Morale quand tu viens à nous manquer !

Morale quand tu viens à nous manquer !

par A.K

Si l’homme est devenu un « loup » pour son semblable, la morale et la culture restent les derniers remparts qui nous séparent de l’animalité. Ces valeurs à partager par toutes et par tous, sont à l’image de cet « enclos » entourant le troupeau dans les pâturages. Mais si les « brebis » venaient à en échapper, elles risquent de se voir réduites à une proie facile et ne seraient in fine qu’une masse de protéines dans les estomacs de prédateurs ne répondant qu’au seul instinct de leurs besoins primaires. Alors oui ! Je crois que c’est là, un des sens à donner à ces valeurs et notamment à la morale…

L’action bonne selon cette valeur primordiale ne sera pas seulement celle qui respecte la loi, mais aussi et surtout, celle qui a été accomplie aussi par devoir et obligation partagés. La société véritablement humaine requiert donc bien plus que la simple possibilité de faire cohabiter des individus d’un même pays. Elle commence lorsque les hommes et les femmes d’une même société recherchent en commun un bien-vivre qui permet l’épanouissement d’une communauté solidaire. Autant dire que dans l’absolu, une société véritablement humaine ne peut se concevoir sans la morale. Elle devrait donc permettre à tous ses membres, plus que de ne pas se nuire les uns aux autres en respectant les lois de la République, de se réaliser pleinement comme êtres humains solidaires et soucieux des seuls intérêts présents et futurs de leur pays, afin de préserver les chances des générations montantes.

Alors … oui ! N’en déplaise à certains esprits peu soucieux des valeurs à partager, disons-le à l’unisson : « la morale est à la base de toute société humaine sur laquelle de nombreuses institutions et non des moindres comme la justice, se fondent. » En dehors de cette vérité, c’est la loi de la jungle qui s’impose à nous avec comme impact négatif ; l’effritement de la cohésion sociale, voire de l’unité et de la sécurité nationales ne plaise à Dieu. À bien regarder, il est à craindre que nous avons déjà mis le «doigt dans l’engrenage», par la faute du « laisser-aller » d’un État populiste miné dans ses institutions, « compatissant » et n’ayant pas su baliser et appliquer ses missions régaliennes en mettant les garde-fous nécessaires pour faire admettre sa seule autorité, opposable à toutes et à tous. De surcroît, sa pratique du : « deux poids, deux mesures » a ternie considérablement son image et sa crédibilité auprès de ses citoyennes et ses citoyens !

«Société du gâchis et des occasions râtées»

L’obligation morale est cette règle absolue à garder présente à l’esprit de toute personne acquise aux principes de la citoyenneté, n’en déplaise à ces « goinfres » du gain facile sans foi ni loi qui amassent des fortunes indument acquises, tout en dévaluant les valeurs fondatrices d’une société qui a finie par devenir « contaminée » par les travers de l’état d’esprit exhibitionniste et arriviste qui s’étend telle une gale à tout le corps social. Tout est fait dans le souci du paraître et du : « m’as-tu vu »? N’est-ce pas que c’est au nom de la morale, celle écrite avec un grand « M » que l’on prétend construire un monde dit « meilleur » ? Bien sûr que ce monde là ne saurait ressembler à celui que nous propose et nous impose le système de la mondialisation sauvage et ultralibérale avec son corolaire le bras armé qui expérimente les dernières innovations de ses complexes militaro-industriels, ces armes de destruction massive destinées à alimenter et faire perdurer les conflits au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique faisant des centaines de milliers de morts, autant d’orphelins, livrant à la famine et à la précarité des millions de femmes, d’hommes et d’enfants abandonnés à leur sort par ceux qui agissent au nom des « droits » de l’homme et de la « démocratie », celle qui sous-tend la mainmise sur les réserves énergétiques . Ces malheureux n’ont pour seul recours que les migrations et l’expatriation en Europe dans des conditions des plus inhumaines !

Ni à celui de l’oppression du peuple palestinien et de la spoliation de ses terres par l’État hébreu, ou du pillage du continent africain dont les populations misérables sont contraintes à l’exode vers l’espace Schengen que Marine le Pen et ses acolytes « ultras » de pays européens finiront par fermer ! Ce n’est là, qu’une affaire de sensibilisation et de rapport de force qui finira par couches électorales successives et par formatage d’esprits épeurés à l’excès, par s’imposer aux sociétés occidentales, à ne pas en douter ! Cette parenthèse est sitôt fermée, car mon propos n’est pas de traiter de la géopolitique et du système mondialisé à l’origine des déboires actuels de l’humanité. L’objet de mon article est de parler, du fonctionnement de notre société qui préoccupe notre esprit de par son évolution dans une atmosphère faite de manque de lisibilité et où l’opacité est dominante. Mais cela ne veut pas dire qu’il faille marquer notre désintérêt par rapport à l’évolution du monde, ce « village planétaire » qui nous rassemble et influe considérablement via le « Net » et les chaînes satellitaires sur notre comportement sociétal et surtout, sur celui de nos enfants du « paraître branché » plus proches de « Google » que de leurs parents, de leurs proches et de leur société.

Pour assouvir tous leurs fantasmes, ces jeunes ont tourné le dos à leurs études qu’ils trouvent sans intérêt après avoir pris option dans leur majorité, pour le modèle trabendiste et affairiste de l’informel dans une société où la culture du gain facile est devenue la référence et le modèle à suivre pour arriver vite à se faire une situation, pensent-ils à tort ou à raison. Mais si c’est ainsi, c’est que la reconnaissance de l’individu par la société qui a perdu toutes ses véritables marques et repères ne c’est pas faite par le biais de la valeur morale. Plus qu’une priorité, la différenciation du « bon » et du « mauvais » citoyen devient un impératif, afin de corriger cette injustice commise à l’égard de celles et de ceux qui activent au quotidien, sans rien demander à l’État providence en subvenant aux besoins de leurs familles et en s’acquittant de leurs devoirs. C’est là certainement, une urgence de l’heure ! C’est cette minorité active abreuvée par les principes du compter-sur-soi, qui a besoin d’être protégée contre tous ces « parasites » qui ont pourris l’existence notre existence sans rien apporter en retour à la société, sinon un comportement malsain et destructeur qui a déprécié les règles et les valeurs du savoir, de la connaissance et de la solidarité. Par leur faute, le travail productif est devenu une pratique désuète dès lors que ces tricheurs volent l’État et les citoyens de par le fait qu’ils trompent ou ignorent le « fisc ».

Ils apparaissent pourtant aux yeux de gens crédules, en exemples de réussite sans gros efforts fournis, moyennant juste un peu de passe-droit, la connaissance de commis d’État véreux et corrompus, avec en plus, beaucoup de « k’faza » et de débrouillardise… Tout cela a fait que la société algérienne a désormais pour principal outil de régulation les pratiques immorales devenues les « canons » de la « gouvernance » de la sphère économique informelle. Face à cette attitude préjudiciable à notre société et à l’exception de quelques décisions prises dernièrement par le Ministre du commerce par intérim, l’État laxiste affiche encore une sorte de « zénitude » pour ne pas dire plutôt, une faiblesse nourrie par la crainte du chantage à la déstabilisation du front social par ceux qui tiennent les rênes de l’économie parallèle, pour n’avoir pas osé les dénoncer … Sont-ils si puissants au point de les craindre à outrance, au risque de paraître ridicule ? Nous sommes à ce niveau, dans le diktat du : « tu me laisses faire à ma guise ou j’embrase la rue » jusqu’au pourrissement et au chaos !

Alors, que faire face à cette mafia financière réputée puissante qui a réussi à influer et à manipuler la sphère politique et qui saigne notre pays dans l’indifférence des uns et des autres ? Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard, en mettant de son côté le peuple médusé, démoralisé et appauvri par cette faune de hyènes qui empêche notre pays d’avancer ! La morale prend dans ce cas, la signification de cette ligne continue sur la route du parcours de chacun d’entre nous et quiconque tenterait de doubler un autre par infraction aux règles établies connues de toutes et de tous, se doit d’être sévèrement sanctionné sans laxisme ni faiblesse par rejet de la société à laquelle il appartient, tout comme pour le retrait du permis de conduire, combien même il serait à points. Si la rigueur se doit donc d’être de mise, c’est parce qu’une société privée de morale n’est en fait, qu’une « masse sociétaire » sans âme, sans considération et sans avenir.

Oui ! Il est bien dommage qu’on parle si peu de cette valeur dans les prêches du vendredi dans nos mosquées comme si pour les croyantes et les croyants, l’essentiel n’est que de préparer son départ vers l’au-delà, dans les meilleures conditions de piété possible, sans se soucier de la réhabilitation des valeurs régissant le fonctionnement d’une société équilibrée et harmonieuse de croyants vivant dans la quiétude sociale et dans la juste rémunération de leurs efforts, ce qui est en soi, un acte dominant de piété chez les bons musulmans qui savent faire les meilleures lectures des préceptes de l’Islam… Oui ! D’aucun rappelons-nous a assimilé l’Algérie à une société de « ghachis » et à ce titre, il avait bien raison de l’exprimer ainsi même s’il a dû choquer quelques esprits faussement outrés ! Nous pouvons même dire- ce qui n’est pas trop loin au plan phonétique – « société du gâchis » parce que privée de cette valeur qui est un élément clef de la régulation de son fonctionnement, la morale. Elle se résumerait donc à cette jungle où chacun se bat avec ses propres moyens, pour sa survie en faisant de sa force musculaire sa loi qu’il cherche à imposer aux autres : au travail, au volant de sa voiture, dans les cités dortoirs, dans les cités universitaires, sur les plages et parkings, sur les gradins de stades, aux marché de gros des fruits et légumes et partout ailleurs. Quelle pagaille mes amis (es) ! Pourquoi tant d’animosité manifestée à l’égard de notre propre pays ? Pourquoi tant d’efforts déployés plus pour le détruire, que de le faire avancer ? Mais d’où nous vient cette capacité de nuisance ?

POUR UN SURSAUT SALUTAIRE !

La famille, l’économie, la bonne gouvernance et la spiritualité constituent les quatre fondements d’une société dite équilibrée. Mettre à nu la racine du dysfonctionnement de la société algérienne équivaut à souligner les grandes disparités de traitement des citoyennes et des citoyens devant la loi et à dénoncer le passe-droit, la corruption, le laxisme et le manque d’exemplarité de ceux du sommet de la pyramide, vers ceux de sa base! Tout être humain aspire à la paix et il n’y a qu’un État fort, juste et exemplaire qui puisse la lui garantir. Faire abstraction de la moralité dans la gouvernance politique équivaut à institutionnaliser la corruption, le chaos et la violence. Si la moralité est absente de la sphère politique mais aussi économique, culturelle et sociale, elle devient un espace destructeur et mangeur d’hommes et de femmes, notamment celles et ceux qui constituent les élites. Enlever aussi la moralité des prêches du vendredi à la mosquée, c’est aussi plonger la société toute entière dans les ténèbres spirituelles. L’État doit veiller à ne pas éroder et remettre en cause l’autorité des parents sur les enfants, car si ce pouvoir parental est affaibli, c’est une base de la société qui est fragilisée et attaquée.

L’État devrait aussi intervenir sur les parents qui négligent leurs responsabilités de guider et de former leurs enfants car il n’y a pas que l’école qui soit défaillante. C’est la société toute entière qui est responsable de sa pratique « hara-kiri ». Il faut plus qu’un département ministériel du : « il faut, ou nous allons faire » en discours mielleux et vaniteux sans effet sur le comportement sociétal. Une authentique politique de la famille conditionnant les avantages octroyés par l’État, par l’obligation faite aux citoyennes et citoyens à se plier au respect des règles et à l’exercice des devoirs attendus à l’égard de la société, reste à entreprendre, sans malice ni fausses promesses. Nous sommes là, dans le principe du « donnant-donnant » qui doit désormais prévaloir comme directive imposée à toutes et à tous dans toutes les actions qu’entreprend l’État en direction de la population…

Pour ce qui concerne le fondement économique nous ne devons pas nous opposer à ce qu’il y ait des gens riches s’ils créent réellement des richesses et de l’emploi durables pour leurs concitoyennes et leurs concitoyens, réinvestissent dans les activités productives et non spéculatives de rente, s’ils s’acquittent régulièrement de leurs impôts et ne trichent pas avec le fisc ! Il est en effet, insensé de penser qu’on peut développer un pays en générant et en acceptant la misère ! À contrario, nous devons nous inquiéter des travers et des retombées négatives de l’économie informelle des pétards, des pièces détachées de la malfaçon « Taiwan » à l’origine des hécatombes sur nos routes, des organismes génétiquement modifiés (OGM) des firmes américaines de l’agroalimentaire et toutes autres marchandises du made in china, aussi inutiles que dangereuses. De surcroît, cette économie parallèle évolue dans l’opacité et l’absence de traçabilité de ses activités, de l’affectation et de la circulation de l’argent. Elle impose de ce fait, une concurrence déloyale à l’économie formelle.

L’État doit donc être vigilant par rapport à cette question qui sape son autorité et sa crédibilité et peut bien être une source majeure de déstabilisation … Quand la corruption est organisée et devient la règle même au sommet de l’État, c’est à un véritable fléau politique que le pays tout entier doit faire face tant la contamination dans tous les secteurs de la société est devenue grande. La gouvernance politique d’un pays est une fonction avant tout morale. Aussi, enlever la composante morale des politiques menées par nos dirigeants dans les domaines économiques, culturels, sportifs et sociétaux, c’est exposer toute la société aux abus, dérives et incompétences des plus puissants. Il faut donc repenser l’organisation de notre société pour qu’elle devienne un espace où l’homme puisse s’épanouir, vivre et travailler dans la sérénité, pour le bien de toutes et de tous. Elle ne doit plus être tirée vers le bas par cette « cancrocratie » qui a marginalisé les élites d’ici et d’ailleurs en mettant au « placard », l’intelligence, le travail et le savoir.

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