Et çà veut donner des exemples….

En Afrique et au Moyen-Orient, splendeurs et misères de la présidentielle française

La campagne électorale en France et ses candidats ne sont guère rassurants pour les partenaires étrangers

L’Afrique et Le Moyen-Orient se sont toujours passionnés pour les campagnes politiques en France. Or, cette présidentielle a de quoi déstabiliser des pays partenaires : ils s’inquiètent du déclin d’une puissance économique et militaire, membre permanent du Conseil de sécurité, pilier de la francophonie. Deux de ses favoris à l’Elysée sont empêtrés dans les affaires, les autres sont jugés peu expérimentés.

Vu d’Afrique et du Moyen-Orient, la tournure prise par la campagne électorale française laisse pantois. La France, pays des droits de l’Homme, éternelle donneuse de leçons en matière de démocratie et de bonne gouvernance, donne l’image d’un pays en perdition avec deux de ses favoris dans les sondages, Marine Le Pen et François Fillon, susceptibles d’être mis en examen dans le cadre d’enquêtes. « La France va mal avec sa nouvelle génération d’hommes politiques », souligne l’Intelligent d’Abidjan, quotidien ivoirien. Le site d’information en ligne de la diaspora camerounaise camer.be compare François Fillon à un président africain ne tenant pas sa parole.

Après la pubPrésidentielle : Juppé sans pitié avec Fillon et son camp

Au Sénégal, la campagne française est aussi commentée. Pour Le Soleil, quotidien dakarois, Emmanuel Macron capitalise en promettant une moralisation de la vie politique. Le Potentiel à Kinshasa, autre quotidien généraliste, semble apprécier les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation qualifiée de « crime contre l’humanité » mais se demande si le candidat n’est pas qu’une « image marketing sans concrétude programmatique […] qui finira bien par s’étioler ».

Les ressortissants des pays du Golfe sont aussi désabusés. « Le monde arabe est déstabilisé, explique un homme d’affaires franco-algérien. Beaucoup de pétromonarchies et de pays du Maghreb avaient joué Alain Juppé. Gaulliste, héritier de Jacques Chirac, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, il avait un côté rassurant qu’ils ne retrouvent chez les autres candidats. Benoît Hamon incarne la gauche de la gauche, ils ont peur d’une diplomatie droit-de-l’hommiste. L’ADN politique de Marine Le Pen ne leur convient pas et ils craignent que l’épisode Trump ne se reproduise en France. Emmanuel Macron les intéresse mais il est jeune et peu expérimenté. C’est un peu un saut dans l’inconnu. Quant à Fillon, il a refusé de voir le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, n’a guère parlé des questions internationales et son tropisme russe est une source d’incertitudes. »

Inquiétudes. C’est aussi la première élection de la Ve République où les dirigeants étrangers ne connaissent guère les candidats. Ces derniers ont peu évoqué les questions internationales. À l’étranger, François Fillon compte sur d’anciens ministres de la Défense et de la Coopération comme Charles Millon, Gérard Longuet et Bernard Debré. Le candidat s’est rendu au Mali mais a annulé son déplacement au Liban à cause du Penelopegate. Marine Le Pen y est allée récemment, soulevant au passage une polémique alors qu’elle avait été reçue, une première, par un chef d’État étranger en la personne de Michel Aoun. Elle a refusé de mettre le voile, en entrant dans la mosquée Aïcha Bakkar pour rencontrer le grand mufti, rebroussant chemin. Son voyage avait été préparé par l’avocat franco-libanais Elie Hatem. Son confrère Gilbert Collard dispose de réseaux en Afrique et au Moyen-Orient.

Benoît Hamon est plus proche de la diaspora musulmane en France que des dirigeants africains et du Moyen-Orient. Au sein de l’équipe « International », il s’appuie sur le député de la 9e circonscription des Français de l’étranger, Pouria Amirshahi, en charge de la coopération internationale au sein de l’équipe de campagne. Quant à Emmanuel Macron, sa stature internationale est à construire. D’où ses premiers déplacements au Liban et en Algérie, bientôt au Maroc avant, probablement, l’Afrique subsaharienne. Son conseiller diplomatique, Aurélien Lechevallier, s’appuie sur des relais dans les milieux d’affaires pour préparer ces voyages.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s