Le Makhzen dans ses petites babouches

Dans le but de maintenir et entretenir ce délire et ainsi éviter toute contestation interne, le Makhzen veille à la projection constante d’une image de succès dans le conflit qui l’oppose aux Sahraouis. Une mission délicate, en particulier dans la conjoncture actuelle caractérisée par de nombreux camouflets au niveau international.

Au niveau de l’ONU, alors que le Front Polisario a déjà exprimé son feu vert à la nomination de l’Allemand Horst Kohler comme envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental, le Maroc maintient sa réserve dans l’attente de faire infléchir la position onusienne sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Rabat rêve de voir d’imposer une nouvelle définition à ce principe.

Au niveau de l’Europe que le Maroc considérait comme dernier bastion contre les aspirations de liberté du peuple sahraoui, Mme Mogherini vient d’asséner une gifle au régime de Mohammed VI, en réaffirmant le statut du Sahara Occidental en tant que «territoire non autonome» et le soutien de l’Union européenne (UE) pour les efforts du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) en vue de parvenir à une solution qui permette l’«autodétermination du peuple du Sahara Occidental».

Dans les terres de l’Oncle Sam, l’Administration Trump a réitéré la loi budgétaire du 4 mai dernier adoptée par le Congrès et promulguée par le président, Donald Trump, et qui stipule que l’aide américaine destinée au Maroc, prévue dans le budget fédéral des Etats-Unis pour 2017, ne peut être dépensée au Sahara Occidental sans l’aval du département d’Etat.

Le Maroc qui, depuis des années, crie à qui veut l’entendre que le Front Polisario «n’est pas une entité étatique» s’est vu récemment dans une situation peu enviable. Un bateau qui portait 54 000 tonnes de phosphates d’une valeur de 5 millions de dollars destinées à la Nouvelle-Zélande, en provenance des territoires sahraouis occupés par le Maroc, a été saisi en Afrique du Sud à la demande du Front Polisario.

Par ailleurs, le Maroc est pointé du doigt dans le domaine des droits de l’Homme. Ses manipulations, en vue de s’en prendre à son voisin algérien, se sont retournées contre lui. L’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) a dénoncé le Maroc pour avoir failli à ses obligations internationales, en expulsant, le mois dernier, deux groupes de réfugiés syriens de 55 personnes, comprenant 20 femmes, dont 2 enceintes de plusieurs mois, et 22 enfants. «Expulser des demandeurs d’asile de son territoire (…) sans leur donner la possibilité de demander le statut de réfugié constitue une violation des obligations internationales du Maroc», a souligné HRW dans son communiqué, qui indique également qu’une des femmes réfugiées syriennes a accouché le 23 avril dans la zone frontalière, située près de la ville marocaine de Figuig.

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