Dans une démocratie moderne


 

Je refuse de critiquer le principe des élites, ce qui reviendrait à cultiver la médiocrité. C’est un non-sens. En revanche, je me joins à ceux qui critiquent les élites quand celles-ci le méritent! Il le faut.

Est-ce le cas, quand elles sont détachées des soucis du peuple? Cela dépend de quel fossé entre élite et peuple on parle. Si les élites ne proviennent que des souches supérieures de la population (si elles sont riches et que le «peuple»/la «populace» est pauvre), je comprends la méfiance du peuple ainsi que son refus de se sentir représenté par elles, mais je ne les disqualifierais pas d’emblée pour autant.

Cupides et corrompues

Il n’y a pas de raisons de croire que les riches ne peuvent pas ipso facto être les meilleurs et ne mériteraient donc pas d’être élus. Mais si on critique le fait que les élites vivent dans leur bulle et ne connaissent tout simplement pas les soucis du peuple, j’ai aussi des doutes quant à leur qualification pour gouverner. Comment, en effet, pourraient-elles le faire sans connaître les réalités du monde et sans savoir où va le monde?

Mais il y a plus grave. Les élites non seulement ont perdu le contact avec le peuple, elles s’en moquent. Elles pensent trop souvent à leurs propres intérêts et à leur prochaine réélection plutôt qu’au bien commun; elles sont cupides et corrompues; en d’autres termes, elles ne sont de toute évidence pas les meilleures, notamment sur le plan moral.

Un coût très élevé

Mais pourquoi les avons-nous alors élus? Je ne vois que deux réponses possibles à cette question: soit parce que le peuple est stupide, ce que je me refuse à croire; soit parce que le système d’élection est contre-productif. Je crois que c’est là que le bât blesse.

Dans une démocratie moderne, c’est-à-dire constituée de millions de citoyens, tout futur élu doit, pour se faire élire, d’abord être connu, et convaincre les électeurs qu’il est meilleur que d’autres pour la fonction visée, parce qu’il a de meilleures idées et les moyens pour les réaliser.

Pour cela, il a besoin de qualités (de vendeur) qui ne sont pas nécessairement les mêmes que celles qu’il faut ensuite pour exercer son mandat. Mais, pour être connu, il faut aussi des médias, des réseaux sociaux et des gens (de son parti, mais aussi d’autres) qui propagent son image et se font les avocats de ses visions. Ça coûte! Ça peut coûter même très cher − trop cher pour un candidat qui ne serait pas fortuné. Il faut donc qu’il se fasse soutenir/sponsoriser, ce qui n’est pas sans un prix non plus, celui de son indépendance.

Catégories :H.B.Lakhdar

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