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Andramasina Madagascar

Éducation – La vie minable d’un enseignant

Un enseignant nouvellement recruté témoigne de la misérable vie des non fonctionnaires. L’État promet d’en embaucher encore quarante mille.

A 48 ans, Rakotoarison, enseignant de français dans un collège d’enseignement général (CEG) à images (23), est enfin recruté en tant que fonctionnaire. Il a attendu ce moment depuis 24 ans, moment où il a commencé à faire ce métier. « C’étaient 24 ans de misère! », résumait-il en une phrase, cette période de sa vie. « Je ne pouvais procurer aucun confort à ma petite famille. Nous n’avons jamais mangé à notre faim. Toutefois, je n’ai pas négligé l’éducation de mes enfants pour qu’ils aient une vie bien meilleure que la mienne », explique ce père de cinq enfants, qui se réjouit de son recrutement. C’était au Palais des Sports à Mahamasina, hier, dans le cadre de la distribution des contrats de travail pour les dix mille enseignants, des vingt régions de la quatrième vague de recrutement.

Nouveaux recrutements
À ses débuts, Rakotoa­rison a été payé à 2 000 ariary la semaine. Et ces cinq dernières, il a gagné 100 000 ariary. « C’est honteux ! », nous confie-t-il. Malgré ce maigre salaire, Rakotoarison n’avait pas négligé son métier. « Je vais travailler mieux qu’avant », rassure-t-il, dans une joie incommensurable. « Être enseignant est un choix de vie. Persévérez et soyez dévoués. Nous avons besoin d’éducation moderne et de qualité. C’est la base du développement futur », lance le président de la république, Hery Rajaonarimam­pianiana, aux enseignants. Il a honoré de sa présence cette cérémonie.
Quarante mille enseignants sur les quatre-vingt mille non fonctionnaires ont été recrutés, depuis l’année 2014. Dans les régions de Boeny et Melaky, il n’y aurait plus d’enseignants non fonctionnaires. Avant l’année 2014, on en comptait plus de quatre-vingt mille.
Le ministre de l’Éduca­tion nationale, Paul Rabary, a rassuré que le recrutement va encore continuer jusqu’en 2022. Le Plan sectoriel de l’éducation (PSE) propose, par exemple, le recrutement de quarante-quatre mille enseignants pour sa bonne mise en œuvre. « Nous allons prioriser les enseignants qui ont bénéficié des formations pédagogiques », indique Serge Tsitoara, directeur de Technologie de l’information et de la communication au sein du MEN.
La compétence de ces enseignants nouvellement recrutés dont la majorité n’ont pas bénéficié de formation pédagogique, inquiète plus d’un. « Ce recrutement massif d’enseignants sans qualification pourrait encore faire baisser le niveau des élèves. Il faudrait des mesures d’accompagnement », avance un spécialiste de l’éducation. Serge Tsitoara rassure que ces enseignants ont bénéficié d’une formation avant leur recrutement. Leur compétence serait encore renforcée par d’autres
formations.

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