Afrique noire) et en Indochine. Il est géré selon le système de l’administration directe, sous la direction des fonctionnaires français qui se sont substitués aux pouvoirs traditionnels. La France n’a pas de véritable colonie de peuplement, à l’exception de l’Algérie.
L’Allemagne et l’Italie ont peu de colonies et l’Allemagne perd les siennes en 1918. En revanche, de petits pays peuvent avoir d’importantes colonies : la Belgique possède l’immense Congo ; les Pays-Bas détiennent l’Indonésie.

Transition

La conquête et l’organisation des empires coloniaux se déroulent pour l’essentiel dans la seconde moitié du xixe siècle, même si des modifications interviennent dans la première moitié du xxe siècle. Une question se pose : à savoir en quoi les différents types d’administration coloniale (statut des personnes et des territoires colonisés, objectifs des métropoles) ne résultent-ils pas d’une approche empirique de la part des colonisateurs.

II. Mise en valeur des colonies et mode de fonctionnement du système colonial

1. La variété des statuts des colonies et des types d’administration

La domination coloniale prend plusieurs formes juridiques. On distingue d’abord les protectorats : l’État indigène est conservé, mais le colonisateur exerce la réalité du pouvoir, comme en Tunisie ou au Maroc. Le protectorat diffère de la colonie en ce que les institutions existantes sont formellement maintenues par la puissance coloniale. Celle-ci assure la gestion de la diplomatie, du commerce extérieur et bien sûr de la défense. Le protectorat est, dans une certaine mesure, un mode d’administration coloniale indirecte.
En revanche, dans les colonies, il n’y a pas d’État indigène. Le mandat est le mode d’administration coloniale consacré par la communauté internationale, c’est-à-dire par la Société des Nations (SDN). C’était le cas jusqu’à la Première Guerre mondiale, les colonies allemandes ou les possessions de l’Empire ottoman avec le Togo, le Cameroun, en Afrique de l’Ouest et Centrale, ou encore la Syrie et l’actuel Liban. Dans l’entre-deux-guerres, la France continue – héritage de l’Ancien Régime – de posséder des comptoirs, des implantations commerciales, notamment en Inde. Les Français pratiquent l’assimilation : les peuples coloniaux doivent renoncer à leur culture pour épouser les valeurs républicaines universelles. Les Britanniques pratiquent, eux, l’association en laissant en place les pouvoirs locaux : c’est l’administration indirecte. Dans un cas comme dans l’autre, ce sont toujours les Européens qui commandent.
L’opposition entre administration directe et administration indirecte mérite cependant d’être nuancée. On peut prendre l’exemple de trois colonies britanniques ayant des statuts différents : l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Inde. L’Afrique du Sud, qui est une colonie blanche de peuplement, a un statut de dominion (comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Canada) : les Blancs ont un gouvernement local et le gouverneur est le représentant du roi d’Angleterre dans la colonie. C’est le self-government : les Blancs s’y auto-administrent et ne partagent pas le pouvoir avec les autres composantes ethniques de la colonie. Le Kenya est géré par le ministère des Colonies britannique, qui pratique l’indirect rule, laissant en place les autorités indigènes mais exerçant la réalité du pouvoir. L’Inde a un régime spécial, elle est gouvernée par un vice-roi et se divise en États indigènes sous protectorat britannique composé de provinces administrées par un conseil législatif d’abord nommé puis élu. Le Commonwealth of Nations désigne une fédération d’États souverains, tous anciennes colonies britanniques (comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Union sud-africaine ou l’Irlande du Sud). Le statut de Westminster en 1931 définit les relations entre la Grande-Bretagne et ces États qui consentent à faire librement allégeance à la Couronne britannique tout en disposant d’une pleine souveraineté.

2. La mise en valeur économique des colonies

La colonisation permet un certain développement des transports et, dans certaines régions, l’implantation d’une industrie et d’une agriculture modernes. Mais la plupart de ces progrès ne profitent qu’à une infime minorité de colonisés. Partout, la conquête signifie l’appropriation des meilleures terres par les colons et leur mise en valeur pour la culture de produits locaux comme la vigne en Algérie ou le caoutchouc en Indochine. À côté des grandes plantations se développe également l’exploitation des ressources naturelles : minerais, bois.
La mise en valeur des colonies ne peut se faire que par une surexploitation des populations indigènes : en Afrique noire se met en place le travail forcé, notamment pour la construction des routes et des voies de chemin de fer. La modernisation économique est imposée et ne se fait pas dans l’intérêt des colonisés, mais en fonction de ceux de la métropole. Ainsi, une colonie n’a le droit de commercer librement qu’avec sa métropole. Les colonisés sont sous-payés et tellement maltraités que parfois ils s’enfuient dans la forêt, comme en Afrique Centrale vers 1920. On leur vend des produits de mauvaise qualité, à des prix très élevés. En fait, en fournissant aux colonies les biens manufacturés, la métropole freine leur industrialisation.

3. Les dimensions culturelles et humanitaires de la colonisation

Certains colonisés ont accès à l’instruction et il y a des progrès dans le domaine de la santé : citons en exemple les campagnes de vaccination. Par ailleurs, la colonisation contribue à faire reculer l’esclavage et les guerres locales. Mais seule une infime partie du budget des États est consacrée au bien-être de la population (scolarisation, santé). L’enseignement est souvent inadapté : dans les colonies françaises, on parle aux enfants de « nos ancêtres les Gaulois ». Enfin les colonisés n’ont pas le droit de vote et n’ont aucun moyen de peser sur leur destin, lequel est entièrement décidé en Europe.

Transition

La mise en valeur des colonies est surtout économique (investissements, économie de traite), au service des intérêts de la métropole, et se fait aux dépens des populations (absence de droits, travail forcé, impôts), bien que le discours colonial mette en avant des aspects culturels et humanitaires (soins, enseignement) par le biais des missions religieuses. C’est l’ensemble de ces interactions entre économique, social et administratif qui est dénommé « système colonial ». Si des contestations inhérentes à ce système existent depuis le début, pourquoi prennent-elles de l’ampleur à partir des années 1920-1930 ?

III. Blocages et revendications

1. L’impact de la Grande Guerre puis de la crise économique mondiale

La plupart des révoltes contre la pénétration coloniale eurent lieu avant 1914. Mais la Première Guerre mondiale fait évoluer les choses : en échange de promesses d’amélioration de leur statut, les métropoles font appel aux populations pour servir de soldats ou de main-d’œuvre en Europe. De nombreux colonisés sont amenés pour participer aux combats et le spectacle des Européens en train de se massacrer contribue à saper le prestige même des métropoles, base de leur domination.
La crise qui commence en 1929 accentue la concentration des relations des grandes puissances européennes avec leurs colonies, et a pour principal effet, dans les années 1930, le renforcement du protectionnisme : les colonies doivent limiter leurs exportations qui servent avant tout à garantir les approvisionnements de la métropole. À l’inverse, il s’agit de garantir des débouchés à la production métropolitaine, même lorsque celle-ci consiste en la seule transformation des produits coloniaux.

2. Les revendications d’indépendance ou d’autonomie

En Europe, jusqu’en 1914, très peu de voix s’élèvent contre la colonisation. Elles proviennent surtout de ceux qui trouvent qu’elle coûte trop cher, et aussi, en France, de ceux qui estiment qu’elle détourne les Français du devoir sacré de revanche contre l’Allemagne. Vers 1910, le socialiste Jean Jaurès critique l’installation de la France au Maroc. Après 1920, deux grands pays remettent vigoureusement en cause la colonisation : les États-Unis, eux-mêmes composés d’anciennes colonies, réclament au nom du libéralisme économique le droit de commercer librement avec le monde entier ; l’URSS, dont l’idéologie est hostile à l’exploitation de l’homme par l’homme. En Europe occidentale, les communistes, qui partagent les conceptions des Soviétiques, s’opposent eux aussi à la colonisation. La SDN, où l’ensemble des pays indépendants de la planète sont représentés, constitue pour les anticolonialistes une tribune où ils peuvent se faire entendre.
On qualifie de « mouvements nationalistes » l’ensemble des mouvements qui luttent dans les colonies pour le retour à l’indépendance. Les premiers mouvements nationalistes dans les colonies européennes datent d’avant 1914 : on peut citer Gandhi, qui prône la résistance à la colonisation par la non-violence, d’abord en Afrique du Sud, puis en Inde. La Première Guerre mondiale stimule le nationalisme et l’aspiration à l’indépendance en Inde. Le gouvernement britannique y a en effet promis plus d’autonomie en échange de l’effort de guerre. Mais l’India Act de 1919 déçoit les nationalistes indiens qui, guidés par Gandhi, accentuent leur pression. En 1935, un nouvel India Act est adopté. Le pays est divisé en onze provinces disposant toutes d’un gouvernement autonome et d’une assemblée. Le pouvoir du vice-roi est par ailleurs limité. Mais l’Inde n’obtient toujours pas le statut de dominion. Très rapidement, l’India Act se révèle un échec et l’agitation nationaliste reprend. Dans les années 1920 et 1930, les nationalistes commencent à se réclamer d’idéologies modernes venant des métropoles, notamment du communisme. Ainsi Hô Chi Minh, qui a été ouvrier en Europe, fonde le Parti communiste vietnamien en 1930.

3. L’impossible réforme coloniale et le tournant de la Seconde Guerre mondiale

Les années 1930, en France, voient l’émergence d’un débat autour de la participation électorale d’une partie de la population en Algérie, la seule colonie française de peuplement. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, environ 800 000 colons européens y sont installés, certains depuis plusieurs générations, au milieu d’une population locale de plusieurs millions. Cependant au cours de ces années s’est progressivement constituée une élite locale (ce n’est d’ailleurs pas propre à l’Algérie) qui revendique de nouveaux droits. On songe, par exemple, à Messali Hadj, qui suivit dans les années 1920 des cours à la Sorbonne, ou encore à Ferhat Abbas, pharmacien à Sétif. Intégrés intellectuellement, et parfois socialement, ces hommes issus des élites locales contestent la domination coloniale et réclament des droits civiques. De son côté, le ministre des Colonies du Front populaire, Maurice Violette, considère que la situation d’exclusion civique de la population locale n’est pas tenable, ne serait-ce que pour des raisons démographiques. Hélas le projet que soutient Léon Blum est rejeté lui aussi, ce qui illustre bien les contradictions du colonialisme à la fin des années 1930 et, d’une certaine façon, augure de l’émancipation future des peuples colonisés.
La Seconde Guerre mondiale sert de déclencheur aux luttes émancipatrices. Les colonisés ont versé à nouveau, et plus encore que lors du précédent conflit mondial, « l’impôt du sang ». En 1944, de Gaulle promet dans son discours de Brazzaville d’associer plus étroitement les peuples dépendants au gouvernement des territoires qu’ils habitent. L’agitation gagne les colonies. En mai 1945, des émeutes ont lieu en Algérie. En août de la même année Soekarno proclame l’indépendance de l’Indonésie et le mois suivant, c’est Ho Chi Minh qui proclame la souveraineté de la République démocratique du Vietnam. En 1947, Madagascar se soulève tandis que les Indes deviennent indépendantes. La montée en puissance de l’ONU et la guerre froide qui s’installe entre le deux Grands favorisent ces mouvements, malgré la résistance des métropoles en ce qui concerne surtout leurs colonies de peuplement. Aux guerres de conquête font suite des guerres d’indépendance, comme en Indochine.

Conclusion

Au xixe siècle, l’Europe se partage le monde, à la faveur de son énorme avance technologique. On considère alors, selon l’idéologie de l’époque, que les colonies sont indispensables à la grandeur d’un pays et à sa santé économique et que les « races supérieures » ont la mission d’éduquer les « races inférieures ». En 1914, l’Afrique et l’Asie du Sud sont presque entièrement colonisées. Le premier empire colonial est celui de la Grande-Bretagne ; la France vient au deuxième rang avec notamment le Maghreb, l’Indochine et une partie de l’Afrique noire. Après la pacification et le partage entre puissances des territoires conquis pendant la période 1890-1914, on entre dans la phase de gestion proprement dite. Le système colonial se met en place de façon empirique et évolue sous l’effet des événements et des revendications : ainsi le poids de l’Empire est renforcé par la Grande Guerre puis par la crise. Par ailleurs, les tensions persistent et la contestation s’organise dès les années 1920. La Première Guerre mondiale puis la crise constituent des accélérateurs pour les mouvements d’émancipation ; les colonisés appréhendent les contradictions entre les idéaux européens et la réalité coloniale. En Asie et en Afrique du Nord, les revendications prennent un tour très politique et débouchent sur des revendications d’indépendance ou d’autonomie dès la Seconde Guerre mondiale. Le système colonnial est ébranlé et la décolonisation s’amorce. Mais les jeunes États peuvent-ils échapper à la domination des nouveaux Grands de ce monde, après avoir connu celle de la vieille Europe ?

 

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