Chaque année au Sahara, à quelques milliers de kilomètres du sud de la Tunisie (au Tchad et au Niger), des femmes seules font un voyage de 1500 Kilomètres à PIED pour récolter des dattes…

Chaque année au Sahara, à quelques milliers de kilomètres du sud de la Tunisie (au Tchad et au Niger), des femmes seules font un voyage de 1500 Kilomètres à PIED pour récolter des dattes…
Un courage de fer et une détermination de guerrières pour faire face aux dangers, aux imprévus (naissance d’un enfant) , à la chaleur cuisante et aux tempêtes de sable…

Laissant les hommes derrière, elles prennent les enfants et retrouvent leur indépendance économique et leur liberté dans ce voyage qui fera vivre de ses revenus leurs familles pour toute une année…

Encore une fois, Une énorme leçon de vie que nous inculquent ces peuples qu’on taxe souvent de primitifs mais qui nous dépassent en valeurs humaines…

HÉLAS, nous sommes les primitifs à vouloir dénigrer, écraser, piétiner, enfermer cette FEMME qui fait tout simplement vivre le monde…

Amine Manai

la première fierté d’un homme est d’avoir grandi dans le corps d’une femme…

« Je souhaite que nous entrions dans une nouvelle phase de notre histoire et je veux placer nos relations dans un avenir partagé, riche des liens tissés entre nos deux peuples.

En Algérie, Emmanuel Macron veut en finir avec les « querelles fratricides »

© Ryad Kramdi, AFP | Emmanuel Macron et le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lundi 13 février 2017, après leur rencontre à Alger.

Le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron se rend en Algérie, lundi et mardi, pour peaufiner sa stature internationale mais aussi proposer un nouveau partenariat entre la France et l’Algérie tourné vers la jeunesse.

Si Emmanuel Macron se rendra à Alger au Mémorial du martyr, un célèbre monument érigé en hommage aux combattants de la guerre d’indépendance algérienne, c’est avec un discours résolument tourné vers l’avenir que le candidat à l’élection présidentielle arrive pour deux jours en Algérie,

« Je souhaite que nous entrions dans une nouvelle phase de notre histoire et je veux placer nos relations dans un avenir partagé, riche des liens tissés entre nos deux peuples. Nous devrons ensemble trouver des domaines de coopération et travailler sur des projets précis, en particulier tournés vers la jeunesse », explique l’ancien ministre de l’Économie, dans une interview publiée lundi par le quotidien algérien El Watan.

>> À lire : Pourquoi la vague de ralliements socialistes vers Macron n’a pas eu lieu

Ce positionnement lui permet notamment d’éviter le sujet douloureux qu’est la guerre d’Algérie. Pris à partie en novembre par la presse algérienne et sur les réseaux sociaux après une déclaration dans Le Point sur la colonisation française qui avait fait polémique – « Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie » – Emmanuel Macron a visiblement retenu la leçon.

Dans une tribune publiée lundi sur le site d’information Tout sur l’Algérie (TSA), dans laquelle il propose aux Algériens « un nouveau pacte collectif », le candidat à l’Élysée préfère ainsi se contenter d’évoquer les relations franco-algériennes des dernières décennies, regrettant que des « pages de notre histoire commune [aient] été tournées trop vite, sans les lire » et que « des querelles fratricides, des polémiques nationales, à Paris ou Alger, [aient] bousculé ces plans » de partenariat stratégique entre les deux pays.

S’inspirer des initiatives franco-allemandes

Pour Emmanuel Macron, qui, comme la jeunesse à laquelle il s’adresse, n’a pas connu la guerre d’Algérie, « le moment est venu d’engager » la France et l’Algérie « dans un nouveau pacte collectif » construit « autour de projets concrets » dans l’éducation, l’économie et la culture.

« Je proposerai au gouvernement algérien la création d’un Office franco-algérien de la Jeunesse, à l’instar de ce qui existe entre l’Allemagne et la France, pour favoriser la mobilité entre les deux rives de la Méditerranée », écrit-il dans la tribune publiée sur TSA à propos de ses projets en matière d’éducation, tout en proposant la création d’un second lycée français en Algérie.

L’ancien ministre de l’Économie affirme également vouloir des projets industriels conjoints, mais veut surtout bâtir des initiatives pour l’innovation et l’entreprenariat. « Nous avons entre l’Algérie et la France des milliers de jeunes, d’étudiants, d’entrepreneurs qui sont déjà engagés ou rêvent de se lancer dans des projets autour des nouvelles technologies, écrit-il. Je veux les accompagner. Nous devons structurer les incubateurs franco-algériens autour de nos pôles universitaires et scientifiques et créer un véritable écosystème de l’innovation entre nos pays. Des milliers d’emplois sont en jeu et notamment ici, en Algérie. »

Miser sur le secteur des énergies renouvelables

Autre thématique qui parle particulièrement à la jeunesse, celle du développement durable : « Dans le solaire par exemple, l’Algérie a le plus grand potentiel au monde ! », affirme-t-il. « Ma proposition concrète sera de créer une communauté économique franco-algérienne dans le secteur des renouvelables », estimant possibles quatre milliards d’euros d’investissements.

Enfin dans la culture, Emmanuel Macron prend l’exemple d’Arte, une autre initiative franco-allemande : « Je soutiens en particulier un grand projet inspiré des liens anciens entre nos artistes et nos techniciens audiovisuels et de l’exemple européen. Nous pourrions poser les fondations d’une plateforme de diffusion franco-algérienne, pour la télévision et en ligne, en partenariat avec les chaînes existantes, à l’image de la chaîne Arte. »

Après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lundi après-midi, Emmanuel Macron doit rencontrer le Premier ministre Abdelmalek Sellal et les ministres de l’Industrie, de l’Éducation, et des Affaires religieuses.

Après Macron, qui fera le déplacement à Alger ? François Fillon, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ? Ils seront certainement les bienvenus.(Pas la marine…)

Pourquoi l’Algérie est incontournable pour les candidats à la présidentielle française

MARSEILLE

« On veut ouvertement nous chasser de Noailles vers les quartiers nord de Marseille »

AMBIANCE LUNDI

PAR RACHID ZERROUKI https://twitter.com/rachidowsky13

Noailles, riche de ses commerces et de sa population cosmopolite, est un quartier mythique de Marseille. En 30 ans, son visage a bien changé en raison de la politique de gentrification décidée par les pouvoirs publics et a peut-être perdu un peu de son âme. Le Bondy Blog est allé à la rencontre de ceux qui font la vie de ce bout de la cité phocéenne. Reportage.

Noailles, c’est le cœur de Marseille”, me confie en arabe Abdessalam, un marchand proche de la retraite qui admire le même panorama depuis près de 30 ans. Comme lui, dans ce quartier qui bouillonne depuis cinq siècles en plein centre-ville, ils sont des dizaines à faire comme si la grande distribution n’existait pas.

Noailles, c’est l’histoire d’une petite rue qui n’a cessé de grandir au rythme des immigrés qu’elle accueillait dans son Grand Hôtel jusqu’à devenir le quartier le plus populaire de la ville. Le réduire à un simple “quartier algérien” comme le font souvent les Marseillais, c’est lui contester une majeure partie de son cosmopolitisme. Rue d’Aubagne, par exemple, des commerçants marocains, algériens, comoriens, sénégalais, arméniens et libanais se mélangent comme l’odeur de leurs épices.

Charly Pizza : une histoire d’amour, de famille et de cuisine

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Chacun de ces commerces est le récit d’une vie ou de plusieurs, le souvenir d’un parcours et d’un métier appris ou transmis. Et parmi ces hommes et ces femmes qui font palpiter le cœur de la vieille ville, on trouve de véritables institutions. On pense au Père Blaise, une célèbre herboristerie située Rue Méolan, à la toute discrète et pourtant très réputée Boulangerie Libanaise. Ou encore à Charly Pizza qui jouit d’une immense popularité dans la ville et d’un taux de fréquentation que ni les Domino’s Pizza ni les McDonald’s qui se sont installés à proximité n’ont su ébranler.

Pour apprendre à connaître le quartier Noailles au prisme de celles et ceux qui l’ont fait, nous prenons quelques cafés avec Charly fils et Nabiya, sa mère, qui est à l’origine de la pizzeria. Elle nous raconte qu’il y a un peu plus d’une trentaine d’années, elle était simplement venue faire le ménage dans l’appartement du dessus, elle ne savait ni lire ni compter. Et puis Charly père, le patron de ce qui était alors un magasin de beignets, l’a repérée, l’a embauchée avant d’en tomber amoureux. Tout cela dans un ordre qui reste à déterminer : “Charly Pizza, c’est mon bébé. Je l’ai nommé et quand je suis arrivée, j’étais la seule musulmane et même la seule femme qui travaillait dans ce quartier d’hommes. J’ai dû m’imposer“, nous confie-t-elle.

“Tata Nabiya”, aussi célèbre que Notre-Dame de la Garde

Trente-trois ans après, force est de constater qu’elle a plus que réussi. Dans la cité phocéenne, le visage de “Tata Nabiya” rivalise avec le succès de Notre-Dame de la Garde. Et quand on l’interroge sur son secret, elle nous parle rapidement du prix de la pizza et de la qualité de sa pâte, et plus longuement de savoir-vivre. “Le sourire, c’est très important. Je ne veux pas qu’on ait un sourire commercial mais sincère”. Aujourd’hui, c’est le jeune Charly qui reprend l’entreprise familiale. La seule chose que lui demande sa mère, c’est de respecter les clients et de ne pas “tout changer avec des machines”.

Chez les clients justement, le sourire, le goût et l’aspect artisanal semblent très appréciés. Mais ce qui attire davantage, c’est le prix. Avec des quatre fromages à partir de 4 €, Nabiya propose de loin les pizzas les plus abordables de la ville. “Pour nous, la marchandise augmente, mais on n’a pas augmenté les prix parce que les moyens de nos clients, eux, n’ont pas changé. Il y a beaucoup d’étudiants, de chômeurs… “, explique-t-elle.

“Mon loyer n’a pas changé mais la taxe d’habitation est passée de 900 à 1 200 euros pour un T2”

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Si Charly Pizza peut proposer des prix aussi abordables, c’est aussi parce qu’ici pratiquement tout est local. Les sourires viennent du cœur, la farine et le fromage de la région et les légumes du marché sur lequel donne la pizzeria. “Chaque matin, j’achète chez l’un ou chez l’autre pour ne pas faire de jaloux”, plaisante Nabiya. Mais une ombre plane sur le tableau : le quartier est en proie à une brutale gentrification. La mairie veut construire un hôtel de luxe de 80 chambres : un centre de beauté et de soins au sous-sol, une brasserie au rez-de-chaussée et un bar lounge au dernier étage sont prévus. Cette construction risque fort d’être en décalage radical par rapport au reste du quartier alors la mairie s’active pour le “reconquérir” selon ses propres termes. Le marché des Capucins, vieux de plusieurs siècles, est voué à disparaître tandis que les habitants reçoivent chaque année des taxes d’habitations invraisemblables synonymes de “dégagez d’ici“.

Nabil, 27 ans, est l’un d’entre eux. Ce chauffeur-livreur habite à Noailles depuis cinq ans. “Mon loyer n’a pas encore changé mais la taxe d’habitation que je reçois augmente chaque année. L’année dernière c’était 900 euros. Cette année, c’est 1 200 euros pour un T2 ! Ces prix sont fous, ils veulent ouvertement nous chasser de Noailles vers les quartiers nord”. Pourtant, le long du marché, les menaces de changement ne sont guère prises au sérieux. Hamid, 37 ans, s’en moque ouvertement : “Comment tu veux qu’ils nous virent ? Avec la police ? Elle n’arrive même pas à attraper les trois pauvres vendeurs de cigarettes de contrebande qui traînent ici. Je lui souhaite bonne chance…”

Dans ce quartier, les conversations naissent naturellement et s’éternisent facilement. Au fil des rencontres, nous avons senti un attachement viscéral au lieu, mais aussi un certain malaise par rapport à un âge d’or perdu où le quartier était encore plus vivant et mieux entretenu. Les lieux sont sales, c’est vrai : arêtes de poissons, os, restes de légumes, tout traîne par terre une fois la nuit tombée. Mais Noailles est un quartier chargé en émotions où il y a énormément de choses à manger, mais aussi à voir et à vivre. Les lieux et les gens semblent d’ailleurs trop vivants pour céder sous le poids de la gentrification mais il suffit d’un rien. Tata Nabiya ne dit pas autre chose : “Si on nous enlève le marché, nous on est morts, ne croyez pas… “

 

17 essais nucléaires en Algerie, qui ont tous été effectués par le colonialisme Français en coopération avec Israël, souterrains  13 et quatre hors-sol ….

Des documents secret-défense montrent l’étendue des retombées radioactives des essais nucléaires français dans le Sahara au début des années 1960.

C‘est une carte qui fait froid dans le dos. Classée secret-défense par l’armée pendant des décennies, elle vient d’être déclassifiée dans le cadre de l’enquête pénale déclenchée par des vétérans des campagnes d’essais nucléaires français (dans le Sahara au début des années 1960, puis en Polynésie dans les années 1970).

Pour la première fois, le grand public découvre l’étendue exacte des retombées nucléaires radioactives des essais aériens réalisés par la France dans le Sahara algérien. Sur cette carte, que nous dévoilons aujourd’hui, les mesures de l’armée française montrent que, loin de rester cantonnées au désert, les retombées ont recouvert toute l’Afrique du Nord et même subsaharienne. On constate ainsi que treize jours après le tir de la première bombe aérienne française, la fameuse Gerboise bleue, des retombées radioactives atteignent les côtes espagnoles et recouvrent la moitié de la Sicile !

Des normes de radioactivité dépassées à certains endroits

Quelles étaient les doses enregistrées ? Dans les documents secret-défense, les militaires assurent qu’elles étaient « généralement très faibles » et sans conséquences. « Cela a toujours été le système de défense de l’armée », explique Bruno Barillot, spécialiste des essais nucléaires. C’est lui qui a analysé ces documents déclassifiés, obtenus par les associations qui ont porté plainte. « Sauf que les normes de l’époque étaient beaucoup moins strictes que maintenant et que les progrès de la médecine ont démontré depuis que même de faibles doses peuvent déclencher, dix, vingt ou trente ans plus tard, de graves maladies. »

Autre découverte, les militaires reconnaissent qu’à certains endroits les normes de radioactivité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N’Djamena. « La carte du zonage des retombées de Gerboise bleue montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l’iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère, explique Bruno Barillot. Personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires. »

Un accès restreint aux archives

Les associations de victimes souhaiteraient obtenir d’autres informations. « Mais pour l’instant, le fonctionnement de déclassification n’est pas satisfaisant, dénonce Bruno Barillot. Malgré la demande des juges d’instruction, l’armée n’a communiqué que des archives soigneusement triées, dans lesquelles il manque des pans entiers de données. Il faut réformer l’accès à ces informations si on veut connaître la vérité. » Une accusation réfutée hier par le ministère de la Défense : « Les documents ont été choisis par une commission consultative indépendante à laquelle l’armée ne participe pas », explique le service de communication.

Quant aux nouvelles informations sur les retombées, le ministère, ne les ayant pas consultées, « n’a pas de commentaires » à faire. La France devra-t-elle un jour indemniser les populations algériennes ? Le sujet reste une épine diplomatique entre les deux pays. A plusieurs reprises, l’Algérie avait menacé la France de rétorsions, sans aller jusqu’au bout. Si l’Etat algérien ne bouge pas, la société civile, elle, s’empare du dossier. Des juristes et des avocats participent régulièrement à des colloques pour faire reconnaître les conséquences des essais en Algérie.

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Essai nucléaire à Reggane : 150 prisonniers algériens utilisés comme cobayes humains

Des Algériens ont été utilisés comme cobayes pendant l'essai nucléaire français en Algérie.

Des Algériens ont été utilisés comme cobayes pendant l’essai nucléaire français en Algérie.

René Vautier est mort le 4 janvier 2015. Résistant à 15 ans, il fut, avec pour seule arme sa caméra, engagé sa vie durant contre le colonialisme et les injustices ; emprisonné dès son premier film à 21 ans ; censuré comme nul autre réalisateur français ne le fut. Lui qui avait des liens si forts avec l’Algérie s’était fait l’écho d’un témoignage terrible. Il était surtout intervenu auprès d’amis algériens

Cela se passe au Centre saharien d’expérimentation militaire situé à Reggane, à 700 km au sud de Colomb Bechar. Les tirs sont effectués à Hamoudia, à une cinquantaine de km au sud-ouest de Reggane. Le 1er avril 1960 a lieu le second essai nucléaire français, sous le nom de code “Gerboise blanche”. La bombe dégagea environ 4 kilotonnes.

Le tir a été l’occasion d’étudier la résistance des matériels militaires (avions, véhicules, parties de navires…) à une explosion nucléaire. L’armée française a mené des essais sur des rats, des lapins et des chèvres. Des exercices militaires en ambiance «post-explosion» ont été réalisés. Ils commencèrent vingt minutes après les tirs. Mais, environ 150 hommes vivants furent aussi exposés aux effets de la bombe, ligotés à des poteaux, à environ 1 km de l’épicentre.

Nous sommes en pleine guerre d’Algérie, cette guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes algériennes, militaires et surtout civiles. Beaucoup de victimes meurent torturées. Pour le colonialisme français et son armée, la vie des algériens ne vaut pas cher à l’époque…

René Vautier, avait monté son film “Algérie en flammes”, tourné aux côtés des combattants algériens dans les studios de la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft) en RDA. 
C’est là qu’il a appris que Karl Gass, réalisateur documentariste à la D.E.FA. avait recueilli le témoignage d’un légionnaire français d’origine allemande affecté à la base de Reggane. Le témoin affirmait avoir reçu, juste avant l’explosion, l’ordre de récupérer dans des prisons et des camps de concentration, 150 Algériens qui devaient être utilisés comme cobayes à proximité du point zéro. Il déclarait les avoir fait venir, les avoir remis à ses supérieurs hiérarchiques et ne les avoir jamais revus. Ce légionnaire a été affecté ailleurs en 1961.

M. Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach et M. Chennafi, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler, confirment ce témoignage (voir encadré “Ce que disent les Algériens”). En Algérie, la presse et les médias algériens, la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, des juristes, des médecins évoquent ces questions.

Le 14 février 2007, le quotidien Le Figaro cite une réponse à l’interpellation des Algériens. Elle est faite par le responsable de la communication du ministère de la Défense, Jean-François Bureau : « Il n’y a jamais eu d’exposition délibérée des populations locales ». Il s’agit, selon lui, d’une légende entretenue par la photo d’une dépouille irradiée exposée dans un musée d’Alger. « Seuls des cadavres ont été utilisés pour évaluer les effets de la bombe », ajoute-t-il.

Mais alors, quels sont ces cadavres ? D’où venaient-ils ? Quelles étaient les causes des décès ? Où sont les documents tirant les enseignements de leur exposition à la bombe ? Et surtout, peut-on sérieusement croire qu’en pleine guerre d’Algérie, l’armée française pouvait transporter des cadavres sur des centaines de km pour des essais “éthiques” alors qu’elle torturait et tuait quotidiennement civils et combattants algériens ? Qui peut croire aussi, qu’un pouvoir qui se dote à grands frais d’une arme nouvelle, qui fera l’essentiel de ses forces, va s’abstenir d’en faire l’essai jusqu’au bout ? La logique “technique” à défaut d’être humaine, c’est de la tester “en vraie grandeur” c’est à dire sur des êtres humains vivants… Tous l’ont fait : lisez, pays par pays, l’ encadré à ce sujet.

Pourtant, il n’y a pas eu de scandale d’Etat à la hauteur de ce fait qui relève du crime contre l’humanité. Le fait que le FLN avait accepté, dans le cadre d’ »annexes secrètes », que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant quatre années supplémentaires a sans doute créé des conditions propices à ce silence officiel… En effet, ces essais se sont poursuivis dans les conditions de mise en danger des populations locales et des travailleurs algériens sur les sites contaminés, le pouvoir algérien ne souhaitait sans doute pas voir ce dossier sensible resurgir.

Derrière elle, l’armée française a laissé des poubelles nucléaires à peine ensablées, des populations victimes de multiples cancers, des nappes phréatiques radioactives. Mais elle laisse aussi le souvenir, mieux caché pour l’instant, d’une épouvantable expérimentation effectuée sur des êtres humains vivants. Merci à René Vautier pour avoir tenté, durant des années, de lever la chape de plomb sur ce crime. A présent les bouches et les archives doivent s’ouvrir.

Comme la Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, exigeons l’ouverture compète des archives militaires sur les essais nucléaires dans le sud du Sahara (algérien) dans les années 1960 à 1966. Demandons aux nombreux militaires et civils français et algériens qui ont servi sur la base de Reggane et ont pu être témoins direct ou recueillir des témoignages de dire ce qu’ils savent. Que la France officielle reconnaisse aujourd’hui le crime. A défaut de pouvoir le réparer, qu’elle prenne ses responsabilités pour atténuer les conséquences de ses essais nucléaires sur les population algériennes :

La réhabilitation des sites d’essais nucléaires, conformément à la législation internationale.

La création d’une structure de santé spécialisée dans le traitement des maladies cancéreuses causées par la radioactivité. La mise en place d’un registre du cancer dans les régions d’Adrar, Tamanrasset et Béchar. La prise en charge totale des malades.

La création d’un pôle d’observation des différents sites ayant servi aux essais nucléaires comme ce fut le cas pour l’Angleterre et ses sites en Australie.Et enfin, que la mise au jour de ce crime soit une occasion de plus d’exiger de supprimer PARTOUT ces armes, qui avant même leur emploi dans un conflit, ont de pareilles conséquences.

Ce que disent les Algériens

Du côté algérien, des recherches ont été faites dans les années 2000 et résumées ainsi par l’avocate Me Fatima Ben Braham : «L’étude iconographique, de certaines de ces photos, nous a permis de constater que la position des soi-disant mannequins ressemblait étrangement à des corps humains enveloppés de vêtements. A côté de cela, nombre d’Algériens détenus dans l’ouest du pays et condamnés à mort par les tribunaux spéciaux des forces armées [français] nous ont apporté des témoignages édifiants. Certains condamnés à mort n’ont pas été exécutés dans les prisons, mais ils avaient été transférés pour ne plus réapparaître. Ils avaient, selon eux, été livrés à l’armée. Après consultation des registres des exécutions judiciaires, il n’apparaît aucune trace de leur exécution et encore moins de leur libération. Le même sort a été réservé à d’autres personnes ayant été internées dans des camps de concentration.»

Après des recherches, l’avocate a retrouvé une séquence des informations télévisées montrant un combattant mort sur une civière entièrement brûlé, ainsi commentée : «Et voilà le résultat de la bombe atomique sur un rebelle.» 
De plus, une étude minutieuse des photos de mannequins, et particulièrement une, où plusieurs corps (5 environ) étaient exposés, indique que les mannequins auraient une forte ressemblance à des corps humains.

Elle a alors réuni un groupe de médecins et de médecins légistes à l’effet de faire le rapprochement des corps exposés avec de véritables corps humains dans la même position (tête, bras, jambes, bassin, buste, etc.)
Les résultats ont été concluants : il s’agit bien de corps humains (même le poids a été déterminé) et leur mort était certaine.
En 2005, la question a été posée aux autorités françaises qui ont d’abord répondu qu’il s’agissait uniquement de mannequins et de rien d’autre, pour tester les habillements face aux essais.

Après insistance des Algériens, les autorités françaises ont rétorqué que «s’il y avait des corps à la place des mannequins, il faut se rassurer que les corps étaient sans vie».

Source : Des cobayes humains ?

>Lors d’un documentaire, réalisé par Saïd Eulmi et diffusé à l’ouverture du colloque, il a été rapporté que des prisonniers de guerre avaient été utilisés comme cobayes lors des essais. Des images de corps humains calcinés accrochés à des poteaux ont été montrées. « Les corps de ces martyrs (…) ont été retrouvés durcis comme du plastique», a souligné Mostefa Khiati, médecin à l’hôpital d’El Harrach. «Les conventions de Genève ont été violées. Il s’agit de crimes de guerre », a estimé Abdelmadjid Chikhi, directeur des archives nationales.

Source : Metaoui Fayçal, El Watan

Le témoignage de M. Chennafi, « un sexagénaire, enlevé avec cinq de ses amis de Staouéli (ouest d’Alger) à Reggane où ils devaient travailler jour et nuit et préparer l’installation de la bombe nucléaire : « Après l’explosion de cette bombe, les victimes étaient parties en fumée. Même les ossements ont disparu». Plusieurs militaires et médecins Français ont confirmé l’utilisation par l’armée française d’habitants de la région ou de Ghardaia afin de « tester l’effet des radiations » sur eux. Ces derniers ont été placés dans les lieux servant de théâtre des opérations sans protection aucune. Les survivants n’ont bénéficié d’aucun traitement contre les radiations nucléaires par la suite.

Source : Planète non violence (webzine)

La LADDH pense que l’exposition directe, par la France de prisonniers dans l’expérience nucléaires constitue “une flagrante violation de la convention de Genève relative aux prisonniers de guerre et à leur traitement.

Le FLN a accepté, dans le cadre d’ »annexes secrètes », que la France puisse utiliser des sites sahariens pour des essais nucléaires, chimiques et balistiques pendant cinq années supplémentaires. Onze essais se sont ainsi déroulés après l’Indépendance du 5 Juillet 1962 et ce, jusqu’en février 1966.

La LADDH est porteuse d’exigences vis à vis de la France (voir article principal). Source : Les essais nuclaires français

Radiations imposées : même les militaires n’étaient pas protégés

Si l’on compare avec ce qui a été fait en Polynésie pour la protection des populations – des blockhaus pour Tureia qui se trouve à 110 km de Mururoa et des «abris de prévoyance» sommaires pour les Gambier, Reao et Pukarua, dans le Sahara algérien, les précautions prises pour la protection des personnels militaires et des habitants des palmeraies voisines ont été très sommaires, voire inexistantes. 
Quelques documents estampillés «secret» permettent d’avoir une idée du mépris des autorités militaires à l’égard de leurs hommes. on peut constater que pour les populations sahariennes de Reggane (environ 40 km d’Hammoudia) et quelques palmeraies encore plus proches des points zéro, la protection était nulle. Aucun abri ou autre bâtiment n’a été construit pour ces populations, tout aussi bien que pour les personnels militaires de la base de Reggane Plateau ou les quelques dizaines de militaires et civils qui restaient sur la base d’Hammoudia pendant les tirs.

A Reggane au Sahara, à moins de 5 km de l’explosion, on donnait des lunettes noires aux soldats pour se protéger les yeux. Mais ils étaient en short et chemisette. Des retombées à plus 3 000 km, des conséquences sanitaires terribles.
Outre dans tout le Sahara algérien, les retombées radioactives ont été enregistrées jusqu’à plus de 3000 km du site (Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, Khartoum, etc.). 24 000 civils et militaires ont été utilisés dans ces explosions, sans compter l’exposition aux radiations de toute la population de la région.

Le film « Vent de sable » de Larbi Benchiha montre clairement que si des dosimètres ont été remis à la population, puis des examens effectués pour mesurer les expositions aux radiations, c’était à des fins d’études et non pas de soins.

A Reggane où les essais ont été atmosphériques et ont couvert une vaste zone non protégée, selon les médecins l’exposition aux radiations ionisantes provoque plus 20 types de cancer (cancers du sein, de la tyroïde, du poumon, du foie, du côlon, des os, etc.). 
Les leucémies dépassent de manière sensible la moyenne dans la région. Des malformations touchent aussi bien les adultes que les enfants, les nouveaux nés et les les fœtus. On constate également une baisse de fertilité des adultes. Des cas de cécité sont dus à l’observation des explosions. A Reggane le nombre de malades mentaux est très important. Des familles entières sont affectées, sans parler des lésions de la peau, des stigmates physiques et des paralysies partielles, ainsi que d’autres phénomènes sur lesquels les médecins n’arrivent pas à mettre de mots.

Le bilan des décès causés par les maladies radio-induites ne cesse de s’alourdir à Tamanrasset. Au total 20 cancéreux, entre femmes, hommes et enfants, sont morts en juillet dernier, s’alarme Ibba Boubakeur en 201447, secrétaire général de l’Association des victimes des essais nucléaires à In Eker (Aven), Taourirt. « Nous avons assisté à l’enterrement d’enfants amputés de leurs membres inférieurs et de femmes à la fleur de l’âge. Le pire, c’est qu’aucune de ces victimes ne possède un dossier médical, hormis les quelques certificats délivrés par les médecins exerçant dans la région », se plaint-il. 52 ans après cette tragédie que la France ne veut toujours pas réparer.

« On ne peut pas avoir le nombre exact de victimes. En 2010, un recensement partiel faisant état d’un peu plus de 500 victimes a été réalisé dans les localités relevant uniquement de la commune de Tamanrasset, à savoir Inzaouen, Ifak, Toufdet, Tahifet, Indalak, Izarnen, Outoul et Tit. Nous y avons constaté beaucoup de maladies, des avortements, des malformations et toutes les formes de cancer ».

Selon une étude réalisée par des experts, 21,28% des femmes de cette région sont atteintes de cancer du sein et 10,13% du cancer de la thyroïde

La France n’est pas la seule à utiliser des humains comme cobayes

USA

Le secrétaire d’Etat à l’Energie américain, Hazel O’Leary, a révélé que son pays a mené des expériences sur quelque 700 « cobayes humains ». C’était dans les années quarante, on administra à plus de 700 femmes enceintes, venues dans un service de soins gratuits de l’université Vanderbilt (Tennessee), des pilules radioactives exposant les foetus à des radiations trente fois supérieures à la normale. On leur faisait croire qu’il s’agissait d’un cocktail de vitamines. 
En 1963 (là, on était pourtant édifié sur les effets de la radioactivité !), 131 détenus de prisons d’Etat de l’Oregon et de Washington se portèrent « volontaires », en échange d’un dédommagement de 200 dollars chacun, pour recevoir de fortes doses de rayons X (jusqu’à 600 röntgens) aux testicules.
Mais l’expérimentation humaine principale avait été menée lors des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945 et après eux.
le Japon avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier, avant les bombardements nucléaires.
Les USA choisissent Hiroshima et Nagasaki pour leurs configurations différentes et y expérimentent deux bombes de types différents : plutonium pour Nagasaki ; uranium 235 pour Hiroshima. Plus de 2 00 000 victimes immédiates, sans compter celles des décennies suivantes.
Les archives américaines ont révélé que quatre des plus grandes villes japonaises avaient été retenues comme cibles potentielles et interdites de tout bombardement, afin de pouvoir attribuer à la seule bombe atomique les dégâts observables. Par ordre de « préférence», il s’agissait de Hiroshima, Niigata, Kokura et Nagasaki.
Après les bombardements les USA construisent tout un hôpital, implantent un camp de scientifiques pour examiner les survivants et mener des expériences sur eux, quelques semaines seulement après le bombardement. Mais ne soigneront personne.

URSS

En septembre 1954, l’armée soviétique exposa sciemment des civils et des militaires aux retombées d’une bombe atomique de 20 kilotonnes, explosée à 350 m au-dessus de la ville de Totskoye, dans l’Oural. outre les 45 000 soldats qui furent exposés – quand les généraux décidèrent de leur imposer des exercices militaires sur les terrains encore brûlants de radioactivité -, il y avait aussi des civils : un million de personnes environ, réparties dans un rayon de 160 km autour du site de l’expérience. En effet, Kouibichtchev (aujourd’hui Samara), alors peuplée de 800 000 habitants, se trouve à 130 km à l’ouest du site et Orenbourg, 265 000 habitants, à 160 km à l’est.
Au Kazakhstan un quart du territoire kazakh est occupé par les terrains d’essais et des usines militaires. On y a fait exploser 466 bombes atomiques : 26 au sol, 90 en altitude et 350 sous terre. Lors de l’essai, en 1953, de la première bombe à hydrogène 14 000 personnes furent exposées aux retombées. Une vaste région de ce pays est contaminée. Elle a subi une irradiation d’un niveau comparable à celui de Tchernobyl pendant quarante ans.
 Source : Le scandale des cobayes humains

Chine

Le site d’essais nucléaires chinois de Lob Nor, dans le Xinjiang, est le plus vaste du monde : 100 000 km2, dans le désert du Turkestan oriental, dont environ un cinquième a été irradié. 
Les populations locales se sont plaintes à de nombreuses reprises de maladies inhabituelles : cancers de la thyroïde ou malformations à la naissance. Les estimations du nombre de victimes vont de « quelques décès » selon les autorités, à 200 000 selon les sympathisants de la cause ouïghoure (ethnie majoritaire au Xinjiang). Des tests indépendants, conduits dans quelques villages, ont montré des taux de radioactivité très supérieurs à la limite d’alerte, et 85 000 personnes au moins vivent encore à proximité immédiate des anciennes zones d’essais. Au début des tests, ces riverains n’étaient même pas déplacés. Dans les années 70, on les faisait évacuer quelques jours avant de les faire revenir.
Source : Denis Delbecq et Abel Segretin.

Royaume Uni : le gouvernement britannique a eu recours à des soldats australiens, anglais et néo zélandais pour les utiliser comme cobayes lors d’essais nucléaires.
Des centaines d’aborigènes ont probablement été contaminés à proximité du site d’essais de Maralinga.

le Front national est aussi sous le coup d’une procédure judiciaire en Russie.

Marine Le Pen, le 6 janvier 2017, à Igoville (Eure). 
Marine Le Pen, le 6 janvier 2017, à Igoville (Eure).  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Présidentielle : les quatre affaires qui pourraient plomber la campagne de Marine Le Pen

François Fillon n’est pas le seul candidat à être dans le viseur des enquêteurs. Marine Le Pen s’est lancée dans la course à la présidentielle avec plusieurs cailloux judiciaires dans la chaussure. La justice française a récemment ouvert une information judiciaire au sujet de soupçons d’emplois fictifs d’assitants parlementaires européens, impliquant la présidente du Front national.

son directeur de campagne, David Rachline, assure que Marine Le Pen ne renoncera pas à ses ambitions présidentielles, même si elle est mise en examen dans cette affaire. Ce dernier semble omettre que la candidate frontiste n’est pas visée par une mais quatre enquêtes, et que d’autres affaires pourraient plomber sa campagne. Franceinfo fait le point sur l’avancement de chacune d’elles.

1Les assistants « fantômes » au Parlement européen

• De quoi parle-t-on ? Au Parlement européen, le Front national dispose de 23 députés. Chacun a une cagnotte mensuelle de 21 379 euros pour rémunérer ses assistants parlementaires. En 2015, les instances dirigeantes du Parlement européen ont saisi l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) pour des soupçons d’emplois fictifs : au lieu d’épauler les eurodéputés à Strasbourg et à Bruxelles, 20 assistants parlementaires frontistes travailleraient en réalité pour le Front national à Nanterre.

Leurs noms apparaissent en effet dans l’organigramme du parti et certains d’entre eux, pourtant tenus de vivre à Bruxelles, ne mettraient que très rarement les pieds dans la capitale belge. « Moi, par exemple, j’ai été payé à moitié par le Parlement européen alors que je n’ai jamais mis les pieds à Strasbourg ou à Bruxelles », a reconnu anonymement l’un des assistants parlementaires, auprès de L’Express.

Au total, le préjudice s’élèverait à 7,5 millions d’euros, pour une période allant de 2010 à 2016. Le FN s’est défendu en dénonçant « une opération politique directement pilotée par François Hollande et Manuel Valls, dans le but d’entraver, de surveiller et d’intimider l’opposition patriote ».

• Où en est l’enquête ? A l’issue de son enquête, l’Olaf a sommé Marine Le Pen de rembourser 339 000 euros à l’Union européenne. Cette somme correspond aux salaires versés à deux assistants depuis 2010 : Catherine Griset et Thierry Légier. La première, accessoirement ex-belle-sœur de Marine Le Pen, occupait, en plus de ses fonctions européennes, celles de responsable du secrétariat de la présidente du FN puis de cheffe de cabinet. Difficile de croire qu’elle travaillait en même temps à Bruxelles. Les enquêteurs n’ont trouvé aucun bail à son nom dans la capitale belge, ni aucune facture d’eau ou d’électricité. Quant à Thierry Légier, il était le garde du corps de Marine Le Pen en plus de son supposé emploi d’attaché parlementaire.

La présidente du Front national avait jusqu’au 31 janvier pour rembourser cette somme. Ce qu’elle n’a pas fait. Du coup, le Parlement européen va retenir la moitié de son indemnité parlementaire et la moitié de ses frais de séjour, jusqu’au remboursement total des sommes réclamées, explique Le FigaroLe Parlement européen a également réclamé 320 000 euros à Jean-Marie Le Pen, également eurodéputé.

Dans cette affaire, le Parlement européen a aussi saisi la justice française. Une information judiciaire a été ouverte, le 15 décembre, pour abus de confiance et recel, escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé. Des faits qui pourraient, selon Le Monde, être assimilés à du financement illégal de parti politique.

2Le financement des campagnes électorales depuis 2011

• De quoi parle-t-on ? Le Front national est soupçonné d’avoir mis en place des pratiques frauduleuses pour financer ses campagnes électorales depuis 2011. Dans le viseur des enquêteurs : un système de vase clos entre le FN, Jeanne – le micro-parti de Marine Le Pen – et la société Riwal, dirigée par Frédéric Chatillon, un proche de la présidente frontiste. Riwal est soupçonnée d’avoir vendu des kits aux candidats investis par le FN, contenant des tracts et des affiches, à des coûts largement surfacturés. Ces kits, imposés à tous les candidats frontistes, leur étaient fournis via le micro-parti Jeanne, qui leur prêtait l’argent nécessaire à cet achat avec un taux d’intérêt de 6,5%.

Comme le veut le code électoral, tous les frais de campagnes sont ensuite remboursés par l’Etat si le candidat obtient plus de 5% des voix. Les candidats remboursaient alors Jeanne, en incluant des intérêts. Le micro-parti de Marine Le Pen gagnait alors environ 1 000 euros par kit, selon Les EchosA cela, s’ajoutent les bénéfices de Riwal dûs à la surfacturation des kits au préjudice final de l’Etat.

En contrepartie, la justice soupçonne la société de Frédéric Chatillon d’avoir contribué au financement illégal des campagnes du Front national à hauteur de plusieurs millions d’euros. Ce financement aurait pris la forme de nombreux « services » rendus au parti : mise à disposition gratuite de locaux ou d’employés, octroi de crédits sans intérêts, prise en charge de factures…

• Où en est l’enquête ? Au total, trois procédures sont en cours. La première a abouti à la mise en examen de sept personnes et trois personnes morales pour escroquerie, recel d’abus de biens sociaux, faux et usage de faux, lors des législatives de 2012. On retrouve parmi elles Jean-François Jalkh, le vice-président et responsable des affaires juridiques du FN, Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti, ainsi que Jeanne et le Front national.

Renvoyés devant le tribunal correctionnel en octobre 2016, ils devront répondre de leurs actes devant la justice. Marine Le Pen n’est pas inquiétée directement dans cette affaire. Elle a seulement été entendue en tant que témoin assistée.

La justice ouvre une seconde enquête en octobre 2016, qui porte sur plusieurs campagnes entre 2014 à 2016, ainsi qu’une troisième sur les régionales de 2015.  L’investigation a été confiée à la brigade financière. La justice n’a pas encore procédé à des mises en examen.

3Le patrimoine sous-estimé de la famille Le Pen

• De quoi parle-t-on ? Marine Le Pen et son père sont députés européens. A ce titre, ils sont tenus de transmettre des déclarations de patrimoine à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). L’autorité administrative les soupçonne d’avoir sous-évalué leur patrimoine détenu en commun, notamment leur propriété de Montretout à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Au total, cela représenterait plus d’un million d’euros pour Jean-Marie Le Pen et plusieurs centaines de milliers d’euros pour sa fille.

• Où en est l’enquête ? Saisie par la HATVP, le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire en janvier 2016. Marine le Pen et son père, brouillés depuis l’évincement de ce dernier des instances du parti, ont été entendus par la justice, mardi 31 janvier. Selon le JDD, le fisc leur réclame près de 3 millions d’euros. Si Jean-Marie Le Pen est la cible principale de Bercy dans cette enquête, la présidente du FN risque tout de même une peine allant jusqu’à trois ans de prison, 45 000 euros d’amende et de dix ans d’inéligibilité.

4Les emprunts russes

• De quoi parle-t-on ? En difficulté pour financer sa campagne, le Front national s’est tourné vers une banque russe pour souscrire à un emprunt de 9 millions d’euros en 2014. En s’appuyant sur un échange de textos entre un responsable du Kremlin et un proche de Vladimir Poutine, publié par des hackers, Mediapart pense avoir révélé en avril 2015 un lien entre le prêt russe du FN et le soutien du parti à la politique russe en Ukraine et en Syrie. Des faits qui viennent alimenter la thèse d’un financement du Front national par un Etat étranger, qui est évidemment interdit par le droit français.

• Où en est l’enquête ? Deux parlementaires PS ont lancé, fin 2015, une commission d’enquête parlementaire à propos de cet emprunt russe. Les conclusions n’ont toujours pas été rendues. 

Par ailleurs, le Front national est aussi sous le coup d’une procédure judiciaire en Russie. Après la faillite de la First Czech-Russian Bank, qui avait prêté de l’argent au FN. D’après Le Monde, l’Agence d’assurance des dépôts bancaires russes (ASV) a réclamé au parti de Marine Le Pen le remboursement du prêt de 9 millions d’euros, en décembre dernier.