Un ingénieur algérien propose un projet de construction d’un pont maritime entre Bab El Oued et Ain Taya pour éliminer les embouteillages dans la capitale

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La France est le pays européen qui enregistre le plus grand nombre d’enfants du groupe Etat islamique

Plus d’information sur l’image La France est le pays européen qui enregistre le plus grand nombre d’enfants du groupe Etat islamique (EI). Ils sont estimés à 500 en Syrie et en Irak.

ENDOCTRINEMENT
Les enfants sont de retour de la guerre

Pour la première fois, une nation occidentale, la France, fait face au rapatriement de mineurs devenus parfois soldats. Beaucoup craignent qu’ils ne soient devenus des bombes à retardement. Les éducateurs veulent leur réapprendre à vivre leur âge

Elles sont rentrées chez elles à Lyon, il y a huit mois de cela. Meriem* (6 ans) et Feriel* (8 ans) sont des «enfants de Daech», terme qui déplaît fortement aux familles, car très stigmatisant. Les deux sœurs ont retrouvé Rachid*, leur père, après trois années passées en Syrie. «Elles vont plutôt bien, dit le papa. A l’école, tout le monde sait où elles sont allées, les choses ont été expliquées.»

Fadila*, leur mère, l’ex-épouse de Rachid, qui s’est radicalisée, a rencontré Tony*, un converti. En 2014, le couple s’envole depuis Genève pour Istanbul. Puis il rejoint Raqqa, capitale du califat. Ils emmènent quatre enfants: Meriem et Feriel, Ines*, la fille que Tony a eue d’un premier mariage, et Adil*, un bébé qu’ils ont tous deux conçu. Tony disparaît en 2015, probablement tué lors de combats.

En 2017, Fadila rentre avec ses deux filles et Adil. Elle est incarcérée à la prison de Fleury-Mérogis. Meriem et Feriel sont rendues à leur père. Adil est dirigé vers une famille d’accueil. Mais aucune nouvelle d’Ines. Fadila reste muette à son sujet. «L’enfant a été sans doute placée, donnée ou vendue par le père de son vivant ou par Fadila qui a voulu s’en débarrasser», confie Me Gabriel Versini, l’avocat de Rachid.

Familles en détresse
Il y a en Syrie beaucoup d’enfants dont on a perdu la trace, plongeant des familles dans la détresse. «A son retour, Fadila était enceinte d’un combattant. Les femmes là-bas avaient pour rôle, avant tout, de faire des enfants», indique l’avocat. Une psychologue a rapidement vu Meriem et Feriel. Les dessins et les entretiens laissent supposer qu’elles ont vécu surtout cloîtrées, ont entendu des bombardements et vu des cadavres.

«Elles ont été laissées dans un total abandon éducatif et récréatif et les rares activités excluaient les enfants de l’autre sexe», poursuit l’avocat. Les fillettes, à leur retour, refusaient de rencontrer ce dernier parce que c’était un homme. Elles veulent voir leur mère en prison mais aucune demande n’a encore été faite en ce sens auprès du juge. Rachid hésite: «Pour le moment, je fais en sorte que mes filles se réintègrent, vivent ici le plus normalement possible.»

Gestion des retours au cas par cas
La France est le pays européen qui enregistre le plus grand nombre d’enfants du groupe Etat islamique (EI). Ils sont estimés à 500 en Syrie et en Irak. Des filles et des garçons emmenés par des parents ou enlevés à leur famille par le père ou la mère. Alors que Daech recule militairement partout au Levant, la question se pose du devenir de ces mineurs. Certains nés sur place n’ont pas de papiers français, beaucoup ont été endoctrinés et ont assisté à des mises à mort, certains ont pu commettre des exactions forcées et peuvent constituer un danger potentiel.

Le président français, Emmanuel Macron, a parlé la semaine passée d’une gestion de ces retours au cas par cas. «Nous avons des échanges permanents avec la justice irakienne, que nous reconnaissons. Quand des crimes sont identifiés comme ayant été perpétrés par des ressortissants français, ces derniers doivent être jugés. Et lorsqu’ils reviennent en France, les adultes sont soumis à notre justice, sont incarcérés et seront là aussi jugés», a-t-il déclaré.

Suivi particulier
Au sujet des enfants, Emmanuel Macron a indiqué «qu’ils font déjà l’objet, pour ceux qui sont revenus, d’une procédure et d’un suivi très particuliers, notamment sur le plan médical et psychiatrique». Selon des chiffres du gouvernement, 1700 Français ont rejoint les zones djihadistes irako-syriennes depuis 2014; 300 sont revenus en France, dont 178 hommes (120 ont été écroués) et 66 femmes (14 sont en prison); 58 mineurs sont déjà rentrés, la plupart ayant moins de 12 ans.

Rachid, qui dit avoir été peu soutenu, a cessé de travailler quelques mois pour être en permanence auprès de ses filles. Il précise: «Je suis en contact avec une dizaine d’autres familles qui sont sans nouvelles d’un ou de plusieurs enfants. On ne leur dit rien sur les choses mises en place pour les retrouver.» Me Versini renchérit: «L’ancien premier ministre Manuel Valls vient de déclarer qu’il ne faut pas rapatrier les djihadistes français car la responsabilité individuelle ou d’une famille doit s’imposer. Cela signifie abandonner tous ces enfants.»

Florence Parly, la ministre des Armées, a elle-même dit: «Tant mieux si ces djihadistes meurent au combat. Et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes, ils dépendront de la juridiction syrienne.» C’est la crainte de Margaux, originaire de Nantes. Elle a rejoint Raqqa en 2013 avec sa fille, s’est mariée là-bas trois fois, a eu deux autres enfants. Elle a été arrêtée par les forces kurdes. Interrogée par France 2 sur son lieu de détention, elle a confié savoir qu’elle encourrait la peine de mort mais que ce qui lui importait avant tout, c’était qu’on sauve ses enfants.

Les djihadistes de retour «plus déçus que repentis»
Le procureur de Paris, François Molins, estime que les djihadistes de retour «paraissent plus déçus que repentis» et craint que les mineurs ne deviennent «de véritables bombes à retardement». Des images sont, il est vrai, tenaces, mettant en scène ceux que Daech nomme «les lionceaux du califat». Comme la vidéo du neveu de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse et Montauban, âgé de 12 ans, qui exécute en Syrie un otage avec un pistolet. Ou ce film de propagande montrant 25 mineurs qui, dans le théâtre de Palmyre, abattent des prisonniers d’une balle dans la tête.

Ils sont nombreux, dans la classe politique française, à proposer l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans pour juger ces mineurs. Mais peu de mots sur le type d’accueil à mettre en place et sur les structures à ouvrir. L’unique centre de déradicalisation, situé à Pontourny, en Indre-et-Loire, vient de fermer. L’expérience n’a pas été concluante, car seuls neuf «pensionnaires» y ont transité.

Changement de cap
La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a dévoilé le 10 novembre un nouveau dispositif appelé Rive (Recherche et intervention sur les violences extrémistes), un programme expérimental lancé il y a un an. Il ne s’agit plus de regrouper les revenant(e) s mais de les faire suivre individuellement par une équipe d’éducateurs, de psychologues, de référents religieux, dans un milieu ouvert ou fermé selon le passé et le passif de chacun. «L’objectif est le désengagement de la violence extrémiste en favorisant le mentorat, en complément de l’action des services de probation et d’insertion» ont commenté les services de la ministre.

Le foyer ou la famille d’accueil restent les meilleures alternatives, avec des éducateurs référents disponibles 24h sur 24

Moussa Khedimellah, sociologue, spécialiste des questions d’intégration
Le sociologue Moussa Khedimellah, spécialiste des questions d’intégration, salue ce pas. Il a déjà formé 150 personnes (médecins, éducateurs, psys, assistantes sociales), qui accompagneront ces enfants et adolescents. «Les mères qui sont rentrées de Syrie sont le plus souvent emprisonnées, et il est rare que l’enfant soit remis à sa famille élargie, car il existe légitimement une défiance à moins qu’une enquête sociale n’autorise ce placement. Le foyer ou la famille d’accueil restent les meilleures alternatives, avec des éducateurs référents disponibles 24h sur 24».

La sénatrice parisienne Esther Benbassa, auteur d’un rapport sur le désendoctrinement présenté en juillet au nom de la commission des lois, se félicite également de ce changement de cap: «Nous avons visité des pays, comme le Danemark et la Belgique, où une plus grande individualisation des prises en charge donne des résultats probants.»

«Déconstruire» l’extrémisme
Laura Passoni, native de Charleroi, illustre cette forme de reconversion. La jeune femme a rejoint l’EI en 2014 avec son fils, Nassim, et son recruteur, qui deviendra son mari. «Il voulait se battre contre Bachar el-Assad, moi je m’imaginais infirmière soignant les combattants et les orphelins», raconte-t-elle. Mais elle vit recluse à Raqqa, dans une madâfa (maison de femmes), fait la cuisine, le ménage, doit procréer (elle aura un autre enfant). L’éducation de Nassim est prise en charge par des «frères». Ils l’emmènent à la mosquée malgré les bombardements, lui offrent des confiseries mais aussi des armes en plastique et une cagoule. Il rentre à la maison avec un ours en peluche et un couteau, des jouets qui servent à apprendre à égorger.

Laura ne supporte pas cela. Elle parvient à s’enfuir. En Belgique, elle est condamnée à 3 ans de prison avec sursis, ne peut quitter son pays, perd la garde de ses enfants. Elle s’est peu à peu déradicalisée avec des travailleurs sociaux et le doctorant en histoire des religions Hicham Abdel Gawad, qui «déconstruit» les discours extrémistes. Laura témoigne désormais dans des écoles. «Je regrette seulement que les enfants soient retirés à leur mère et placés. Ils doivent voir leur maman, rester dans leur milieu familial s’il n’est pas radicalisé», soutient-elle.

Le retour à la normalité est important et passe par le fait de retrouver un cadre de vie. L’école, avec ses horaires réguliers et la possibilité de partager entre pairs, est en ce sens d’une aide importante.

Laurent Perron, pédopsychiatre
Esther Benbassa juge également important le maintien du lien parent-enfant, sous contrôle. «Mais il y a en général peu de cas d’enfants restés avec les parents, ce sont des mesures de protection prises par les juges», indique Fabienne Quiriau, la directrice générale de la Fédération des associations de protection de l’enfant. Elle poursuit: «Ce retour d’enfants d’une zone de guerre est un saut dans l’inconnu pour nous. On tâtonne encore. Mais je sais que l’on ne doit jamais baisser la garde, inviter les éducateurs et les enseignants à la vigilance. Un enfant en famille d’accueil, trop lisse, aux signaux faibles, cache-t-il quelque chose? Dans le cas d’un placement en foyer, l’interaction avec les autres enfants se pose: il peut provoquer de la fascination ou de la crainte, être un intouchable.»

Les thérapeutes parlent de réapprentissage de la vie d’enfant. Le pédopsychiatre genevois Laurent Perron suggère de ne pas les psychiatriser d’emblée et de les remettre au plus vite dans des structures les plus proches de la normalité, comme l’école, pour observer leur évolution. «Le retour à la normalité est important et passe par le fait de retrouver un cadre de vie. L’école, avec ses horaires réguliers et la possibilité de partager entre pairs, est en ce sens d’une aide importante. Il s’agit d’éviter que ces enfants ne demeurent figés dans un passé traumatique: reconstituer un rythme à leur présent, passablement bouleversé, pour leur permettre de donner un sens à leur futur.»

* Prénoms fictifs

Arrogant comme un Français en Afrique

des képis et des milliards

Hier, le pouvoir politique français régnait sur son pré carré africain à partir de l’Elysée et de ses antichambres. Aujourd’hui, militaires et clans capitalistes familiaux tiennent le haut du pavé. Le sommet de Dakar sur la sécurité vient d’en apporter la preuve

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La Françafrique est un sacré morceau d’histoire hexagonale. Quelle autre république peut se prévaloir d’avoir, pendant des décennies, tiré de façon si ostentatoire et souvent dramatique les fils de ses anciens colonisés sur le continent noir?

Refrain connu. En arrière-plan? L’incontestable legs culturel, politique, économique d’un siècle et demi de colonisation à la force des sabres, des goupillons, puis de la mise en coupe réglée de ces vastes territoires africains par la caste des administrateurs d’outre-mer, appuyés par des édiles locaux formés à la française. Sur le devant de la scène jusqu’au début des années 90? Le mythe des héritiers de la France libre et du gaullisme – la reconquête de la métropole ne démarra-t-elle pas, en 1941, à Brazzaville? – entretenu habilement par le tout-puissant Jacques Foccart, ses protégés politiques (l’incontournable président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, décédé en décembre 1993, puis le Gabonais Omar Bongo, décédé en 2009) et ses réseaux semi-mafieux. Résultat? Une longue appropriation par la métropole des ressources naturelles des Etats africains (minerais, uranium, pétrole) les plus dociles de sa zone d’influence, devenus indépendants mais contraints d’accorder les concessions les plus juteuses aux compagnies hexagonales.

Emergence de la Chinafrique?
Ce système, pensait-on, avait succombé au seuil du XXIe siècle sous les coups de la mondialisation et de l’arrivée de nouveaux «partenaires» économiques agressifs comme la Chine ou la Turquie, prêts à sortir le carnet de chèques dont la France ne dispose plus. Antoine Glaser, observateur toujours bien informé de ces réseaux «françafricains», avait même prédit, dans son essai passionnant sur l’Africafrance (Ed. Pluriel), un complet renversement des rôles après la fin de la Guerre froide. Aux dirigeants français le soin de préserver les apparences en continuant de convier sous les ors des palais républicains leurs soi-disant obligés africains. A ces derniers la réalité du pouvoir, grâce aux valises de cash toujours à portée de main. Archétype de ce nouveau modèle des années 2000: le président congolais Denis Sassou-Nguesso, maître dans l’art de distiller sa manne pétrolière.

Le sommet de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique qui vient de s’achever a toutefois démontré qu’en 2017, à l’aube de la Macronie triomphante, la réalité est plus complexe. Certes, aucun nouveau Foccart n’est apparu à l’horizon. Certes, l’Elysée n’est plus en mesure de dicter ses volontés à ceux que le général de Gaulle appelait tout simplement «nos rois nègres». Certes, la Chinafrique a émergé, avec sa myriade de contrats dans les infrastructures et ses communautés d’immigrants industrieux débarqués d’Asie.

Les Américains deviendront dangereux avec leur orgueil national :

Gustave de Beaumont et la critique de la démocratie américaine.

Gustave de Beaumont et la critique de la démocratie américaine.
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Beaumont,_Gustave_deGustave de Beaumont est le célèbre accompagnateur de Tocqueville en Amérique ; ils allaient y étudier les établissements pénitentiaires. Karl Marx le cite élogieusement. Dans Marie et l’esclavage, Gustave de Beaumont révèle une lucidité française bien digne de Tocqueville et un style d’exception digne de Chateaubriand… Les jugements de Beaumont sont encore plus durs que ceux de Tocqueville (comme on sait ceux de Dickens sur les esclavagistes US ne sont pas tristes non plus…).

Une phrase-clé :

Les Américains des États-Unis sont peut-être la seule de toutes les nations qui n’a point eu d’enfance mystérieuse.

Là, on est bien d’accord. Le rationalisme américain a écœuré tous les grandes âmes yankees, Poe (Monos et Una), Melville (Pierre), Hawthorne (lisez l’admirable enfant de neige) entre autres.

Pour Beaumont l’argent fait le bonheur des Américains, qui réifient tout, comme disent les marxistes : la nature c’est de l’environnement, l’environnement de l’argent.

Absorbé par des calculs, l’habitant des campagnes, aux États-Unis, ne perd point de temps en plaisirs ; les champs ne disent rien à son cœur ; le soleil qui féconde ses coteaux n’échauffe point son âme. Il prend la terre comme une matière industrielle ; il vit dans sa chaumière comme dans une fabrique.

Vrai Saroumane, le pionnier déteste la nature et en particulier la forêt :

Les Américains considèrent la forêt comme le type de la nature sauvage (wilderness), et partant de la barbarie ; aussi c’est contre le bois que se dirigent toutes leurs attaques. Chez nous, on le coupe pour s’en servir ; en Amérique, pour le détruire. L’habitant des campagnes passe la moitié de sa vie à combattre son ennemi naturel, la forêt ; il le poursuit sans relâche ; ses enfants en bas âge apprennent déjà l’usage de la serpe et de la hache… l’absence de bois est, à leurs yeux, le signe de la civilisation, comme les arbres sont l’annonce de la barbarie.

Beaumont comprend comme Baudelaire et aussi Edgar Poe qu’avec l’Amérique on entre dans un nouvel âge du monde : l’âge de l’intérêt matériel, du conformisme moral et de la standardisation intellectuelle.

Tout d’ailleurs s’était rapetissé dans le monde, les choses comme les hommes. On voyait des instruments de pouvoir, faits pour des géants, et maniés par des pygmées, des traditions de force exploitées par des infirmes, et des essais de gloire tentés par des médiocrités.

Gustave de Beaumont a raison : le monde moderne c’est Lilliput plus l’actualité en bandeau.

La force d’imprégnation américaine est, elle, qu’elle uniformise toutes les nations immigrées chez elles. Cela est intéressant car cela se passe bien avant la machine à broyer hollywoodienne ou l’irruption de la télévision. L’Amérique c’est l’anti-Babel, le système à tuer les différences que la chrétienté avait si bien su préservées. Les Américains ne sont plus des Européens.

Chose étrange ! La nation américaine se recrute chez tous les peuples de la terre, et nul ne présente dans son ensemble une pareille uniformité de traits et de caractères.

Le rapport sacré à la terre n’existe bien sûr pas. Tout n’est qu’investissement immobilier au paradis du déracinement libéral :

L’Américain de race anglaise ne subit d’autre penchant que celui de l’intérêt ; rien ne l’enchaîne au lieu qu’il habite, ni liens de famille, ni tendres affections… Toujours prêt à quitter sa demeure pour une autre, il la vend à qui lui donne un dollar de profit.

Une des grandes victimes de la civilisation américaine est alors la femme. Ce n’est pas pour rien que toutes les cultures du ressentiment au sens nietzschéen, l’antiracisme, la théorie du genre, le féminisme, le sectarisme, le bric-à-brac sociétal sont nés aux USA :

Sa vie est intellectuelle. Ce jeune homme et cette jeune fille si dissemblables s’unissent un jour par le mariage. Le premier, suivant le cours de ses habitudes, passe son temps à la banque ou dans son magasin ; la seconde, qui tombe dans l’isolement le jour où elle prend un époux, compare la vie réelle qui lui est échue à l’existence qu’elle avait rêvée. Comme rien dans ce monde nouveau qui s’offre à elle ne parle à son cœur, elle se nourrit de chimères, et lit des romans. Ayant peu de bonheur, elle est très religieuse, et lit des sermons.

La famille US est déjà telle que nous la connaissons aujourd’hui : quand elle n’est pas recomposée ou divisée, elle n’est pas…

Ainsi se passent ses jours. Le soir, l’Américain rentre chez lui, soucieux, inquiet, accablé de fatigue ; il apporte à sa femme le fruit de son travail, et rêve déjà aux spéculations du lendemain. Il demande le dîner, et ne profère plus une seule parole ; sa femme ne sait rien des affaires qui le préoccupent ; en présence de son mari, elle ne cesse pas d’être isolée. L’aspect de sa femme et de ses enfants n’arrache point l’Américain au monde positif, et il est si rare qu’il leur donne une marque de tendresse et d’affection, qu’on donne un sobriquet aux ménages dans lesquels le mari, après une absence, embrasse sa femme et ses enfants ; on les appelle the kissing families.

L’obsession de l’argent qui crée des bulles, des crises et de banqueroutes continuelles est continuelle :

Le spectacle des fortunes rapides enivre les spéculateurs, et on court en aveugle vers le but : c’est là la cause de ruine. Ainsi tous les Américains sont commerçants, parce que tous voient dans le négoce un moyen de s’enrichir ; tous font banqueroute, parce qu’ils veulent s’enrichir trop vite.

Voyons la religion dont on a fait si grand cas là-bas. Si la femme est une « associée », l’homme religieux est un homme d’affaires.

Le ministère religieux devient une carrière dans laquelle on entre à tout âge, dans toute position et selon les circonstances. Tel que vous voyez à la tête d’une congrégation respectable a commencé par être marchand ; son commerce étant tombé, il s’est fait ministre ; cet autre a débuté par le sacerdoce, mais dès qu’il a eu quelque somme d’argent à sa disposition, il a laissé la chaire pour le négoce. Aux yeux d’un grand nombre, le ministère religieux est une véritable carrière industrielle. Le ministre protestant n’offre aucun trait de ressemblance avec le curé catholique.

Beaumont n’a pas vu de western mais on va voir qu’il aurait pu en écrire les scénarios.

En Amérique, le duel a toujours une cause grave, et le plus souvent une issue funeste ; ce n’est pas une mode, un préjugé, c’est un moyen de prendre la vie de son ennemi. Chez nous, le duel le plus sérieux s’arrête en général au premier sang ; rarement il cesse en Amérique autrement que par la mort de l’un des combattants.

Il y a dans le caractère de l’Américain un mélange de violence et de froideur qui répand sur ses passions une teinte sombre et cruelle… On trouve, dans l’Ouest, des États demi-sauvages où le duel, par ses formes barbares, se rapproche de l’assassinat…

Scandalisé par l’esclavage, Beaumont comprend très bien le rôle du capitalisme :

L’exploitation de sa terre est une entreprise industrielle ; ses esclaves sont des instruments de culture. Il a soin de chacun d’eux comme un fabricant a soin des machines qu’il emploie ; il les nourrit et les soigne comme on conserve une usine en bon état ; il calcule la force de chacun, fait mouvoir sans relâche les plus forts et laisse reposer ceux qu’un plus long usage briserait. Ce n’est pas là une tyrannie de sang et de supplices, c’est la tyrannie la plus froide et la plus intelligente qui jamais ait été exercée par le maître sur l’esclave.

Voir Tocqueville et son analyse de l’extermination légale et philanthropique des Indiens (On ne saurait détruire les hommes en respectant mieux les lois de l’humanité).

Beaumont constate que racisme finit par découler de l’esclavage :

Faudrait-il, parce qu’on reconnaîtrait à l’homme d’Europe un degré d’intelligence de plus qu’à l’Africain, en conclure que le second est destiné par la nature à servir le premier ? Mais où mènerait une pareille théorie ?

Il y a aussi parmi les blancs des intelligences inégales : tout être moins éclairé sera-t-il l’esclave de celui qui aura plus de lumières ? Et qui déterminera le degré des intelligences ?

Le grand ennemi spirituel des sectes protestantes est bien sûr le catholicisme.

L’unité du catholicisme, le principe de l’autorité dont il procède, l’immobilité de ses doctrines au milieu des sectes protestantes qui se divisent, et de leurs théories qui sont contraires entre elles, quoique partant d’un principe commun, qui est le droit de discussion et d’examen ; toutes ces causes tendent à exciter parmi les protestants quelques sentiments hostiles envers les catholiques.

La haine du catholicisme devient alors le seul commun dénominateur du discours américain, comme de tout discours moderne en général :

Il paraît bien constant qu’aux États-Unis le catholicisme est en progrès, et que sans cesse il grossit ses rangs, tandis que les autres communions tendent à se diviser. Aussi est-il vrai de dire que, si les sectes protestantes se jalousent entre elles, toutes haïssent le catholicisme, leur ennemi commun.

L’Etat américain n’est bien sûr pas chrétien :

Ainsi il n’existe aux États-Unis ni religion de l’État, ni religion déclarée celle de la majorité, ni prééminence d’un culte sur un autre. L’État est étranger à tous les cultes.

Enfin Beaumont prévoit que les Américains deviendront dangereux avec leur orgueil national :

Je blâme cet aveuglement de l’orgueil national des Américains, qui leur fait admirer tout ce qui se passe dans leur pays, mais j’aime encore moins la disposition des habitants de certaine contrée, qui, chez eux, trouvent toujours tout mal.

Nous jeunes sont vendus comme esclaves en Libye et le monde ne dit rien, l’Afrique ne dit rien! Je suis triste ce soir et mon extrême colère ne peut être cachée>> Cri de coeur …(dite merci à bhl et le nain sarko…)

Les Saoudchiens envisagent d’abandonner la Palestine – Pour la guerre contre l’Iran

Les Saoudiens envisagent d’abandonner la Palestine – Pour la guerre contre l’Iran

Les tyrans de l’Arabie Saoudite ont développé un plan qui vend la Palestine. Ils voient cela comme nécessaire pour obtenir le soutien des États-Unis pour leur campagne fanatique contre leur ennemi iranien.

Un mémorandum interne saoudien, divulgué au journal libanais Al-Akhbar , révèle ses principaux éléments. (Note: L’authenticité de la note n’a pas été confirmée.En théorie, il pourrait s’agir d’une «usine» par un autre parti, mais Al-Akhbar a jusqu’à présent un excellent dossier de publication de véritables fuites et je fais confiance au jugement de ses éditeurs.)

Selon le mémo, les Saoudiens sont prêts à abandonner le droit de retour des Palestiniens. Ils renoncent à la souveraineté palestinienne sur Jérusalem et n’insistent plus sur le statut d’Etat complet pour les Palestiniens. En retour, ils demandent une alliance (militaire) américano-saoudienne-israélienne contre leur ennemi présumé du côté est du golfe Persique.

Des négociations sur la question ont eu lieu entre les Saoudiens et les sionistes sous l’égide des États-Unis. L’assistant personnel partagé de Netanyahu et Trump, l’enfant prodige, Jared Kushner, est le point focal de ces négociations. Il a fait au moins trois voyages en Arabie Saoudite cette année, le dernier très récemment.

Les opérations saoudiennes du mois dernier, contre l’opposition interne au clan Salman ainsi que contre le Hezbollah au Liban, doivent être considérées dans le contexte et comme préparation du plan plus large. Récapituler:

La semaine dernière, l’actuel chef des Palestiniens, Mahmoud Abbas, a été envoyé à Riyad. Là , on lui a dit d’accepter tout ce qui sera présenté comme plan de paix américain ou de démissionner. Il a été invité à couper tous les liens palestiniens avec l’Iran et le Hezbollah:
Depuis les avertissements, qui pourraient menacer le nouvel accord d’unité palestinienne signé par le Fatah et le Hamas soutenu par l’Iran dans la bande de Gaza, les médias palestiniens ont manifesté une rare unité ces derniers jours en se prononçant contre l’Iran.
Le 6 novembre, une lettre du Premier ministre israélien Netanyahoo aux ambassades israéliennes a été intentionnellement  » divulguée « . Dans ce document, Netanyahoo exhorte ses diplomates à demander le soutien total des plans saoudiens au Liban, au Yémen et au-delà. Le même jour, Trump a tweeté :
Donald J. Trump @realDonaldTrump – 3:03 PM – 6 Nov 2017
J’ai une grande confiance en King Salman et le Prince héritier d’Arabie Saoudite, ils savent exactement ce qu’ils font …
(Le tweet a été fortement promu par les bots Twitter saoudiens .)

Le tyran saoudien a enlevé le Premier ministre du Liban, Saad Hariri, et déclaré la guerre au pays. Le but de ce mouvement est de supprimer ou d’isoler le Hezbollah, la résistance chiite du Liban qui est alliée à l’Iran et s’oppose aux plans saoudiens pour la Palestine.
Le 11 novembre, le New York Times a rendu compte de la rédaction d’un «plan de paix» par les États – Unis, mais il a fourni peu de détails. La chance de réussite d’un tel plan a été qualifiée de faible.
Le journal libanais de gauche Al-Akhbar a obtenu une copie du plan (arabe) sous la forme d’un mémorandum du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir au prince clown saoudien Mohammed Bin Salman ( traduction automatique anglaise ):

Le document, qui est dévoilé pour la première fois, prouve tout ce qui a été divulgué depuis la visite du président Trump en Arabie Saoudite en mai dernier sur le lancement des efforts américains pour signer un traité de paix entre l’Arabie saoudite et Israël. Cela a été suivi par des informations sur l’échange de visites entre Riyad et Tel Aviv, la plus importante étant la visite du prince héritier saoudien à l’entité sioniste.
Le document révèle la taille des concessions que Riyad entend présenter dans le contexte de la liquidation de la question palestinienne, et son souci d’obtenir en retour les éléments de pouvoir contre l’Iran et la résistance, menée par le Hezbollah.

La note du ministère saoudien des Affaires étrangères commence par exposer sa perspective stratégique:

Pour faire face à l’Iran en augmentant les sanctions contre les missiles balistiques et en reconsidérant l’accord nucléaire, le Royaume a promis dans l’accord de partenariat stratégique avec le président américain Donald Trump que tout effort américano-saoudien est la clé du succès.

Le rapprochement de l’Arabie Saoudite avec Israël comporte un risque pour les peuples musulmans du Royaume, car la cause palestinienne représente un héritage spirituel et historique et religieux. Le Royaume ne prendra pas ce risque à moins de ressentir l’approche sincère des États-Unis envers l’Iran, qui déstabilise la région en parrainant le terrorisme, ses politiques sectaires et en s’ingérant dans les affaires des autres.
Le document saoudien décrit les problèmes et les étapes du processus vers un accord en cinq points:

Premièrement : les Saoudiens réclament une « parité de la relation » entre Israël et l’Arabie Saoudite. Sur le plan militaire, ils exigent qu’Israël abandonne ses armes nucléaires ou que l’Arabie saoudite soit autorisée à en acquérir .

Deuxièmement : En échange, l’Arabie saoudite utilisera son pouvoir diplomatique et économique pour faire passer un «plan de paix» entre Israël, les Palestiniens et les pays arabes selon les mêmes principes que les États-Unis. Dans un tel plan de paix, les Saoudiens, selon le mémo, sont prêts à faire des concessions extraordinaires:

La ville de Jérusalem ne deviendrait pas la capitale d’un Etat palestinien mais serait soumise à un régime international spécial administré par les Nations Unies.
Le droit au retour des réfugiés palestiniens, violemment expulsés par les sionistes, serait abandonné. Les réfugiés seraient intégrés en tant que citoyens des pays où ils résident actuellement.
(Aucune demande de pleine souveraineté d’un Etat palestinien n’est mentionnée.)
Troisièmement : après avoir conclu un accord sur les « Principaux principes de la solution finale » pour la Palestine entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis (Israël), une réunion de tous les ministres des affaires étrangères de la région serait organisée pour les soutenir. Les négociations finales suivraient.

Quatrièmement : En coordination et en coopération avec Israël, l’Arabie saoudite utiliserait son pouvoir économique pour convaincre le public arabe du plan. Le point note correctement « Au début de la normalisation des relations avec Israël, la normalisation ne sera pas acceptable pour l’opinion publique dans le monde arabe . » Le plan consiste donc essentiellement à corrompre le public arabe en l’acceptant.

Cinquièmement : Le conflit palestinien détourne l’attention du vrai problème que les dirigeants saoudiens ont dans la région qu’est l’Iran: « Par conséquent, les parties saoudienne et israélienne sont d’accord sur ce qui suit:

Contribuer à contrer toutes les activités qui servent les politiques agressives de l’Iran au Moyen-Orient. L’affinité de l’Arabie Saoudite avec Israël doit être accompagnée d’une approche américaine sincère contre l’Iran.
Accroître les sanctions américaines et internationales liées aux missiles balistiques iraniens.
Augmenter les sanctions contre le parrainage par l’Iran du terrorisme dans le monde.
Réexamen du groupe (cinq + 1) dans l’accord nucléaire avec l’Iran pour assurer la mise en œuvre de ses termes littéralement et strictement.
Limiter l’accès de l’Iran à ses actifs gelés et exploiter la situation économique détériorée de l’Iran et la commercialiser pour augmenter la pression sur le régime iranien de l’intérieur.
Coopération intensive au renseignement dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue soutenus par l’Iran et le Hezbollah.  »
Le mémo est signé par Adel al-Jubeir. (But who were the ‘advisors’ who dictated it to him?)

Le plan américain pour la paix en Palestine est de presser les Palestiniens et les Arabes dans tout ce qu’Israël exige. Les Saoudiens accepteront cela, avec des conditions mineures, si seulement les Etats-Unis et Israël les aident à se débarrasser de leur ennemi juré, l’Iran. Mais c’est impossible. Ni Israël ni les Etats-Unis n’accepteront une « parité de relations » pour l’Arabie Saoudite. L’Arabie Saoudite manque de tous les éléments pour devenir un État suprême dans le Moyen-Orient arabe. L’Iran ne peut pas être vaincu.

L’Iran est au cœur de la circonscription chiite et au cœur de la résistance à l’impérialisme «occidental». Les populations alignées chiites et sunnites au Moyen-Orient (ex-Égypte) sont à peu près de taille égale. L’Iran a environ quatre fois plus de citoyens que les Saoudiens. Il est beaucoup plus vieux et cultivé que l’Arabie Saoudite. Il a une population éduquée et des capacités industrielles bien développées. L’Iran est une nation, pas un conglomérat de tribus du désert comme la péninsule du désert sous al-Saoud. Sa position géographique et ses ressources le rendent invincible.

Pour vaincre l’Iran, les Saoudiens ont lancé des guerres par procuration en Irak, en Syrie, au Yémen et maintenant au Liban. Ils avaient besoin de fantassins pour gagner ces guerres. Les Saoudiens ont engagé et envoyé la seule infanterie importante dont ils disposaient. Leurs hordes d’al-Qaïda et de fanatiques de l’EI ont été vaincues. Des dizaines de milliers d’entre eux ont été tués sur les champs de bataille en Irak, en Syrie et au Yémen. Malgré une campagne de mobilisation mondiale, presque toutes les forces potentiellement disponibles ont été vaincues par les résistances locales sur le terrain. Ni l’État colonial des colons ni les États-Unis ne sont disposés à envoyer leurs soldats dans la bataille pour la suprématie saoudienne.

Le plan de subvention de l’administration Trump pour réaliser la paix au Moyen-Orient est haut sur les espoirs mais manque de tous les détails nécessaires. La promesse saoudienne de soutenir le plan américain si l’administration Trump est prête à combattre leur ennemi juré, l’Iran. Les deux directions sont impuissantes et impuissantes et leurs deux plans ont peu de chance de succès final. Ils seront poursuivis de toute façon et continueront à créer une énorme quantité de dommages collatéraux. L’entité sioniste ne ressent aucune pression réelle pour faire la paix. Il traîne déjà les pieds sur ces plans et essaiera de les utiliser à son seul avantage.

Aucun mots n’est capable de décrire cette vidéo ! il s’agit d’Israël…le soit disant etat…. spolieur de la Palestine…