ONU….A quoi servent les Nations unies

A quoi servent les Nations unies ?  – Plaidoyer pour la réforme du Conseil de sécurité

par Chems Eddine Chitour

«Nous, peuples des Nations unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites, à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international, à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande, et, à ces fins, à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales, à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun, à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples, avons décidé d’associer nos efforts pour réaliser ces desseins ». Déclaration lors de la fondation des Nations unies le 24 octobre 1945

Le monde bruisse de bruits de bottes alimen-tés par les tweets ravageurs de Donald Trump et les réponses sans concession de Kim Jong-Un, sous les regards impuissants de l’Organisation des Nations unies de grand machin dont parlait déjà à l’époque le président français Charles de Gaulle. A l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a adopté une rhétorique guerrière contre la Corée du Nord, qu’il a menacée de «détruire totalement», et a qualifié Kim Jong-Un de «rocket-man» courant à sa perte. Le dirigeant nord-coréen a répondu: «En tant qu’homme représentant la RPDC et au nom de la dignité et de l’honneur de mon Etat, du peuple et en mon nom, je vais faire payer cher son discours à l’homme détenant les prérogatives du commandement suprême aux Etats-Unis». Le ministre coréen du Nord a même traité le président américain d’avoir l’esprit dérangé.

La Russie et la Chine ont mis en garde les Etats-Unis contre toute tentation militaire, lors d’allocutions devant l’Assemblée générale de l’ONU. Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères chinois, a appelé la Corée du Nord à ne pas persister dans une voie dangereuse tout en invitant les Etats-Unis à s’en tenir à leurs promesses de non-agression. Le Kremlin a aussi fait part de son inquiétude «Moscou est sans aucun doute profondément préoccupé de l’escalade des tensions dans la péninsule coréenne, liée à l’échange de déclarations assez grossières et pleines de menaces» entre les deux présidents, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, appelant une nouvelle fois à la «retenue». L’armistice de la guerre de Corée n’a toujours rien réglé. Pour l’histoire, le diplomate nord-coréen Sin Son-ho aux Nations unies avait déclaré en octobre 2008, lors d’une session de l’Assemblée générale des Nations unies que la Corée du Nord a mis au point des armes nucléaires pour répondre à la menace qu’elle perçoit de la part des Etats-Unis, en ajoutant que la Corée du Nord a commencé à démanteler son armement nucléaire et qu’elle soutient «la dénucléarisation de la péninsule coréenne». En précisant que son pays désire que soit signé un traité de paix pour remplacer l’armistice qui a mis fin à la guerre de Corée, il y a 55 ans. On aurait cru qu’avec la nomination du nouveau président que la paix était à portée de main.

Rien n’y fit, un engrenage dangereux a fait que les Etats-Unis ont installé les missiles Thaads en Corée du Sud et ont présenté l’addition de 3 milliards de dollars aux dirigeants qui ne voulaient pas les payer.

La paix froide prélude à un conflit ouvert

Paul Craig Roberts, ancien secrétaire au Commerce sous Reagan, analyse finement les non-dits du discours de Trump qu’il dit avoir désavoué tout ce dont sur quoi il a été élu. «Le discours à l’ONU de Trump montre clairement que c’en est fini de la présidence de Trump, si l’on se réfère à ses promesses de campagne où il s’était engagé à sortir Washington du rôle de ‘gendarme du monde’, sortir du Moyen-Orient, et rafistoler les relations avec la Russie. La CIA et le complexe militaro-sécuritaire ont pleinement pris le contrôle du gouvernement américain. Trump a accepté sa servitude (…) Washington uber alles est la seule politique étrangère qui vaille. Au Nations unies, Trump a, de fait, menacé de rayer la Corée du Nord de la surface de la terre. Y rajoutant d’autres menaces contre le Venezuela et l’Iran. Il a diabolisé ces pays, les qualifiant ‘d’Etats voyous’, alors que ce terme serait plutôt applicable à Washington qui a détruit, tout ou partie, huit pays en ce début du 21e siècle et en a 3 à 5 de plus dans sa ligne de mire. Washington est en train de réussir à conduire le monde à Armageddon, parce que les dirigeants du monde préfèrent l’argent à la vérité, à la justice, à la survie. Washington, absorbé dans ses tentatives de destruction de la Syrie, a laissé à sa marionnette d’Arabie Saoudite le soin de détruire le Yémen. L’autocratie saoudienne, un des principaux sponsors avec les Etats-Unis du terrorisme, a fait du bon boulot, grâce aux livraisons d’armes américaines et au ravitaillement de ses avions d’attaque par les Etats-Unis. Cette guerre totalement gratuite a permis de maximiser les profits du complexe militaro/sécuritaire américain, une bande de malfaiteurs comme on n’en a jamais vu sur terre. Tout le problème nord-coréen se résume à placer des missiles nucléaires américains à la frontière de la Chine. Tout le problème iranien se résume à placer des missiles nucléaires américains à la frontière de la Russie. (…) Le gouvernement des Etats-Unis, qui n’est pas un gouvernement du peuple, est le seul qui ait jamais menacé un autre pays de destruction totale comme Trump l’a fait pour la Corée du Nord dans son discours à l’ONU».(1)

L’impossible destruction de la Corée du Nord: un phœnix qui renaît de ses cendres

La contribution suivante montre que les tentatives nombreuses de démolir la Corée du Nord ont été vaines.

L’auteur montre que ce peuple de 26 millions d’âmes est résilient. L’auteur liste toutes les avanies subies sans résultat: «Détruire totalement la Corée du Nord ? Cela a été entrepris de manière systématique, scientifique et à un rythme infernal par les différentes branches des forces armées US lors de la guerre de Corée (1950-1952) au point où les Nord-Coréens furent obligés d’enterrer leurs villes et leurs usines sous terre. C’est également l’objectif affiché et poursuivi par le complexe militaro-industriel depuis la fin de cette guerre terrible menée sous mandat de l’ONU. Si la Corée du Nord a échappé à une destruction totale jusque-là, elle le doit initialement à sa position stratégique adjacente de l’ex-URSS et de la République populaire de Chine; l’absence de ressources énergétiques fossiles; la présence le long de la ligne de front (la DMZ) de milliers de pièces d’artillerie pouvant déverser sur Séoul, une ville de plusieurs millions d’habitants, plus de deux millions d’obus et de roquettes en l’espace de quelques minutes; l’échec de plus de 276 tentatives clandestines visant à décapiter le régime; l’absorption des ressources politiques, diplomatiques, économiques, financières et militaires US par les désastres afghan et irakien puis par l’échec du ‘Printemps arabe’; la montée en puissance de la Chine et la ré-emergence de la Russie; l’amélioration notable des conditions de vie et du revenu en Corée du Nord entre les années 2005 et 2015; enfin, l’acquisition par Pyongyang de l’arme atomique mais surtout l’incapacité de ses adversaires à connaître son arsenal réel. De fait, les USA auraient pu détruire la Corée du Nord à deux reprises: la première fois après la chute de l’ex-URSS et l’effondrement consécutif de l’économie nord-coréenne en 1991, suivi d’un état de famine et de pénuries. La seconde fois, c’était en 1994-1995, lorsque l’armée nord-coréenne eut d’immenses difficultés à se procurer des armes, des munitions et des pièces de rechange. Ce temps-là est révolu» (2).

Les Etats-Unis montrent leurs muscles, ils font voler des escadrilles de bombardiers en bordure de la Corée. Pour Aaron Kesel, le général Mattis, secrétaire d’Etat à la Défense, pense qu’il y a une option militaire contre la Corée du Nord qui ne mettrait pas Séoul en danger.

En 2015, l’armée de l’air des Etats-Unis a confirmé que la Division militaire Boeing possède une arme à impulsion électromagnétique capable de cibler et de détruire les systèmes électriques sans les dommages collatéraux causés par la destruction de personnes. C’est essentiellement un EMP qui élimine la grille d’alimentation d’une zone donnée. Le projet est connu sous le nom de «CHAMP», ou projet de missiles avancés hyperfréquences haute puissance de la contre-électronique, et il est déjà opérationnel depuis 2015. (…)

Le général David Goldfein, chef d’état-major de la Force aérienne, a déclaré que les Etats-Unis ont également d’autres armes cinétiques dans leur arsenal qui permettraient à Trump de «détruire totalement la Corée du Nord» -l’un des systèmes d’armes est le «Bâton de Dieu(…)».(4)

Faisons-les crever de faim : la solution du Wall Street Journal

Le journaliste Mike Whitney rapporte les délires de Wall Street: «Les rédacteurs du Wall Street Journal (WSJ) ont concocté un plan pour en finir avec la crise de la Corée du Nord: les faire crever de faim. Dans un récent article, le quotidien se réjouit des estimations de l’ONU affirmant que 40% de la population est sous-alimentée et appelle à serrer davantage la ceinture. Le Wall Street Journal reconnaît que cette tactique est ‘anormalement éthique’, mais ajoute que ‘la Corée du Nord constitue un cas exceptionnel’. Dans un article intitulé ‘Les options pour se débarrasser de Kim Jong-Un’, le comité de rédaction du WSJ suggère que les USA utilisent ‘tous les moyens à leur disposition pour renverser le régime nord-coréen’, y compris, bien sûr, le blocage des importations alimentaires vitales qui permettent aux femmes et aux enfants d’échapper à une mort atroce par famine. Voici un extrait de l’article: ‘Le Nord est particulièrement sensible cette année aux pressions parce qu’une grave sécheresse qui a duré d’avril à juin a fait chuter la récolte précoce de céréales de 30%. Les Coréens du Nord n’accepteront pas la famine comme ils l’ont fait il y a deux décennies. L’assistance fournie par le passé s’est avérée être une erreur, dans la mesure où elle a permis à l’un des pires régimes que l’histoire ait connus de se perpétuer. (…) Anéantir l’Etat nord-coréen aussi vite que possible est la démarche la plus humaine possible’».(3)

Quelle serait la solution pour arrêter l’escalade ?

Pour Barthélémy Courmont, directeur de recherches à l’IRIS (Paris), il pense que si on ne s’en prend pas au pétrole, les sanctions ne serviront à rien. «L’échec de ces sanctions est aujourd’hui patent. Elles ne font pas fléchir le régime nord-coréen et surtout ne sont pas toujours respectées (…) Pékin refuse en revanche un embargo pétrolier intégral, souhaité par les Etats-Unis. Selon lui, une rupture de l’approvisionnement pétrolier de la Corée du Nord aurait principalement un impact pour la population et pourrait entraîner des mouvements migratoires. (…) La sortie de crise pourrait passer par la reconnaissance de facto du statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord, comme pour l’Inde, le Pakistan ou Israël qui ont obtenu l’arme nucléaire hors cadre international dans le passé. Cette option constituerait un aveu d’échec des politiques de non-prolifération mais permettrait selon lui de sortir de l’impasse actuelle qui pousse Pyongyang à aller toujours plus loin dans son programme nucléaire et ses menaces»(5).

Jean Levy du Comité Valmy demande quant à lui à la France d’être prudente: «La France doit, d’urgence, se retirer de l’OTAN pour ne pas être entraînée dans un conflit mortel pour la civilisation. Ces propos sont source d’inquiétude pour tous les peuples épris de paix, pour notre peuple. (…) Avec l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche, il était possible de penser que Washington, mesurant ces changements historiques, s’en serait tenu à la politique annoncée par le nouveau président. C’était sans compter avec ‘l’Etat profond’. (…) Aujourd’hui, les Etats-Unis, pris de vertige dans leur nouvel environnement mondial, veulent mordre pour défendre leur suprématie. Le président s’est mué en un nouveau Dr Folamour. (…)

La France doit prendre des initiatives de paix en conviant l’ensemble des Etats du monde à une conférence internationale visant au désarmement nucléaire général, à la fermeture totale de toutes les bases militaires des Etats hors de leurs frontières, à la coopération mutuelle des peuples au profit de leur économie et de leur niveau de vie. Et, comme première mesure de sauvegarde, le retrait total des structures de l’OTAN…»(6)

Dans le même ordre, une plaie qui continue de saigner: la Syrie dont on s’évertue encore à martyriser le peuple en créant une troisième force alors que la paix est à portée de main. Le ministre des Affaires étrangères russe, Lavrov, a fait une déclaration à l’ONU en déclarant «qu’après la destruction de Daesh et consorts en Syrie, toute présence militaire étrangère sans l’assentiment du gouvernement syrien devra quitter la Syrie». Dans une brillante intervention-bilan au nom de son pays à la tribune de l’AG, de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères Al Moallem a confirmé. Le message-avertissement est bien sûr adressé à Washington qui essaie de se ménager des sanctuaires en Syrie. Ce combat d’arrière-garde de la part de la CIA fait pitié ! Vouloir maintenir des poches de subversion alors que la guerre est perdue, cela s’appelle du bricolage tactique. Au cas où la CIA convaincrait la Maison-Blanche et le Pentagone de continuer l’aventure syrienne, qu’est-ce qui risque de se passer ? Eh bien les Forces Spéciales américaines et les groupuscules qu’elles encadrent pour se donner une légitimité vont être encerclés et harcelés. L’AAS ne prendra même pas la peine de participer à ce combat asymétrique. Russes et Syriens ne donneront aucun prétexte aux Talmudistes en participant directement à cette action. Mais par contre, les Russes ne permettront aucune mesure de «retaliation» par l’aviation US contre Damas.(7)

L’Organisation des Nations unies actuel symbole de l’échec des Etats

C’est un fait, l’Organisation des Nations unies fait preuve d’un silence assourdissant devenue aphone, elle se contente d’organiser le rituel actuel de septembre où le feu sacré des premières ambitions de paix de sérénité, de justice s’est éteint. L’Organisation des Nations unies (ONU) est née le 24 octobre 1945.

«Au moment où, écrit Clarence Mollusque, l’Organisation des Nations unies a désigné pour les cinq prochaines années son futur secrétaire général, le Portugais Antonio Guterres, la question de son utilité revient avec insistance. Après tout, l’ONU a dépassé le cap des soixante-dix ans d’exercice, presque une vie d’homme. La plupart des conflits actuels ne sont pas traités par l’ONU des 193 pays mais par cinq pays qui s’arrogent le droit de décider pour les 200 pays.

Une vingtaine de conflits n’ont toujours pas trouvé solution. Il y a d’abord le doyen des conflits, la Palestine, depuis un siècle et dont l’occupation actuelle date de 50 ans, ensuite le Sahara occidental, territoire en attente de décolonisation, et les guerres de Somalie, du Yémen, de Libye, et de Syrie sans compter celles d’Afghanistan et d’Irak. Un dénominateur commun ? Ce sont tous des pays musulmans et pour certains en plus arabes»(8).

S’agissant du bilan en demi-teinte, Clarence Mollusque écrit: «Le bilan est, selon l’optimisme qu’on y met, au mieux décevant, au pire désastreux. Seulement décevant si on s’attache à l’enceinte exceptionnelle que représentent les Nations unies, capables de faire discuter en leur sein des puissances différentes, voire frontalement opposées sur le terrain. Seulement décevant aussi si on apprécie les nombreuses résolutions votées par l’Assemblée générale, dont certains font preuve d’une audace remarquable. A cet égard, mention honorable à celle sur la situation de la Palestine, qui pourrait toutefois rejoindre les limbes du droit international avec la désignation du prochain ambassadeur américain.

L’ONU a souvent peu agi, et parfois mal agi. Tout d’abord, et comment ne pas le mentionner, l’ONU s’avère incapable de trouver une situation au conflit syrien. Pour autant, dans cet échec de solution, le trio Etats-Unis, Royaume-Uni et France a une lourde part de responsabilité. Déjà, force est de constater que le maintien des membres permanents qui disposent toujours d’un droit de veto continue de paralyser le fonctionnement optimal de l’institution. Ainsi, aux veto américains pour Israël, répondent les veto russes et chinois pour la Syrie et le Soudan. Les rares organes supranationaux n’ont pas de réels pouvoirs.

Le secrétaire général des Nations unies est totalement dépendant du bon vouloir du Conseil de sécurité, lui-même paralysé par les positions des uns et des autres. L’ONU est encore trop imparfaite pour représenter une construction durable et un forum adéquat aux nombreuses nations de notre monde. Elle offre toutefois un avertissement: le ‘tout Etat’ conduit rapidement à des impasses. Aux défis globaux, il ne peut y avoir que des réponses communes»(8).

Un bilan en demi-teinte

La contribution suivante a trait à la vision humaniste de Stéphane Hessel, immense homme de culture et de dévouement à la condition humaine, le bilan de l’ONU, ses échecs et ses utopies sont passés en revue: «Devant les conflits qui ravagent le monde, on se demande souvent à quoi sert l’ONU.

N’est-elle pas paralysée par son manque de moyens d’intervention, sa lourdeur bureaucratique, la prolifération de ses organismes associés et le droit de veto des membres du Conseil de sécurité ?». Fin connaisseur des différentes facettes de cette organisation, il est lucide sur les réformes qui pourraient lui conférer un rôle adapté à la situation actuelle.

Pour comprendre à quoi servent les Nations unies, l’objectif de la Charte était non seulement de proposer un mode de règlement des conflits mais aussi de mettre en exergue les valeurs humaines fondamentales qui avaient été bafouées pendant cette guerre.(9)

On ne relit pas assez souvent le préambule de la Charte qui est un très beau texte dont un extrait a été donné en préambule. Le choix final, «Nous, peuples des Nations unies», était assez audacieux, car selon cette formule, les signataires de ce texte se présentaient non seulement comme quelques chefs d’Etat mais bien comme les porte-parole de l’ensemble des peuples de la planète. Ce texte a, de ce fait, une portée bien plus grande que s’il n’avait engagé que les gouvernements de quelques pays. Retraçant les différentes étapes, il écrit «La première, de 1945 à 1948, a été euphorique. C’était avant l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) et le pacte de Varsovie C’est de cette époque que date la création des premières grandes institutions internationales des Nations unies, comme l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture, l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la santé et la culture), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation internationale du travail, qui existait depuis 1919 mais a été alors rattachée à l’ONU.

C’est également au cours de ces trois années, qu’a été adoptée la Déclaration universelle des droits de l’homme le 10 décembre 1948. Cette phase euphorique a été de courte durée. Entre 1949 et 1989, les divergences fondamentales entre le bloc soviétique et ses satellites, d’une part, et les Etats-Unis et les pays du plan Marshall, de l’autre, ont largement bloqué l’action des Nations unies. Ceci m’amène à dire un mot du Conseil de sécurité, le seul organe non démocratique de l’ONU.

Alors que toutes les agences spécialisées de l’ONU fonctionnent selon le principe du vote à la majorité, le Conseil de sécurité requiert l’unanimité de ses cinq membres permanents. S’il n’en avait pas été ainsi, il est certain qu’au moins un des membres fondateurs aurait refusé d’y participer, de peur de voir ses intérêts majeurs mis en danger s’il se retrouvait en minorité. Cette clause de l’unanimité, plus connue sous le nom de «droit de veto», était donc indispensable, mais c’est en même temps ce qui a souvent bloqué l’action de l’ONU»(9)

La décolonisation et le développement, l’environnement

Malgré tout, cette période a été marquée par une étape fondamentale de l’histoire mondiale, celle de la décolonisation. sous la pression des Assemblées générales de l’ONU que peu à peu se sont fait entendre des pays qui militaient pour l’indépendance d’autres Etats, et que l’on a vu finalement entrer 150 Etats indépendants supplémentaires à l’ONU. [C’est dans ce cadre, que la «Question algérienne» était inscrite chaque année en septembre dans l’agenda des Nations unies. ndlr}. Une autre grande question a occupé les Nations unies pendant cette période, celle du développement. Ce qui était à l’origine le Conseil économique et social de l’ONU a rapidement été remplacé par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED). Le premier représentant français à cette conférence en 1964, André Philipp, a eu la bonne idée de proposer que les grandes nations consacrent 0,7% de leur PNB (Produit national brut) à l’aide au développement. Nous sommes en 2007 et cette part n’est actuellement que de 0,23%. En 1972, s’était réunie à Stockholm une conférence consacrée à la protection de l’environnement. En 1992, la conférence de Rio, avec l’instauration des Agendas 21, a une tout autre portée à la fois développement économique et social tout en remédiant à une dangereuse dégradation de l’environnement. A New York, en 2000, ont été fixés les Objectifs de développement du millénaire (ODM)»(9)

Tâche noire selon nous, le principe du droit d’ingérence où l’auteur présente le problème kowetien – rappelons que Saddam Hussein avait accepté de retirer ses troupes, mais les Etats-Unis tenaient à le punir. L’auteur oublie de nous parler de l’autorisation de l‘ONU suffisamment ambiguë pour permettre la destruction de la Libye. Nous lisons: «Cette décennie a également vu la première guerre conduite sous l’autorité de l’ONU.

Cette fois, c’est l’ensemble des nations qui ont accepté le principe d’ingérence défendu par la diplomatie française et en particulier par Michel Rocard et Bernard Kouchner. Elles ont ainsi décidé de libérer le Koweït. Nous en arrivons enfin à la dernière et courte période, celle qui a été marquée par l’arrivée au pouvoir de George W. Bush, les attentats terroristes du 11 septembre 2001 et l’intervention américaine en Irak»(9).

« A quoi sert l’ONU, Si elle ne réforme pas ?

Pour rappel, l’organisation a connu des secrétaires généraux remarquables, notamment en la personne de Dag Hammarskjöld, diplomate suédois, qui fut secrétaire général des Nations unies de 1953 à 1961 et s’est impliqué personnellement dans les conflits.

L’année même de sa mort, survenue avant la fin de son mandat, le prix Nobel de la paix lui fut décerné à titre posthume. Il y eut des secrétaires généraux dont le passage a été discutable, notamment depuis les attentats de septembre 2001. C’est un fait, les

Etats-Unis, contribuant pour 25% du budget de l’ONU, sont ceux qui décident et les secrétaires généraux depuis Boutros Boutros Ghali, Koffi Annan et l’énigmatique Ban Ki-moon qui ne faisait rien sans l’aval des Etats-Unis, n’ont pas de mon point de vue donné ses lettres de noblesse à l’organisation. Souvenons-nous du scandale sous Koffi Annan du «pétrole contre nourriture». Souvenons-nous comment la seule résolution qui a été votée a vu la mise à mort autorisée par le Conseil de sécurité pour assassiner Kadhafi.

«L’ONU actuelle, c’est un constat d’échec. Pour que l’ONU puisse relever les défis qui l’attendent au XXIe siècle, il faut qu’elle transforme en profondeur sa propre organisation. L’ONU doit tout d’abord être capable de mobiliser. On ne fera disparaître le terrorisme qu’en luttant contre les injustices économiques et en parvenant à une alliance des civilisations au lieu de désigner l’une d’entre elles comme ennemie du reste du monde. Le deuxième changement doit porter sur la lutte contre les armes de destruction massive. Mais à toutes les formes de criminalité militaire, c’est-à-dire à la vente des armes sans contrôle. Nous devons ensuite aller conclure plus loin dans le devoir d’ingérence: notre monde de plus en plus global a un besoin toujours croissant de solidarité, et cette solidarité ne peut être efficace que si elle l’emporte sur les souverainetés. Le budget de la structure elle-même est de 3 milliards de dollars; en y ajoutant l’action sur le terrain et notamment celle des Casques bleus, on atteint 20 milliards de dollars, ce qui représente 20 jours de la guerre menée actuellement en Irak par les Etats-Unis. Pour que l’ONU puisse avoir une action efficace, il faudrait qu’elle dispose de 50 milliards de dollars par an, à supposer que le contexte mondial n’évolue pas encore plus vite et plus dangereusement qu’il ne le fait actuellement»(9).

Les 195 Etats n’ont aucune poids réel. Tout passe par le Conseil de sécurité. Il témoigne de la difficulté d’avancer sur des sujets sensibles lorsque les Etats qui le composent sont les seuls décideurs en fonction de leurs intérêts. Souvenons-nous de la quarantaine de résolutions sur la Palestine bloquées par les Etats-Unis et d’autres bloquées concernant la Corée du Nord.

Devant les conflits qui ravagent le monde, on se demande souvent à quoi sert l’ONU. N’est-il pas temps d’aller vers un désarmement nucléaire total et revoir la composition du Conseil de sécurité en supprimant la clause veto. Des pays comme le Japon, l’Inde, l’Allemagne, autrement plus importants économiquement que le Royaume-Uni ou la France, devraient faire partie d’une nouvelle organisation. Pour cela, le multilatéralisme doit être consacré. De plus, une Organisation devrait être créée pour s’occuper sérieusement de l’environnement et consacrer la paix avec la Terre. Ce sont les conditions pour ramener la sérénité dans le monde. C. E. C.

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