Pour se souvenir

Qui combat vraiment en Syrie: la liste noire de la honte de l’Occident

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syrie-129Des services de renseignements et des gouvernements occidentaux financent une guerre en Syrie avec l’argent des contribuables

Pour l’opinion publique allemande, il n’est souvent pas clair de démêler qui combat contre qui en Syrie. Un seul côté semble clair : une alliance de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah islamique. Mais contre qui combat au juste cette alliance ? La désignation des opposants au président élu Bachar al-Assad va des « rebelles » à l’« opposition » en passant par les « insurgés ». En effet, il y a même un parti d’opposition au Parlement syrien aujourd’hui, il y détient même un ministère (de la Réconciliation nationale). Pourtant les combattants « rebelles » sont presque exclusivement soutenus par des gouvernements étrangers et des services de renseignement.

Dans l’inventaire qui suit, nous nous basons presque exclusivement sur des sources occidentales – qui font clairement ressortir que l’engagement…

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La vie sur une île pauvre du Nil

La vie sur une île pauvre du Nil « entre les deux mers »

La crise économique qui va en s’aggravant en Égypte touche davantage les plus démunis, comme les habitants de l’île d’al-Warraq

Abeer Mahrous lave la vaisselle avec ses voisins à l’extérieur de sa maison au cœur de l’île d’al-Warraq. L’assainissement est la principale préoccupation des insulaires .

ÎLE D’AL-WARRAQ, Égypte – « Les personnes qui ont quatre ou cinq enfants, comment sont-elles censées vivre ? Tout est cher désormais… le riz, le sucre, les tomates… tout. » Abeer Mahrous est assise sur un banc devant sa maison perchée sur une petite colline surplombant des bâtiments en briques rouges à moitié construits et séparés par des taches de verdure, sur l’île d’al-Warraq.

« Que sommes-nous censés manger ou boire ? Comment sommes-nous censés vivre ? » répète-t-elle, clairement exaspérée. « Chaque fois que nous essayons d’acheter quelque chose, ils disent : « Le dollar devient de plus en plus cher, c’est le dollar. Eh bien, que sommes-nous censés faire à ce sujet ? »

On était alors le 1er novembre et Mahrous et d’autres habitants étaient sceptiques quant aux manifestations du 11 novembre – lesquelles avaient été annoncées comme la « révolution des pauvres ». Ils n’étaient pas certains qu’il se passerait quelque chose ou de l’identité de ceux qui avaient lancé les appels à manifester. Ce jour est arrivé et passé, et aujourd’hui, plus d’un mois après, ils ne pensent pas que d’autres manifestations « contre la pauvreté » auront lieu bientôt.

Ghada Badawi, la fille de 15 ans de Mahrous, fait ses corvées à la maison

Le 3 novembre, la Banque centrale d’Égypte a dévalué la livre égyptienne dans une série de politiques néolibérales longtemps redoutées que le FMI avait exigées avant de remettre à l’Égypte son premier versement d’un prêt de 12 milliards de dollars américains.

Le dollar est aujourd’hui officiellement d’environ 18 livres égyptiennes, alors qu’avant la dévaluation le dollar se situait à 8,8 livres, mais se vendait pour le double de ce prix sur le marché noir. Depuis le flottement, les taux d’inflation ont atteint leur plus haut niveau en sept ans, enregistrant 20,2 % en novembre, selon l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS).

Désormais, « Tout a augmenté d’au moins une livre, voire une livre et demie » et que les produits alimentaires tels que la viande se feront encore plus rares pour sa famille.

Abeer Mahrous, mère de cinq enfants, est née sur l’île (qui est communément appelée « Entre les Deux Mers ») et y a vécu toute sa vie. Deux de ses sœurs vivent à proximité et la famille de son mari vit à côté de chez elle dans la même petite allée au sommet de la colline boueuse, de sorte que la famille est toujours proche. On estime que l’ensemble de l’île accueille environ 100 000 habitants.

L’île d’al-Warraq se trouve à environ une heure de l’île prospère de Gezira au Caire, dont le quartier de Zamalek abrite de célèbres monuments comme la Tour et l’Opéra du Caire. Abeer confie  que « pour ceux qui ont [de l’argent], les hausses de prix font peu de différence, mais pour nous, sur l’île d’al-Warraq, nous ne savons pas comment nous allons nous en sortir. »

« Mon mari est plombier, donc il travaille au jour le jour. Il n’y a pas de revenu stable », indique Abeer Mahrous  tandis qu’elle explique comment elle gère son ménage.

Les habitants d’al-Warraq utilisent l’eau du Nil pour laver leur linge et la vaisselle

« Je veux faire un gâteau mais j’attends encore pour acheter du gaz », commente Abeer en réchauffant de l’eau pour le thé. Une bouteille de gaz de pétrole liquéfié (GPL) coûte désormais 30 livres « parce que les commerçants doivent prendre en compte les coûts pour le faire venir sur l’île », précise-t-elle.

Elle explique  qu’elle fait tout elle-même, même le pain. « La farine reste chère mais quand je le fais moi-même, c’est meilleur », dit-elle, essayant de voir le bon côté des choses.

Tandis qu’elle ajoute du sucre dans le thé, elle raconte en plaisantant qu’elle a découvert la crise du sucre après tout le monde. « Je vivais dans une maison de terre, mais nous avons récemment construit [une maison de briques], alors tous nos proches nous ont offert du sucre comme cadeau pour la crémaillère. Je ne me suis pas rendu compte qu’il y avait une crise », rit-elle alors que ses voisins ajoutent en plaisantant qu’elle « stocke du sucre », une accusation qui a effectivement causé des difficultés à quelques commerçants vis-à-vis des autorités depuis le début de la crise du sucre.

En période de crise économique profonde, les Égyptiennes, qui dirigent et gèrent la plupart des ménages, trouvent des solutions alternatives pour joindre les deux bouts, affirme la sociologue Rasha Hassan, qui a beaucoup travaillé dans les communautés pauvres.

« [Ces femmes] trouveront des solutions alternatives pour tout. De manière générale, les gens ont la capacité de trouver des échappatoires et de s’adapter aux conditions difficiles car ils doivent trouver le moyen de survivre », explique Hassan à MEE.

La nourriture n’est pas le seul problème car ils doivent également faire face à l’augmentation des coûts des soins de santé et de l’éducation.

La fille d’Abeer Mahrous, Ghada (âgée de 15 ans), cessera d’aller à l’école après avoir terminé sa quatrième. « Les écoles sont trop loin et elle devra commencer à prendre des cours qui seront trop coûteux », observe Abeer.

« Même si c’est vraiment une bonne élève », ajoute-t-elle. Ghada elle-même confie à MEE qu’elle veut continuer ses études, mais elle ne sait pas encore comment faire.

Les habitants se déplacent vers et depuis l’île en ferry, à une demi-livre égyptienne par trajet 

Négligence de l’État concernant l’île

L’oncle de Ghada, Hasan Badawi (65 ans), a également vécu sur l’île presque toute sa vie et gagne sa vie comme artiste spécialisé dans la calligraphie arabe. Dans son petit magasin, entouré de ses illustrations colorées et scintillantes, il explique à MEE que l’économie nuit à tout le monde mais qu’il y a également d’autres problèmes spécifiques à l’île Warraq.

« Il nous faut un système d’égouts. Nous n’avons pas d’eau propre », indique-t-il. À proximité, des femmes se tiennent près des rives du Nil et lavent leur linge et leur vaisselle. Étant donné qu’il n’y a pas de système d’égouts, beaucoup de déchets sont rejetés dans le Nil.

La plupart des autres habitants sont d’accord avec Badawi : « Pouvez-vous imaginer que nous vivons au milieu du Nil et que nous n’avons pas d’eau courante propre ? »

« Pouvez-vous imaginer que nous vivons au milieu du Nil et que nous n’avons pas d’eau courante propre ? »

Le manque d’hôpitaux et de transports constituent d’autres problèmes. « Il y a un centre de santé, mais il ferme à midi », a déclaré Magdi Ali à MEE. « Une nuit, j’étais malade et je croyais que j’allais mourir, mais je n’arrivais pas trouver un bateau pour me faire traverser [le Nil] et rejoindre la ville. »

Ghada est assise à côté de son oncle, Hasan Badawi, qui vit de son art, la calligraphie arabe (MEE/Jihad Abaza)

Abeer fait écho à son inquiétude lorsqu’elle demande : « Que sont censées faire les femmes enceintes ? Il y a des femmes qui ont commencé à avoir des contractions et qui n’ont pas eu le temps de se rendre à l’hôpital pour accoucher. »

Afin de se rendre à la ville depuis l’île, les habitants d’al-Warraq empruntent un ferry pour environ une demi-livre égyptienne par trajet. Cependant, à minuit, le ferry s’arrête et les résidents le trouvent dangereux. Bien que le gouvernement soit en train de construire un pont vers le continent, les habitants disent à MEE que celui-ci n’est pas encore ouvert.

L’État a déjà tenté de prendre l’île à ses habitants, mais ses tentatives ont échoué en raison du refus des insulaires de déménager. Oum Mohamed, la voisine d’Abeer, date l’incident à l’apogée de l’ancien président Hosni Moubarak et ajoute que, depuis, l’État a battu en retraite.

Ces problèmes existent depuis des années et des années, dit-elle, « et les gens s’y sont habitués, mais cela reste une injustice ».

En revenant de la maison de son oncle Hasan, Ghada espère que sa mère a jeté les eaux usées. Si ce n’est pas le cas, Ghada aura une autre corvée à ajouter à sa liste. Elle souhaite encore vivre le reste de ses jours sur l’île malgré toutes les difficultés et le manque de services et elle est résignée quant au fait que les autorités ne s’intéresseront probablement jamais aux préoccupations des insulaires.

« C’est ma maison et la maison de mon père. Où d’autre puis-je aller ? Je connais la moitié de l’île et si quelqu’un [ou quelque chose] me dérange, j’aurai toujours quelqu’un [vers qui me tourner]. »                                        MEE

 

Kamel Louafi, architecte-paysagiste

Kamel Louafi, architecte-paysagiste : « Le projet des Jardins des Zibans est un véritable chantier-école »

Installé à Berlin depuis 1980, Kamel Louafi est à la tête d’un bureau d’architecture et de paysagisme. Après avoir signé de nombreux jardins en Europe et au Moyen-Orient, il s’attelle depuis 2012 à réaliser le complexe touristique et culturel Les Jardins des Zibans, dans la wilaya de Biskra.

Kamel Louafi souhaite mettre ses connaissances et à la portée des architectes algériens. 

Entretien réalisé par Tarek Hafid

Vous êtes le concepteur du projet touristique Les Jardins des Zibans dans la région de Biskra. Comment avez-vous réfléchi à ce concept ?

Il faut avant tout préciser que l’initiateur de ce projet est M. Ali Serraoui. L’idée a germé lorsqu’il a acquis une exploitation agricole près de Biskra. Une étude d’impact sur l’environnement a été réalisée pour savoir ce qu’il était possible de faire. En fait, pour M. Serraoui, il était important d’utiliser de façon rationnelle l’eau salée qui caractérise cette partie de la région de Biskra.

Cette étude d’impact a permis de définir les lignes directrices qui ont pour élaborer le projet des Jardins des Zibans et en premier lieu l’aquaparc.

Sur le plan architectural, le choix s’est porté sur le style saharien. En plus des qualités esthétiques, cette architecture s’adapte aux conditions climatiques. L’emplacement, les ouvertures et l’orientation du bâtiment de l’aquaparc ont été étudiés par des physiciens en Allemagne. Nous sommes dans l’esprit de Pouillon avec son architecture pure et simple.

Les Jardins des Zibans ont été conçus de façon à offrir des structures de loisirs, de culture et de bien-être aux visiteurs. Ainsi, l’aquaparc comprend plusieurs éléments culturels dont des jardins à thèmes : japonais, maya, chinois, oriental avec une multitude de plantes que les gens vont apprendre à connaître.

Quelles sont les problématiques auxquelles vous avez été confrontées durant la réalisation de l’aquaparc?

L’essentiel des problèmes était d’ordre bureaucratique, causés par l’ancien wali. Sinon sur le plan technique, les équipes de mon bureau d’étude et nos partenaires en Algérie, notamment M. Smaïl Belgacem du bureau d’études SEETA ainsi que l’équipe du bureau CBK, ont tous compris l’importance d’adapter les infrastructures aux conditions environnementales et climatiques. Dès le départ, nous savions ce que nous pouvions faire ainsi que les limites techniques. Nous savions également quels types de matériaux étaient disponibles sur place.

Tous les matériaux sont disponibles ?

Oui bien sûr, à l’exception de certains équipements comme les toboggans par exemple. La quasi-totalité des matériaux ont été acquis en Algérie.

Qu’en est-il des plantes et des essences forestières ?

Nous devons rendre hommage au directeur du célèbre Jardin Landon de Biskra qui a mis à notre disposition une liste de plantes qui sont acclimatées à la région. Ce document a été pour nous une référence.

Les plantes sont livrées par une douzaine de pépinières. Nous avons eu accès à un large choix. Ces plantes sont actuellement en cours de plantation aux Jardins des Zibans.

En matière de compétence des professionnels, quelle est la différence entre la réalisation d’un projet à Biskra et ceux que vous réalisez à Berlin, Dubaï ou Hanovre ?

Pour ce qui est des concepteurs et des architectes, je dois dire que les professionnels algériens sont d’un excellent niveau. Ils peuvent aisément se lancer dans des projets à l’international. En Europe, les professionnels ont plus de facilité à trouver des informations techniques sur les matériaux et leur utilisation. En Algérie, l’information est difficile à obtenir et souvent elle n’est pas disponible en langue française.

Pour ce qui est de la réalisation, en Allemagne, vous avez affaire à des entreprises spécialisées. Ce n’est pas le cas en Algérie. Les entreprises algériennes sont souvent dirigées par des spécialistes qui sont à la merci d’une main-d’œuvre qui est peu ou mal formée.

Avez-vous d’autres projets en Algérie ?

(Rires) C’est toute une histoire ! Mon bureau d’études a été contacté l’année dernière pour la rénovation du jardin du musée des antiquités d’Alger. Cette action entre dans le cadre d’un programme conjoint entre le ministère de la Culture et l’Union Européenne, dénommé « Patrimoine ». Nous avons donc créé un consortium avec des muséologues, des ingénieurs ainsi qu’un jeune paysagiste algérien, Farid Hireche. Nous avons donc présenté notre dossier.

Je dois dire que notre atout réside dans notre capacité à réaliser des projets dans le domaine du patrimoine. Nous avons une solide expérience en la matière. Notre soumission a été présentée dans les délais en décembre. Mais ce n’est pas le cas d’une entreprise italienne qui a déposé sa soumission 5 minutes après la fin du temps réglementaire.

Voilà presque 5 mois que nous attendons une réponse. Nous ne voyons rien venir. Mais depuis quelques semaines, une rumeur circule sur un dossier infructueux. Nous ne savons pas si c’est le nôtre ou celui de l’entreprise italienne. Nous avons saisi par écrit les responsables du ministère de la Culture à 10 reprises. Ils ne nous ont pas répondus.

Nous avons ensuite contacté les responsables de l’Union Européenne en charge de ce programme. Nous attendons des éclaircissements. Je pense que l’argent consacré à ce projet disparaitra s’il n’est pas mené à terme. Les autorités ne cessent de demander aux Algériens installés à l’étranger de s’engager pour leur pays. Finalement, ce sont souvent des paroles qui ne se concrétisent pas.

Avez-vous l’intention de faire profiter de votre savoir-faire les nouvelles générations d’architectes-paysagistes algériens ? Pourquoi ne pas créer une école en Algérie ?

Mon bureau d’études a réalisé un ouvrage sur les concepts des espaces verts. C’est un livre intitulé Landscape Interventions. Il a été traduit en plusieurs langues, dont l’arabe et le français. Les bibliothèques universitaires des Etats-Unis en ont commandé 890 exemplaires.

En 2011, j’ai décidé de le mettre gratuitement à la disposition des étudiants algériens, car j’estimais que le prix de 40 euros était trop cher pour nos futurs architectes. J’ai eu l’occasion de rencontrer Mme Khalida Toumi qui était ministre de la Culture. Elle m’a orientée vers un certain Mustapha Orif de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC).

J’ai offert les droits d’auteur de ce livre pour un dinar symbolique. J’ai ainsi remis les CD pour imprimer ce livre à M. Orif, mais le patron de l’AARC s’en foutait éperdument. Bien sûr, ce serait formidable de transmettre mon savoir dans une école, malheureusement il n’y a aucune volonté de la part des officiels. Je préfère agir dans le cadre des Jardins de Biskra, ce projet a été une école pour de nombreux jeunes algériens. C’est un véritable chantier école.

Avez-vous des réalisations de nouveaux jardins à l’étranger ?

Oui, nous venons de remporter le projet du jardin Royal de Hanovre sur une superficie de 100 000 mètres carrés. Nous avons également décroché un concours pour la rénovation des jardins de l’école vétérinaire de Berlin.

Vous vivez depuis de nombreuses années en Allemagne. Ces derniers mois, avez-vous ressenti un changement de la société allemande envers la communauté maghrébine en général et algérienne en particulier ?

Je vais dire que le changement concerne tous les étrangers depuis la crise des migrants. La société allemande a réagi car c’est son mode de vie qui a été touché lors des événements de Cologne. Sinon sur le plan professionnel, je dois dire que rien n’a changé pour moi. Nos soumissions sont anonymes, donc lors de la phase de sélection personne ne sait si je suis algérien, allemand ou d’une toute autre nationalité. Et lorsque l’on gagne un concours, il est impossible de l’annuler. Mais il est important de dire que la société allemande est très juste, les criminels sont punis non pas à cause de leurs origines, mais parce qu’ils ont commis des crimes. C’est un système qui accorde de l’importance au caractère individuel de la personne et à ses compétences.

T.H.

Si on veut donner des leçons d’éthique, encore faut-il être soi-même fidèle à une éthique.

Ethique politique ou éthique de la représentation ?

Si on veut donner des leçons d’éthique, encore faut-il être soi-même fidèle à une éthique. Lorsqu’on sait que celui qui ne voulait pas être un « trois-quarts de président » n’arrête pas de triturer une Constitution qui limitait les mandats à deux pour se maintenir au pouvoir, on n’a pas le droit de s’ériger en donneur de leçon d’éthique.

Par ailleurs, évoquer l’éthique professionnelle s’agissant de la presse, c’est insulter l’intelligence quand on voit comment fonctionne l’ENTV mise au service d’une seule personne. Un peu de dignité ne fait pas de mal à la gouvernance !

La violence verbale des dirigeants actuels montre le bas niveau des pseudos hommes politiques qui gouvernent. Leur langage belliqueux exprime le degré d’amour qu’ils portent au pays. On peut en juger face à la pathétique mobilisation du pouvoir contre l’opposition. On aura tout vu : un pouvoir arbitraire qui se mobilise contre l’opposition et contre la presse indépendante, celle qui informe sur ses turpitudes.

Un pseudo-ministre de la communication qui passe plus de temps à ferrailler contre les journalistes qu’à défendre la liberté d’expression, répétant, au fil des jours, une chose et son contraire, et se fourvoyant dans l’histoire : les derniers historiques de la guerre de libération sont connus et figurent dans les manuels d’histoire, monsieur le ministre ! Il n’y a pas lieu d’usurper une place fictive. L’histoire, ce n’est pas une affaire de pub !

D’un autre côté, ce que le RND appelle les « orientations » du président, deviennent menaces et invectives lorsque l’on qualifie de « pseudos-hommes politiques » des opposants légitimés par la Constitution et l’Etat !

Dénoncer des « comportements irresponsables », c’est remettre en cause l’exercice démocratique de ce que l’on appelle normalement le « jeu » politique ; sauf à croire qu’on est seul unique détenteur de vérité, ce qui échoit, quand on est croyant, à l’instance divine. Mais nous ne sommes pas une monarchie de droit divin. Quant à parler de « l’approche de la terre brûlée », c’est carrément vouloir mettre le feu aux poudres et traiter ses concitoyens, et non pas ses sujets, de cinquième colonne. Grave pour un peuple qui a payé chèrement sa libération ! Sa liberté, il ne l’a pas encore trouvée.

Faire le bilan d’une gestion n’est pas en soi un acte de félonie. Qu’elle soit jugée catastrophique par les uns ou exemplaire par les autres exige tout simplement qu’on ouvre le débat à ce sujet dans l’intérêt exclusif de la nation. Il n’y rien d’insolent à cela, sauf à croire que tout ce que l’on a touché est par définition béni !

Que l’opposition cherche à conquérir le pouvoir; elle est dans son rôle, et a le droit de l’exprimer pacifiquement, mais un président n’est pas élu pour la menacer, encore moins pour tancer vertement le peuple qui l’a élu. Légitimement ou pas, cela est une autre affaire. La responsabilité de la gestion des affaires publiques n’est pas synonyme d’irresponsabilité, encore moins de refus de rendre des comptes. Rien n’interdit de rendre compte et de débattre d’un bilan.

Que vaudraient des institutions qui n’inscriraient pas leur fonctionnement au registre de l’accountability ? A moins qu’elles ne soient que des coquilles vides. Un Etat ne tient que par la solidité de ses institutions, les hommes sont de passage et un Etat ne saurait être incarné par un individu. On ne peut pas confondre l’Etat et la fonction présidentielle. Sinon, l’autorité devient autoritarisme, le respect, soumission, le travail, inutile. Une Constitution ne saurait être taillée sur mesure à chaque mandature. Ce n’est ni un costume prêt-à-porter, ni une robe de mariée retouchée à chaque noce selon les circonstances du festin !

Quand on arrive à modifier le discours publié d’un président, c’est qu’il y a de lourdes incompétences dans l’exercice du pouvoir au sommet. A ce niveau de décision, c’est le signe d’une grave défaillance. Comment alors gouverner dans un maelström d’incompétences ? Comment gouverner l’incompétence ? Le travail bien fait est le premier garant de l’autorité. Et la gouvernance éclairée exige une autre forme d’éthique : l’éthique de la sagesse. Dans l’univers démocratique, cela s’appelle l’éthique de la représentation !

O.B.

L’Algérien est désormais l’athée de la révolution….

Des décennies de résistance armée, de luttes politiques, une guerre inexpiable de sept longues années ont immunisé l’Algérien contre toute tentation révolutionnaire. L’Algérien est désormais l’athée de la révolution. Ne croyant plus aux changements radicaux, aux promesses de réforme dont tant de politiciens trament leurs discours démagogiques, l’Algérien, abjurant ses valeurs, s’est trouvé des idoles au culte moins coûteux. Jetant aux orties ses valeurs ancestrales, celles de solidarité, d’entraide, d’honneur et de probité, l’Algérien s’est rallié au credo du veau d’or. Il n’est question dans les conversations populaires que d’achat et de vente, de bénéfice, de «combines» et de transactions interlopes qui alimentent la promesse d’un avenir meilleur pour soi-même et pour les siens, à l’exclusion des autres. La société algérienne se disloque, les jeunes Algériens ne pensent qu’à fuir un Etat où il est désormais impossible de construire un avenir digne de ce nom. Le chômage des forces vives du pays bat des records, la culture et la science sont tenues pour des activités de ratés. Et l’étalon du succès, c’est le voyou qui «réussit» à force de transgresser toutes les règles de l’honnêteté. Est-ce pour en arriver là que tant d’hommes ont acquitté le tribut du sang, que des milliers d’Algériens ont lutté, ont souffert, se sont sacrifiés ? Que diraient Larbi Ben M’hidi, Mostefa Ben Boulaid, Didouche Mourad, Amirouche et tant d’autres disparus, s’ils revenaient parmi nous ?

La nécessité de la culture du dialogue

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La nécessité de la culture du dialogue

L’Algérie de ce début 2017 devrait inculquer à ses enfants que l’éducation, la culture, le civisme, le dialogue sont les principaux leviers du développement permanent des nations. Le Japon de nos jours n’est-il pas justement considéré comme l’un des rares pays au monde à avoir parfaitement intégré sans se ruiner les effets de cette mondialisation-laminoir dans son rythme d’évolution puisqu’il a tout simplement encouragé l’expression de la culture sous toutes ses formes ? En effet, ce dernier aurait réussi à assurer l’équilibre entre, d’une part cette culture mondialisée, d’apparence souple, partagée, susceptible de plaire au plus grand nombre parmi les masses mais consumériste, trop absorbante, hégémonique, conquérante et, d’autre part une culture nationale ou locale, certes plus représentative de son identité, mais plus privée, réservée, moins ouverte et presque renfermée sur elle-même ! Ce faisant, les Nippons ont tissé les fils d’une synthèse prolifère entre l’authenticité et la modernité. Ce qui a servi depuis longtemps de base (en particulier dès la fin de la Seconde Guerre mondiale) à la naissance d’une «force commerciale» d’envergure mondiale, toujours plus prospère et prête à la reconquête du marché culturel et économique international. D’ailleurs, récemment même, certains spécialistes n’ont pas hésité à affirmer que cette présence culturelle grandissante du Japon dans le monde est due à ce puissant moteur «moderniste» qu’ils appellent «Produit national cool». Autrement dit, ce quelque chose qui arrange le contraste entre la rigidité et la plasticité de la culture du terroir, permettant à celle-ci de revitaliser, voire renforcer ses capacités à absorber, adopter et s’adapter aux influences étrangères, tout en maintenant, bien entendu, intact son fonds culturel originel vivant et dynamique. Bref, une sorte de «soft/smart power» (une puissance douce/intelligente) pour reprendre à mon compte le terme forgé par le théoricien américain Joseph Nye lorsqu’il désigne ces moyens non-traditionnels avec lesquels un pays quelconque peut se mettre en valeur et même influencer la culture, l’idéologie et les désirs d’un autre. Ce produit national cool rappelle que les tendances commerciales, les produits ainsi que l’art d’une nation peuvent parfois servir à des fins économiques. Ce que l’on remarque déjà dans le cinéma de Hollywood, utilisé par les Américains comme vitrine à leur arrière-boutique économique ! Somme toute, cette réserve de «puissance douce» que possèdent le Japon ou les U.S.A relève d’une influence culturelle digne des grandes superpuissances. Celles-ci maîtrisent les canaux de communication de leurs populations respectives (dialogue social), arrivent à leur passer des messages, peser intelligemment sur leurs préférences et éviter quelques errements de la pensée ou de l’action collective.K.G

Oran: Découverte de deux cadavres dont l’un ligoté et mutilé

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Oran: Découverte de deux cadavres dont l’un ligoté et mutilé

par J. Boukraa

  Deux découvertes macabres ont été faites avant-hier à Oran. La première a eu lieu vers 17 heures à Bel-Air. Selon un communiqué de la Protection civile, un homme de 45 ans environ a été découvert sans vie ligoté et mutilé dans une maison abandonnée, sise au 15 rue des Frères Hocine. Les premières constations ont révélé que la victime, dont l’identité n’a pas encore été établie, avait reçu plusieurs coups de couteaux sur presque tout le corps. Le même jour, un homme non identifié âgé de près de 28 ans a été retrouvé sans vie près de la voie ferrée à El-Kerma. La victime était pendue par un câble à un grillage. Les dépouilles des deux victimes ont été déposées à la morgue de l’hôpital d’Oran pour les besoins d’autopsie. Des enquêtes ont été ouvertes par les services compétents pour élucider les circonstances des deux décès.