Taleb, Benyellès et Abdennour appellent l’ANP à se démarquer de Bouteflika

Taleb, Benyellès et Abdennour appellent l’ANP à se démarquer de Bouteflika

Bouteflika

Ahmed Taleb-Ibrahimi. 

Par Sonia Baker – Dans un texte publié dans trois journaux, trois personnalités, ayant déjà occupé de hautes fonctions, appellent les Algériens à faire front commun contre le président Abdelaziz Bouteflika et ceux qui s’entêtent à le maintenir malgré son état de santé en dégradation continue.

Ces trois personnalités sont les anciens ministres Ali Yahia Abdennour et  Ahmed Taleb-Ibrahimi et le général à la retraite Rachid Benyellès. Ils commencent leur déclaration par un constat alarmant, celui que font tous les jours les Algériens. Ils soulignent l’insoutenable maladie du président Bouteflika, qu’ils déclarent inapte à poursuivre son mandat. Ils alertent sur la tentation de son entourage à vouloir imposer un cinquième mandat qui serait fatal pour un pays à la stabilité des plus fragiles.

«Totalement absent de la scène nationale et internationale, il apparaît dans les rares occasions où il est exhibé pour dissiper les rumeurs et montrer qu’il est toujours en vie, dans un état de délabrement physique qui ne laisse aucun doute sur son incapacité à gouverner», écrivent-ils, accusant son entourage familial et un groupe de puissants oligarques d’œuvrer à le maintenir vaille que vaille Président.

«Pour éviter le naufrage et sauver ce qui peut l’être encore, nous devons taire nos divergences culturelles, linguistiques et politiques pour crier à l’unisson « ça suffit ! »», soulignent-ils, considérant qu’il est inconcevable de continuer à accepter cette situation et à laisser faire les partisans du cinquième mandat pour «un vieil homme impotent et incapable de s’exprimer». Ils appellent ainsi à faire front commun pour faire barrage à ceux qui ont «confisqué notre destin depuis près de vingt ans».

«Même s’ils ont toujours déploré la mauvaise gestion de leur pays et l’emprise des affairistes sur son économie, les Algériens, encore marqués par les traumatismes de la décennie noire, ont laissé faire de peur de compromettre le rétablissement de la paix sociale enfin retrouvée et de revenir aux années les plus sombres du terrorisme avec les conséquences dramatiques qui pourraient en découler de nouveau. Cette peur a inhibé chez eux toute volonté de réagir pour changer le cours des événements et mettre fin aux pratiques mafieuses qui ont fini par discréditer et ruiner un pays riche, réduit aujourd’hui à faire fonctionner la planche à billets», relèvent-ils avec désolation. «Seul un front commun est en mesure de peser sur la situation pour changer le rapport des forces et favoriser l’avènement d’hommes et de femmes de qualité », estiment les trois signataires, qui invitent l’ANP à se démarquer de ceux qui dirigent le pays actuellement.

«Quant à l’Armée nationale populaire qui demeure encore l’institution la moins dépréciée du pays, le moins qu’elle puisse faire, à défaut d’accompagner le changement qui s’impose et de participer à l’édification d’une République véritablement démocratique, c’est de se démarquer de manière convaincante du groupe qui s’est emparé indûment du pouvoir et entend le conserver en laissant croire qu’il a le soutien de cette même institution», concluent-ils.

S. B.

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