La colonisation et ses alliés locaux


La colonisation et ses alliés locaux : Le rôle des chefs de tribus

«Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va.»

Sénèque

 C E C

Une information scoop, on apprend qu’une Franco-Algérienne est venue en Algérie présenter son ouvrage où elle fait un plaidoyer sur la figure de son ancêtre. Cet ouvrage qui est passé inaperçu en France a eu un écho surdimensionné en Algérie où tout ce qui vient de l’autre côté, voire adoubé par ce même côté, est pain bénit en Algérie où malheureusement beaucoup d’Algériens n’ont pas déprogrammé le logiciel de la soumission intellectuelle à telle enseigne que l’on présente ce non-événement comme un scoop qui au final a vu des têtes tomber; il fallait bien des boucs émissaires!

Imaginons que les réseaux sociaux -dernier réduit des Algériens qui veulent s’exprimer sans craindre des foudres- n’aient pas réagi! Eh bien, les Algériens qui se seraient intéressés à ces émissions et à la réception auraient mémorisé, à en croire l’auteure de cet ouvrage, l’idée que nous avions affaire à un Algérien illustre qui était du même côté de la barrière que les damnés de la Terre qu’étaient les Algériens.

«Comment nous en sommes arrivés-là lit-on sur le huffmaghreb, se demandent les Algériens? Comment ne plus distinguer de frontières entre traîtres et criminels d’un côté et résistants et libérateurs? (…) Cette forfaiture est le point culminant d’un processus d’abandon national. (…) En janvier 2015, Férial Furon passe à la télévision algérienne. Elle a les faveurs d’un long entretien dans un journal dirigé par un ancien responsable du journal gouvernemental «El Moudjahid» Autant dire d’un média para-officiel. Elle aura surtout accès à de multiples possibilités de débats sur cette construction d’un nouveau départ entre la France et l’Algérie. Aussi bien avec de très hauts responsables de l’Etat qu’avec des députés FLN. Mme Furon est présidente de l’association des «Franco-Algériens Républicains Rassemblés» qui affiche que ses membres sont «les plus à même d’effacer les cicatrices de nos aïeux et de porter un projet qui incarne l’espoir d’un nouveau départ entre la France et l’Algérie pour les jeunes générations.» (…) L’État algérien n’a pas seulement laissé faire. Il a financé deux films qui défendront la même thèse d’une ALN issue du banditisme et vouée à y retourner (Hors-la-loi de Rachid Bouchareb et Al Wahrani de Lyès Salem» (1)

La réalité de l’invasion coloniale: diviser pour régner

Après l’invasion, beaucoup de tribus ont tenté de se battre contre l’envahisseur, mais elles avaient aussi, dans le même, temps à ne jamais perdre de vue la primauté de la tribu sur la plèbe, les khamès. Beaucoup de chefs de tribus ont, par la force des choses, collaboré, le mot n’est pas assez fort pour des raisons diverses dont la principale était de garder le rang de la tribu et sa prééminence. Pour faire court, ces tribus étaient déjà adoubées par le pouvoir ottoman, et beaucoup d’entre elles percevaient l’impôt- en fait un racket souvent abject pour le compte de la Régence. Chacune des tribus appliquait une politique drastique envers les serfs et la mentalité du chef devenait incontestable surtout si elle était connectée à une ascendance chérifienne réelle ou fabriquée pour asseoir la légitimité et taire ainsi toute velléité de désobéissance.

Les Français l’ont bien compris car dès 1846, ils ont établi avec beaucoup de soins, ce sera le travail de Carette et Warnier, la Carte de l’Algérie divisée par tribus. Ils ont utilisé outre les méthodes barbares, que nous allons décrire rapidement, les autres méthodes de corruption et de récompense des amis et des fidèles de la France, cela va du burnous -continuation du mode de récompense ottoman- à l’innovation de la Légion d’honneur, voire l’acceptation des fils de grandes tentes dans le cercle restreint des Ecoles militaires pour perpétuer les liens de servitude et de soumission. Les Français imitèrent les Turcs et ne cessèrent de dresser les tribus les unes contre les autres comme le recommandait le général Boyer dès 1831.

Le «vainqueur» était récompensé par la France, c’est ainsi que le général Bugeaud proposait en 1842 que l’on construise une belle maison pour le grand chef des douars Mustapha Ben Ismaïl. En définitive comme l’écrivaient les historiens français, il y avait les tribus mangeantes et les tribus mangées! Pis encore, quand des batailles se déroulaient, c’était l’extermination jusqu’au dernier et couper des têtes humaines, comme des têtes «d’artichauts» couper des oreilles, c’était le mode d’emploi d’alors sauf que les droits de l’homme venaient d’être promulgués moins de 50 ans auparavant par une France venue nous civiliser.

Les faits: les chefs de tribus et leur compromission…à propos de deux chefs de tribus
Je ne suis pas ici pour faire le procès de ces chefs de tribus, mais on ne peut pas laisser dire ou écrire qu’ils furent des saints et les réhabiliter! Nous allons citer les compromissions de deux bachaghas à près d’un siècle de distance: le bachagha Benghana, le coupeur d’oreilles et le Bachagha Boualem, un personnage sinistre qui est resté dans la mémoire des Algériens du fait que son histoire est intimement liée à la révolution de Novembre et expliquer que la mécanique coloniale du diviser pour régner est toujours la même.

L’ouvrage polémique sur Benghana

Je n’ai pas lu le livre faisant l’apologie de l’oeuvre de Benghana. Avant de rapporter l’appréciation de la rédactrice de l’ouvrage, Madame Feriel Furon Bentchicou et là je m’en tiendrais à l’interview sur TSA, je veux rapporter un fait parmi tant d’autres ou la triste réputation du bachagha Benghana le coupeur d’oreilles. Je donne la parole à l’historien Ali Farid Belkadi anthropologue qui depuis plusieurs années passe son temps à déconstruire le roman national français s’agissant de l’Algérie et à attirer l’attention sur un fait indigne d’une nation qui se dit civilisée, à savoir garder prisonnier les crânes de patriotes algériens depuis plus de 180ans.

Nous l’écoutons: «Le Bachagha Benghana coupait les oreilles des résistants algériens auxquels il tendait des embuscades avec ses goumiers. Puis il les entassait dans des couffins, qu’il remettait ensuite aux officiels français, contre espèces sonnantes et trébuchantes. On l’honora de menues broutilles pour services inestimables rendus à la France coloniale. Benghana envoya au général Négrier le sceau, les oreilles et la barbe du chef de guerre Farhat Bensaïd, qui fut attiré dans un guet-apens, chez les Oulad-Djellal. Le fils de Farhat Bensaïd, Ali-Bey, qui avait échappé aux coups des Bou-Azid, alliés à Benghana et aux Français, accablé par l’évènement, se rendit au général Sillègue, à Sétif. Une autre fois, un membre de la famille Ben-Gana, Khaled, qui s’était vaillamment conduit lors d’une sanglante répression contre des insurgés algériens, présenta, au général, comme pièces justificatives, deux étendards (le troisième avait été déchiré par ses goumiers) et des sacs contenant 900 oreilles coupées aux cadavres ».(2)

« Le commandant de Constantine qui n’en demandait pas tant de la part des Benghana, ému par autant de zèle, envoya au gouverneur un rapport laudatif sur cette affaire. A l’occasion de la fête du roi (premier mai), le général Galbois se rendit auprès des Benghana et fut reçu au bruit des salves tirées avec les canons récupérés sur le champ de bataille. (…) Benghana reçut à cette occasion, la croix d’officier et une gratification de 45.000 francs, comme appointements sur quoi furent prélevées les sommes payées de sa poche à ses goumiers. Les Benghana et leurs goumiers investirent les Zaâtchas avec les troupes du général Herbillon, la tête de Bouziane et celle de son lieutenant Si Moussa Al-Darkaoui figurent parmi leurs sordides butins.» (2)

«Ferial Bentchikou Furon suscite la polémique en Algérie, depuis la parution d’un livre visant à réhabiliter le Bachagha Bouaziz Bengana, son ancêtre. Considéré comme un harki et collaborateur par les historiens, sa descendante le défend et insiste pour «restituer les faits dans leur contexte» pour justifier ses actes. Dans un entretien à TSA. Elle déclare: «Je m’attendais à cette polémique, mais j’appelle les gens à lire le livre et ne pas faire de raccourcis historiques. J’ai écrit ce livre par rapport à tout ce qui a été colporté depuis des décennies sur lui, sa famille. Ce sont des faits parfois mensongers, parfois vrais, mais complètement retirés de leur contexte historique. C’est un fait historique ça. Il a fait sa reddition en 1839. Je raconte les circonstances de cette reddition. Il y a eu la bataille de Constantine, après une première défaite en 1836 des Français où les Bengana étaient du côté d’Ahmed Bey. Il a ensuite reconnu la souveraineté française. Je suis prête à débattre avec les historiens.» (3)

«Elle banalise le fait de couper les têtes et les oreilles: «Après il faut savoir qu’à l’époque, il y avait des guerres de tribus, ils coupaient des têtes et des oreilles, c’est ce qu’on appelle «le régime du sabre». Toutes les tribus le faisaient, c’était pour prouver qu’elles avaient remporté les batailles et punir ceux qui ne payaient pas l’impôt par exemple. Ce n’est pas une posture révisionniste, parce que je voulais expliquer le système tribal, avec des guerres entre tribus. Lorsque les Français ont pris les centres de pouvoir, il fallait faire un État, il fallait administrer et pacifier à un moment donné. Il y avait beaucoup de personnes qui ne voulaient pas se soumettre aux impôts…» (3)

A une question sur le fait qu’elle est en train de légitimer l’occupation française elle répond: «Que voulez-vous que je vous dise. Moi je n’étais pas avec mes ancêtres. Je rapporte des faits. (…) Dans le Sud, il y avait un régime militaire, pas une administration directe. Et lui [Bengana, NLDR] administrait toutes les populations musulmanes. Il les protégeait. C’était un chef religieux. Les Bengana étaient une famille chérifienne, avant de devenir des chefs de guerre. Mon arrière-grand-père descendait de cette lignée et il avait une aura dans tout le pays, il était adoré par sa population musulmane. Il a d’ailleurs financé la construction de la grande mosquée de Paris. Il était proche du roi Mohammed V et du recteur Benghebrit.»(3)

Comme lu sur El Watan, on apprend que: «L’arrière-grand-père, célébré dans l’ouvrage comme étant un «homme de bien», fait pourtant partie d’une lignée familiale qui a marqué les esprits de générations d’Algériens, notamment ceux qui habitent la région des Ziban et même dans Alger où la famille conserve encore des biens. «Les Bengana étaient des féodaux, ils avaient participé aux massacres des tribus dans les Ziban. Ils avaient droit de vie ou de mort sur les populations. Ils déportaient en Nouvelle-Calédonie, servaient du méchoui aux visiteurs de passage à Biskra», rappelle le journaliste Mohamed Balhi, qui a écrit un livre sur l’histoire des Ziban. Pis, «un des Bengana pratiquait le droit de cuissage, comme le Glaoui au Maroc», précise le journaliste.» (4)

Quand le bachagha Boualem critique la France

Il ne faut pas croire que durant la période précédant l’invasion ,il n’y eut pas d’exaction de la part d’Algériens contre d’autres Algériens. C’est le pensons nous une règle de la nature que les tribus se déclarent la guerre et proposent leurs services à l’envahisseur du moment , comme ce fut le cas à travers le roman national algérien- je n’ose pas utiliser le mot d’Histoire, pour ne pas m’attirer les foudres de ceux pour qui c’est une chasse gardée et qui ont font un fond de commerce sans produire quelque chose de tangible, n’était ce l’œuvre du regretté professeur Mahfoud Kaddache, pour étancher la soif de savoir des jeunes qui ne connaissent pas l’histoire de leur pays, la découvrant au hasard de mauvais scoop comme c’est le cas du récit de certains tortionnaires abjects que furent les caids , bachagas et autres cheikhs al balad..

Justement Abdelkader Benbrik décrit le parcours d’un autre ami de la France, le bachaga Boualem qui se repliant avec sa tribu en métropole quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie s’insurge contre l’ingratitude de la France, alors qu’il lui a tout donné. Au passage nous apprenons que la tribu du bachagha s’est d’abord battue contre la France lors de l’invasion et qu’ensuite elle est devenue fidèle à la France nous lisons: «A son arrivée en métropole, le bachagha n’a obtenu aucune considération, et c’est avec amertume qu’il nous livre un récit de sa collaboration avec le colonialisme français, Le bachagha Bouâlem est le plus célèbre des traîtres algériens, et sa famille a été une des plus dévouées à la cause française en Algérie. (…) Quelques mois après l’indépendance de l’Algérie, Bouâlem reçoit du tribunal un commandement lui enjoignant de régler en espèces les frais de sa demande de la nationalité française et celle de sa suite » (5)

« « Nous lui laissons le soin de commenter cet événement «burlesque»: ««Le 17 mai 1963, la justice de paix d’Arles m’adressait, par voie légale, le commandement ci-dessous: «Monsieur le Bachaga, j’ai l’avantage de vous adresser la liste des déclarations de nationalité que j’ai établie pour vous et les vôtres ainsi que vous me l’avez demandé. Vous pourrez constater qu’il a été établi 102 déclarations. En conséquence, il m’est dû, à raison de 10 F par déclaration, la somme de 1020 F. Le greffier.» Ainsi, le 25 mai 1963, j’achetais, pour mes hommes et moi-même, en acquittant la somme de 1020 francs lourds, le droit de devenir des citoyens français à part entière, nous qui pensions, par notre loyalisme et nos sacrifices, d’en avoir mérité et gagné le titre. Mon fils Ali, lui, mettait en demeure le tribunal d’instance d’Arles, de lui reconnaître cette qualité, laquelle m’était refusée, à moi, son père. Et pourtant… Je suis français, je l’ai prouvé, je crois. Pendant vingt-et-une années, j’ai servi dans les rangs de l’armée française. Je suis capitaine de réserve.» (5)

«Des Bouâlem, il en est mort aux quatre coins du monde pour y défendre la France et après cela, on ose dire que nous ne sommes pas français. Ma famille est d’origine arabe, sans nul doute, et elle a pris naissance lors de la première invasion hilalienne, Du temps des Turcs déjà, c’était une famille de «caïdat» très ancienne. Au moment de la conquête, mes ancêtres ont combattu la France sous les ordres de l’Emir Abdelkader. Nous l’avions d’ailleurs servi fidèlement, car la tradition veut que ce soient des «Souhalias», tribu dont ma famille est originaire, surtout par l’habitat, qui aient tué l’«agha» Mustapha Ben Ismaïl. Cet «agha» était le chef des tribus des Semlah et des Douers au service de la France ». (5)

« Avec l’Emir Abdelkader, les Beni Boudouane ont participé à plusieurs combats contre les troupes françaises. (…) Après l’arrestation de l’Emir Abdelkader, mes parents ont fait leur soumission à la France à Orléansville devant le général Bugeaud. Mon grand-père avait reçu de grands honneurs pour avoir maté en 1871 l’insurrection des Beni M’nasser. Il y a eu des Bouâlem au Mexique, au Tonkin, en Indochine, en Syrie, au Maroc et en Tunisie. Enfin, partout où la France portait ses couleurs, des Bouâlem sont morts pour elle. (…) C’est le 2 octobre 1906 que j’ai vu le jour à Souk-Ahras, près de Constantine. de 1919 à 1924. Un certificat a sanctionné la fin de mes études militaires. La même année, le 2 octobre, je m’engageais à Blida au 1er Régiment de tirailleurs algériens. Je suis resté vingt-et-un ans dans les rangs de l’armée française d’où je suis sorti avec le grade de capitaine de réserve en 1946. (…) J’ai choisi mon pays la France pour témoigner de l’Algérie et au bout de ces lignes écrites avec mon coeur, j’ai peur de n’avoir pas su trouver les mots pour convaincre mais j’espère avoir servi ma terre algérienne.» (5)

En définitive

Il n’y a pas à faire le scandalisé par la « découverte » de cet ouvrage d’une descendante du bachaga Bengana, c’est il faut le noter tout à son honneur. Ce n’est pas sa faute si elle a trouvé des oreilles attentives depuis quelques années avant que la foudre ne s’abatte sur des fonctionnaires qui n’y voyaient pas de mal du fait des précédents où la mise en cause a été reçue d’une façon fastueuse par les hautes autorités aussi bien à l’Assemblée Nationale qu’à l’ambassade à Paris, avec même la présence d’un ancien ministre. On pourra toujours dire que l’ouvrage n’avait pas paru à cette époque soit !

De mon point de vue il eut fallu traiter cela par indifférence pour cette vision hémiplégique de l’histoire. C’est un fait, il y a eu des tribus qui à des degrés divers pour des raisons diverses ont accepté le joug colonial. Nous nous trompons de combat pour le rétablissement de la vérité. Il est plus que jamais utile voire important, en ces temps de révisionnisme, de rappeler sans cesse que tout le malheur de l’Algérie n’est pas imputable uniquement aux tribus importantes qui se mettaient en définitive au service du plus puissant, c’est à la colonisation qu’il faut s’en prendre et marteler qu’elle ne fut pas un long fleuve tranquille pour les Algériens.

De ce fait, la citation de Sénèque est là pour nous rappeler qu’il nous faut un cap et l’écriture d’un récit national ne doit souffrir d’aucun retard car elle participe de la mise en place d’un creuset fédérateur du vivre ensemble où les jeunes forts de leurs référents identitaires ne seront pas des zombies dont la conscience est ouverte à tout vent

Pour cela nous devons tout faire pour la restitution des archives de France, mais aussi de Turquie, d’Espagne, d’Italie. Nous devons rapporter honnêtement une histoire de 3000 ans et la faire apprendre à nos enfants et les armer pour qu’ils en soient fiers et qu’ils assument pour enfin aller de l’avant. Assurément, une histoire assumée contribuera à nous rendre plus forts et avoir chaque fois la réponse adéquate contre les tentatives révisionnistes.

Catégories :H.B.Lakhdar

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