Quelques métiers d’avenir dans un pays qui n’en a pas

Quelques métiers d’avenir dans un pays qui n’en a pas

par M. W

Cordier, artisan ceinturier, fossoyeur, pleureuse professionnelle, monteur de tentes mortuaires, le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels dévoile les nouvelles filières pour sa rentrée 2017-2018. Des spécialités nouvelles, certes, mais qui répondent aux exigences de l’Algérie de ces prochaines années. Des métiers d’avenir dans un pays qui n’en a plus pour résumer la vision futuriste des décideurs d’en haut et d’ailleurs. La formation professionnelle devant épouser les récentes mesures décidées, les responsables ont ainsi opté pour ces métiers pour absorber la masse des chômeurs qu’on annonce aussi froids que les discours lénifiants de nos gouvernants. Pour les apprentis voulant rejoindre l’une des filières est exigé une demande manuscrite et une lettre de motivation ainsi que l’acte de décès délivré par la direction de l’Education du lieu de naissance, un S12, une attestation sur l’honneur d’exercer le métier qu’il apprendra dans un des 100 locaux du président et un engagement écrit de ne pas prendre la mer pour passerelle. Réunies ces conditions, l’apprenant peut s’inscrire dans le centre proche de son lieu de résidence. Pour les spécialités de cordier et artisan-ceinturier, il est néanmoins demandé une certaine dextérité des doigts et une imagination artistique pour envelopper le produit final dans un emballage moins triste. Le tout est de ne pas effaroucher les potentiels clients. Pour les filières fossoyeur et monteur de guitounes, il est conseillé une bonne constitution physique, le niveau scolaire important peu. Si ces deux spécialités sont réservées exclusivement aux stagiaires masculins, les filières pleureuses professionnelles et cuisinières de guerre sont ouvertes aux filles. Le pays se prépare donc à cette nouvelle transition en mobilisant les forces vives et en ouvrant des perspectives d’embauche en direction de la jeunesse, d’un côté pour endiguer le chômage endémique, créer des postes de travail et faire face à la vague de déprime qui s’abattra sur l’Algérie. Les cordiers seront appelés à confectionner de plus en plus de cordes pour pendus vu que les intoxications médicamenteuses ne seront pas à la portée de tous les Algériens. Les artisans-ceinturiers vont faire dans la conception minimaliste avec des crans de serrage de plus en plus réduits. Les fossoyeurs seront assurés d’un CDI alors que les pleureuses professionnelles, les cuisinières et les monteurs de guitoune seront recrutés avant même le diplôme en poche. En attendant d’autres filières !

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