Une absurdité, le nucléaire pacifique….

Une absurdité, le nucléaire pacifique!

 

Nucléaire pacifique? Cela existe-t-il? C’est exclusivement la fonction que les Etats donnent à l’utilisation, civile et/ou militaire, de l’atome qui est importante. Rien de plus, rien de moins. Aussi, il est parfaitement illogique de parler de «nucléaire pacifique», c’est un non-sens. D’autant plus que seuls les cinq pays, officiellement détenteurs de l’arme atomique, peuvent donner du sens à cette qualification de «nucléaire pacifique». Or, ces puissances tout en échappant à tout contrôle indépendant, veillent à demeurer le seul vecteur d’acquisition et de transformation de l’atome. Un monopole qui n’a rien de pacifique. Le cas de l’Iran, mise au banc de la communauté des Nations durant plus d’une décennie, est là pour nous instruire quant aux énormes enjeux du contrôle du nucléaire par un quarteron d’Etats. Des puissances jouent à faire peur lorsqu’elles laissent entendre que des terroristes pourraient se procurer la bombe atomique. Chez qui? Dans l’épicerie du coin? Trêve de plaisanterie. Il y a la reproduction normale, par des pays qui ont acquis le savoir-faire par leurs propres moyens, et la prolifération négative, encouragée – pour des desseins stratégiques évidents – par ceux-là qui détiennent les clés et l’exclusivité du savoir-faire nucléaire. De ce point de vue, les sommets sur la sécurité nucléaire initiés par l’actuel président états-unien, Barack Obama (dont le 4e round s’est achevé vendredi à Washington) ne sont qu’un show sans réelle portée sur une prise en charge responsable du problème du nucléaire. Aussi, le moins qui puisse être relevé est que l’approche du problème – si problème il y a – est à tout le moins biaisée. De fait, l’obstacle à la résolution des difficultés liées à l’atome est l’absence d’une véritable autorité indépendante supranationale, disposant du pouvoir de contrôle sur l’ensemble des nations détenant ou au seuil du nucléaire – y compris les «cinq» – dans une démarche universelle dans la perspective de préserver la paix et la sécurité pour tous. Cette vision est tout simplement utopique. Il n’existe pas à l’heure actuelle une telle institution capable de demander des comptes – sur cette question – aux puissances nucléaires. L’institution onusienne, l’Aiea, n’a pas les moyens et prérogatives pour jouer un tel rôle. De fait, lorsque l’Aiea ne parvient pas à savoir si Israël est, ou non, une puissance nucléaire, lorsqu’elle exclue – délibérément ou sous contrainte – de contrôler le (les) site(s) nucléaire(s) israélien(s) [quand de telles vérifications sont obligatoires pour les autres pays] comment voulez-vous que l’institution onusienne puisse vérifier l’arsenal américain, russe, chinois, français ou britannique? En 2009, le tout nouveau président états-unien, Barack Obama, surprend son monde en parlant de paix à Prague (le 5 avril 2009, il y a juste 7 ans) et singulièrement de la nécessité d’éliminer la menace nucléaire. Il le fait d’ailleurs si bien que cela lui a valu le prix Nobel de la Paix. Quand on relit aujourd’hui son discours on se rend compte que c’était surtout un exercice de style. M.Obama, affirma ainsi que «les pays possédant l’arme nucléaire s’engageront vers un désarmement, ceux qui n’en sont pas dotés ne l’acquerront pas; et tous les pays pourront accéder à une énergie nucléaire pacifique. Pour étayer le traité, nous devrons adopter plusieurs principes. Nous avons besoin de davantage de moyens et d’autorité pour renforcer les contrôles internationaux. Nous demandons des sanctions réelles et immédiates pour les pays qui enfreignent les règles ou qui tentent d’abandonner le traité sans raison valable». Tout cela est très positif. Mais en vérité qui contrôlera les Etats-Unis d’Amérique? Qui sanctionnera d’éventuelles infractions du mastodonte états-unien? Barack Obama parlait pour ne rien dire! Dans son esprit le contrôle et les sanctions s’appliquent uniquement aux pays tiers, ceux qui ne disposent pas du nucléaire ou aspirent à l’avoir. Les Etats-Unis, sont certes en train de réduire leur monstrueux arsenal nucléaire – concomitamment avec la Russie – mais c’est pour mieux rebondir en mettant à contribution la nouvelle génération d’armes de destruction massive par la mise à profit des nouvelles technologies (notamment dans la miniaturisation) afin de maintenir la suprématie absolue des Etats-Unis sur le monde. Le danger d’utilisation de l’atome vient d’abord, des Etats-Unis qui n’ont pas hésité à brandir cette menace [Nixon, avertissant Sadate à retirer son armée du Sinaï en 1973, Dick Cheney en 2007, à propos de l’Iran disant que toutes les options étaient sur la table, y compris l’arme nucléaire] pour imposer leur diktat. Les Etats-Unis n’ont jamais abandonné la stratégie de Ronald Reagan préconisant l’attaque nucléaire limitée contre les forces militaires ennemies. Les Etats-Unis posent la question du nucléaire en termes de «paix et sécurité nationale» induisant une fausse dualité. La paix et la sécurité ne peuvent être qu’universelles. Or, Washington ne l’entend pas ainsi, pour qui la notion de «sécurité nationale», englobe la planète entière considérée comme la frontière «naturelle» des Etats-Unis. Ils font le nécessaire pour qu’il en soit ainsi. Vous avez dit pacifique?

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