Etats des lieux du monde musulman

La catastrophe qui s’abat sur les Rohingyas

Le sort des Rohingyas, une minorité musulmane de Birmanie, reflète la lutte des Palestiniens, des Sahraouis et des autres groupes musulmans opprimés qui souffrent depuis des décennies d’une persécution soutenue par des États

La maîtrise de soi de Farouk contrastait de façon troublante avec le flot lent des larmes qui coulaient le long de ses joues.

« Ils ont pris mon enfant par le cou et l’ont jeté dans le feu »

– Farouk, musulman rohingya

Cet homme d’âge moyen, squelettique et aux traits fins (dont nous taisons le nom à sa demande), racontait de façon hésitante comment et pourquoi il avait fui sa Birmanie natale.

« Les incendies ont commencé chez moi à 8 h 30 le premier jour », a expliqué Farouk, ajoutant que les feux avaient été allumés par une foule bouddhiste locale accompagnée par l’armée birmane.

« Ils ont tiré sur les enfants et les personnes âgées qui se cachaient dans les rizières. Ils ont pris mon enfant par le cou et l’ont jeté dans le feu. Il avait 4 ans. »

Une histoire de violence

Le récit de Farouk est l’un des nombreux témoignages déchirants accordés à Middle East Eye par des membres de la communauté musulmane rohingya à Cox’s Bazar, au Bangladesh.

Deux réfugiés rohingyas dans le camp de réfugiés de Kutupalong, à Cox’s Bazar, au Bangladesh (Emanuel Stoakes)

La région, qui abrite une ville éponyme et le plus long tronçon de plage au monde, accueille également un nombre croissant de réfugiés musulmans rohingyas qui ont fui l’État voisin d’Arakan, en Birmanie. Environ un million de musulmans y vivent dans des conditions semblables à un apartheid et coexistent avec la communauté ethnique dominante d’Arakan, en grande partie bouddhiste.

Cette minorité majoritairement apatride a subi des décennies de persécution à Arakan, ponctuées de pogroms occasionnels, dont le dernier en date pourrait se dérouler actuellement.

En 2012, des dizaines de milliers de musulmans rohingyas ont été chassés de chez eux par des incendies criminels qui ont fait rage à travers l’État d’Arakan et forcés de vivre dans des camps de déplacés sordides. Selon Human Rights Watch, cette opération faisait partie d’une campagne de nettoyage ethnique impliquant les forces de sécurité de l’État et des foules bouddhistes.

Depuis lors, les musulmans rohingyas ont vu le peu de droits qu’il leur restait être encore plus érodés, un processus qui a abouti à leur privation pure et simple du droit de vote avant un scrutin historique en 2015, les premières élections législatives ouvertement disputées en 25 ans.

Le nombre total de morts depuis 2012 est inconnu : les gouvernements successifs ont interdit l’accès aux zones touchées par la violence et les estimations officielles ont été incroyablement faibles. Toutefois, les organismes des Nations unies estiment que le nombre est d’au moins 1 000 morts au cours des derniers mois.

« On a parlé jusqu’à présent de centaines de morts. C’est probablement une sous-estimation – nous pourrions faire face à plusieurs milliers de morts », a déclaré sous couvert d’anonymat l’un des responsables onusiens dont les propos ont été repris par Reuters.

Le gouvernement birman dans le déni

La dernière vague de violence a commencé en octobre 2016, lorsqu’un groupe de militants rohingyas a mené une attaque surprise contre trois commissariats de la police frontalière près de Maungdaw, faisant neuf morts.

Bien que ces assauts, menés par un groupe restreint d’insurgés, aient constitué la première attaque de ce genre depuis plusieurs décennies, des groupes de défense des droits de l’homme ont déclaré que les forces de sécurité birmanes ciblaient des communautés entières de façon punitive.

Policier à l’entrée du ghetto d’Aung Mingalar, à Sittwe (Emanuel Stoakes/MEE)

Un rapport publié le 3 février par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) accuse l’armée birmane d’avoir commis de possibles crimes contre l’humanité dans le cadre d’« opérations d’évacuation » contre les rebelles qui auraient causé des « centaines » de décès et impliqué des viols systématiques (environ la moitié des femmes interrogées par l’organisation ont déclaré avoir été violées). Des rapports publiés par Amnesty International et Human Rights Watch corroborent bon nombre des allégations formulées par l’organisme onusien.

Jusqu’à récemment, le gouvernement birman a simplement répondu à ces accusations par des démentis en règle ou simplistes. Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères a résumé la position officielle en déclarant que concernant les accusations d’abus portées par les musulmans rohingyas, « les choses dont ils nous accusent ne se sont pas du tout produites ».

Aung San Suu Kyi, la récipiendaire du Prix Nobel de la Paix qui a été assignée à résidence pendant plus de sept ans pour son combat en faveur de la démocratie, est aujourd’hui la chef de facto du gouvernement birman. Elle a présidé cette farce cruelle, allant jusqu’à autoriser une page gérée par son bureau sur les réseaux sociaux à humilier publiquement une femme ayant affirmé avoir été violée par les forces de sécurité.

Son bureau a essayé de discréditer d’autres allégations de viol, y compris celles contenues dans un rapport publié par The Guardian.

La Birmanie (Myanmar) et l’État d’Arakan

Le législateur birman Aung Win, qui a mené une enquête antérieure sur les allégations portées contre l’armée, a déclaré pour sa part à Middle East Eye que « [les membres non rohingyas] de l’armée et de la police ne sont pas intéressés par les « Bengalies » [du terme employé pour désigner les musulmans rohingyas] parce qu’elles sont très sales ». Cette réplique, qu’il a également utilisée lors d’une interview notoire accordée à la BBC, a été suivie d’un rire bref.

Dans la foulée du rapport de l’ONU, le gouvernement a freiné la campagne de réfutation qu’il mène depuis plusieurs mois. En février 2017, il s’est contredit dans une déclaration étrange délivrée à un journaliste de la BBC : « Notre position n’est pas un déni en règle […] Nous coopérerons avec la communauté internationale. »

« Les choses dont ils nous accusent ne se sont pas du tout produites »

– Porte-parole du ministère birman des Affaires étrangères

Récemment, l’armée a annoncé qu’elle enquêterait elle-même sur les allégations d’abus contre les musulmans rohingyas.

U Pe Than, législateur parlementaire, a déclaré à The Irrawaddy que les membres de la commission d’enquête – tous membres de l’armée – étaient « sous le contrôle de la Tatmadaw [nom donné à l’armée en birman] ou du gouvernement », mais a estimé que leurs enquêtes seraient « indépendantes et fidèles à la réalité ».

Toutefois, l’accès des médias à la zone de conflit demeure restreint, de nombreux responsables gouvernementaux rejettent le rapport du HCDH et les opérations militaires se poursuivent.

Le seul moyen d’accéder aux musulmans rohingyas affectés et d’entendre un point de vue opposé, en tant que journaliste étranger interdit d’accès à la région, était d’interviewer certains des réfugiés qui ont franchi la frontière avec le Bangladesh.

Des récits d’horreur

Si le gouvernement dit vrai au sujet des « mensonges » des musulmans rohingyas, alors les gens que j’ai rencontrés à Cox’s Bazar sont d’incroyables acteurs.

Outre Farouk, j’ai discuté avec une jeune femme qui m’a raconté que son mari avait été brutalement tué à la machette devant elle alors qu’ils fuyaient leur maison.

« Lorsque nous sommes sortis, mon mari a rencontré les soldats. Nous avons vu qu’il s’était fait trancher le cou, a-t-elle dit. Notre maison a été brûlée dès que nous l’avons quittée. »

Réfugiées rohingyas et leurs enfants (AFP)

Un homme d’une vingtaine d’années m’a raconté que son fils était mort de faim parce qu’il avait été forcé de fuir son village. Il ne s’était pas rendu compte que son épouse avait également été emmenée pour être violée. « J’ai eu le cœur brisé pour mon bébé, a-t-il confié en versant des larmes. Il n’avait que six mois. »

Un autre témoin, un homme d’un peu plus de 30 ans, a présenté ce qui semblait être une blessure par balle à la jambe, qu’il a affirmé avoir reçue lors d’un assaut lancé tôt un matin. Finalement, il est parvenu à franchir le Naf, le fleuve qui marque la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, à bord d’un bateau de pêcheur.

« L’armée est arrivée la nuit, a-t-il expliqué. Ils sont restés dans le camp militaire. Ils ont commencé à tirer sur la foule tôt le matin. Certaines personnes ont pu s’échapper, d’autres non. [Jusqu’à] 50 personnes sont mortes. »

Matthew Smith, directeur général du groupe de surveillance Fortify Rights, s’est récemment rendu dans des camps de réfugiés de Cox’s Bazar, comme celui de Kutupalong, où les Rohingyas forment le groupe le plus important. Il a expliqué qu’une équipe d’enquêteurs et lui avaient vu arriver de Birmanie de nombreuses personnes blessées par balles et qu’ils avaient renvoyé plusieurs femmes présentant des signes de viol vers des médecins de la région.

« Les soldats ont tranché des gorges et brûlé des corps en toute impunité. C’est horrible. Des villages entiers ont été calcinés »

– Matthew Smith, Fortify Rights

« Nous avons décrit comment les soldats de l’armée ont violé des femmes et des filles rohingyas et tué un nombre incalculable de personnes, y compris des enfants, a déclaré Smith. Les soldats ont tranché des gorges et brûlé des corps en toute impunité. C’est horrible. Nous avons rendu compte d’arrestations arbitraires de masse et de déplacements forcés. Des villages entiers ont été calcinés. »

Smith a ajouté que le gouvernement birman à Naypyidaw n’a pas enquêté de manière adéquate sur les abus, tandis que des efforts ont été déployés au sein de l’administration birmane pour dissimuler ou obscurcir la vérité.

« Le Conseil des droits de l’homme doit mandater sans délai une commission d’enquête sur les crimes internationaux », a-t-il déclaré.

Des appels en faveur d’une action internationale

Il apparaîtrait alors que de nouvelles atrocités ont été commises contre les musulmans rohingyas ; à tout le moins, les preuves de crimes de moindre gravité sont flagrantes. La Commission internationale de juristes (CIJ) note que des centaines de musulmans rohingyas ont été détenus sans avoir eu accès à des avocats ni à un procès équitable, en violation du droit birman et international. Six d’entre eux sont morts en détention.

Daniel Aguirre, conseiller juridique international pour la CIJ, a déclaré à MEE qu’« à moins que le système judiciaire ne puisse superviser adéquatement les « opérations d’évacuation », une enquête internationale est le seul moyen d’obtenir que l’on rende des comptes ».

Le camp de réfugiés de Kutupalong, à Cox’s Bazar (Bangladesh), abrite des réfugiés rohingyas (Emanuel Stoakes/MEE)

Le gouvernement birman a cependant rejeté les appels en faveur d’une enquête indépendante menée par l’ONU. À la place, il a commandé deux investigations : dès le départ, toutes deux étaient dépourvues de représentation rohingya et de crédibilité.

Comme on pouvait s’y attendre, les conclusions émanant jusqu’à présent des deux enquêtes (l’une est terminée, l’autre a produit un rapport provisoire) ont confirmé la version du gouvernement. La seconde enquête a notamment considéré comme étant des faits ce qui constituait des mensonges démontrables et tiré des conclusions radicales et méthodologiquement sophistes fondées sur des informations limitées voire non pertinentes.

Pourtant, l’investigation a été décrite comme « indépendante » par le député britannique Alok Sharma, qui s’est exprimé au nom du gouvernement britannique à la Chambre des communes en décembre. (Il convient de s’interroger sur la source de sa note d’information, étant donné que des analystes fiables ont adopté précisément le point de vue opposé.) Sharma a toutefois constamment fait part de ses inquiétudes au parlement à propos de la situation dans l’État d’Arakan et dans d’autres parties de la Birmanie, dont récemment le mois dernier.

La réponse du gouvernement birman au rapport du HCDH a simplement été de promettre plus d’enquêtes internes.

Quand le Royaume-Uni prendra-t-il position ?

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères Boris Johnson s’est rendu en Birmanie en janvier, où il a rencontré Aung San Suu Kyi. Selon ses propres déclarations, l’un des sujets à l’étude était « les droits de l’homme », en particulier dans l’État d’Arakan.

Johnson n’a néanmoins pas appelé publiquement à rendre des comptes concernant les abus commis dans la région ; il n’y a pas eu de conférence de presse. Il semble cependant avoir trouvé du temps pour envoyer un message vidéo à un club de rugby de Rangoun.

Le Royaume-Uni a un palmarès éloquent en matière d’actions molles au nom des musulmans rohingyas. À peu près au même moment que la réponse évasive émise par Sharma au parlement, le Royaume-Uni a décidé de se retirer d’un appel diplomatique en faveur de la réouverture de certaines parties de l’État d’Arakan aux livraisons humanitaires, bien que le mouvement ait été mené par un allié qui n’est autre que les États-Unis, ainsi que par treize autres ambassades.

Statue du moine bouddhiste Sayadaw U Ottama, manifestant pacifique contre les Britanniques, à Sittwe (Emanuel Stoakes/MEE)

Andrew Patrick, ambassadeur du Royaume-Uni en Birmanie, a eu le malheur de me croiser à l’aéroport de Rangoun, capitale commerciale de la Birmanie, en décembre. Naturellement, je lui ai posé des questions sur les musulmans rohingyas. Sans révéler les détails de ses propos, j’ai clairement eu l’impression qu’il préférait suivre la voie diplomatique au lieu de contester directement le gouvernement.

À bien des égards, cette approche est valable. Comme d’autres l’ont fait valoir de manière convaincante, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi n’est pas directement responsable des violences perpétrées par les forces armées autonomes. En fin de compte, elle a besoin du soutien international pour faire ce qui est juste. La Tatmadaw conserve encore le pouvoir ultime en Birmanie et, grâce à une Constitution qu’elle a elle-même rédigée, maintient des leviers multiples sur le gouvernement élu.

Un assassinat qui fait office d’« avertissement »

En outre, un événement inquiétant survenu récemment confirme l’inflammabilité des fêlures politiques et religieuses en Birmanie. Le 29 janvier, Ko Ni, conseiller juridique de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti au pouvoir d’Aung San Suu Kyi, a été abattu en plein jour à l’aéroport de Rangoun. Il était la personnalité musulmane la plus importante associée au gouvernement. Il venait juste de rentrer d’une conférence à l’étranger sur la situation dans l’État d’Arakan.

Les spéculations vont déjà bon train quant au fait qu’il s’agissait d’un assassinat politique, destiné à être un « avertissement » adressé au gouvernement civil, bien qu’aucune preuve ne soit encore venue corroborer cette thèse. Quoi qu’il en soit, une publication sur les réseaux sociaux faisant l’éloge de cet assassinat a été largement diffusée en Birmanie, ce qui démontre que le sectarisme antimusulman demeure une force à prendre en compte.

Ces considérations pourraient expliquer la solidarité exprimée en public par Aung San Suu Kyi envers l’armée, une institution qui était autrefois son ennemie, ainsi que sa décision de limiter strictement les expressions de sympathie envers la communauté musulmane. Elle a choisi de ne pas assister aux funérailles de Ko Ni.

La position britannique – tout comme celle de beaucoup d’autres nations – a été d’établir des liens plus étroits avec le gouvernement birman, tout en ne faisant pratiquement rien pour les musulmans rohingyas

Bien que ces décisions puissent sembler méprisables, elles sont en fin de compte tactiques, étant donné que selon Mark Farmaner, directeur du groupe de pression Burma Campaign UK, « la transition de la Birmanie vers la démocratie a été une transition vers une nouvelle forme de contrôle militaire avec un visage civil ».

Il y a cependant des limites à la valeur de la diplomatie face à de probables atrocités, surtout lorsque son efficacité est limitée. En 2012, lorsque les musulmans rohingyas ont fait l’objet de crimes présumés contre l’humanité perpétrés par des foules locales et des forces de sécurité d’État, aucune enquête internationale n’a eu lieu. Au lieu de cela, un simulacre d’investigation nationale a abouti à des résultats identiques à ceux des enquêtes récentes.

La position britannique – tout comme celle de beaucoup d’autres nations – a été à l’époque d’établir des liens plus étroits avec le gouvernement birman, tout en ne faisant pratiquement rien pour les musulmans rohingyas. Par conséquent, l’oppression contre le groupe s’est poursuivie à un rythme soutenu et de nouvelles restrictions sévères de leurs droits leur ont été imposées.

Selon l’ONU, l’oppression pourrait virer au génocide

À ce stade, le besoin de justice transcende même l’importance de faire en sorte que les auteurs des crimes récents répondent de leurs actes.

Il doit y avoir un moyen d’arrêter la marche en avant des abus commis contre les Rohingyas, qui pourraient, comme l’a suggéré le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, aboutir au crime ultime si les mesures prises sont insuffisantes.

Mosquée incendiée lors d’affrontements en 2012, à Sittwe (Emanuel Stoakes/MEE)

Mais la communauté internationale, dont le Royaume-Uni, favorisera-t-elle cela ? Un certain espoir demeure. Avant la visite de Johnson, un débat a eu lieu au parlement britannique sur les droits de l’homme au Myanmar, au cours duquel Sharma, qui s’est exprimé une fois de plus au nom du bureau des Affaires étrangères, a constamment refusé d’exclure un soutien à une enquête des Nations unies sur la crise des Rohingyas.

Si le Royaume-Uni prenait la tête des pressions en faveur d’une enquête impartiale, ce serait un acte de courage moral. Des sources en lien avec l’ambassade américaine en Birmanie m’ont indiqué que les États-Unis soutenaient l’idée sur le terrain, bien que les caprices de l’administration Trump signifient que rares sont ceux qui peuvent prédire quelle sera la décision finale.

Si le Royaume-Uni prenait la tête des pressions en faveur d’une enquête impartiale, ce serait un acte de courage moral

Si aucune initiative de ce genre ne vient de Londres ou de Washington, les chances de la tenue d’une enquête seront considérablement réduites et le peu de cas fait au sort des musulmans rohingyas sera réaffirmé.

Le moment est venu pour la Grande-Bretagne de respecter son engagement autoproclamé à promouvoir les droits de l’homme dans le monde entier. Étant donné la crainte d’une aggravation de l’oppression subie par les Rohingyas, il semblerait qu’appeler à une enquête significative soit le moins qu’elle puisse faire.

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