Peste : le retour de la  »mort noire » à Madagascar

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) vient de débloquer 1,5 million de dollars pour lutter contre la recrudescence épidémique de la peste à Madagascar. Vendredi, 13 octobre

L’OMS avait tiré un premier signal d’alarme début janvier 2017. Une épidémie de peste avait été identifiée dans la région d’Atsimo Atsinanana, dans le sud-est de Madagascar alors qu’aucun cas n’avait été recensé depuis 1950. Plus de 62 cas ont été recensés en seulement un mois, dont 26 mortels. Le risque de propagation au reste du pays a toutefois  été écarté du fait de l’isolation de la région, mais l’infection a refait son apparition dans de nouvelles zones.

 

PESTE À MADAGASCAR, DE L’ENDÉMIE À L’ÉPIDÉMIE

Lorsqu’un rongeur meurt, qu’il soit caché dans le toit en chaume d’une hutte en Ouganda ou sur un terrain de camping du Colorado, ses puces peuvent infecter la population humaine alentour si elles sont porteuses de la maladie.

Les pays d’Afrique de l’Est sont les plus touchés. Mais des cas peuvent se déclarer dans les régions semi-arides, quand humains et rongeurs se côtoient de trop près.

La peste sur Madagascar n’est pas inhabituelle. Depuis le premier cas recensé en 1850, la peste est une maladie endémique sur cette île de l’océan Indien : sa présence est récurrente dans la région. Le pays connaît chaque année de septembre à avril une période déterminée comme épidémique pour la peste bubonique.

Nous connaissons à la peste trois formes cliniques principales : la septicémique, la bubonique et la pulmonaire. La première, la plus rare, se déclare lorsque l’infection attaque et contamine le sang. La peste bubonique, la plus courante, infecte les ganglions lymphatiques avec une période d’incubation d’environ 7 jours avant de voir apparaître les premiers symptômes grippaux. Elle se contracte par la bactérie zoonosique “Yersinia pestis” en cas de piqûres d’insectes ou de morsures de rongeurs porteurs, de contact avec des matières infectées ou d’inhalation. Cependant, elle ne peut se transmettre d’un humain à l’autre.

La forme de peste la plus virulente, celle qui frappe Madagascar aujourd’hui, est la peste pulmonaire. Il s’agit d’une mutation de l’infection bubonique qui s’attaque aux poumons. Elle est beaucoup plus susceptible de déclencher des épidémies avec une période d’incubation de seulement 24h et une possibilité de contamination interhumains par les gouttelettes de respiration suspendues dans l’air. Ces formes de pestes, si elles ne sont pas traitées aux antibiotiques à un stade précoce, ont un taux de létalité compris entre 30% et 100%.

Madagascar fait partie des trois derniers pays au monde où la peste sévit encore régulièrement avec le Pérou et la République Démocratique du Congo. L’épidémie actuelle s’est déclarée début août et a été considérée comme épidémie 2 semaines après la mort du premier cas. L’OMS déclare 231 cas depuis début août, dont 33 mortels.

La peste se transmet en cas de morsure par une puce de rat.

 

LA CONTRE-OFFENSIVE SANITAIRE

Le temps de détection de l’épidémie, relativement long du fait de la localisation des régions reculées du pays, a laissé l’opportunité à des personnes infectées de voyager dans le pays et principalement vers la capitale, Antananarivo. L’OMS évalue donc le risque global national comme élevé et modéré au niveau de la région océanique. Le risque de propagation au niveau mondial reste faible.

L’OMS et le Ministère de la Santé malgache organisent la riposte avec, dans un premier temps, une solide campagne de prévention des populations. Celles-ci n’étant pas systématiquement atteintes par l’endémie, il est nécessaire de rappeler les premiers gestes pour éviter toutes piqûres ou morsures, mais surtout redonner aux personnels soignants des consignes de protection strictes. Pour compléter cette prévention et intervenir concrètement sur les soins, l’OMS a acheminé 1,2 millions d’antibiotiques, ce qui représente 5 000 traitements de soin et 100 000 traitements de prévention. Environ 244 000 nouvelles doses sont attendues dans les prochains jours sur l’île. Pour agir au plus vite et dans l’attente d’un complément de financement, l’OMS a également débloqué 1,5 million de dollars de son fond d’urgence.

Si la peste reste une infection moyenâgeuse dans l’imaginaire collectif, il est indispensable de rappeler que, entre 2010 et 2015, 3 248 individus ont été atteints à travers le monde, avec 584 morts recensés. L’OMS lutte chaque jour contre sa propagation et vient de lancer un appel à participation pour récolter les 5,5 millions de dollars nécessaires pour contenir l’épidémie en cours.

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