« Je souhaite que nous entrions dans une nouvelle phase de notre histoire et je veux placer nos relations dans un avenir partagé, riche des liens tissés entre nos deux peuples.

En Algérie, Emmanuel Macron veut en finir avec les « querelles fratricides »

© Ryad Kramdi, AFP | Emmanuel Macron et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lundi 13 février 2017, après leur rencontre à Alger.

Le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron se rend en Algérie, lundi et mardi, pour peaufiner sa stature internationale mais aussi proposer un nouveau partenariat entre la France et l’Algérie tourné vers la jeunesse.

Si Emmanuel Macron se rendra à Alger au Mémorial du martyr, un célèbre monument érigé en hommage aux combattants de la guerre d’indépendance algérienne, c’est avec un discours résolument tourné vers l’avenir que le candidat à l’élection présidentielle arrive pour deux jours en Algérie,

« Je souhaite que nous entrions dans une nouvelle phase de notre histoire et je veux placer nos relations dans un avenir partagé, riche des liens tissés entre nos deux peuples. Nous devrons ensemble trouver des domaines de coopération et travailler sur des projets précis, en particulier tournés vers la jeunesse », explique l’ancien ministre de l’Économie, dans une interview publiée lundi par le quotidien algérien El Watan.

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Ce positionnement lui permet notamment d’éviter le sujet douloureux qu’est la guerre d’Algérie. Pris à partie en novembre par la presse algérienne et sur les réseaux sociaux après une déclaration dans Le Point sur la colonisation française qui avait fait polémique – « Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie » – Emmanuel Macron a visiblement retenu la leçon.

Dans une tribune publiée lundi sur le site d’information Tout sur l’Algérie (TSA), dans laquelle il propose aux Algériens « un nouveau pacte collectif », le candidat à l’Élysée préfère ainsi se contenter d’évoquer les relations franco-algériennes des dernières décennies, regrettant que des « pages de notre histoire commune [aient] été tournées trop vite, sans les lire » et que « des querelles fratricides, des polémiques nationales, à Paris ou Alger, [aient] bousculé ces plans » de partenariat stratégique entre les deux pays.

S’inspirer des initiatives franco-allemandes

Pour Emmanuel Macron, qui, comme la jeunesse à laquelle il s’adresse, n’a pas connu la guerre d’Algérie, « le moment est venu d’engager » la France et l’Algérie « dans un nouveau pacte collectif » construit « autour de projets concrets » dans l’éducation, l’économie et la culture.

« Je proposerai au gouvernement algérien la création d’un Office franco-algérien de la Jeunesse, à l’instar de ce qui existe entre l’Allemagne et la France, pour favoriser la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée », écrit-il dans la tribune publiée sur TSA à propos de ses projets en matière d’éducation, tout en proposant la création d’un second lycée français en Algérie.

L’ancien ministre de l’Économie affirme également vouloir des projets industriels conjoints, mais veut surtout bâtir des initiatives pour l’innovation et l’entreprenariat. « Nous avons entre l’Algérie et la France des milliers de jeunes, d’étudiants, d’entrepreneurs qui sont déjà engagés ou rêvent de se lancer dans des projets autour des nouvelles technologies, écrit-il. Je veux les accompagner. Nous devons structurer les incubateurs franco-algériens autour de nos pôles universitaires et scientifiques et créer un véritable écosystème de l’innovation entre nos pays. Des milliers d’emplois sont en jeu et notamment ici, en Algérie. »

Miser sur le secteur des énergies renouvelables

Autre thématique qui parle particulièrement à la jeunesse, celle du développement durable : « Dans le solaire par exemple, l’Algérie a le plus grand potentiel au monde ! », affirme-t-il. « Ma proposition concrète sera de créer une communauté économique franco-algérienne dans le secteur des renouvelables », estimant possibles quatre milliards d’euros d’investissements.

Enfin dans la culture, Emmanuel Macron prend l’exemple d’Arte, une autre initiative franco-allemande : « Je soutiens en particulier un grand projet inspiré des liens anciens entre nos artistes et nos techniciens audiovisuels et de l’exemple européen. Nous pourrions poser les fondations d’une plateforme de diffusion franco-algérienne, pour la télévision et en ligne, en partenariat avec les chaînes existantes, à l’image de la chaîne Arte. »

Après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lundi après-midi, Emmanuel Macron doit rencontrer le Premier ministre Abdelmalek Sellal et les ministres de l’Industrie, de l’Éducation, et des Affaires religieuses.

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