IL SERA À ALGER LE 6 DÉCEMBRE L’annonce surprise de Macron

 

Le Président français sera à Alger le 6 décembre prochain. L’information a été rendue publique hier, en fin de matinée, dans des conditions qui laissent planer certaines zones d’ombre.
 Emmanuel Macron a annoncé l’information lui-même et dans des conditions pour le moins surprenantes. En déplacement à Tourcoing, dans le nord de la France, le chef d’Etat est interpellé par un citoyen lors d’un bain de foule.
L’homme l’interroge sur sa visite en Algérie. Le Président répond. L’information est immédiatement diffusée par la presse française, notamment le Figaro qui relate les circonstances dans lesquelles cette annonce a été faite. Il est 10 h 39. La partie algérienne réagit plus de trois heures plus tard. L’annonce qui est faite diffère des communiqués officiels traditionnellement publiés. Elle n’émane ni des services du président de la République ni d’aucune autre structure officielle de l’Etat algérien.
Une dépêche de l’agence officielle (APS) fait savoir que la date de cette visite lui a été communiquée par une source auprès du ministère algérien des Affaires étrangères. «Suite aux consultations entre les institutions algériennes et françaises compétentes, la visite en Algérie du président de la République français a été fixée au 6 décembre prochain». Un sentiment de gêne semble se dégager de la situation. Macron a-t-il surpris en annonçant de façon unilatérale son déplacement ?
Evoquée à maintes reprises ce lundi, lors de la quatrième session du Comité économique mixte algéro-français, les deux parties ont uniquement fait savoir que la question avait été évoquée lors des bilatérales. A l’issue de la signature du contrat pour l’installation de l’usine Peugeot à Alger, Jean-Yves Le Drian (chef de la diplomatie française) avait cependant indiqué que la question avait été débattue dans le détail et que la visite aurait lieu «très prochainement».
La date avait-elle été alors arrêtée et sa proclamation laissée au soin des services compétents des deux Etats ? La manière avec laquelle l’information a été rendue publique laisse douter du bien-fondé de cette hypothèse. En ce genre de circonstances, et compte tenu de la délicatesse de tels «dossiers», il incombait aux services de communication de l’un ou l’autre pays de publier un communiqué comportant les termes adéquats et explicatifs.
La phrase lâchée par Macron dans un bain de foule à Tourcoing ne qualifiait pas par exemple la nature du déplacement qu’il est appelé à effectuer. Ce qui est sûr, apprenons-nous de bonne source, c’est qu’il ne s’agira en aucun cas d’une visite d’Etat. Ces visites se déroulent en effet suite à une invitation du Président du pays hôte, ce qui n’a pas été le cas dans cette situation. Il s’agira, nous dit-on, d’une visite de travail. Aucun détail ne filtre sur la nature du «travail» pour lequel il se déplace.
Etrangement, la date arrêtée intervient la veille d’une autre rencontre de haute importance prévue entre les deux pays. Le 7 décembre, les Premiers ministres algérien et français ont en effet prévu de se réunir à Paris dans le cadre de la CINH (Comité international de haut niveau), organisme de consultation bilatéral durant lequel sont débattus de nombreux sujets d’actualité et d’intérêt commun. Coïncidence ? Nécessité de trancher dans des questions, des dossiers urgents, sensibles, afin qu’ils puissent être inscrits dans les débats qui se dérouleront le lendemain à Paris ?
Hier, le flou régnait encore sur certaines questions. Une certitude, ce déplacement intervient au moment où Paris tente manifestement de se repositionner en Algérie et retrouver une place perdue au cours des années précédentes.
Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, avait clairement brossé le tableau de la situation lors de sa visite ce lundi à Alger. «Depuis 2010, nos affaires ont chuté de 24% à 10%, il est temps d’inverser la tendance», avait-il déclaré, peu de temps après que Le Drian ne fasse part de son côté de sa volonté de régler avec l’Algérie des problèmes de sécurité liés à la région.
Les deux ministres s’exprimaient dans le cadre du Comefa durant lequel s’est déroulée la signature de l’accord Peugeot. Un tournant semble avoir eu lieu à ce moment précis. 

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