L’islam est montré du doigt…Alors que….

“Les bouddhistes doivent dénoncer le terrorisme et le bouddhisme doit se réformer”

Le “terrorisme” n’est pas l’apanage de l’islam et des musulmans. Faut-il encore le rappeler ? Seule une infime minorité des attentats aux Etats-Unis et en Europe sont réalisés par des personnes qui se présentent comme des “musulmans” (CF chiffres du FBI/ministère de la justice américain de 1980 à 2005 et ceux d’Europol). Pourtant ils sont sur-représentés dans l’espace médiatique et politique. L’islam est pointé. Les musulmans accusés. Une réforme exigée. Pour les quelque 1, 6 milliard de musulmans à travers le monde. Il n’en va pas de même pour le bouddhisme et les partisans de cette religion.

Depuis 2012, les Rohingyas, ethnie musulmane de Birmanie est – pour reprendre les termes du représentant spéciale de l’ONU – la cible d’un “nettoyage ethnique” et d’un “génocide” alors qu’elle est “l’une des ethnies les plus persécutées au monde”. J’ai essayé de raconter cela dans Le Monde diplomatique.

Des bouddhistes, “au nom de leur croyance », veulent éradiquer moins de 5% de leur population qu’ils présentent comme une “menace pour l’identité birmane”. Le moine Wirathu – qui se nomme “Le Ben Laden des bouddhistes” et au sujet duquel un journaliste américain écrivait “L’Hitler de Birmanie est bouddhiste et ses juifs sont les musulmans rohingyas” – dirige cette campagne. Les non-musulmans qui soutiennent les musulmans sont aussi leur cible. Serait-ce une “lutte inter-ethnique” ? Non. L’Etat birman, le pouvoir politique, les forces de sécurité sont ouvertement en guerre contre les Rohingyas. Peut-on parler de “terrorisme d’Etat” ?

En creusant le sujet, on comprend que le problème se situe sur un autre terrain que les religions : “En plus du gaz et du pétrole, certaines régions théâtres des violences sont «riches en bois, pierres précieuses et minerai, ainsi qu’en potentiel hydraulique. (…) Les communautés ethniques locales luttent pour ne pas voir leurs territoires pillés par l’armée et quelques conglomérats qui lui sont proches — ou par des compagnies étrangères » écrit Renaud Egreteau. Et il ajoute : «La question ethnique est liée à des enjeux territoriaux et économiques. (…) Pacifier la périphérie, c’est se heurter à de vastes intérêts. »” (À ce propos, je vous invite vivement à re-voir “La stratégie du choc” de Naomi Klein.)

En dépit de ce génocide qui a lieu au moment où vous lisez ces lignes, le bouddhisme n’est pas dépeint comme “la religion du mal”, ni par les médias, ni par les politiques. Les bouddhistes ne sont pas dans leur ensemble présentés comme “des terroristes potentiels”. Le bouddhisme reste une “religion de paix”. “Le bouddhisme est perçu comme une religion de paix dont les moines sont le symbole, à l’inverse de l’islam. L’idée de bouddhistes massacrant des musulmans est quasiment inconcevable. Pourtant, assure Ansel : « À ce rythme, les Rohingyas vont disparaître de Birmanie.»”  

PS : L’ironie de tout cela – s’il y en a une – c’est que la question de savoir si Bouddha était “musulman” (dans le sens croyant en un Dieu unique) est posée…Son discours aurait pu être “dévoyé” comme celui de Jésus pensent des musulmans qui se questionnent sur le sujet.

PS : Vous noterez que le titre “le bouddhisme doit se réformer” n’est pas correct et c’est volontaire : il reprend les expressions qui personnifient l’islam…WardaMD

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